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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 07:17

                    En parlant avec une lectrice au récent salon du livre de La Rochelle, cette dernière me signalait l’univers de BD d’un certain Charles Burns dont les insectes kafkaïens auraient très bien pu inspirer les bestioles que l’on rencontre dans « L’Organisme ».

                    Cependant, cet univers me paraît beaucoup plus noir que le mien dans la mesure où, chez Burns, tout semble obstinément bouché et sinistre.

                    Je laisse le lecteur établir la proximité et l’étrange « correspondance » entre ces deux illustrations.

 

Je l’affirme sans gloriole, mais avec une pointe de satisfaction : j’ai très vite acquis une aisance désopilante. Je jongle avec les métamorphoses.

Je cumule la légèreté de la demoiselle, la souplesse de l’araignée, et la stupeur de la tique. Je pends à mes fils de soie, passe et plonge, lâche les pattes en ressorts, tombe à pic, bondis, bombille, bombarde, bouscule, file et fuse, saute et zigzague. J’ai la danse de Saint Guy.

En société, je ne tiens pas en place. Je suis un insecte du zapping. J’ai la furie de la culotte, des corsages et des falzars. N’allez pas dire que c’est du vice ! Je suis purement et simplement un insecte qui suit son instinct et se nourrit de sang et de chair tiède !

On ne refait pas sa nature ! J’aime le contact à la chair crue. La chair crue alimente mon abdomen et ma mémoire. Ma matière grise est boulimique de matière rouge et rose. Avant, j’avais un appétit monstre, désormais je suis un monstre d’appétit. Je suis un infiniment petit et je campe sur l’épiderme. Je me goinfre de sang frais, de chair tendre et de pilosité, et la substance tiède que j’avale affole mon imagination. Je touche, je zappe, je touche, je zappe. L’Organisme (III.3)

 

Burns-36WB

 

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Eric Bertrand - dans livres
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10 décembre 2010 5 10 /12 /décembre /2010 05:59

                J’avais consacré dans ce blog une série d’articles aux fameux « bal des têtes » de la Recherche du Temps perdu dans lequel Proust examine les « dégats » que le Temps a opérés sur les visages de ceux qu’il a connus bien des années plus tôt.

                J’y ai repensé en relisant cette nouvelle de Maupassant intitulée « le masque » qu’on trouve dans le recueil « l’Inutile beauté ». Il raconte l’histoire incroyable de cet individu, forcené des bals, qui danse obstinément « jusqu’au bout de la nuit » avec cet éternel sourire et l’aisance d’une « mécanique » parfaitement rôdée.

                Mais un soir, il s’effondre sur la piste de danse et le docteur qui vient le secourir s’aperçoit que le danseur porte une combinaison intégrale qui lui colle à la peau, au visage, au cou, dissimulant soigneusement « l’envers du décor »... Car, en coulisses, sous le collant fringant et éternellement souriant, c’est le naufrage d’un octogénaire qui ne veut pas raccrocher les gants du galant.

 

Meditation-over-Highland-games.jpg

 

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Eric Bertrand - dans livres
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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 06:01

               La notoriété de ce conte de Maupassant intitulé « la Parure » n’est plus à faire et le lecteur (ou le spectateur) se souvient probablement de cette histoire atroce et cruelle d’une femme qui, pour briller dans un bal, avait demandé à son amie de lui prêter un beau bijou qu’elle a malencontreusement perdu.

               Alors commence le long et patient combat de la malheureuse pour rembourser « la parure » jusqu’au jour où, à bout de force, elle apprend que la parure était fausse. Dans le conte « les bijoux » (extrait du recueil « Clair de lune ») c’est le contraire. Un mari considère comme un caprice léger de sa femme la quantité de bijoux fantaisie qu’elle accumule dans son existence. Jusqu’au jour où, après son décès, il décide de revendre « les breloques ».

                Après expertise, il découvre que tout ce toc vaut de l’or et que sa femme a reçu en cadeau, probablement d’un amant pâmé, cette parure sans cesse régénérée !

 

Mey-gardens.jpg

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Eric Bertrand - dans livres
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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 05:50

            Certains textes littéraires ont une force brute. Ils vont, en quelques lignes, à l’essentiel. Ils constituent des fables implacables sur ce que Cesare Pavese appelle « le métier de vivre ».

            Ainsi Leiris dans l’Age d’homme, raconte comment, à 7 ans, il a découvert la perfidie des adultes lors d’une opération des végétations, pratiquée sans anesthésie par le médecin de la famille qui, en accord avec la mère de l’enfant, avait prétendu, avant de couper à vif, qu’ils allaient « jouer à la cuisine ».  Leiris explique, à travers cette anecdote à valeur de véritable apologue, comment il a appris à se méfier, comment il a compris que le monde était « plein de chausse-trappes » et qu’il n’était sur terre que pour devenir chair à souffrance...

              Ainsi également le conte de Maupassant, « Garçon, un bock ! », où l’on entend la voix d’un enfant, qui, le jour de ses 13 ans, petit bonhomme gai et fantasque, découvre la méchanceté à l’état brut à travers une violente scène de dispute entre ses parents qu’il croyait unis et tendres...

 

Eté 2010 (207) [1600x1200]

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Eric Bertrand - dans livres
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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 06:14

                Je ne résiste pas à proposer au lecteur en prolongement à l’article d’hier « la distribution » des scènes et des personnages de « mon Gulliver » afin de lui donner une petite idée de la façon dont j’ai traité l’histoire de Swift.

                Il est évident que cette proposition est adaptée à nos conditions de jeu avec un groupe classe pour lequel il faut fournir des rôles adaptés. Il va de soi que tout cela est modulable.

 

Scène 1 : (salle de dessin) sur la place publique, cinq Lilliputiens dont un froussard.

Scène 2 : (salle de SVT) sur la plage, quatre Lilliputiens « qui n’aiment pas les étrangers ».

Scène 3 : (salle d’anglais) trois « sages » qui examinent le géant.

Scène 4 : (salle de géo) cinq chefs cuisiniers chargés de « requinquer » le géant puis trois marchands qui essaient de tirer profit de l’opportunité.

Scène 5 : (salle de maths) trois juges et trois Gulliver qui expliquent les usages de leur pays.

                 Premier problème écarté donc puisque « l’effectif » est au complet. Cela va maintenant dépendre de l’engagement de nos comédiens, ce qui est aussi une autre paire de manches !

 

studio 9721 [1600x1200]

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 06:50

Dans les moments de creux du salon, pour les élèves de l’atelier théâtre, j’ai terminé la correction de l’adaptation scénique des « Voyages de Gulliver »... Un sérieux défi que je m’étais lancé étant donné que, comme chaque année, en matière de  théâtre, je suis talonné par le temps. Il me faut en effet mettre le texte à disposition dés la rentrée de janvier afin que le travail de distribution, de mise en scène et de mise en voix puisse commencer avec notre metteur en scène associée.

              J’ai finalement orienté cette pièce du côté philosophique, mais une philosophie « en liberté », afin que le message passe le mieux possible auprès des élèves de sixièmes. A travers un total de six scènes de natures très variées, c’est un portrait de l’homme qui est proposé, à la fois dans ses défauts, ses qualités et ses aspirations. D’autres « thèmes philosophiques » sont également au centre de la pièce : la différence, la volonté de puissance, l’argent, la nation, la politique, la nature, la confrontation avec autrui, le langage...

               C’est aussi l’occasion de montrer que si l’œuvre de Swift véhicule les préoccupations du XVIII° siècle (voyages, économie, esclavage, définition de l’humain), elle touche en même temps à des thèmes très modernes et permet à des jeunes esprits de comprendre un peu ce que c’est que « philosopher ». A l’heure où les programmes éducatifs songent à faire entrer l’enseignement de la philosophie en classe de seconde, on comprend qu’il n’est jamais trop tôt pour commencer ! 

 

salon la Rochelle (7) [1600x1200] 

 

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 07:13

                studio 9721 [1600x1200]

 

Les moments de rencontre avec les lecteurs sont suffisamment rares pour qu’on en profite pleinement. Dans mon année bien remplie, j’ai à l’heure actuelle limité ces événements à deux salons, celui de l’Ile de Ré en été et celui de La Rochelle en hiver. J’aime cette alternance saisonnière... L’un fournit la version « transat » en plein cœur du mois d’août, l’autre la version « tison », en ces temps de froidure, la neige encore aux portes...

                Dixième anniversaire du Salon de La Rochelle, les invités sont nombreux, les stands croulent sous les livres et il est difficile d’émerger de cette foule. L’expérience montre qu’il est nécessaire d’attirer l’œil par un stand un peu plus attractif et « parlant ». C’est à partir de cette idée qu’avec Jenny, nous avons organisé la matière littéraire, notamment en proposant au lecteur un cahier dans lequel sont répertoriés, pour chaque titre mis à disposition, les précieux avis des lecteurs.

                Cela permet de guider le quêteur de mots et d’histoires, beaucoup mieux qu’un quatrième de couverture. Et cela économise la voix (en convalescence ces jours-ci !). Par ailleurs, chaque exposant ne disposant que d’un mètre carré de surface, avec mes six ouvrages sélectionnés, j’ai tendance à m’étaler ! Quelques outils simples me permettront d’endiguer la déferlante !

 

studio 9718 [1600x1200]

 

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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 06:47

Les hasards du calendrier des événements rochelais m’amène à ce rapprochement dans la mesure où le Salon du Livre et le Salon du Chocolat ont failli se faire concurrence ce week-end. Pour ménager la susceptibilité des goûteurs de mots qui sont aussi goûteurs de mets, la municipalité a, in extremis, reporté le salon du chocolat...

                Tablettes et livres, c’est la même chose. Une surface rigide, taillée à la dimension d’une poche, un peu froide d’apparence, mais cela dépend aussi de « l’emballage ». Et puis on ouvre la tablette, une odeur particulière s’en dégage aussitôt, un « sui generis » qui comporte une attente.

                 Le volume de pages contient dans ses plis la mémoire d’autres actes de lecture comme le papier alluminium rappelle des moments de dégustation. On croque dans le chocolat, une surface un peu dure, qui très vite fond et diffuse, dans des régions qui vont au-delà du palais. On mord dans un livre, et les mots et les idées infusent, secouent, renvoient elles aussi à une multitude de sensations.

                  Un avantage, le chocolat se partage, en petits carreaux qu’on peut aussi distribuer. Dans une tablette de chocolat, le gourmand dispose instantanément d’une série de « maquettes en miniatures » du « livre » qu’il déguste. Il est son propre « éditeur » et « distributeur ». A l’inverse, le lecteur ne peut que garder pour soi la saveur des mots qu’il avale. Tout au plus peut-il dévorer le livre afin de le céder plus vite à la personne dont il sait qu’elle éprouvera, à son tour, du plaisir. Mais c’est toujours en différé !

                   Quand on partage des carreaux, on peut se regarder dans les yeux, la salive vient aux papilles, les pupilles brillent. La réjouissance est immédiate. Le livre fond beaucoup plus lentement, la saveur en est jalouse. Il faut laisser le temps de quelques pages. Le  livre de « haulte graisse », n’est pas une papillotte. Il agace et se dérobe. Il est pomme au pommier de Tantale... Mais au bout du compte, cette pomme-là se donne à Tantale. A condition toutefois que ce dernier sache lui ménager un moment volé de ravissement égoïste. Alors il faut imaginer notre Tantale heureux, avec un livre sous le coude et une plaquette de chocolat, qu’il conserve le plus longtemps possible, pour faire durer le plaisir !

 

studio 9726 [1600x1200]

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3 décembre 2010 5 03 /12 /décembre /2010 06:19

                  Je relis et continue de découvrir en ce moment des textes d’Edgar Poe dont les œuvres produisent toujours sur le lecteur une impression délicieuse d’intelligence et de sens du mystère.

                  J’ai entre les mains un recueil dont je connaissais quelques pièces comme l’hallucinant traité sur la folie que constitue « le Système du docteur Goudron et du professeur Plume » dans Histoires grostesques et sérieuses et je trouve, sous le titre « Genèse d’un poème », ce passage qui me renvoie directement à l’idée qui m’avait fait, il y a maintenant plus de quatre ans, ouvrir ce blog intitulé « Genèse overblog ».

Bien souvent j’ai pensé combien serait intéressant un article écrit par un auteur qui voudrait, c’est-à-dire qui pourrait raconter, pas à pas, la marche progressive qu’a suivie une quelconque de ses compositions pour arriver au terme définitif de son accomplissement. Pourquoi un pareil travail n’a-t-il jamais été livré au public, il me serait difficile de l’expliquer ; mais peut-être la vanité des auteurs a-t-elle été, pour cette lacune littéraire, plus puissante qu’aucune autre cause.

Beaucoup d’écrivains, particulièrement les poëtes, aiment mieux laisser entendre qu’ils composent grâce à une espèce de frénésie subtile, ou d’intuition extatique, et ils auraient positivement le frisson s’il leur fallait autoriser le public à jeter un coup d’œil derrière la scène, et à contempler les laborieux et indécis embryons de pensée, la vraie décision prise au dernier moment, l’idée si souvent entrevue comme dans un éclair et refusant si longtemps de se laisser voir en pleine lumière, la pensée pleinement mûrie et rejetée de désespoir comme étant d’une nature intraitable, le choix prudent et les rebuts, les douloureuses ratures et les interpolations, — en un mot, les rouages et les chaînes, les trucs pour les changements de décor, les échelles et les trappes, — les plumes de coq, le rouge, les mouches et tout le maquillage qui, dans quatre-vingt-dix-neuf cas sur cent, constituent l’apanage et le naturel de l’histrion littéraire.

 

Aix (2) [1600x1200]

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Eric Bertrand - dans livres
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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 05:47

                  J’avais eu la chance de me trouver au Salon du livre de La Rochelle il y a deux ans, et c’était ma première participation à ce salon qui fête cette année sa dixième édition. J’en garde un bon souvenir. Il a lieu sur la surface de l’Encan de vendredi 3 décembre prochain à dimanche 5 au soir.

                   Je suis invité sur le Kiosque des Ecrivains de la Côte où j’essaierai de rester le plus longtemps possible afin d’aller à la rencontre du public et de présenter mes nouveautés tout en échangeant au sujet des projets ou d’autres livres. A cette occasion, petite remise à jour du site avec, outre l’actualité ? la présentation du fameux clip et du nouveau terrain de travail : la chanson...

                   D’où la nouvelle rubrique qui lui est consacrée...Et un nouvel associé fait son apparition, Christian.

http://www.ericbertrand.fr/chansons.htm

 

 

salon [1600x1200]

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