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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 05:03

Marcher, du même pas que les autres, avec le même regard et le même équipage. Se tenir debout, bien droit, sentir ses jambes et ses talons. Tourner le dos, laisser l’ombre s’en aller, regarder vers l’horizon. Marcher... Avoir du vent dans les semelles et des vers dans la tête. S’en aller loin, bien loin, avec Rimbaud. Ecraser la boue de la barbarie, le gravier des fanatismes, marcher dans les Lumières. Marcher avec Montesquieu, avec Voltaire, avec Rousseau : quand on marche, on pactise ! « La marche a quelque chose qui anime et avive les idées : je ne puis presque penser quand je reste en place; il faut que mon corps soit en branle pour y mettre mon esprit ». Marcher, sous le feu des pensées et parmi les penseurs. Marcher avec Montaigne, dans l’espace de la « librairie », « mes pensées dorment si je les assis, mon esprit ne va si les jambes ne l’agitent ». Marcher avec Rabelais, Camus, Zola et Victor Hugo. Marcher dans les rayons des livres et les rayons du soleil. Marcher, et ne regarder ni l’or du soir qui tombe, ni les voiles au loin... Marcher avec Arthur vers l’Orient, avec Théodore, dans le désert, marcher avec Kérouac sur le goudron, dans les villes et dans les rues. Marcher la mine grave. Marcher, tirer sur tous les tendons de l’esprit, monter sur la pointe des stylos et sur la mine des crayons. Dessiner dans le ciel la forme des nuages. Ouvrir au beau milieu de la voie lactée, une voix Charlie. Et toutes les étoiles suivent Charlie.

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11 septembre 2014 4 11 /09 /septembre /2014 16:33

Il y a des films qu’on a l’impression de regarder avec un livre derrière la tête. C’est le cas du dernier film d’Anne Fontaine, « Gemma Bovery », et le livre... ce n’est rien moins que le chef d’œuvre de Flaubert : « Madame Bovary »...

Dans le fournil où il pétrit son pain et remâche inlassablement ses rêves littéraires et ses frustrations, le héros du film c’est Joubert, le boulanger du village, incarné par Fabrice Luchini, que l’on sent profondément ému de jouer « pour Flaubert » et « pour la Littérature »... Dans ce trou de Normandie, patrie de son maitre où il a repris l’affaire de ses parents, Joubert est en quête de paix et de sérénité. Il a posé dans son « gueuloir à pain » un grand portrait de l’auteur de « Madame Bovary » et, tandis que le pain cuit, que la croute durcit, branché sur France Culture, il écoute Patrick Dandrey et Raphaël Enthoven lui parler de Flaubert.

A ses heures creuses, flanqué de son chien Gus (tave ?), il médite et arpente la campagne cauchoise, pose un regard fatigué sur les arbres silencieux, la pluie trop insistante et les bâtisses en ruines. Le roman de Flaubert l’habite de façon obsédante. Il en est imprégné, il en écoute le chuintement permanent pendant que la vie tourne autour de lui... Un fils « crétin » qui ne pense qu’aux vidéos mais à qui le collège a toutefois demandé de lire Tourguéniev, une femme sarcastique, qui s’agite dans sa boutique et ne comprend rien aux nuages du « bovarysme ».

Mais rien n’échappe cependant à sa vigilance lorsque son mari bascule du côté de ses fantasmes... C’est en effet une situation trop facile, trop évidente qui s’offre au boulanger trop rêveur à son goût. Le couple d’Anglais qui s’installe à côté de chez eux s’appelle Bovery, et elle se nomme Gemma et lui, le comble, c’est Charly ! Elle la voit venir, cette Gemma, avec ses airs indolents et sa tranquille oisiveté. Fataliste et presque indifférente, la « femme du boulanger » assiste alors, en même temps que le spectateur, à la lente métamorphose de son vieux compagnon dont la pâte, trop molle et trop humaine, se lève au sillage de ces grands chapeaux anglais, de ces robes à forget me not... Une sensualité éparse, à fleur de peau, un charme ravageur que la languissante Londonnienne promène dans la campagne, en même temps que sa petite chienne Carrington dont Gus, moins élégant que son maitre, vient renifler l’arrière-train... Dans la touffeur de l’été normand, la passion monte, libère les transpirations, les pulsions. A l’approche de l’automne, la pluie « étale ses immenses trainées » puis soudain tombe en trombe et tous les sentiers boueux deviennent les allées d’une nymphette équipée de petites bottes en caoutchouc qui savoure la campagne comme un calva, un croissant, en grinçant des quenottes.

L’œil du spectateur se pose sur la silhouette. Le temps est suspendu, tandis que la caméra d’Anne Fontaine montre le visage, la gorge, les épaules et les jambes de Gemma. C’est le regard de Flaubert qui se superpose à celui de Joubert, et la captivante vision d’un corps échauffé dont la nature torride fait exploser tous les repères. « Quand Gemma est arrivée, souffle Joubert, j’ai mis un terme à sept ans de tranquillité sexuelle... » C’est le même saisissement qui s’empare de Charles la première fois qu’il voit Emma à la ferme des Bertaux: « Le grand air l’entourait levant pêle-mêle les petits cheveux follets de sa nuque ou secouant sur sa hanche les cordons de son tablier, qui se tortillaient comme des banderoles. Une fois, par un temps de dégel, l’écorce des arbres suintait dans la cour, la neige sur les couvertures des bâtiments se fondait. Elle était sur le seuil ; elle alla chercher son ombrelle, elle l’ouvrit. L’ombrelle, de soie gorge-de-pigeon, que traversait le soleil, éclairait de reflets mobiles la peau blanche de sa figure. Elle souriait là-dessous à la chaleur tiède ; et on entendait les gouttes d’eau, une à une, tomber sur la moire tendue ».

Tout le récit s’inscrit dès lors dans une sorte d’ironie tragique, et Joubert, confondu, assiste à la lente déconfiture de la jeune Anglaise assaillie par les dettes, les tourments amoureux et l’ennui. Avec une pointe de voyeurisme, d’excitation résignée et de sadisme de plus en plus clairement assumé, il participe au scénario qu’il connaît par cœur. La coïncidence est trop grande à ses yeux et c’est lui l’agent du Destin quand il met le roman de Flaubert dans les mains de Gemma. La demoiselle aux bottes en caoutchouc affirme « qu’il ne s’y passe rien » mais que « c’est drôle ». La formule est juste, proférée avec un tel sourire qu’elle éblouit Joubert. « Madame Bovary, un roman sur rien... »

Mais quand « le rien » est bousculé par la passion torride, tout bascule sous les yeux hallucinés de Joubert, qui trouve toujours un moyen d’être là où il faut et quand il faut ! Les moments de plénitude de Gemma sont soulignés par des scènes érotiques particulièrement bien filmées. Dans le château de Hervé, le jeune hobereau qui remplace le Rodolphe du roman... Dans la voiture de Gemma qui métamorphose le fiacre de Léon en Combi aux couleurs flashy... Le capot est encore fumant quand l’engin s’arrête enfin et le désordre du moteur et des cheveux de Gemma en disent long sur la course folle qui vient de s’achèver au pied de la cathédrale où Joubert, pour coller au roman, guettait désespérément l’occasion !

Il faut bien l’avouer, Gemma courtisée et amante ne souffre pas à la façon d’Emma. Elle prend du plaisir avec les hommes et sait ce qu’elle veut. Elle est plus simple, plus spontanée. Mais la pensée de Joubert cherche sans relâche à la rattraper, à l’enserrer dans les filets d’Emma, à la sauver enfin... (Fantasme d’un boulanger super héros qui emporterait, bien loin de la déprimante Yonville l’Abbaye, la romantique et ardente Gemma ?) « Sa vie était froide comme un grenier dont la lucarne est au nord et l’ennui, araignée silencieuse, filait sa toile à tous les coins de son coeur. »

L’ombre d’Emma pèse de plus en plus lourd au-dessus de la malheureuse Gemma. Autant que la frustration grandissante de Joubert... Comme Joubert ébloui, le spectateur est aussi le lecteur acharné de la tragédie flaubertienne. Inexorablement, il tire les ficelles et assiste enfin au scénario attendu, la mort de Gemma, différente cependant et plus grotesque. Au moment du dénouement, elle n’est déjà plus qu’un souvenir, « un flambeau allumé sur un village désespérément ignifugé » comme l’a écrit Julien Gracq à propos de la véritable Emma. La vie reprend comme avant et Joubert n’a plus qu’une chose à espérer : voir revenir, six mois après le drame, dans la maison de Gemma, de nouveaux voisins. On est au cœur de l’hiver, la neige blanchit les toits et, aux dires de certains, la nouvelle héroïne s’appellerait Anna Karénine ou plutôt « Kalénine »...

Madame Bovary; cinéma; Fabrice Luchini

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16 juillet 2014 3 16 /07 /juillet /2014 04:18

Serge est un esthète, un dandy dénicheur de textes littéraires un peu oubliés. C’est le cas du sonnet de Félix Arvers qui connut, en pleine période romantique, son heure de gloire... J’y réserve un petit chapitre dans la version narrative de « Ma Rue de Verneuil ». Dans l’espace si contraignant d’un seul sonnet, le mélancolique et dépité Arvers parvient à manifester tout son amour et sa rage à l’encontre d’une belle idiote qui s’extasie et ne comprend pas que c’est elle la muse de l’amant sensible et raffiné qui meurt d’amour pour elle !

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 18:25

La seule chanson qui soit de Victor Hugo dans le répertoire de Serge s’intitule « la chanson de Maglia ». le thème qui y est abordé est pour le moins fondateur de l’une des grandes thématiques de l’univers gainsbourien : celui de la laideur... et de son cynisme en face de la beauté...

Hugo Gainsbourg

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14 juillet 2014 1 14 /07 /juillet /2014 08:26

Avant le cynisme, Serge penche du côté romantique et j’ai souvent évoqué au moment de la conception des textes, la pureté de Sergio. C’est à ses grands modèles, Hugo, Musset, Nerval qu’il se réfère. Malgré les dérives de chacun, on retrouve dans leurs textes, leurs poèmes ou leurs personnages un versant pur et idéaliste. Je propose de faire un détour par ces « romantiques » du début du XIX° dont Serge a emprunté le profil ou les textes.

Par exemple Nerval... Sur un rythme étonnant ce poème qu’il a baptisé « le Rock de Nerval »...

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13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 04:56

A la différence des autres, le personnage de Sergio est un pur, un pur qui finit par reculer devant les « turbulences » dont il est pourtant responsable... C’est un peu la thématique tragique du double qui fait que, entrainé par le personnage qu’il a commencé à jouer, l’être se délite et finit par ne plus se reconnaitre. On peut penser par exemple au Lorenzaccio de Musset... Le double est fondamental pour entrer dans l’univers de Gainsbourg. En cela, il ressemble au complexe Alfred de Musset dont il a mis en musique l’un des poèmes.

Musset; Gainsbourg

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 07:59

Autre moment d’insulte, c’est lorsque le gang Barrow “montre les dents”! Ils ont capturé un shérif et cherchent à l’épouvanter. Les insultes pleuvent, “vieille canaille” bien évidemment sans oublier l’inévitable “con!”, issu du fameux “requiem pour un con”, base d’un ballet claquettes à trois filles, véritable danse de guerre.

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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 12:47

La relation amoureuse n’est pas un long fleuve tranquille dans les chansons de GAINSBOURG et les amants sont tourmentés, assaillis de violents desirs ou de moments de crise, la jalousie étant un passage oblige dans cette “carte du Tendre” d’un genre un peu tumultueux. Aussi les insultes y tiennent leur place, moyen de manifester violemment les tourments de l’âme.

Dans la pièce, Sergio a des raisons d’être jaloux et Marilou, de très mauvaise foi, ne supporte pas ses humeurs et lui réplique hardiment en le traitant par exemple de “plouc, de minable, d’abominable bouc”… Tous ces charmants noms d’oiseaux sont par exemple dans la chanson “aéroplanes”, extraite de “l’Homme à la tête de chou”.

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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 05:09

Les personnages de la pièce ne sont pas des « vedettes » en anglais ! Ils sont davantage au goût d’Emmanuelle qui aime « les manuels » comme dit la chanson. Cependant, lorsqu’ils constatent que les filles du Kangourou Club parlent la langue de Shakespeare, ils s’essaient maladroitement à quelques phrases, ce qui donne lieu à un moment cocasse...

“Bloody Jack : (avec un fort accent français, comme les autres) please, please ! I’m a french man, and I prefer to say : « je t’aime ».

L’ami Caouette : yes, me too !

Max Coiffeur : (se précipitant vers Paméla Popo) I like your body, your eyes, baby blue !

Tatoué Jérémie : (se précipitant vers Lola Rastaquouère) I’m afraid I don’t speak very well english but I think you are the most pretty little girl I ever knew !”

Cet épisode fait écho à quelques chansons que Serge chante en anglais. Intéressant au passage, quand on connaît bien les paroles de l’originale, de confronter à la traduction proposée.

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 07:32

« Jouer la farce du grand amour » préconisait « la recette de l’amour fou »... Les hommes qui vont au Kangourou club négligent un peu l’orthographe mais se lancent dans les serments d’amour qu’ils font lire aux filles. L’occasion pour elles de se moquer de leurs pauvres compétences dans ce domaine !

C’est justement le thème de la chanson « en relisant ta lettre » qui s’attache à démonter le pathétique et le lyrisme amoureux par la grille austère de l’orthographe. Pour les besoins de la pièce, la situation est retournée car dans la chanson originale, c’est l’homme qui « joue les maîtres d’école » et la femme qui souffre « la leçon » !

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