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Texte Libre

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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

13 juin 2011 1 13 /06 /juin /2011 06:02

           A l’issue de l’aventure burlesque du Loft, certains de mes acteurs ont réclamé des histoires plus « tragiques », ce qui a ouvert un « cycle » de trois pièces marquées par le genre du drame, de la tragédie, puis à nouveau du drame. Le Tennessee Club est inspiré de l’univers de Tennessee Williams (« Soudain l’été dernier », « un Tramway nommé Désir », « la Chatte sur un toit brûlant ») : il résonne de différents échos à la route américaine et entraîne hommes et femmes dans un affrontement dévastateur qui les isole dans leurs rêves idéalistes, leurs passions destructrices (l’alcool, l’argent, le jeu, l’errance).

           La référence à un absolu mythique (famille unie, grand amour, propriété prospère) accentue le sentiment dramatique d’un gâchis et d’un désastre sentimental. C’est ce qu’incarne le personnage principal de la pièce, Thelma qui a quitté la plantation de Louisiane pour partager sa fortune avec Tom Desire dans l’aventure du « Tennessee club », établissement qui végète au bord de la highway, dans un lieu désespéré, Bagdad Café. (Au passage, commence officiellement avec cette pièce, la collaboration avec le Moulin à sons de Loudéac et les clins d’œil aux musiques de films sont symptomatiques d’une volonté de mêler sur la scène musiciens et comédiens)

           Dans le Tennessee Club, c’est Thelma qui pousse le cri de désespoir autour duquel tout se cristallise... Ils sont nombreux ceux de sa famille qui souffrent autour d’elle, et qui ont eu la drôle d’idée de vouloir la rejoindre pour « régler des comptes » : la mère, les tantes dont la santé mentale vacille, les petites sœurs qui rêvent de fuguer, le père de suivre une entraineuse.

« On a tous en nous quelque chose de Tennessee ».

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12 juin 2011 7 12 /06 /juin /2011 06:24

              Après une transition par une pièce consacrée à Gainsbourg et restée inédite du fait de l’obstacle des droits d’auteur, l’idée de garder un œil sur l’univers du show-bizz m’amène à réfléchir sur ce qui fait le quotidien de nos ados... Condition particulière de l’écriture de cette pièce tributaire de la contrainte d’une distribution inégale : déséquilibre du masculin-féminin dans la troupe. Une fable sur la téléréalité à partir de l’examen critique de l’émission « Loft Story ». On est en 2084, un tyran a pris le pouvoir (référence au Big Brother de 1984).

                Passablement pervers et retors, il s’entoure de femmes entièrement à sa disposition et cherche à éliminer les derniers « résistants » à travers un « loft » télévisé, remodelé de façon à réduire à néant la Culture de ses opposants. Le seul « lofteur » s’appelle Tarzan, il est comme son nom l’indique, animé de pulsions à l’égard des femmes. Ces pulsions s’expriment à travers les tirades de théâtre qu’il puise dans le grand répertoire des auteurs interdits, parce que jugés « indécents » : Shakespeare, Musset, Rostand.

Tarzan : Puisque c’est à moi qu’il incombe de faire entendre ici le chant du mâle … (Improvisant une réplique) : J’aime Juliette !  Je cueille sur ses lèvres le fruit d’amour défendu ! J’aime Juliette, je suis au paradis et je me bats au corps à corps avec Satan quand je passe sous le pommier de ses fesses et de ses seins !

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11 juin 2011 6 11 /06 /juin /2011 05:47

               Dernier acte dans le domaine de la publication collective. L’idée est cette fois de fournir un texte sur mesure pour le club théâtre que j’anime depuis quatre ans au lycée. L’atelier va écrire pour jouer, pour représenter sur scène une pièce qui rende hommage à l’icône des beatnicks : Jack Kérouac.

               On comprendra aisément mon choix pour cet auteur et l’horizon américain. L’œuvre de Kérouac fournit un écho à « La Route »... On y retrouve inévitablement des silhouettes qui empruntent leurs références à des romans de la route : à Kérouac, « Sur la route », « les Clochards célestes », à Jack London « la Route »... Mais également à Salinger, Walt Whitman et Rimbaud. Image du « Petit Poucet rêveur », en prise avec les excès d’un territoire et d’une fin d’adolescence tumultueuse.

 

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10 juin 2011 5 10 /06 /juin /2011 05:00

               L’idée est partie de l’opération « Grenier du Siècle » à Nantes : léguer un objet à un descendant... En 2100, date de l’ouverture du grenier : quel est cet objet, qui est celui qui le découvre, pourquoi avoir fait ce legs ? Autant d’éléments sur lesquels s’interrogent les 16 élèves de la 1ère L et leur professeur au tournant du siècle.

              Quatrième de couverture : « Tout a commencé un soir de novembre. Dans son mackintosh, sous son grand chapeau de feutre, Colette If du Loup des Acqs errait sur les quais de la Fosse à Nantes. Elle songeait au nouveau millénaire, aux années qui passent, à la modernité qui renvoie les matafs et les bourlingueurs, les mafieux et les femmes fatales au fond des vieux cargos... » Et dans les poches du mackintosh les objets opposant masculin-féminin : roman de l’une des sœurs Bronté, bague, boite à musique, morceau de journal intime, chausson de danse, croix de guerre, dent de requin, pièce de monnaie.

              Clin d’œil à l’ouvrage précédent et à ses héros de roman noir mais annonce de quelque chose de beaucoup plus intime, qui se situe au niveau du sac à main ou de la boite à gants...

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Eric Bertrand - dans livres
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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 05:33

             L’auteur est au féminin, l’initiateur au masculin. Il me fallait choisir un pseudonyme pour rendre compte d’un travail collectif de deux ans en classe de 1ère L essentiellement féminines. Colette If donc, est une femme libre, sortie tout droit de l’univers du roman noir et inspirée à l’origine par un thème proposé au salon « Etonnants Voyageurs ». Elle produit entre 99 et 2001, trois ouvrages.

 

Black Polaroïd : le style roman noir.

 

               16 auteurs, 16 nouvelles et dans chacune d’elles, une écriture libérée, dans des espaces déconcertants où les auteurs doivent se mettre en scène sous un pseudonyme. En face des rares garçons, les Ronaldo, Luigi Callaci, Alix Birtram (mon pseudonyme hérité de mon séjour à la prison de New Orleans), galerie de femmes dont les photos sont encore disponibles dans les premières pages du livre Miss Morsure, Docteur Hache, Loulou la Blanche, Miss Krane, Lolita....

               Profils de femmes qui ont surpris René Frégni à St Malo et dont le film va donner un instantané.

 

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Eric Bertrand - dans livres
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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 05:49
  

              Dans ce roman à caractère largement autobiographique qui met en scène l’apprentissage du monde, la figure féminine absolue, c’est la Route. A maintes reprises féminisée dans un parcours rude et exigeant (16000 kms en stop à travers les States), elle concentre tous les fantasmes de douceur, d’érotisme, d’aventures dont sont demandeurs les deux héros (Pascal et Eric, étudiants cabochards en 1983)...

               C’est sur la route que les deux voyageurs vivent en effet une aventure extraordinaire avec un pays qui leur réserve bien des surprises. Au fil des interstates émergent parmi d’autres figures patibulaires des silhouettes féminines, des rencontres éphémères notamment à Montréal, à Philadelphie, à Miami.

               Confrontées à deux garçons qui se la jouent nouveau western ou road-movie néo Kérouac ou Jack London, elles n’existent qu’à l’état de fantasmes, de tentations ou d’obstacles (la prostituée de Houston qui leur adresse la parole quand ils sont en train de vivre le drame du voyage). Eric et Pascal sont bien réels mais l’écriture accompagne le jeu auquel ils se sont livrés dés l’origine : celui du défi au territoire américain et à celui des figures de mecs qui en font la légende virile : hobos, Johnny riders, chercheurs d’or, cow-boys roulant dans de grosses bagnoles, claquant le fric dans les machines à sous, rêvant Hollywood, starlettes sur la plage et lames du Pacifique...

               D’ailleurs, cette traversée des Etats-Unis en autostop se transforme peu à peu, au gré des mésaventures, en conquête de l’ouest et Eric et Pascal deviennent, au cours de ce rude apprentissage de la vie sur la route, et par un subterfuge de romancier, John et Lucky par référence à leurs modèles John Wayne et Lucky Lucke... « I’m a poor lonesome cow-boy »... Le temps des cow-boys séducteurs n’est pas encore venu, la prison de la Nouvelle Orléans dans laquelle, à l’issue d’une malencontreuse situation ils se retrouvent, est une prison d’hommes et la discothèque de Houston dans laquelle ils essaient de rattraper le temps perdu avec un conducteur de rencontre est une discothèque gay !

 

 
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Eric Bertrand - dans livres
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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 05:40

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              Car toute liaison à caractère sentimental ou sensuel est immédiatement jugée suspecte, envahissante et celui qu’ils appellent le grand Timonier, relayé par le dénommé Gédéon, interdit les roucoulades, les coups de foudre et les canons de l’esthétique féminine, nivellement par le bas oblige, (rééducation culturelle des Maos, chasse à l’artiste... quand on a opté pour « la Cause » on « taille dans la petite chinoise » pour parodier le titre du beau roman de Dai Sijie à propos des beautés des romans de Balzac rentrés dans la clandestinité au moment de la révolution culturelle). Un membre honorable de la Cause évitera toute émotion esthétique et consacrera l’essentiel de son temps de son énergie intellectuelle à, selon la délicate expression, « enculer les mouches ». Le style de Rolin est lyrique et en même temps trempé dans cette impatience masculine de la spéculation activiste quand la machine à stencils a chauffé toute la nuit au milieu des tasses de café froid et des mégots écrasés. Autre époque !

                 La fille de Treize aux côtés du narrateur plonge avec lui dans le Temps. Et c’est le Temps qui sert de « tapis de sol » aux héros de « Tigre en papier » : et à l’exception de Marie, ils ont tous fait les frais et payé l’addition comme à la fin du Temps retrouvé au moment du fameux bal des têtes, lorsque le narrateur retrouve la société vieillissante qu’il a perdue de vue depuis plus de vingt ans. Comme l’écrit avec cynisme le narrateur, le temps diffuse de la « radioactivité » sur les êtres au point de ravager ceux que la mort a épargnés, hommes et femmes. Rolin n’y va pas par quatre chemins... Il transforme les plus nobles, les plus gracieux en grotesques silhouettes, même le narrateur ne peut plus que se lamenter sur le visage romantique et sauvage de « l’ange des révolutions » désormais évanoui. A ses côtés, Marie qui croise les jambes et fait crisser sa jupe lui tend le miroir de ce que furent pour lui Judith et Chloé, mais comme il l’écrit, « pas touche ! ».

                 La fille de Treize est tellement éloignée de lui, elle incarne la modernité, internet, portable, SMS, désinvolture gracieuse, enfant gâtée, ignorance de toutes les références culturelles du vieil homme de lettres qui découvre avec horreur qu’il ressemble à Daladier « un faux-dur qui a cané devant Hitler à Munich, enfin un type à qui on n’a pas envie de ressembler »... C’est pour ça qu’il à la fille de Treize : « Ce qui m’intéresse en vous, c’est la profondeur du futur... Je ne suis que sarcasme pour le passé »

Relisons quelques traits de ce sarcasme...

(p67-68)

 

 

                 J’en ai fini de cette première partie consacrée aux autres auteurs, j’entre à présent dans la partie qui concerne mes livres, et, par souci d’efficacité, je la traiterai de façon chronologique. J’ai choisi de ne pas consacrer de développement à la partie qui recueille les « essais » parus tout au long de ces années aux éditions Ellipses et qui s’attachent notamment à parcourir l’œuvre de Hugo. Peut-être aurons-nous le temps d’y revenir au moment de l’échange que j’essaierai de ménager après cet exposé. 

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Eric Bertrand - dans livres
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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 04:12

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              Rolin, Olivier, pas Jean, car chez les frères Rolin, l’écriture joue comme un héritage familial. Dans la sélection Goncourt de 1998, toujours elle, il y avait Méroé, somptueux récit qui, à mon sens, sortait du lot par l’originalité de sa narration et la force du style. J’avais donné en commentaire à mes élèves cet extrait qui dit tout de la relation masculin-féminin dans les ouvrages de Rolin (page 103). Depuis Méroé, je suis devenu un fidèle lecteur et j’ai choisi de parler de mon préféré : Tigre en papier dans lequel, avec un humour caustique, l’ex-activiste des années 70 revient, au tournant du siècle, sur ses années de militantisme et fait défiler les visages et les silhouettes.

               L’essentiel de la narration a lieu dans ce que le narrateur appelle « le vaisseau Remember », une Citroën DS 19 à bord de laquelle a pris place Marie, la fille d’un certain « Treize », son ami décédé sur lequel elle enquête. Marie « fume comme un petit mec » et écoute négligemment, pendant que la voiture tourne autour du périph, les révélations du narrateur au sujet de l’un de ces « tigres en papier » qu’était aussi son père. « Les tigres en papier », désignent à son sens ceux qui ont voulu jouer un rôle dans l’Histoire et qui se sont pris les pieds dans le tapis de leur ridicule et de leurs grands airs : sans concession, le narrateur dévide ce qu’il appelle sa pelote d’épingles », une bande de maos, d’intellos, de  prolos qui voulaient en découdre avec la société du grand capital et avec « le président Pompe ». Il y a surtout tous les proches du narrateur sur qui il jette son regard sarcastique : les Gédéon, Fichaoui, Angelo, Roger le Belge, Momo Mange-Serrures, Reureu l’Hirsute, la Chiasse, Pompabière... Et puis quelques jolies femmes, engagées elles aussi dans « la Cause » mais trop attirantes pour ne pas en même temps mettre ces jeunes tigres bouillonnants et, pour retrouver la métaphore du papier, « brouillonnants » en conflit avec eux-mêmes... Chloé et Judith.

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Eric Bertrand - dans livres
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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 05:32

Eté (partie 2) (14) [1600x1200]

             Après la pause de quelques jours (et les cornets de glace !) voici la suite et fin de la conférence. Maintenant que la fin d’année approche et le « dénouement » de ce qui a animé cette année scolaire, j’ai repris la plume et je vais (après les conseils de classe tout proches, les brevets, examens de tous ordres et pots divers et variés) pouvoir reprendre la plume... j’avais en un temps cru que je pourrais boucler avant l’été, mais ça a été impossible. Trop de chantiers en même temps (ce qui m’a cependant souvent contrarié...)

              Ce volet de la création et du loisir occupera la suite, mais place à la littérature et à la seconde partie de la conférence qui, elle, était d’un seul bloc...

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4 juin 2011 6 04 /06 /juin /2011 04:33

                Ernest Renan trône au centre de la belle place située en face de la cathédrale de Tréguier. Sa silhouette quasi goguenarde semble narguer tous ceux qui, du fond du temps, ont pu le honnir. Rien ne prédestinait pourtant ce grand prématuré, ce maudit (sorti du ventre de sa mère au bout de sept mois) à un destin si éclatant.

               Une « magicienne », une sorte de druidesse inspirée qui vivait en marge du bourg, avait « lu », dans la lumière et les « signes » de l’étang, que l’enfant survivrait et qu’il lui faudrait remercier la miséricorde divine. Et de fait le « protégé de Dieu », un brin iconoclaste, grandit, s’instruit, étudie plus que de raison. Sans rien avouer encore de ses pensées profondes, il médite, à l’ombre de la cathédrale. Rien ne semble l’empêcher de devenir un jour cardinal. La petite ville, fervente catholique, fonde tous ses espoirs dans le l’étudiant de Tréguier quand il s’en va vers Paris pour parfaire sa formation. Mais la curiosité intellectuelle et le sens critique de Renan l’amènent vite à des vues un peu en marge de l’orthodoxie...

                Il s’exprime dans des ouvrages savants dans lesquels il remet progressivement en cause l’origine du christianisme. La parution de « la Vie de Jésus » fait l’effet d’une bombe. La population de Tréguier aussitôt crie scandale, trahison ! Au bûcher ! Plus question pour le renégat de revenir au sein d’une patrie qu’il a pourtant célébrée dans les « Souvenirs d’Enfance et de jeunesse ». Mais le vieux druide ne peut se passer de la poésie des races celtiques et il trouvera refuge en un manoir écarté dans un coin des Côtes d’Armor pour continuer à hanter les lieux. Les esprits finissent toujours par chasser les vieux démons et aujourd’hui Renan est la fierté de Tréguier comme Rimbaud celle de Charleville ! Eternel retournement de la Fortune !

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Eric Bertrand - dans voyage
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