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Texte Libre

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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 05:00

 

 

                  C’était le mois dernier ! « Balayé par septembre tristement se démembre... »... « On coupe le bois à Trousse chemise »...

                Début août sur l’ile de Ré, Aznavour invité d’honneur au salon de « l’ile aux Livres »... « Emmenez-moi ! ». Il est loin désormais « Paris au mois d’août », « tu t’laisses aller, tu t’laisses aller... la mer était verte... Trainant un parfum poivré de pays inconnus et d’éternels étés où l’on vit presque nus », je la distingue à peine, la chaise du chanteur de légende, comme enfoncée dans une enceinte de dune, le temps d’un drôle de concert.

                Derrière les créneaux d’une sorte de château de sable improvisé (les barrières installées à la hâte pour canaliser les fans assagis) il est occupé à signer  ses livres pour les flâneurs de la plage, les amoureux « guettés par les vieilles derrière leurs volets, noyés dans la cohue mais dissociés du bruit, glissant les yeux mi-clos », serrés, quasi « joue contre joue » fredonnant, animés malgré tout d’une envie de se balancer, de danser les yeux mi-clos.

                Venir voir Charles Aznavour au salon du Livre, c’est venir en pèlerinage. C’est oser ouvrir en public le juke-box intérieur et glisser sur cet irrésistible toboggan des chansons et des souvenirs... Mais les fans, dont le nombre ne cesse de grossir, ne laissent rien paraitre et se tiennent ferme aux « tubes » de la barrière en serrant le livre qu’ils ont décidé de faire signer... « Il faut savoir coûte que coûte garder, toute sa dignité »

                Ils ont été nombreux à chanter l’ile de Ré. « Dans l’ile de Ré, ma belle adorée, je t’emmènerai... ». C’est pourtant la première fois que l’interprète de « Trousse chemise » vient sur les lieux de la chanson ou plutôt « à proximité ». Le désormais mythique site de Trousse chemise est en effet éloigné du Bois-Plage. « Le petit bois de Trousse chemise » et sa « plage déserte (!) » se trouve tout au bout de l’ile, du côté des Portes et du phare des Baleines que chante aussi l’ami Nougaro. Quant à « Merde à Vauban », c’est de l’autre côté, vers Saint-Martin, « sur l’ile de Ré, j’mange du pain blanc... », n’est-ce pas Léo ? Mais ces deux là, Ferré et Nougaro, il faut même pas y compter... « Bagnard, le temps qui tant s’allonge, dans l’ile de Ré »...

                « Je fuirai laissant là mon passé sans aucun remords sans bagages et le cœur libéré en chantant très fort »... Aznavour, lui, ne chante pas ce matin... « Hier encore... »

                Derrière ses lunettes noires et secondé d’un auxiliaire qui lui répète le nom de la dédicace, il soulève la plume d’une étrange mouette que « le temps a dévasté ». La mer est-elle grise ? L’est-il aussi ? Pas de plage déserte, de robe légère, de verre de vin renversé ni de vrai muscadet...

                Mais dans le désordre et le piétinement, au fil de la longue queue et sous le nez des autres écrivains définitivement délaissés (« il pleut sur la plage des mortes saisons »), les paroles des chansons d’Aznavour frémissent, font bouger puis rouler le sable... Dans l’enceinte de la plage et de la mémoire, des airs reviennent, des scènes se colorent, brillent en même temps que la marée... « Non, je n’ai rien oublié... dans le petit bois de Trousse chemise, on fait des bêtises souviens-toi nous deux ! »

 

 

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 05:59

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Les deux questions interpellent l’amateur de paysages et de littérature fantastiques que je suis... Puisque je termine à l’instant l’article qui renvoie à l’Ecosse romantique (vue à travers la goutte de whisky !), je souhaite partager avec mes lecteurs cette page de Maupassant, maître en la matière...

 

                Lentement, depuis vingt ans, le surnaturel est sorti de nos âmes. Il s'est évaporé comme s'évapore un parfum quand la bouteille est débouchée. En portant l'orifice aux narines et en aspirant longtemps, longtemps, on retrouve à peine une vague senteur. C'est fini.

                Nos petits-enfants s'étonneront des croyances naïves de leurs pères à des choses si ridicules et si invraisemblables. Ils ne sauront jamais ce qu'était autrefois, la nuit, la peur du mystérieux, la peur du surnaturel. C'est à peine si quelques centaines d'hommes s'acharnent encore à croire aux visites des esprits, aux influences de certains êtres ou de certaines choses, au somnambulisme lucide, à tout le charlatanisme des spirites. C'est fini.

                 Notre pauvre esprit inquiet, impuissant, borné, effaré par tout effet dont il ne saisissait pas la cause, épouvanté par le spectacle incessant et incompréhensible du monde a tremblé pendant des siècles sous des croyances étranges et enfantines qui lui servaient à expliquer l'inconnu. Aujourd'hui, il devine qu'il s'est trompé, et il cherche à comprendre, sans savoir encore. Le premier pas, le grand pas est fait. Nous avons rejeté le mystérieux qui n'est plus pour nous que l'inexploré.

                Dans vingt ans, la peur de l'irréel n'existera plus même dans le peuple des champs. Il semble que la Création ait pris un autre aspect, une autre figure, une autre signification qu'autrefois. De là va certainement résulter la fin de la littérature fantastique.

                Elle a eu, cette littérature, des périodes et des allures bien diverses, depuis le roman de chevalerie, les Mille et une Nuits, les poèmes héroïques, jusqu'aux contes de fées et aux troublantes histoires d'Hoffmann et d'Edgar Poe.

                Quand l'homme croyait sans hésitation, les écrivains fantastiques ne prenaient point de précautions pour dérouler leurs surprenantes histoires. Ils entraient, du premier coup, dans l'impossible et y demeuraient, variant à l'infini les combinaisons invraisemblables, les apparitions, toutes les ruses effrayantes pour enfanter l'épouvante.

                Mais, quand le doute eut pénétré enfin dans les esprits, l'art est devenu plus subtil. L'écrivain a cherché les nuances, a rôdé autour du surnaturel plutôt que d'y pénétrer. Il a trouvé des effets terribles en demeurant sur la limite du possible, en jetant les âmes dans l'hésitation, dans l'effarement. Le lecteur indécis ne savait plus, perdait pied comme en une eau dont le fond manque à tout instant, se raccrochait brusquement au réel pour s'enfoncer encore tout aussitôt, et se débattre de nouveau dans une confusion pénible et enfiévrante comme un cauchemar.

                L'extraordinaire puissance terrifiante d'Hoffmann et d'Edgar Poe vient de cette habileté savante, de cette façon particulière de coudoyer le fantastique et de troubler, avec des faits naturels où reste pourtant quelque chose d'inexpliqué et de presque impossible.

 

                Faut-il en conclure, plus d’un siècle plus tard, que le fantastique a définitivement disparu ? Non... Même si l’homme accroit toujours sa connaissance du monde et des phénomènes anciennement surnaturels, d’étranges machines sortent encore du « pauvre esprit inquiet, impuissant, borné... » et se mettent à lui échapper. Et puis, pour reprendre la bonne expression du héros de Shakespeare, le fragile Hamlet : « Il y a plus de mystères, Horatio, sur la terre et dans le ciel que n’en a jamais rêvé ta philosophie » !

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 05:53

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Dans le contexte déprimant de la réalité quotidienne, le spleen menace de toutes parts. L’Idéal, (le Ciel sous la faïence !), est ailleurs. Au-delà de l’artifice, au-delà de l’Ennui, accessible uniquement par la grâce conjuguée du paradis artificiel et de la sensualité... Il faut réécouter, rien que pour le plaisir, le texte moins connu intitulé « l’alcool ». Le chanteur s’exprime à la place d’un malheureux aux prises avec les tourments de ses illusions. « Mes illusions donnent sur la cour / Des horizons, j’en ai pas lourd / Quand j’ai bossé toute la journée / Il ne me reste plus pour bosser / que les fleurs horribles de ma chambre... ». Notons bien ces « fleurs », pétales sans doute arrachées aux « Fleurs du Mal ». Le texte construit un double itinéraire : celui de la réalité et celui du rêve. « Dans les troquets du faubourg j’ai des ardoises de rêveries (...) et dans les vapeurs de l’alcool, je vois mes châteaux espagnols » L’immonde dans lequel « survit » son personnage cède soudain la place au merveilleux : « J’oublie ma chambre au fond d’la cour / Le train de banlieue au petit jour » : l’alcoolique « au regard morne, aux mains dégueulasses », change soudain de vie, s’évade, se métamorphose.

                Dans toute la chanson, le contraste entre les deux vies, les deux silhouettes et les deux horizons reproduit à sa façon les lignes d’un poème en prose du Spleen de Paris intitulé « la Chambre double ». « Une chambre qui ressemble à une rêverie... Sur le lit est couchée l’Idole, la souveraine des rêves » L’unique objectif du poète, allongé dans sa chambre, est également celui d’échapper au sordide et de retrouver le vertige qui le met au contact direct de l’Idéal. « Horreur ! Je me souviens ! Oui, ce taudis, ce séjour de l’éternel ennui (...) Dans ce monde étroit, mais plein de dégoût, un seul objet connu me sourit : la fiole de laudanum ». Le « fumeur d’opium » qu’est aussi Baudelaire ne se grise aux visions de « la souveraine des rêves, la sylphide », qu’à condition qu’il parvienne à vaincre le Temps et le « hideux vieillard » qui est en lui.

 

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 05:02

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La référence à Baudelaire travaille l’univers de Serge Gainsbourg et notamment les premiers textes (les plus achevés littérairement...) Immédiatement viennent à l’esprit, pour qui connaît un peu l’univers baudelairien, les admirables « Couleur café » ou « Initials BB », dont les musiques  et les rythmes soulignent et accentuent le retentissement.

                Un jour, au concours de l’Eurovision, on se souvient peut-être aussi de la sensualité une certaine Joëlle Ursul, nouvelle mulâtresse, interprète de « White and black blues » écrit par un Gainsbourg Pygmalion. Il y a aussi, dans les premiers albums, une chanson intitulée « Baudelaire » qui reprend le fameux « serpent qui danse ». Tout Baudelaire est dans cette danse des sens, dans cette espèce disque de la Beauté platine dont le support vinyl était la plus exacte des correspondances.

                On trouve, du reste, le mot fameux mot baudelairien de « correspondances » dans l’une des premières chansons de Gainsbourg : « le Poinçonneur des Lilas ». Le texte explore, à sa façon, l’intimité d’un employé de métro assommé par la tâche « des p’tits trous, des p’tits trous, toujours des p’tits trous ». Le seul espace de liberté qui lui reste, c’est, « sous son ciel de faïence », de « voir briller les correspondances ». Cette première charge baudelairienne amorce aussi, dans l’œuvre de Gainsbourg, toute la thématique du voyage et du « scenic railway »...

 

 

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 06:51

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           Certains ont la qualité de perspicacité qui confine parfois à la manie, voire à la mesquinerie, ce que rend assez bien l’expression idiomatique : « chercher la petite bête ». Quand on cherche cette petite bête, on devient vraiment agaçant, surtout que, la plupart du temps, c’est par mauvaise foi et par volonté de montrer que, contre vents et marées, on a raison de chercher aussi « des poux dans la tête »!
             En hollandais, on « cherche des clous à marée basse ». Moi qui  habite les rivages de l’Atlantique et qui affectionne la pêche à pied, je n’en ai jamais trouvé, même en période de grande marée. Les Indonésiens rendent compte assez bien de l’attitude de celui qui se livre à ce genre d’activité en affirmant qu’il est « comme une grenouille à l’intérieur d’une noix de coco » !
C’est fou comme l’intelligence peut sonner creux quand elle est mise à l’épreuve de l’obstination...

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 05:48

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           Avoir le cafard ! L’insecte n’est pas une figure agréable à fréquenter d’autant que la plupart du temps, il monte au cerveau ! Baudelaire qui a vomi le spleen et accusé les traits des « infâmes araignées » venant « tendre ses filets au fond de nos cerveaux » trouvait les bonnes images pour évoquer cette déroute de l’Espoir. Ce que l’expression idiomatique « Avoir une araignée au plafond » contribue très bien à restituer.
            Il semble que l’insecte soit une spécificité française : en portugais, on dit « avoir de petits singes dans le grenier », en néerlandais « avoir reçu un coup de moulin » et en anglais, « avoir des chauve-souris dans le beffroi ».


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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 06:06

100-6781.JPG          Après le coup de grâce de la Faucheuse comme écrit Brassens, « la rencontre au coin d’un bois de sa majesté la mort », le temps passe et l’intéressé « mange ou fume les pissenlits par la racine ». Le monde est inversé et l’activité des sens persiste selon l’imaginaire des langues. « Fumer », ce n’est pas « tirer des bouffées  de tabac » et s’intoxiquer (il n’est plus temps et, à ce stade, on s’en fiche !) mais engraisser la terre. On disait aussi plus joliment « fleurir les pissenlits »
          Les Allemands dédaignent les pissenlits et posent un œil plus attendri sur les radis : le mort « regarde les radis par en dessous ». Fort de sa position, il est, d’après les Néerlandais, « couché sous les mottes vertes » et même, pour les Anglais, doté d’une vigueur nouvelle puisqu’il « pousse les marguerites vers le haut » (« to push up the daisies ») sans jamais plus, hélas, pouvoir les effeuiller !

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 05:55

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              La mort est un sujet assez grave pour que les hommes l’abordent sous toutes ses formes, artistiques ou non. Le biais de la plaisanterie est souvent privilégié notamment dans le dispositif du langage qui procède souvent par volonté d’atténuation de la douleur ou du tragique que la réalité de la chose implique.
              L’argot préfère le délicat « casser sa pipe » ! La vie est ainsi représentée comme un petit tube fragile (tout dépend de la matière dont est constitué ce tube !) qu’on fume le temps de quelques années. Pas de métaphore minérale pour l’espagnol qui affirme que mourir c’est « étirer la jambe », ce que le portugais nuance en suggérant que c’est plutôt « tendre le jarret ». Affaire de détente, la mort comme ultime épreuve d’athlétisme dans le décathlon de la vie !
             Ces quelques expressions concernent en tout cas le moment de la mort, le déclic qui fait passer de vie à trépas... Mais l’histoire ne s’arrête pas là : quand on a « fait le grand saut », quand on est mort, c’est pour longtemps et les langues nous réservent d’autres charmantes formules qu’on détaillera demain.  

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 05:59

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Certains tempéraments facétieux aiment bien s’amuser aux dépens des autres et tirer parti de « la bonne mine » de celui qu’ils « mettent en boite ». C’est un peu comme un pantin dont ils se plaisent à tirer les ficelles car ils en connaissent parfaitement le fonctionnement. Une fois mis en boite, le pantin a du mal à échapper au piège de la plaisanterie et, comme on dit, « il a bon dos ». Surtout si on l’a mis dans « la boite de Pandore » avec le reste des maux !


            Peut-être que les Anglais trouvent plus amusant le fait de « tirer la jambe de quelqu’un » : « to pull someone’s leg. » ; Le résultat est le même : il s’agit de faire perdre l’équilibre pour s’amuser de la maladresse du boiteux ! J’en connais de ces albatros !


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29 janvier 2012 7 29 /01 /janvier /2012 07:11

 

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                Nous traversons tous des expériences difficiles, des moments douloureux ou pénibles, des épreuves que nous avons hâte de terminer. Une expression idiomatique (utilisée souvent de façon galvaudée) est intéressante à comparer à d’autres langues : elle est issue de l’univers ferroviaire, elle sent la gare Montparnasse ou n’importe quelle petite gare du Jura, des Alpes, des Vosges ou des Pyrénées. « Voir le bout du tunnel ».


              Le cours de maths est trop long, j’ai hâte de voir le bout du tunnel. La file de voitures n’en finit pas, quand donc sortirons-nous du tunnel ?... De l’autre côté de la Manche, les Britanniques qui jadis par la Cornouailles et l’immense forêt de Brocéliande, étaient reliés aux côtes de « petite Bretagne, disent encore qu’il faut « sortir de la forêt » (« to get out of the wood »), et les Allemands, dissimulés derrière les inquiétants vallonnements de la forêt noire, affirment qu’il faut « passer de l’autre côté de la montagne ».

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