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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 16:46

C’est le moment de l’aube. « Quatre heures du matin… ». Surtout pas une heure plus tard, pas cinq heures, quand « Paris s’éveille » ou quand « cinq heures du mat, j’ai des frissons… » On est loin de tout cela… « Quatre heures du matin, c’est l’instant le plus lourd… ». Instant indicible, précieux, « l’une de ces heures pâles de la nuit » que chantait Ferré. Instant fugitif qui jette l’enfant Rimbaud « au bas du bois », et lui ouvre les lèvres de « l’aube d’été ».

    La musique que Julien Clerc a associée à ce délicat poème de Maurice Vallet a quelque chose d’épiphanique. Les premières notes de guitare, la basse en rythme binaire ternaire, puis les trompettes célèbrent un temps en suspension, « quatre heures du matin », referment le rideau de la nuit et entrouvrent la « gaze » du matin. « Les portes sont fermées, les fenêtres sont vides… il va bientôt faire jour, il fait déjà presque froid ».

    Les yeux se ferment sur une nuit de tourmentes, presque baudelairienne, partagée entre des « fenêtres vides » et une « chambre double », témoin de « ma migraine, mon ennui, le début de ma haine et le fond de mon orgie ». « Les bouteilles vides » sont comme « la fiole de laudanum ». Elles sonnent le rappel sournois du « vieux malaise », et refont la place à « l’Horloge » des Fleurs du mal : « elles arrivent, les rides »… Bref, le retour au matin est d’abord lourd, cruel, cynique ! « Hue donc, bourrique, sue donc, esclave ! vis donc, damné ! »

    Et cependant, au seuil de la journée, après la nuit des cauchemars et « des ombres étranges », une silhouette se lève, « les pierreries regardèrent ». De l’autre côté de la nuit, où qu’elle soit, « parmi les clochers et les dômes… Sur les quais de marbre… En haut de la route, près d’un bois de laurier », quelle qu’elle soit, femme complice, déesse chimérique et ensorceleuse, créature d’exotisme ou d’ivresse, porteuse de chevelure marine ou de « bijoux sonores », elle promet une nouvelle dose d’enchantement : « quelque part, là-bas, le soleil d’aube larmoie sur des champs inondés. Je vais bientôt courir et me jeter vers toi, je viens m’anéantir, me sourire dans tes bras »

Julien Clerc; variétés françaises; aube

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 06:08

L’histoire se passe « dans une ville de province » qui ressemblerait au Charleville, ce Charleville qu’a tant fustigé « l’homme aux semelles de vent ». « De l’Ukraine à la Russie, de l’Alaska à Miami, sur tous les continents surpris », l’ivresse n’a ni port d’attache ni goulot, elle étrangle, elle étreint celui et celle qui y goutent et les « bateaux ivres » sont nombreux à briser le verre de la bouteille… « Plus légers que des  bouchons », à « danser sur les flots »...

    « Enivrez-vous » encourageait Baudelaire, « Mais de quoi ? De vin, de poésie, ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous pour ne pas sentir l’horrible fardeau du Temps ». Enivrez-vous, rien que pour le plaisir d’affirmer ses quinze ans ! « La révolte qui grince entre les dents ». Quinze ans, ça pourrait bien être aussi dix-sept ! De toute façon, « on n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans ! Un beau soir, foin des bocks et de la limonade, on va sous les tilleuls vers de la promenade (…) » « A la musique ! » Et ça swingue, et ça rock’n’roll ! « Les poètes sont des chanteurs de rock et tu te jettes sur leur musique comme sur un bateau ivre ».

    En avant l’aventure ! Tu sens toutes les potentialités qui sommeillent en toi et tu t’éveilles, « la tempête a béni tes éveils maritimes ». « Avoir quinze ans dans une ville de province » ! Et tu écarquilles les yeux, tout te semble dérisoire, « des fils barbelés entre tes rêves et la réalité » ! Tu découvres l’horizon, « ton regard d’outre-mer rivé sur l’infini », cette énergie qui couvait en toi déjà depuis si longtemps, « à sept ans, ce grand désert où luit la Liberté ravie » « comme Rimbaud, tourné vers les déserts, déserts d’Abyssinie ».

    « La révolte qui grince » et tu es prête à tout ! A faire tout péter et tu as des flammes dans les yeux et des éclairs dans la voix, et tu gesticules et tes ongles et tes cheveux jettent des étincelles, « tu voudrais vivre aussi ta saison en enfer ». Tu tapages, tu renverses les normes, tu envoies tout valdinguer, « tu as de tes ancêtres gaulois l’œil bleu blanc, la cervelle étroite et la maladresse dans la lutte. Tu danses le sabbat dans une rouge clairière. Faim, soif, cris, danse, danse, danse » et « danse-s’y », « comme Rimbaud, ton regard d’outre-mer rivé sur l’infini »

Julien Clerc, Rimbaud

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28 octobre 2016 5 28 /10 /octobre /2016 05:40

Tout commence par une petite dose d’effroi dans cette chanson.

    « Je t’en prie, jivaro, vide vide mon cerveau, je t’en prie Jivaro, réduis ma tête à zéro ».

    Plongée du côté d’une « Forêt d’émeraude » façon John Boorman pour se détourner du ciné, de la télé et même du LSD ! « Tristes tropiques » de la modernité galopante ! Avec Roda Gil, on a envie de faire marche arrière, de s’ensauvager avec Jean-Jacques Rousseau, Claude Lévi Strauss et Michel Tournier. Et, sans LSD, ça cogne dans ta cage thoracique et dans ton crâne, cette envie d’élargir les limites de tes arcades sourcilières et de tout plaquer.

    Pas très bien dans ta peau aussi. Envie de muter, « comme un bernard l’ermite qui se souvient d’anciens palais », envie de changer de peau… « Cœur coquille vide, pris dans d’opulents lichens mous »…C’est un peu ton tour de passer ta « saison en enfer »… « L’air marin me brulera les poumons, les climats perdus me tanneront. » Quelque chose qui vient du fond du crâne tape et résonne. Arpèges de violon, rythme obsédant du métronome…

    « Que j’échappe enfin aux femmes, à l’alcool et aux tripots, je t’en prie, Jivaro… »

    Partir loin, très loin, « parmi les Indiens bleus, les lianes enchevêtrées », trouver son avatar, sa tête réduite à zéro, mais toujours pensante.

    Il y a en même temps dans la musique de « Jivaro song », dans l’entrainement qu’elle peut donner un soir de concert comme une petite transe cruelle, une transe qui comporte une bonne dose de jubilation et d’autodestruction. « Je vais exploser bientôt, sous le poids de la vie, de ma femme, de mon auto » ! Plus tard, Julien Clerc chantera le « nouveau big bang ». Menace sur tout le répertoire ? « Je t’en prie Jivaro, réduis le texte à zéro ».

    Mais s’il n’y avait plus qu’un mot, ce serait « Jivaro ! »

Julien Clerc, variétés françaises

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 06:56

C’était dans les heures sombres de novembre l’an dernier, lors des attentats du Bataclan…. Depuis, Isabelle Autissier a tenu son engagement et voici à nouveau nos bouteilles parties dans leur grande aventure !

Retour en arrière…

Minutes de silence et bouteilles à la mer

 

         Au lendemain des attentats, immense douleur, consternation, prostration, révolte sourde qui gronde quelque part au fond de l’être et qui ne demande qu’à éclater…

Dans le lycée, ainsi que dans tout le pays, une minute de silence est prévue en ce lundi matin…Un moment de recueillement, inscrit sur le planning et imposé à tous les personnels et à tous les élèves…

Cette « minute de silence » a duré bien davantage, dès la première heure et tous les jours qui ont suivi. Comment traiter de l’horreur et de la barbarie dans un cours ? Comment faire circuler la parole quand la parole ne vient pas, quand elle est obstruée par l’angoisse, l’incompréhension, les images et les discours des médias ? L’écriture me semblait la forme de réponse la plus adaptée et la plus authentique pour recueillir le vacarme des silences.

Dans le silence des stylos, la mine chiffonnée, l’œil étincelant, les élèves de 1ères S5 et de 1ères ES1 ont rédigé de petits messages dans le secret de leur conscience et de leur cœur. De petits messages pour crier ou essayer de comprendre, pour accompagner les victimes, pour haïr la haine et pour lancer un appel au grand large de leur vie… Une veine de mots palpitants, des mots qui pulsent, des mots qui vibrent. Une veine de lettres saignantes, de lettres écorchées qui redessineraient des lignes  de vie et des lignes d’espoir.

L’idée était de rassembler tous ces témoignages, de les enfermer dans deux bouteilles (une par classe) et de les livrer au flot pour que « la minute de silence dans deux classes du lycée Vieljeux » s’en aille résonner au fil de l’eau et du temps. Qu’elle parte au loin, quelque part, cap vers le vaste monde !

Mais les courants des pertuis ne suffisent pas. Il fallait un bateau, une navigatrice en partance… Et cette navigatrice, ce sera Isabelle Autissier. Isabelle Autissier (voir sa rencontre des élèves l’an dernier au lycée) qui a accepté d’embarquer les bouteilles et de les lancer au large, lors de son prochain voyage prévu cet été vers le Groenland.

Que la mer soulève dans l’écume et la plume de ses flux et reflux cette ancre vagabonde !

 

 

Attentats bataclan; bouteilles à la mer; Isabelle Autissier

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21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 07:45

Où est passée la maison bleue ? On y était bien, on se retrouvait comme ça, « après des années de route », guitare sur le dos et fleurs dans les cheveux, « peace and love ! », criant, bêlant et proclamant le pouvoir des fleurs.

    « L’amour en chantier ! »… Dans cette chanson, on distingue encore davantage sous la voix, le Julien Clerc aux cheveux bouclés, celui de la Californie, du Caravanier, de la Cavalerie, de Niagara et de Hair. Le timbre a quelque chose de profondément hippie…

    Mélancolie d’un amour perdu, fantaisie des « rues sombres et des chemins boueux », rêveries tortueuses et souffrances délicieuses de la passion, « c’est triste de ne plus être triste sans vous » chantait Brassens… « Je vis en plein été comme au cœur de l’hiver ». Sentiment de gâchis, d’un changement brutal du monde autour de soi, «caterpillar, dans la lingerie fine » dira Souchon. C’est la tristesse d’Olympio, ou la mélancolie de Lamartine, contemplant son lac. « Tu ne retrouverais plus rien ici et maintenant… »

    Mais cette fois, il n’y a même plus l’éternité de la nature pour se consoler ou ressusciter la silhouette de la femme aimée. On est au seuil des années 70, au cœur d’une civilisation galopante. L’amour même est en chantier : « Les fleurs sont coupées… Il y a de grandes routes… La maison reste seule au milieu des géants… Et les chantiers me cernent et disparaît la rue où nous nous sommes connus… Car le bâtiment va… »

    Et quand le bâtiment va, tout va ! Sauf que l’amour ne se mélange pas avec le béton, et qu’il est, la plupart du temps, « en chantier »…

Julien Clerc. Variétés françaises. Période hippie

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 08:12

« Même si les maîtres parlent et qu’on ne m’entend plus… »

Un camion est passé dans la nuit, avec son chargement de haine et de fureur,

Un camion est passé dans la nuit, sans aucun frein, sans aucun conducteur.

A éteint les feux d’artifices, les bouquets. A écrasé la lumière, le ciel bleu,

Etouffé les rires dans le soir, étouffé les voix, les étoiles dans les yeux.

Un camion fou a filé dans la nuit tendre et scintillante.

Mais sous la lune implacable, la nuit se dresse et la nuit chante.

             Tu te souviens de cette nuit et tu écoutes ce matin, sous le ciel bleu de Nice, la chanson de Julien Clerc écrite par Etienne Roda-Gil un jour de l’année 1992.... « Comme la lune fidèle à n’importe quel quartier, je veux être utile à vivre et à rêver ». Silhouettes furtives sur la Promenade des Anglais. Silhouettes meurtries n’importe où désormais, « Dans n’importe quel quartier d’une lune perdue, même si les maîtres parlent et qu’on ne m’entend plus ».

             Mais sous le ciel limpide et transparent, la voix s’élève claire et forte comme un poème ou un canon au-dessus du fracas, « à quoi sert une chanson si elle désarmée ? » Les grandes ailes noires du piano installé dans un coin frémissent et subliment les notes mélancoliques de la chanson. La voix du chanteur vibre, monte encore au-dessus des souffles, au-dessus des larmes et des yeux, enveloppe les hommes et les femmes, se soulève au-dessus de la mer, au-dessus du ciel bleu, sillonne les rues de la vieille ville, enfile les avenues, les boulevards : « même si c’est moi qui chante à n’importe quel coin de rue ». Se penche sur ces ombres qui tremblent et s’éveillent…

Ces anges sous les fleurs avec leurs étoiles dans les yeux et la baie de bonheur foudroyée,

Ces anges silencieux sous le pas des Anglais, au ralenti et le souffle coupé…

Ces anges désormais dans le soleil, en faisceaux de lumière, en cohorte toujours vers le ciel clair.

Et dans la vase des abysses, ignoble et répugnant bolide de l’enfer

Au large de la Baie des Anges,

Le camion fou s’enfonce dans la fange.

    « A ceux qui m’ont aimé, à ceux qui m’aimeront et à ceux qui m’aimaient, je veux être utile à vivre et à rêver »

Julien Clerc ; Attentats et hommage

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 09:42

How many roads must a man walk down, before you call him a man ? (…)

Il y a dans cette accroche de la chanson de Dylan, tout un horizon qui ramène loin en arrière (« sentiers picotés par les blés » de Rimbaud, « feuilles d’herbe » de Whitman, routes poussiéreuses de Kérouac tout autour de la grande Amérique…) Et en même temps, au-dessus de l’immense sac à dos brinquebalant dans la lumière du couchant, au-dessus de l’ombre de guitare accrochée à l’épaule et sur la pointe des angles d’harmonica vissé aux lèvres, flotte autour du nom de Dylan un parfum d’éternité.

How many times must a man look up before he can see the sky ?

Yes, 'n' how many times can a man turn his head, pretending he just doesn't see ? (…)

Eternel vague à l’âme que dépose la poudre légère des chansons, lancinant questionnement... The answer, my friend, is blowin' in the wind (…) Eternel recommencement du dessin sur le sable : le petit garçon qui se construit, l’homme qui n’en finit pas de se construire en son château… « You will be a man my son »… C’est le vieux cours d’anglais qui revient à la mémoire…

Yes, 'n' how many times must the cannon balls fly before they're forever banned ?...

Yes, 'n' how many years can some people exist, before they're allowed to be free ?...

Les vieilles idoles du prof d’anglais, Beatles, Doors, Pink Floyd et « If »… Tout le poème de Rudyard Kipling appris par cœur cette année-là…

 

“If you can keep your head when all about you   

Are losing theirs and blaming it on you,   

If you can trust yourself when all men doubt you,

But make allowance for their doubting too;   

If you can wait and not be tired by waiting,

Or being lied about, don’t deal in lies,

Or being hated, don’t give way to hating,

And yet don’t look too good, nor talk too wise (…)”

« If » continue de s’écrire, fredonné dans le fond de la conscience par un poète à la voix nasillarde, à la fois plaisante et ironique, quasi grinçante. Et en même temps que « blowin in the wind », je me souviens de « Dust in the wind »« Just a drop of water in an endless sea… »

Toute littérature ne s’écrit d’abord que sur du sable. Les disques de Dylan continuent de tourner, disques de soleil dans les yeux et les microsillons de la mémoire. Avec Dylan, d’autres poètes, romanciers, chanteurs troubadours marchent sur la dune. Brel, Brassens, Ferré, Gainsbourg. Quelques autres encore… Ils marchent avec le vent et le sable se soulève doucement. Poèmes, romans, chansons, notes de musique palimpsestes, pans entiers de la mémoire.  Pierre chaude au creux des dunes, just a rolling stone !

Dylan

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 05:57

     « A quoi sert une chanson quand elle est désarmée… »

rappelait Jean Ferrat. « Je ne chante pas pour passer le temps »Il arrive parfois que la chanson s’engage et que les mots qu’elle monte au bout de la corde (vocale !) soient des « pistolets chargés ». Alors, le chanteur qu’on croyait cigale, en santiags et en jean, guitare sur le dos, se met à grincer.     

« Aucun dieu ne m’apaisera, j’aurai ta peau, tu périras ! »Les premières notes sont appuyées, mélancoliques et graves. Par la fenêtre ouverte, chez un voisin, Sardou en chemise noire, poignet de maquignon, secoue le chiffon rouge :   « Moi, je ne suis qu’un musicien… » se penchent Tonton et Badinter. Très solennel, visage grave devant « l’établi magique », Julien Clerc s’interroge : « Lorsque le couteau est tombé, le crime a changé de côté… » « Au dessus de la fenêtre »    

« Ajuster les mots à ma musique… » Et pourtant, la chanson continue. La chanson continue, car elle a quelque chose à dire et à ajouter ! « Chanter un silence... Paroles et musique de personne. J’ai refermé le piano… »Difficile de reprendre la parole après Victor Hugo. « Cette tête de l’homme du peuple, cultivez-la, défrichez-la, arrosez-la, fécondez-la, utilisez-la : vous n’aurez pas besoin de la couper »… Chez Julien, on lit des livres de Giono ou de Hugo, « le Dernier jour d’un condamné » ou « Claude Gueux ».     

« on ne peut certains jours, écrire des chansons d’amour ». tombe sur le travail, « un grand dais noir », Le soir, « Et puis ensuite, ça va très vite, le temps que l’on vous décapite ».Le message est relayé. L’articulation des mots devient note, ton, émotion… La musique comme le couteau, hésite, balance, élève...     

, mais il y a eu ce cri. « Femmes, je vous aime »Plus tard, il y aura     

 

Julien Clerc, variétés française

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 17:10

Cet été, lors de la promotion du "Coffre de Rimbaud", nous avons sillonné le secteur et en avons ramené notamment ce clip (filmé avec les moyens du bord!) mais magistralement réalisé par Fred !

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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 14:59

Plonger dans les yeux d’une femme… Merveilleux défi ! Toute la chanson contemplative de Julien , « Elle a au fond des yeux », relève de ce projet… Mais elle reste une rêverie devant le miroir des yeux… A quinze ans, j’avais entendu sur le même sujet « le scaphandrier », chanson de Ferré sur un poème de René Baër (l’auteur de « ma chambre ») :... Le scaphandrier en question, amoureux et impatient, allait plus loin dans l’aventure ! Il se mettait en tête de plonger tout au fond des yeux et du miroir… Alors il enfilait sa tenue et jetait la sonde jusque « dans le cerveau de sa blonde »… C’est là qu’au lieu de trouver la perle, il se noyait « dans le vide ».

Il n’y a pas cette issue cynique dans le texte de Maurice Vallet… « Elle a au fond des yeux » invite au contraire à une expérience jubilatoire de surf ou de paresseuse flânerie « sur le lac » ou le bassin. Pas de danger, pas d’ivresse des profondeurs ! Le nageur reste suspendu à un fil, au-dessus de l’eau, entre les enchantements du château du Grand Meaulnes, « pour un grand bal masqué où rien n’est interdit » et le pays d’Alice, où surgissent « des lapins magiques qui volent des oranges »…

« Tout ce que je vous dis, elle l’a au fond des yeux »… Mais quoi encore ? L’adolescent, écoutait cette chanson avec des frissons dans le dos. Enchainement des visions, des fantasmes, jusqu’à la plainte du violon, mélancolique pont musical sur lequel venaient défiler des images inattendues comme des reflets ou des étincelles, des images à son échelle, « une échelle de rêve ». Et il glissait doucement, inexorablement, vers cet « homme abandonné qui me ressemble bien bien bien » et dans lequel, avec un frisson, il finissait lui aussi par se reconnaître…

Julien Clerc; chanson française

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