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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 06:58

Rues-de-La-Rochelle--2-.JPG

 

            Les chants de marins y sont-ils pour quelque chose ? Il va de soi que les « filles de la Rochelle » comme « les filles de Valparaiso » sont connues dans le monde entier... (Mais chaque pays a son port d’attache !)

            D’ailleurs, lorsque je retrouve l’un de mes amis lyonnais, il a coutume de lancer à la cantonade : « comment se portent les filles de La Rochelle ? ». Au propre comme au figuré, La Rochelle est une ville dans le vent, qui attire à la fois les marins et les sirènes, les voiles et les jupons. Cap à l’ouest ! Effet côte ouest !... Ville à la mode, ville d’élégance, toute en brise et en chatteries...

           Tandis que sur les quais, « quai des Chalutiers », « quai Simenon », « quai Duperré », « quai Valin », « quai Maubec », « quai du Lazaret » tintent les mâts, les filles balancent dans les rues leurs accessoires et leurs attributs. L’histoire de La Rochelle, c’est une histoire de femmes qui glissent depuis les rouleaux de la mer et jusqu’aux sables du Casino, entre religion et luxure.

             Elles filent sur les trottoirs et dessinent sous leurs pieds les « tapis roulants » de la grâce et de l’Elégance. Grands axes de la Féminité, « Rue des Dames » à proximité des deux tours, « Rue des Bonnes femmes » près du marché couvert, « Rue des Dames blanches »... Toutes ces dames ne courent pas après la même fumée... Ainsi, le Vice et la Vertu se frôlent-ils au centre-ville. Sur le même pavé, et derrière chacune de ces silhouettes qui remontent le passé, les bonnes œuvres prennent des visages différents...

 

 

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Eric Bertrand - dans voyage
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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 06:53

         On est tout près du port et on pense aux bateaux quand on est dans le quartier de la Ville en Bois ou dans celui du musée maritime, face à l’Encan. La grande artère qui longe la mer, en face des deux tours, porte le nom du fameux Vespucci, navigateur qui, mieux que Colomb, avait « deviné » l’Amérique.

         Dans ce secteur, on tombe sur la Rue de la Désirée et, indication supplémentaire, « navire rochelais ». Comme l’écrit Baudelaire, Un port est un séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie. L'ampleur du ciel, l'architecture mobile des nuages, les colorations changeantes de la mer, le scintillement des phares, sont un prisme merveilleusement propre à amuser les yeux sans jamais les lasser. Les formes élancées des navires, au gréement compliqué, auxquels la houle imprime des oscillations harmonieuses, servent à entretenir dans l'âme le goût du rythme et de la beauté. Et puis, surtout, il y a une sorte de plaisir mystérieux et aristocratique pour celui qui n'a plus ni curiosité ni ambition, à contempler, couché dans le belvédère ou accoudé sur le môle, tous ces mouvements de ceux qui partent et de ceux qui reviennent, de ceux qui ont encore la force de vouloir, le désir de voyager ou de s'enrichir.

         La Rochelle est un port fabuleux, qui ne cesse de parler de navires. L’océan est un écran à navires, un filet aux alouettes qui comporte, dans son ventre, en toute éternité, le présent et la mémoire. La force de l’océan, c’est en effet de contenir dans sa mémoire, à la fois le « scintillement des phares », « les formes élancées des navires » et les tempêtes et les naufrages...

          Au bord de l’océan, les rues qu’empruntent les hommes peuvent parfois se souvenir.  A l’époque où des bateaux transportaient des prisonniers vers le bagne, la gabarre « la Désirée » avait fait naufrage sur les côtes de la proche ile de Ré, au large de St Clément des Baleines. 51 corps avaient été retrouvés.

          La mer est le bagne ultime.

 

Rues de La Rochelle (37) [1600x1200]

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Eric Bertrand - dans voyage
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23 novembre 2010 2 23 /11 /novembre /2010 06:12

 

Rues de La Rochelle (26) [1600x1200]

 

Rues de La Rochelle (29) [1600x1200]

 

              Les Templiers sont présents à La Rochelle pour des raisons historiques. Aliénor d’Aquitaine leur avait accordé des avantages dans la ville et ils occupaient, il y a de cela plus de sept siècles, une position avantageuse dans un secteur très animé, situé entre la Grosse Horloge et le quartier du Perrot. Le somptueux monastère de la Commanderie et les riches bâtisses qui leur appartenaient (après avoir été confiés aux Hospitaliers) ont certes disparu, mais leur présence est encore marquée dans le nom de rues comme la rue du Temple ou cette Cour de la Commanderie.               

              Et si le flâneur tente cette plongée dans le temps, il lui suffit de s’engager dans un petit passage qui jette son amorce dans la rue du Palais : il tombe alors, au détour d’une cour intérieure, dans l’étrange rue des Templiers qui a des airs de labyrinthe, sur une croix templière incrustée sur le pavé devant une grosse maison.

               Les Templiers ont été, comme on sait, chassés et massacrés après ordre de Philippe le Bel. Mais certains ont eu le temps de se réunir et d’organiser leur évasion du port de La Rochelle vers... l’Ecosse et plus particulièrement vers le nord du pays.

               Le lien entre passé et présent est ainsi établi au nom de la Vieille Alliance : « the Auld Alliance » entre Français et Ecossais et le fait qu’il y ait, à l’aéroport de la Rochelle, une liaison directe low-cost entre Edinburgh et la ville des derniers Templiers n’est peut-être pas seulement le produit du hasard.

 

 

Rues de La Rochelle (30) [1600x1200]

Rues de La Rochelle (32) [1600x1200]

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Eric Bertrand - dans voyage
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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 05:53

 

 

Rues de La Rochelle (6) [1600x1200]

 

                Il y a à La Rochelle, du fait de la situation de la cité sur l’Atlantique, de ses ressources en vin et en sel, un passé lié au commerce triangulaire. De grandes fortunes se sont, ici comme à Nantes, édifiées chez les armateurs. C’est le cas de la famille Aufrédy qui , en plein XVIII°, investit dans des navires en partance pour l’Afrique et que Balzac cite dans « Splendeurs et misères des courtisanes ».

                Mais à cette époque, la fortune lancée sur la mer reposait en même temps sur une « assiette » bien aléatoire... Ainsi, les Aufrédy, victimes d’un coup du sort, jouent-ils avant l’heure, le scénario inventé par Balzac. Splendeur et puis misère... Misère absolue, au point qu’ils ne doivent leur survie qu’aux religieuses dont on a vu la présence si marquée place Royale à La Rochelle...

                J’employais à dessein à leur propos le terme « d’assiette » et je songeais à l’analyse de Montaigne... « Le monde est une branloire pérenne », à Hamlet qui se sent « enfermé dans une coquille de noix ». C’est l’héritage baroque de ces maîtres qui nous disent, du haut de leur XVI° siècle, que rien n’est assuré sur cette pauvre planète où, bon an, mal an, nous conduisons, les uns et les autres, notre frêle destin.

                Les Aufrédy ont eu le temps de songer à cela... « vanitas, vanitatis », les fortunes sont au gré des flots... Mais un jour, miracle, les navires qu’on croyait engloutis reviennent au port. Shakespeare invente le même incroyable scénario dans le dénouement du « Marchand de Venise ». Mais entre temps, les consciences ont été marquées, les esprits ont mûri, médité, et par reconnaissance, l’épouse Aufrédy, la dite « Pernelle », a fondé l’hôpital du même nom.

 

Rues de La Rochelle (7) [1600x1200]

 

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Eric Bertrand - dans voyage
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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 07:47

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               Au-dessus de l’agitation urbaine, marché, voitures, passants, veille encore le visage doux et compatissant d’anges un peu oubliés qui règnent sur la ville et s’inquiètent du sort des miséreux.

               Le marcheur qui traverse la Place Verdun, anciennement « Place d’Armes » (on distingue l’ancien nom comme en palimpseste sous la plaque actuelle, et plus anciennement encore « Place du Château »), est attiré par les lustres du café de la Paix ou par les affiches du cinéma « l’Olympia »...

                Comme la majorité des bâtiments de cette place blanche, en dépit des tourments et des tumultes de la rue, les façades demeurent dignes et silencieuses. A l’image des Forestières qui, sous la conduite d’une certaine Anne Forestier, convertie au catholicisme suite à la révocation de l’Edit de Nantes, se dévouaient pour les miséreux en leur fournissant des lits et des soins. Elles officiaient justement à l’étage de ce bâtiment qui offre à la fois des paradis artificiels, des images pour oublier ou des lits pour panser ses plaies, c’est selon !

               A noter, pour ceux qui voudraient entendre une histoire d’amour derrière cette histoire de sainteté liée à La Rochelle, le savoureux roman de l’une des Ecrivaines de la côte, Jocelyne Ezvan : « les Forestières ».

 

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Eric Bertrand - dans voyage
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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 07:09

Rues de La Rochelle (4) [1600x1200]

               Quel scandale dissimule l’austère cité derrière ses hautes tours et dans les plis de ses venelles ? Les liaisons peuvent être dangereuses ou clandestines à l’entrée de La Rochelle ! Nous sommes à la fin du XVIII° siècle. Pierre Chanderlos de Laclos, le célèbre auteur des « Liaisons dangereuses », licencieuses lettres échangées entre libertins avoués, n’a pas été insensible aux dessous de la vieille ville…

                Chargé d’une mission relative à la construction d’un nouvel arsenal, il en a aussi profité pour taquiner l’honorable et sémillante soeur de l’amiral Victor-Guy Duperré, baron d’empire, dont la statue trône à l’entrée du Port de la Rochelle. L’amiral tourne le dos à la mer et toise la Grosse-Horloge. Est-ce un effet de soudaine inquiétude pour la respectabilité de sa maison ?

                Sous l’arcade de la Grosse-Horloge, le marcheur s’engage dans le cœur de la vieille cité et peut examiner à son gré la trame de toutes les intrigues qui s’y nouent... (Que l’amiral Duperré se rassure : le galant à la sulfureuse réputation épousera la belle)... C’est un dédale de ruelles, et dans quelque hôtel particulier, la jeune Anne-Soulange, à peine âgée de seize ans, reçoit, réfugiée en son boudoir, le fringant officier qui sait si bien parler aux femmes des infortunes de la Vertu...

 

Rues de La Rochelle (34) [1600x1200]

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Eric Bertrand - dans voyage
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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 05:40

                 J’avais annoncé « Promenades à La Rochelle », alors allons-y, commençons la série que je mijote depuis un moment, photos à l’appui !

 

                 Laleu est étymologiquement un « aleu » (du latin « allodium »), c'est-à-dire une « zone franche ». Bref, Laleu est à l’origine une terre en marge de La Rochelle, une terre en friches, jadis accordée à des migrants qui souhaitaient s’installer sur une portion de terrain... Figures romantiques que ces exilés dédaignés par les nantis du centre-ville et considérés comme des intrus inquiétants, sauvages et barbares (notre époque en connaît d’autres…)

                 Aux abords de la mer, en face de l’ile de Ré, se dresse une falaise blanche, dans un secteur qu’on appelle « le Pertuis breton ». Derrière le boulevard de Cagnehors rebaptisé ces dernières semaines « boulevard de la Lutte » par les dockers et les autres manifestants, l’avenue de la Repentie mène à la falaise et aux tourbillons. A de certaines heures, l’océan et le vent y font rage. Comme les hommes…

                 Il était une fois, dans ces parages où la mer communique un peu de sa violence et de son fiel, une certaine Myria, belle jeune femme à la chevelure et au tempérament de feu. Elle ne tolère ni la misère, ni l’exploitation des fils de Laleu. Dressée contre un noble, le comte de Châtelaillon, elle organise la résistance. Naguère, son fils a été lui aussi appelé dans cette contrée située à quelques milles marins de la falaise des déshérités. 

                La nuit est sombre, périlleuse, les vaisseaux qui passent au large de Laleu sont la cible des naufrageurs qu’encourage Myria. Elle fait allumer des feux pour tromper les navires qui viennent se fracasser contre les rochers. Mais elle ne sait pas qu’un soir, son fils est à bord de l’un des navires.

                Ivre de chagrin et d’amertume, du haut de cette falaise qui a piégé le dernier équipage, la rousse Myria se précipite, et devient « la Repentie ».

 

Les rues de La Rochelle [1600x1200]

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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 06:00

 

         L’un de mes amis porte à ma connaissance ce petit clip qui en dit long sur cette période de l’adolescence qui m’a intéressé lors de la rédaction de « L’Organisme »... Au passage, on savourera l’accent canadien !

         En tout cas, je ne résiste pas au plaisir de commenter à l’aide d’un extrait du chapitre 2 du roman, mais beaucoup bien d’autres pourraient y faire écho !

« Qu’est-ce que j’en ai entendu sur mon compte ! « Boutonneux ! Dents jaunes ! Cerveau mal fini ! Chenille ! Crapaud ! Homard sans carapace ! » Et tout un tas de noms d’oiseaux… « Une mauvaise passe », « l’âge ingrat ! », « il faut bien que jeunesse se passe ! »…

Je ne supportais plus ce miroir de laboratoire que tendent les adultes. Se reconnaissent-ils à travers nous ? En profitent-ils pour régler leurs comptes avec une image dégradée d’eux-mêmes, qu’ils regrettent et rejettent tout à la fois ? Leur adolescence... Cet âge où tout était encore possible, même dans leur visage et dans leur corps ! Evidemment, maintenant, c’est trop tard ! Ils ont le visage et le corps bien trop ratatinés et quant à l’esprit, rien de bien excitant dans le fond ! »

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17 novembre 2010 3 17 /11 /novembre /2010 05:56

 

                   Dans le cadre de la formation « Collège au cinéma », je démarre demain un cours d’introduction sur le maniement de l’image au cinéma et tout le vocabulaire technique qui l’accompagne. Les élèves ont besoin d’un support concret pour visualiser les réalités du champs-contrechamps, plongée-contreplongée, panoramique, travelling, gros plan -plan rapproché-très gros plans...

                   En revoyant récemment le très beau western « Il était une fois dans l’Ouest », j’ai trouvé que tout le film offrait une fabuleuse illustration à mes propos et donnait en même temps une très belle leçon de cinéma. Le spectateur ressent, face aux images, une véritable émotion esthétique qui lui donne l’envie immédiate d’y revenir, comme on peut ressentir la même envie de revoir un tableau, de réentendre une musique, de relire un poème...

                    Outre l’intérêt de l’histoire qui nous plonge à une époque où la liaison entre l’est et l’ouest des Etats Unis n’est pas encore établie (puisque l’intrigue repose en partie sur la construction d’une gare une terre située au cœur de l’Arizona que doit traverser la ligne de chemin de fer), outre la splendeur des paysages qui sont ceux des films de John Ford que Sergio Leone a retrouvés au cœur de Monument Valley, outre la musique ensorcellante d’Ennio Morricone, le réalisateur a su, tout au long de ces 155’ de film, créer une tension continue par la beauté et l’intensité des images.

                      Mouvements de caméras autour des acteurs, visages lumineux et magnifiés par les plans successifs, échange de regards, introspections, examen de l’adversaire par un ballet de champs contre champs... Autant de réussites qui glorifient les yeux petits et clairs de « l’Harmonica », (Charles Bronson), le visage de la madonne prostituée (superbe Claudia Cardinale), la bouche cruelle et toujours prête à cracher de Franck (Henri Fonda)...

 

 

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Eric Bertrand - dans Cinéma
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16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 05:55

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                  Après tout le temps de gestation du texte et de la mise en musique, nous avons commencé samedi le travail en studio autour de la chanson à venir. La réalisation sera longue et ce blog, puisque c’est aussi l’un de ses objectifs premiers, indiquera au lecteur ses phases sucucessives.

                 La première rencontre a consisté à constituer la « troupe » et à jouer sur les « voix » de façon quasi théâtrale. Les « chanteurs » devant intégrer, dans l’immédiat, le texte qui servira au refrain et qui est fondé sur la reprise de « gimmicks » évoquant le monde de l’adolescence.

                  Ce qui est jubilatoire c’est de voir ce que produit, après analyse par la machine, une gamme de sons. Ce travail sur les voix conduit parfois à des inspirations fulgurantes qui jouent non plus cette fois sur le son mais sur le sens. Ainsi le « Zoé ! », nom de l’héroïne de « l’Organisme », sera-t-il hurlé au début de la chanson, retentissement exalté de toute l’angoisse du héros.

 

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