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Texte Libre

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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

8 octobre 2016 6 08 /10 /octobre /2016 14:59

Plonger dans les yeux d’une femme… Merveilleux défi ! Toute la chanson contemplative de Julien , « Elle a au fond des yeux », relève de ce projet… Mais elle reste une rêverie devant le miroir des yeux… A quinze ans, j’avais entendu sur le même sujet « le scaphandrier », chanson de Ferré sur un poème de René Baër (l’auteur de « ma chambre ») :... Le scaphandrier en question, amoureux et impatient, allait plus loin dans l’aventure ! Il se mettait en tête de plonger tout au fond des yeux et du miroir… Alors il enfilait sa tenue et jetait la sonde jusque « dans le cerveau de sa blonde »… C’est là qu’au lieu de trouver la perle, il se noyait « dans le vide ».

Il n’y a pas cette issue cynique dans le texte de Maurice Vallet… « Elle a au fond des yeux » invite au contraire à une expérience jubilatoire de surf ou de paresseuse flânerie « sur le lac » ou le bassin. Pas de danger, pas d’ivresse des profondeurs ! Le nageur reste suspendu à un fil, au-dessus de l’eau, entre les enchantements du château du Grand Meaulnes, « pour un grand bal masqué où rien n’est interdit » et le pays d’Alice, où surgissent « des lapins magiques qui volent des oranges »…

« Tout ce que je vous dis, elle l’a au fond des yeux »… Mais quoi encore ? L’adolescent, écoutait cette chanson avec des frissons dans le dos. Enchainement des visions, des fantasmes, jusqu’à la plainte du violon, mélancolique pont musical sur lequel venaient défiler des images inattendues comme des reflets ou des étincelles, des images à son échelle, « une échelle de rêve ». Et il glissait doucement, inexorablement, vers cet « homme abandonné qui me ressemble bien bien bien » et dans lequel, avec un frisson, il finissait lui aussi par se reconnaître…

Julien Clerc; chanson française

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 06:43

Deux nouveaux disques dans la discothèque en ce début d’été. Le 45 tours de « la terre promise » de Johnny où l’idole porte un chapeau de cow-boy, et le 33 tours sur fond noir, « this melody », où la silhouette de Julien se détache.

Sur le haillon arrière de la 504 Peugeot, direction les plages de l’océan. Pierre Bachelet chante « l’Atlantique, et la musique… ». Je voyage, le lecteur à cassettes sur les genoux. Je voyage, et dans ma tête et dans mes reins... Traversée de la France, d’Est en ouest. Toutes les heures, du fond de la bouche amère de l’autoradio, grésillent les infos. On annonce que l’été sera chaud, que les routes sont chargées, qu’en Ethiopie, le dernier empereur vient de mourir, « Hailé Sélassié », « négus d’Abyssinie »....

L’Ethiopie ! Je sais qu’Arthur Rimbaud, qui a à peu près mon âge, a fini sa vie du côté de l’Abyssinie. « Petit Poucet rêveur », j’écoute « je Voyage » et j’arrête un soir sous une cascade. Envie de fraîcheur... Il fait très chaud sur la banquette arrière. Pas de ceinture de sécurité. Ma sœur dort dans un hamac accroché, comme un croissant de lune, entre les deux portières.

Nino Ferrer chante « le Sud » et Joe Dassin « l’été indien ». Plein été, sur les images un peu surexposées de la télévision, c’est la première année que je suis le Tour de France pendant les heures chaudes et je vibre derrière Bernard Thévenet. Et dans ma tête et dans mes reins, l’idée fait son chemin... Je suis à la plage et je me baigne « dans le poème de la mer, infusé d’astres lactescents ». Dans l’eau, les planctons étincèlent et dans le noir toutes les étoiles gonflent mon âme comme une voile.

« Mon auberge était à la Grande Ourse », et je ne voulais plus, à la fin de l’été, rentrer dans l’habitacle de la 504 et m’enfermer entre quatre murs.

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1 octobre 2016 6 01 /10 /octobre /2016 10:36

Album « Terre de France »… 1974… En couverture, le futur interprète de « Femmes, je vous aime », hobereau romantique égaré quelque part dans quelque coin de Haute Normandie, ou de Bretagne, regard perdu « sur nos calvaires, sur nos calvaires »... Pierre sonnante chevauchée de fantasques korrigans, le piano trace son sillon, comme le tracteur à l’intérieur de la pochette du 33, tracteur sur lequel trône un petit garçon, aux côtés du père. Dans « le petit matin frileux » comme le chante cette année là Daniel Guichard. Taiseux, recueillis… « Sommes des gens parfois gais, quand on est triste il fait mauvais… »

Pudeur paysanne teintée de provincialisme, ambiance à la Maupassant. « Tu peux bien changer de nom, le visage de tes régions »… Musique qui monte doucement, majestueuse. Piano omniprésent, « parsemé de taches bleues » sur la prairie, dans la mémoire et dans le ciel. La voix microsillonne, impose son timbre particulier, sème une graine légère. Vol souple d’une sorte d’oiseau moisson. « Le blé qui lève, le blé qui lève ». La voix enveloppe, écarte la brume du matin, rase les talus, épouse la courbe des collines, se désaltère aux points d’eau, s’allonge aux ruisseaux, « comme un étang où flottent mes rêves... »

Je lis Henri Pourrat, Jean Giono, Henri Bosco, Alain Fournier, George Sand. Auvergne, Provence, Sologne, Berry. « Gaspard des Montagnes », « Le chant du monde », « le Mas Théotime », « le Grand Meaulnes », « la Mare au diable »… Marcel Pagnol vient de mourir, j’ai la tête encore remplie des images de « Jean de Florette », de « Manon des Sources » et de « la Gloire de mon père ». « Ce sont les choses du temps qui ont fait nos tempéraments »…

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 16:22

Dans le prolongement de mon ouvrage "Pour y voir Clerc", je propose des chroniques courtes à partir de chansons de Julien Clerc qui ont marqué ma mémoire. Voici le premier épisode...

Adelita

J’ai seize ans. Je regarde les westerns macaroni. J’aime les amitiés viriles du collège, les trains blindés, les divisions, la tequila et je crache sur l’English. J’écoute Adélita. La voix de Julien est frémissante, comme le corps d’Adelita que j’imagine du haut en bas. Je me sens des mitrailleuses Morris dans les veines.

Je fais ma rentrée au lycée, certaines filles portent parfois des ponchos, Pancho Villa, et des fleurs dans les cheveux ! Mon cœur est une sierra dévastée. Il s’est mis à danser, à chanter, à sauter. C’est fou ce qu’une fille peut faire avec ses petits bras... J’habite la campagne. Je me sens vacher, paysan insurgé. Je ne suis pas encore entré à Chihuahua.

Avec Brassens, jusqu’à quinze ans, je pendais tous les notaires, les curés et les propriétaires et voici que moi aussi j’agonise. J’ai trouvé mon idole.

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 07:47

Avec le temps Léo, tu t’en vas pas et c’est extra !

Et pourtant, avec le temps, tu as raison tout s’en va ! Monsieur William, Mister Georgina, Ludwig, les anarchistes, Kristie et Pépé, « dans les ascenseurs camarades ! »

Avec le temps, tout s’en va… Les robes de cuir, « comme un fuseau », les jolies mômes, les the nana, avec « des p’tits yeux doux »… « Pour tout bagage on a vingt ans », « les bateaux et les filles, ça fait bien des chichis ! »

Avec le temps, tout s’en va… La solitude, la vie d’artiste, la mélancolie… « Albatros à chaine et à guêtres, cigale qui claque du bec, tu meurs de la fonction urbaine… Quand le flic t’engueule et qu’il ne sait pas que tu le dégueules en rentrant chez toi » !

Avec le temps, tout s’en va… L’oppression, l’affiche rouge, les dieux, les maitres, « ces yeux qui te regardent et la nuit et le jour ».

Avec le temps, tout s’en va… « Rue Soufflot, les vitrines font la gueule, sans un mot, j’me débine, j’ferme ma gueule »…Toutes les fortifications du temps, « Ce Boulmiche d’autrefois », le quartier latin, Paname, « tous ses poulets, toutes ses autos », les chevaux de la mer, comme à Ostende, et puis « en Bretagne y’a toujours la crêperie d’à côté et un marin qui t’file une bonne crêpe en ciment tellement il y a foutu des tonnes de sentiments ! » Merde à Vauban !

Avec le temps, tout s’en va… Avec le temps, tout s’en va… mais pas toi Léo !

« Tu sors dans la rue tes mots pour prendre l’air, avec, dans le museau, la fidèle lumière » !

Pas toi, Léo, ni la mémoire et la mer, ton bateau ivre à toi ... « Sprint gagné sur l’écume, tu es le fantôme Jersey, celui qui a la marée dans le cœur et qui vient lancer la brume en baiser »… Et merde à Vauban !

Ferré

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14 août 2016 7 14 /08 /août /2016 06:28
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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 07:33
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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 07:01
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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 07:55

A propos de Charleville...

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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 07:15
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