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Texte Libre

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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 05:45

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Qu’en est-il des croyances et des superstitions sur la scène ? Le saviez-vous, il existe des tas de mots tabous au théâtre... Des mots qu’on redoute et qu’on ne prononce pas !... De la dignité voyons, chère Dominique ! Ne portez jamais de vêtement vert sur la scène, vous en tomberiez malade comme Molière, vêtu couleur chou de Bruxelles le jour de la dernière du « Malade ». Merde, le texte se digère mal ! Dites « merde ! » aux acteurs, et, pour évaluer le succès du spectacle, comptez donc le nombre des chevaux arrêtés devant le théâtre. Le crottin est le signe du succès : merde et trois fois merde ! La scène est un bateau, ouvert à tous les équipages, pourvu qu’ils ne parlent pas de corde, mais de guinde ou de boute... La corde, c’est bon pour les marins condamnés à la pendaison !

Habiter le personnage... Changer de peau et plonger dans cette combinaison kakie que déploie Dominique. La méthode du crapaud... Croa-croa... Habiter l’épaisseur du vêtement kaki, jouer d’abord le crapaud hideux et maladroit puis, sous le coup de baguette magique de l’art, émerger en acteur, dire les mots légers du grand répertoire et piloter, en cet uniforme d’aviateur improbable, le vieux coucou d’Hamlet ou le tank soviétique d’Antigone.

Soigner son hygiène, ne pas indisposer le partenaire... lui dire les mots qui parfument l’espace, ceux qui réveillent Juliette et qui lui donnent envie de rejoindre dans l’Azur romantique un corps qui ne soit pas souillé ! Trouver la bonne musique, la musique intérieure, celle qui sort l’acteur de sa tour d’ivoire et qui l’amène à palpiter bien au-delà de la terre ferme, là où le monde est un théâtre et où les hommes ne sont que des acteurs...

 

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 05:45

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L’explication peut commencer. D’abord, le salut. Le moment crucial du salut. Prétexte à pantomime qui offre au comédien un bref moment d’abandon total que le conférencier nomme « brisé fondu ». « Courbure du dos », « nuque à 37° ». La silhouette est voutée, fondue, le regard se coule sur les chaussures qu’il faut, précisent-ils, bien cirer, pour garder l’air satisfait. Aérodynamique,  comme un plongeur avant le saut de l’ange, Dominique redresse les fesses, tend l’équerre de son visage, les boucles en formation, s’abandonne enfin au potentiel tonnerre d’applaudissements, là-bas, sur l’autre rive.

Puis, la concentration. Autre moment unique. Surtout éviter les pièges du charlatanisme ! Pratiquer la seule méthode qui marche : « la concentration par l’oubli de soi »... Celle-là passe par le regard intrépide, direct, sur le partenaire, jusqu’à le déshabiller, lui faire enfiler cet habit de lumière et de leurre, issu de sa propre composition : Dominique porte donc un turban rouge, mais Claude lui fait savoir que ce turban est vert, et Dominique « commence à s’oublier », et Dominique accepte même la proposition et prétend à son tour que son turban est vert, et que ses jambes sont « bien épilées ». Irrésistible aplomb du comédien... Aux yeux du spectateur, c’est comme si c’était vrai. Ils font semblant qu’il est vert et c’est encore plus vrai que vrai. Dominique avertit Claude : « Claude, tu as la braguette ouverte ». Trois fois. Et Claude avoue qu’il a la braguette ouverte... Déjà sur la scène, son regard effaré le laisse entendre. Au vu de cet air fauve de flagrant délit, de cet égarement qui n’a pour caution que la parole de l’autre, la braguette est évidemment ouverte ! Il faut décidément le reconnaitre, la scène exerce une véritable tyrannie sur les esprits. Loin des miroirs, loin des vitrines et de ceux qui ne sont pas avec lui sur la scène, l’acteur se met à vivre une autre vie. Dominique et Claude ont ensemble fait le voyage : pour être acteur et pour monter sur scène, il faut être monté dans le même autobus !

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 05:45

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             Lui, Dominique Bernard, très délicat sur ses chaussures plates, tricotant des jambes pour accentuer la féminité, collants couleur chair montant sur des cuisses non rasées, petit turban rouge dans les cheveux, rouge à lèvres saignant, vernis aux ongles, lourd collier de rubis, boucles d’oreilles et pudique veste trois quart. Elle, Claude Jean, très académique derrière ses lunettes rondes, les cheveux blonds, presque blancs, bien plaqués, le costume serré, les chaussures plates et bien cirées, le visage de marbre qui ne sourit jamais (ne rien montrer de la féminité enfouie...) Derrière l’allure universitaire et la paire de bésicles du conférencier besogneux, on note le regard farouche, décidément pas franc, d’un petit Panurge occupé à semer le trouble dans les jardins de la Sorbonne.

 

Trois tortues trottaient sur trois toits étroits... Un chasseur sachant chasser doit savoir chasser sans son chien... Le ton est donné. Ces deux motifs sonores vont scander chacun des chapitres qu’ont décidé de parcourir les deux « émules du CNRCA » dont le sexe, comme les intentions, reste à déterminer. Ils avancent dans leur carré de jeu avec la précision de métronomes. Ils ont fait de la place dans la salle de classe, poussé les tables et poussé les bureaux. Ils sont assis sagement, jambes croisées pour la dame, négligemment écartés pour Panurge. Imperturbables, remontés comme des pendules, ils plongent le regard dans les regards inquiets ou amusés de spectateurs qu’ils mijotent de défriser. Plus on est de complices et plus on rit.

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 05:45

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Au théâtre, le spectateur se demande toujours ce qu’il y a derrière le rideau. Que se passe-t-il au juste "en coulisses" ? Et surtout, qui sont-ils, ces comédiens qui nous pilotent dans leur monde et à bord de leur « bateau » ? Comment travaillent-ils leurs personnages ? A quelles techniques ont-ils recours pour les incarner ? A quels dangers s’exposent-ils ? Quand le métier les envoie « sur le ring » ou « dans les cordes », ne disposent-ils que de ces misérables pattes de lapin et de ces vigoureux « merdes » lancés au hasard par les amis, comme des projectiles ?... Autant de questions parmi d'autres qui interrogent le spectateur avant le début de la « conférence sur l’art de l’acteur » proposée par Dominique et Claude.

Il est huit heures en ce matin lugubre de tempête. Il fait encore nuit et le vent souffle sur le parking. La roulotte est garée... Ils ont enfilé les costumes et ils ont traversé les couloirs de l’établissement « presque incognito ». Quelques rares « passants » effarés rôdent déjà devant les salles de cours... Dans un lycée, les coulisses sont étendues et ouvertes au grand public, curieux du spectacle hallucinant et gratuit.

 

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 05:45

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                J’ai eu le plaisir d’organiser au sein de l’établissement la venue de deux comédiens dont l’une est ma collaboratrice sur le projet Jack. Le lecteur trouvera sur le site suivant l’essentiel des informations concernant ce spectacle qui propose notamment une réflexion sur l’acteur et l’art qui le mène, ce que Diderot appelle « le paradoxe du comédien »...

          Je propose à partir de demain un bilan de cette drôle de conférence... L’occasion aussi de revenir sur certains fondamentaux liés à l’art de la scène.  En attendant, bonne flânerie sur le site afin de vous en imprégner.


http://www.laconferencedelacteur.com/ 

 

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 05:45

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           Comme je l’ai indiqué hier, je reproduis globalement aujourd’hui les recommandations données cette semaine par le metteur en scène à l’issue du dernier filage de jeudi.

 

« Il faut qu'on sente plus les différents climats : enfermement, beatnicks, liberté, évasion...

- Plus de parti pris par rapport à la révolte des jeunes gens de l'époque.

- Appuyer aussi sur le débat à propos des drogues. Qu'on sente plus les années 70 !

- Faire vivre le choeur / jeu possible avec le narrateur. 

- Pendant la fête, plus sentir les corps, les états des corps, rigidité, mollesse, affirmation.

- Montrer de l'engagement dans cette jeunesse qui rêve d'autre chose, qui cherche à agiter les consciences.

- Se poser la question : comment cela vous parle à vous ... et comment on le fait vivre à travers une création théâtrale ».

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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 05:55

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Les dates de représentation de la pièce « Jack Kérouac sur la route et sur les planches » dont j’ai reparlé en octobre (au moment où j’en ai terminé l’écriture) sont désormais fixées, et tout va commencer très tôt puisque nous pensons déjà proposer quelques scène « en travail » au moment des journées Portes ouvertes du lycée (9 février prochain)

             C’est pour cette raison que les indications de mise en scène comptent tout particulièrement  afin que nos jeunes comédiens progressent vite dans la maîtrise de leurs rôles. Le metteur en scène fait passer quelques consignes que je propose de temps en temps de reproduire dans ce blog de façon à ce que les lecteurs aient idée de la façon dont, au théâtre, un texte finit toujours par évoluer par le biais de « l’interprétation » qu’en donne le metteur en scène.

             Aux origines de ce blog, tout au long des années qui ont accompagné l’atelier théâtre du lycée (entre 2000 et 2007), j’ai consacré de multiples articles à cette dimension. J’y reviens avec plaisir demain à propos des « choix de mise en scène » de ma collaboratrice !  

 

 

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 11:53

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           Le livre que je mijotais l’été dernier était prêt depuis les vacances de Toussaint et travaillé activement (et en secret) par la troupe de théâtre du lycée, mais désormais, le texte est disponible dans sa version numérique chez Alter édition.

          C’est une grande nouvelle, un livre supplémentaire qui vient enrichir la collection et qui donne une idée du travail qui sera réalisé sur la scène très prochainement. Je vais d’ailleurs y consacrer deux articles à suivre.

 

http://alter-editions.org/collections/product.php?id_product=167

 

 

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 06:00

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Et pour terminer cette petite incursion en poésie, voici l’adresse du site de Francis Lepioufle où le lecteur retrouvera dans son intégralité l’article ci-dessus, nourri par le commentaire de l’auteur et, également, de nombreux articles de société et de littérature qui méritent d’être lus.

 

http://ecriposoph.wordpress.com/2012/12/31/une-lecture-des-textes-de-cest-a-dire-par-lecrivain-eric-bertrand/

 

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Eric Bertrand - dans livres
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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 05:45

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Qui se soucie de poésie en ce 21° siècle ? Ou du moins sait-on ce que c’est que poétiser ? Je ne parle pas de ces kitchs moments de poésie, printemps des poètes ou autres animations ponctuelles autour du Livre. Je me suis pour ma part toujours méfié de ces « journées de la femme », « fête des mères », « fête des pères, des grands-mères », « Saint Valentin », « journée de la courtoisie », « printemps des poètes »...  mais je m’applique au jour le jour à aimer les femmes, à être un bon fils, un citoyen courtois ou un esprit curieux de poésie...

L’un des intérêts du dernier ouvrage de Francis Lepioufle, c’est précisément d’offrir au lecteur l’occasion d’une réflexion sur la nature de la poésie et de cheminer en même temps, de texte en texte, au fil d’un recueil astucieusement nommé « C'est-à-dire » (Editions de la Roche de Muzon), dans cette « matière poétique »... sur fond de violence, immigration, assassinat, laïcité, altérité, faits divers, scènes de plage, de cuisine, de jardin, de pluie, de mer...

« C'est-à-dire », c’est de la poésie. C’est à lire et c’est aussi à savourer comme on savoure un instant. Les poètes l’ont toujours affirmé, l’acte de poésie consiste d’abord à allumer le monde, à l’éclairer autrement, à le déballer, à faire voir différemment les choses afin de leur donner le lustre et le luxe de l’instant : c’est ce à quoi tend, entre autres, le poème : « Il est si volatile », dédié au « Merveilleux instant ». Dans ce siège imprévu de la Beauté que leur ménagent les poètes, il arrive même que les objets prennent la parole. Francis Lepioufle se souvient surement par exemple de l’une des chansons de Georges Brassens quand il fait entendre un « Dialogue de parapluies ». Bruine, grêle ou averse, qu’importe ! Il faut « Enfin, à l’épuisette, goûter les plaisirs du monde »

Et tout n’est pas seulement flaque ou perle d’eau dans la poésie. On le sait depuis François Villon. La poésie fréquente tous les lieux, c’est une grande bringue qui trimballe sa carcasse, qui fourre son nez partout, qui donne des coups de pied dans la mare (ou « les fleuves impassibles » !) et qui jette son mot quand elle en a envie. Au bras de Francis Lepioufle, la grande bringue n’a pas de réactions effarouchées ! Au contraire, elle réagit à chaque angle du sentier, devise, harangue, arrange, ébouriffe, cherche la conciliation, trouve le bon mot, « s’essaie et sait à dire »... Parfois, comme ces cohortes proustiennes de jeunes filles en fleurs, elle ne vient pas seule :

« Dis, belle jeune fille sage, qui es-tu ?

Je suis Laïcité,

Et bien dans la cité ! »

Elle a plus d’un tour dans son sac et joue avec les mots, comme dans le poème : « Les mots dits en bateau », mots capables de livrer, dès les premières heures du jour, leurs malles de sens : « Le matin n’attend pas son voyageur » pour rejoindre sur les plages « les vagues immigrées »... Aux côtés de cette poésie, le lecteur finit toujours par basculer sur la crête des mots, se laisser aller et surfer sur les sens et des sons.

Rien n’est laissé au hasard sur le rivage de la Langue. La moindre langue de terre va à la mer, à la « mer dorée » aux teintes « mordorées ».  La mer dans « C'est-à-dire » n’est pas seulement un décor, un tableau, un fond sonore. C’est une immense métaphore et toute la poésie se résout peut-être dans cette infinie ambiguïté... Comme l’indique le poème intitulé « Le bon jus », « mauvaise cuisine et bonne casserole », tout se mêle en même temps en ce bas-monde, le violent et le bon, le dur et le dur et le doux, le pire et le meilleur. Et parfois le meilleur fournit le masque pour le pire. Aux aguets de toutes voiles sur la mer, le poète est ce pirate qui hisse les pavillons et qui démasque les impostures...

Tout embarquement en poésie suppose une complicité, une association de malfaiteur. Saint John Perse disait du poète qu’il était « le contrebandier de la langue », celui qui fournit « la marchandise »... Ou la clé du trésor. A même le vaisseau ou dans le sable des iles ignorées, à l’aide de combinaisons inattendues de sons et de lettres, le lecteur ébloui ouvre le coffre-fort des mots. Francis Lepioufle évoque, au sujet de la langue, une créature qu’il nomme : « l’Adéenne »... Comme il l’écrit dans le poème « Invitation » :

« Regarde les choses, imagine-les sans relation

Puis donne-leur une articulation,

Le monde se met en animation »

ADN ou pas, tout acte de poésie machine une naissance, un « vol de feu », une alchimie, une explosion... Participe à « l’appel au mur des sons », libère un nouveau Pégase, depuis l’Antiquité toujours dans le vent puisqu’il sème parmi les avions supersoniques... L’auteur des « Chevaux de la mémoire » sait très bien que tout poète lancé dans l’écriture conduit une sorte d’attelage, parfois de coursiers, parfois de percherons : inspiration, transpiration... 

« Avant, il travaillait en essayant d’exister,

Maintenant il existe en essayant de travailler

La rime ».

Pour quelle récolte ? Francis Lepioufle témoigne : gaîté, « gai savoir », oubli du Temps (le fameux « Ennemi » qui, depuis Baudelaire, « mange la vie »)... Sa poésie intitulée « la ride » montre qu’elle peut effacer la blessure profonde inscrite dans le corps ou dans le cœur... « Trouver, dans ce sol lavé comme une grève / Le mystique aliment qui ferait « sa » vigueur ». Face au douloureux pari baudelairien, il choisit la voie de l’humour... Par exemple, quand, deux ou trois poèmes après, il parle de femme ou de bière, on ne sait pas si elle est brune ou blonde... de toute façon, il assure que ce n’est pas un « d’houblon » ! Quand elle se lâche, brune ou blonde, la poésie est une pétroleuse qui enflamme son lecteur ou son auteur et donne envie de rajouter un acte au processus de « Quand je serai grand ». C’est un poème à la page 40, lisez-le !

 

 

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Eric Bertrand - dans livres
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