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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 09:42

How many roads must a man walk down, before you call him a man ? (…)

Il y a dans cette accroche de la chanson de Dylan, tout un horizon qui ramène loin en arrière (« sentiers picotés par les blés » de Rimbaud, « feuilles d’herbe » de Whitman, routes poussiéreuses de Kérouac tout autour de la grande Amérique…) Et en même temps, au-dessus de l’immense sac à dos brinquebalant dans la lumière du couchant, au-dessus de l’ombre de guitare accrochée à l’épaule et sur la pointe des angles d’harmonica vissé aux lèvres, flotte autour du nom de Dylan un parfum d’éternité.

How many times must a man look up before he can see the sky ?

Yes, 'n' how many times can a man turn his head, pretending he just doesn't see ? (…)

Eternel vague à l’âme que dépose la poudre légère des chansons, lancinant questionnement... The answer, my friend, is blowin' in the wind (…) Eternel recommencement du dessin sur le sable : le petit garçon qui se construit, l’homme qui n’en finit pas de se construire en son château… « You will be a man my son »… C’est le vieux cours d’anglais qui revient à la mémoire…

Yes, 'n' how many times must the cannon balls fly before they're forever banned ?...

Yes, 'n' how many years can some people exist, before they're allowed to be free ?...

Les vieilles idoles du prof d’anglais, Beatles, Doors, Pink Floyd et « If »… Tout le poème de Rudyard Kipling appris par cœur cette année-là…

 

“If you can keep your head when all about you   

Are losing theirs and blaming it on you,   

If you can trust yourself when all men doubt you,

But make allowance for their doubting too;   

If you can wait and not be tired by waiting,

Or being lied about, don’t deal in lies,

Or being hated, don’t give way to hating,

And yet don’t look too good, nor talk too wise (…)”

« If » continue de s’écrire, fredonné dans le fond de la conscience par un poète à la voix nasillarde, à la fois plaisante et ironique, quasi grinçante. Et en même temps que « blowin in the wind », je me souviens de « Dust in the wind »« Just a drop of water in an endless sea… »

Toute littérature ne s’écrit d’abord que sur du sable. Les disques de Dylan continuent de tourner, disques de soleil dans les yeux et les microsillons de la mémoire. Avec Dylan, d’autres poètes, romanciers, chanteurs troubadours marchent sur la dune. Brel, Brassens, Ferré, Gainsbourg. Quelques autres encore… Ils marchent avec le vent et le sable se soulève doucement. Poèmes, romans, chansons, notes de musique palimpsestes, pans entiers de la mémoire.  Pierre chaude au creux des dunes, just a rolling stone !

Dylan

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 05:57

     « A quoi sert une chanson quand elle est désarmée… »

rappelait Jean Ferrat. « Je ne chante pas pour passer le temps »Il arrive parfois que la chanson s’engage et que les mots qu’elle monte au bout de la corde (vocale !) soient des « pistolets chargés ». Alors, le chanteur qu’on croyait cigale, en santiags et en jean, guitare sur le dos, se met à grincer.     

« Aucun dieu ne m’apaisera, j’aurai ta peau, tu périras ! »Les premières notes sont appuyées, mélancoliques et graves. Par la fenêtre ouverte, chez un voisin, Sardou en chemise noire, poignet de maquignon, secoue le chiffon rouge :   « Moi, je ne suis qu’un musicien… » se penchent Tonton et Badinter. Très solennel, visage grave devant « l’établi magique », Julien Clerc s’interroge : « Lorsque le couteau est tombé, le crime a changé de côté… » « Au dessus de la fenêtre »    

« Ajuster les mots à ma musique… » Et pourtant, la chanson continue. La chanson continue, car elle a quelque chose à dire et à ajouter ! « Chanter un silence... Paroles et musique de personne. J’ai refermé le piano… »Difficile de reprendre la parole après Victor Hugo. « Cette tête de l’homme du peuple, cultivez-la, défrichez-la, arrosez-la, fécondez-la, utilisez-la : vous n’aurez pas besoin de la couper »… Chez Julien, on lit des livres de Giono ou de Hugo, « le Dernier jour d’un condamné » ou « Claude Gueux ».     

« on ne peut certains jours, écrire des chansons d’amour ». tombe sur le travail, « un grand dais noir », Le soir, « Et puis ensuite, ça va très vite, le temps que l’on vous décapite ».Le message est relayé. L’articulation des mots devient note, ton, émotion… La musique comme le couteau, hésite, balance, élève...     

, mais il y a eu ce cri. « Femmes, je vous aime »Plus tard, il y aura     

 

Julien Clerc, variétés française

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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 17:10

Cet été, lors de la promotion du "Coffre de Rimbaud", nous avons sillonné le secteur et en avons ramené notamment ce clip (filmé avec les moyens du bord!) mais magistralement réalisé par Fred !

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8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 14:59

Plonger dans les yeux d’une femme… Merveilleux défi ! Toute la chanson contemplative de Julien , « Elle a au fond des yeux », relève de ce projet… Mais elle reste une rêverie devant le miroir des yeux… A quinze ans, j’avais entendu sur le même sujet « le scaphandrier », chanson de Ferré sur un poème de René Baër (l’auteur de « ma chambre ») :... Le scaphandrier en question, amoureux et impatient, allait plus loin dans l’aventure ! Il se mettait en tête de plonger tout au fond des yeux et du miroir… Alors il enfilait sa tenue et jetait la sonde jusque « dans le cerveau de sa blonde »… C’est là qu’au lieu de trouver la perle, il se noyait « dans le vide ».

Il n’y a pas cette issue cynique dans le texte de Maurice Vallet… « Elle a au fond des yeux » invite au contraire à une expérience jubilatoire de surf ou de paresseuse flânerie « sur le lac » ou le bassin. Pas de danger, pas d’ivresse des profondeurs ! Le nageur reste suspendu à un fil, au-dessus de l’eau, entre les enchantements du château du Grand Meaulnes, « pour un grand bal masqué où rien n’est interdit » et le pays d’Alice, où surgissent « des lapins magiques qui volent des oranges »…

« Tout ce que je vous dis, elle l’a au fond des yeux »… Mais quoi encore ? L’adolescent, écoutait cette chanson avec des frissons dans le dos. Enchainement des visions, des fantasmes, jusqu’à la plainte du violon, mélancolique pont musical sur lequel venaient défiler des images inattendues comme des reflets ou des étincelles, des images à son échelle, « une échelle de rêve ». Et il glissait doucement, inexorablement, vers cet « homme abandonné qui me ressemble bien bien bien » et dans lequel, avec un frisson, il finissait lui aussi par se reconnaître…

Julien Clerc; chanson française

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 06:43

Deux nouveaux disques dans la discothèque en ce début d’été. Le 45 tours de « la terre promise » de Johnny où l’idole porte un chapeau de cow-boy, et le 33 tours sur fond noir, « this melody », où la silhouette de Julien se détache.

Sur le haillon arrière de la 504 Peugeot, direction les plages de l’océan. Pierre Bachelet chante « l’Atlantique, et la musique… ». Je voyage, le lecteur à cassettes sur les genoux. Je voyage, et dans ma tête et dans mes reins... Traversée de la France, d’Est en ouest. Toutes les heures, du fond de la bouche amère de l’autoradio, grésillent les infos. On annonce que l’été sera chaud, que les routes sont chargées, qu’en Ethiopie, le dernier empereur vient de mourir, « Hailé Sélassié », « négus d’Abyssinie »....

L’Ethiopie ! Je sais qu’Arthur Rimbaud, qui a à peu près mon âge, a fini sa vie du côté de l’Abyssinie. « Petit Poucet rêveur », j’écoute « je Voyage » et j’arrête un soir sous une cascade. Envie de fraîcheur... Il fait très chaud sur la banquette arrière. Pas de ceinture de sécurité. Ma sœur dort dans un hamac accroché, comme un croissant de lune, entre les deux portières.

Nino Ferrer chante « le Sud » et Joe Dassin « l’été indien ». Plein été, sur les images un peu surexposées de la télévision, c’est la première année que je suis le Tour de France pendant les heures chaudes et je vibre derrière Bernard Thévenet. Et dans ma tête et dans mes reins, l’idée fait son chemin... Je suis à la plage et je me baigne « dans le poème de la mer, infusé d’astres lactescents ». Dans l’eau, les planctons étincèlent et dans le noir toutes les étoiles gonflent mon âme comme une voile.

« Mon auberge était à la Grande Ourse », et je ne voulais plus, à la fin de l’été, rentrer dans l’habitacle de la 504 et m’enfermer entre quatre murs.

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 10:36

Album « Terre de France »… 1974… En couverture, le futur interprète de « Femmes, je vous aime », hobereau romantique égaré quelque part dans quelque coin de Haute Normandie, ou de Bretagne, regard perdu « sur nos calvaires, sur nos calvaires »... Pierre sonnante chevauchée de fantasques korrigans, le piano trace son sillon, comme le tracteur à l’intérieur de la pochette du 33, tracteur sur lequel trône un petit garçon, aux côtés du père. Dans « le petit matin frileux » comme le chante cette année là Daniel Guichard. Taiseux, recueillis… « Sommes des gens parfois gais, quand on est triste il fait mauvais… »

Pudeur paysanne teintée de provincialisme, ambiance à la Maupassant. « Tu peux bien changer de nom, le visage de tes régions »… Musique qui monte doucement, majestueuse. Piano omniprésent, « parsemé de taches bleues » sur la prairie, dans la mémoire et dans le ciel. La voix microsillonne, impose son timbre particulier, sème une graine légère. Vol souple d’une sorte d’oiseau moisson. « Le blé qui lève, le blé qui lève ». La voix enveloppe, écarte la brume du matin, rase les talus, épouse la courbe des collines, se désaltère aux points d’eau, s’allonge aux ruisseaux, « comme un étang où flottent mes rêves... »

Je lis Henri Pourrat, Jean Giono, Henri Bosco, Alain Fournier, George Sand. Auvergne, Provence, Sologne, Berry. « Gaspard des Montagnes », « Le chant du monde », « le Mas Théotime », « le Grand Meaulnes », « la Mare au diable »… Marcel Pagnol vient de mourir, j’ai la tête encore remplie des images de « Jean de Florette », de « Manon des Sources » et de « la Gloire de mon père ». « Ce sont les choses du temps qui ont fait nos tempéraments »…

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 16:22

Dans le prolongement de mon ouvrage "Pour y voir Clerc", je propose des chroniques courtes à partir de chansons de Julien Clerc qui ont marqué ma mémoire. Voici le premier épisode...

Adelita

J’ai seize ans. Je regarde les westerns macaroni. J’aime les amitiés viriles du collège, les trains blindés, les divisions, la tequila et je crache sur l’English. J’écoute Adélita. La voix de Julien est frémissante, comme le corps d’Adelita que j’imagine du haut en bas. Je me sens des mitrailleuses Morris dans les veines.

Je fais ma rentrée au lycée, certaines filles portent parfois des ponchos, Pancho Villa, et des fleurs dans les cheveux ! Mon cœur est une sierra dévastée. Il s’est mis à danser, à chanter, à sauter. C’est fou ce qu’une fille peut faire avec ses petits bras... J’habite la campagne. Je me sens vacher, paysan insurgé. Je ne suis pas encore entré à Chihuahua.

Avec Brassens, jusqu’à quinze ans, je pendais tous les notaires, les curés et les propriétaires et voici que moi aussi j’agonise. J’ai trouvé mon idole.

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 07:47

Avec le temps Léo, tu t’en vas pas et c’est extra !

Et pourtant, avec le temps, tu as raison tout s’en va ! Monsieur William, Mister Georgina, Ludwig, les anarchistes, Kristie et Pépé, « dans les ascenseurs camarades ! »

Avec le temps, tout s’en va… Les robes de cuir, « comme un fuseau », les jolies mômes, les the nana, avec « des p’tits yeux doux »… « Pour tout bagage on a vingt ans », « les bateaux et les filles, ça fait bien des chichis ! »

Avec le temps, tout s’en va… La solitude, la vie d’artiste, la mélancolie… « Albatros à chaine et à guêtres, cigale qui claque du bec, tu meurs de la fonction urbaine… Quand le flic t’engueule et qu’il ne sait pas que tu le dégueules en rentrant chez toi » !

Avec le temps, tout s’en va… L’oppression, l’affiche rouge, les dieux, les maitres, « ces yeux qui te regardent et la nuit et le jour ».

Avec le temps, tout s’en va… « Rue Soufflot, les vitrines font la gueule, sans un mot, j’me débine, j’ferme ma gueule »…Toutes les fortifications du temps, « Ce Boulmiche d’autrefois », le quartier latin, Paname, « tous ses poulets, toutes ses autos », les chevaux de la mer, comme à Ostende, et puis « en Bretagne y’a toujours la crêperie d’à côté et un marin qui t’file une bonne crêpe en ciment tellement il y a foutu des tonnes de sentiments ! » Merde à Vauban !

Avec le temps, tout s’en va… Avec le temps, tout s’en va… mais pas toi Léo !

« Tu sors dans la rue tes mots pour prendre l’air, avec, dans le museau, la fidèle lumière » !

Pas toi, Léo, ni la mémoire et la mer, ton bateau ivre à toi ... « Sprint gagné sur l’écume, tu es le fantôme Jersey, celui qui a la marée dans le cœur et qui vient lancer la brume en baiser »… Et merde à Vauban !

Ferré

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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 06:28
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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 07:33
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