Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Texte Libre

<a href="http://www.paperblog.fr/" rel="paperblog sheumas" title="Paperblog : Les meilleurs actualités issues des blogs" >
 <img src="http://media.paperblog.fr/assets/images/logos/minilogo.png" border="0" alt="Paperblog : Les meilleurs actualités issues des blogs" />
</a>

Recherche

Fictions et variétés

undefinedundefinedundefined
Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 05:45

 

100-6783.JPG

 

 

Ciel étoilé, pailletage du sol, visage doré sous la lumière jaune de la violoncelliste dont les lourds cheveux bruns me rappellent le visage jeune à cette époque de ma grand-mère. J’avais dix ans et elle fredonnait « le Patineur ». J’étais fier d’avoir fait découvrir Julien Clerc à ma grand-mère... Clin d’œil dans le public des Patineurs qui ont déployé la bannière. J’en reconnais quelques-uns sans jamais les avoir rencontrés autrement que par le biais de « Pour y Voir Clerc ». Cravate rouge de Sertao en accord avec le velours des sièges.

                Revoilà la gaze qui descend et sépare à nouveau les musiciens. L’imaginaire de la musique dans un écrin... Créatures qui ne seraient, dans cette lumière d’abîme, que bulles sonores appelées à remonter à la surface et à déferler en rêve de musique. Feu d’artifice de la lumière qui pleut en cascade, lumière qui remonte sur le parterre comme du fond d’un sol sableux. Extraordinaire recueillement du public. Les anges passent, ils ont le visage des anges de Chagall qui reçoivent la musique au plafond et qui la renvoient en écho aux tableaux de la cité des Doges projetés sur le fond de la scène, Canaletto, Turner... « Elle voulait qu’on l’appelle Venise ».

                Métamorphose finale. Tous ces gracieux musiciens, ces élégants dandys dignement vêtus de chemises blanches, de fourreaux noirs, bien peignés, cheveux vaporeux, gestes mesurés, abandonnent les instruments, guitares et joints cachés dans l’herbe des réminiscences, se mettent à chanter « Let the Sun shine » !  Combien de chemins parcourus depuis « Hair », combien de lumières psychédéliques et combien de fleurs dans les cheveux !

 

Repost 0
10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 06:00

100-9246.JPG

 

La caméra tourne doucement, promène le spectateur sur tous les coins de l’espace. Détails des instruments, cuivres, violoncelles, guitares, trombones, trompettes, castagnettes... Velours rouge des sièges, marbre des statues. Gros plans sur les visages... Fin maquillage, yeux charbonneux, rouge à lèvres sur un beau sourire. Beaucoup d’émotion, joue contre le violon, œil sur la partition, genou contre le violoncelle... Les yeux se ferment, la musique doucement monte aux dorures de l’Opéra Garnier. Visages jeunes des musiciens plongés en eux-mêmes, maitres absolus de leur art. Visages sympathiques, devenant familiers. Celui-ci ressemble un peu à ce copain de mon adolescence qui dodelinait de la tête en écoutant « Jivaro song ». Avec un air de jubilation, il m’avait fait écouter cette « drôle de chanson qui ne ressemblait à rien de connu »

             Fond de lumière bleutée qui semble remonter le fil du temps et profil voluptueux des musiciennes dont la grâce et l’élégance empruntent à leurs violons, à l’archet qui vibre. Jeunes femmes peut-être descendues tout droit des chansons de tout le répertoire, « filles de la véranda », « fée qui rend les femmes belles », « veuves de Joe Stan Murray », « Andalouses » tout en noir. « La Belle est arrivée »... C’est un peu le décor d’un film de Cocteau...

             Renfoncement somptueux des loges derrière les colonnes, comme les refuges des grandes orgues basaltiques de la pleine mer. Vénus sortant de l’écume, silhouettes botticelliennes, « Femmes, je vous aime ! » Visages éblouis, hallucinés, parfois un sourire, un mouvement souple et lent de la gorge, caméra qui tournoie, effets multiples des lumières, rouges, jaunes, vertes, bleues. Par moments, le piano noir revient seul, séparé des musiciens par une gaze d’un rouge léger qui irréalise les contours, offre, derrière cette paroi aux lueurs d’aquarium, un spectacle d’ombres chinoises.

Repost 0
9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 05:45

La scène se passe à l’Opéra Garnier. C’est d’abord un piano noir, sobre. Le spectateur s’attend à retrouver cette voix si particulière, ces mélodies, ces mots qui ont toujours créé un univers et qui refont descendre le grand fleuve...C’était il y a combien d’années ? Dix ans ? Vingt ans ? Trente ? « Jivaro song » : 1968 !

             Mais dans le spectacle « Symphonique », il y a décidément quelque chose de nouveau, quelque chose qui prend soudain aux cheveux. Dans un décor propice à la grande tragédie, ou à la grande comédie, c’est le « Songe d’une nuit d’été » qui s’empare du spectateur et qui le fait basculer.

             Après les premières chansons, Julien Clerc quitte le piano et cite une analyse de Charlie Chaplin dans laquelle il parle des artistes... Les écrivains sont muets car ils gardent leurs effets pour les pages de leurs romans, les savants ne peuvent rien dire non plus car ils pétrifient ceux qui les entourent, les peintres jouent parfois les philosophes et par conséquent se trompent de sujet... et en définitive, ce sont les musiciens qui prennent le pouvoir sur le public. « Il n’y a rien de plus facile et de plus émouvant que le spectacle d’un orchestre... »

             Et quand ce spectacle passe la réorchestration des mélodies de Julien Clerc, il se produit en effet un effet de transport, ce transport dont parle Charles Baudelaire » à propos du vertige de la musique...

 

La musique souvent me prend comme une mer !
Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile;

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile
J'escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile (...)

 

100-9299.JPG

 

Repost 0
Eric Bertrand - dans Art
commenter cet article
8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 05:45

0024-028.jpg

 

Sur la romantique côte armoricaine, dans le « Pêcheur d’Islande » de Pierre Loti, la belle Gaud vient à peine d’épouser Yann qu’elle aime depuis plus de trois ans... Mais, du côté de l’Arcouest, tout en haut de la falaise de granit rose, entre Plouha et Bréhat, pas le temps de chanter « Paimpol et sa falaise »... La mer est une maitresse impitoyable qui ne supporte aucune rivale et le bateau de Yann doit repartir au large.

A la Croix des Veuves, on voit souvent, glissant sur le sentier côtier, des femmes vêtues de noir, portant triskels ou pendentifs sacrés. Elles viennent prier pour le repos des âmes perdues en mer. « O, combien de marins, combien de capitaines, qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, dans ce morne horizon se sont évanouis ? »  A moins que ce morne horizon ne leur ait offert une grâce suprême...

Du haut de sa chapelle, à Saint-Cast le Guildo, Sainte Brigitte a, d’après la légende, un jour de tempête, sauvé du naufrage une princesse et ses douze enfants. A la place du bateau, les marins ont vu revenir vers le rivage le curieux équipage d’une cane et de ses douze canetons (vêtus d’un étroit ciré jaune ?) Les Bretons sont pieux et reconnaissants envers ceux qui les protègent. Ils accrochent des ex-voto dans les églises, se lancent dans de longs pèlerinages, chantent dans les pardons et s’adressent à leurs saints... Saint Renan, Saint Corentin, Saint Caradec...

Vêtue comme Gaud à la Croix des Veuves, Nolwenn Leroy est mélancolique et rêveuse quand elle chante « Juste pour me souvenir ». Elle entre dans la chapelle, lève les yeux vers l’ex-voto, se met à danser, époussette la maquette, fait voltiger la dentelle de Quimper. Charmant rituel païen d’une « fille de l’air » qui oppose à l’océan harpie sa belle voix de harpe. Un peu fée, un peu korrigane, elle descend à la plage. Sa longue robe est une voile noire, elle est Iseut et, tout au fond de l’horizon, entr’aperçoit Tristan. Derrière elle, les vieux pêcheurs couvent d’un œil goguenard cette folle jeune femme inconsolable, incapable de se remarier.

Elle passe sans les regarder, « la vraie vie est ailleurs ». Réconciliée avec l’océan, avance vers le flot, baisse les yeux, frissons d’eau sur les noires bottines brodées d’écume. Murmure des sirènes, des voix sous la mer. Sourire en coin, ferme les grands yeux verts couleur de marée, entend peut-être au loin la rumeur de l’antique cité d’Ys. Referme la grande porte de la vie, entrouvre les lèvres rose carmin, perçoit les lueurs dans les flots et l’ironique flux et reflux électrique. Frange d’écume découpant les chevilles, dentelle de Cornouailles froissant le mollet, la mer monte doucement, sournoisement en ce beau soir d’été. Se penche au-dessus du miroir d’eau, laisse son offrande. Sa robe est une grande algue brune, la voile d’un esquif sous-marin. Au fil de l’eau, et malgré la poussière sur les mâts, la frêle goélette dérobée à la chapelle se met désormais à voguer.

Ainsi « aux filles de l’eau » nous embarque, vers cette « Ahès », titre d’une autre chanson que Nolwenn chante en breton dans l’album. Ahès, c’est aussi la légendaire Dahud, fille du roi Gradlon et de la magicienne Malgvenn. Celle qui a précipité sous les flots la rutilante cité d’Ys, qui ne peut plus revenir en arrière, et qui disparaît au milieu des rues illuminées et des bâtiments de marbre. Si la goélette s’avance suffisamment dans la nuit noire de la mer, sa voile tremblera peut-être de sentir sous la coque s’allumer encore les lumières fantastiques de la ville engloutie. 

 

 

 

 

 

Repost 0
7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 05:45

nuit.jpg

 

Avec le retour de ce blog en 2013, c’est d’abord l’occasion de vous adresser, chers lecteurs et lectrices tous mes vœux de bonheur, sérénité, santé, lectures éclairantes pour cette année forcément riche en événements de toutes sortes...

                Au programme, la suite des « chantiers » commencés en 2012 (ils sont nombreux...) et pour commencer, quelques articles concoctés pendant les vacances au sujet de découvertes que j’ai faites au fil de ces jours où « la liberté » de mouvements se fait sentir davantage...

 

Repost 0
21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 05:45

Les vacances de Noël approchent et la période est pour nous tous très chargée ! De ce fait, je suspens le blog jusqu’au début janvier.

D’autres sujets sont déjà prêts, les projets vont bon train... mais je les réserve pour la rentrée ! Bonnes vacances et joyeux Noël à vous !

 

Jour de l'an (2) [1600x1200]

 

 

 

Repost 0
20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 05:45

 

 

Julien Clerc est un artiste qui réserve toujours des surprises à ceux qui, comme moi, l’apprécient depuis ses débuts. J’avais, à l’époque où j’ai écrit « Pour y voir Clerc », ressenti le besoin de mettre des mots au sujet de cette longue fascination pour certaines de ses chansons qui continuent d’opérer leur charme sur ma sensibilité.

                A l’époque où je l’ai découvert, (les années 70 auxquelles est aussi consacré mon livre), j’étais capté à la fois par les paroles signées en grande partie par Etienne Roda-Gil mais aussi par les musiques. J’ai toujours trouvé qu’elles avaient une « palpitation » particulière, une hauteur et une sonorité troublante... Tout naturellement, j’accueille avec émotion ce disque « symphonique » que j’ai mis sur ma liste de Noël ! Pas trop étonné non plus de voir ce terme de « symphonique » associé à des chansons qui, pour certaines, avaient la puissance d’un monument sonore. Ainsi, je me rappelle notamment l’impression forte que m’avait faite le titre « Terre de France »...

 

 

 

 

 

 

Repost 0
19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 05:45

 

HPIM1815.JPG

 

 

 

En France et même à l’étranger, on ne peut formuler ces deux syllabes sans esquisser un sourire un peu libertin... Mais qui sait qu’à l’origine, Pigalle était un honnête artiste qui vivait au XVIII° siècle, sculptait des bustes et fréquentait Voltaire.

Certes, il habitait la fameuse rue et occupait le plus clair de son temps en tout bien tout honneur, à mouler des  « bustes », des « reins », des « fesses » et des « cuisses », bref toute une humanité saisie dans le plus simple appareil... Est-ce une raison pour associer définitivement le quartier Pigalle à la débauche et aux affaires de sexe ?

Je propose de ressusciter le souvenir de Pigalle et de le laisser revenir dans sa rue afin de remettre de la Beauté sous le bas-résille et le porte-jarretelle.

12m.jpg

Repost 0
Eric Bertrand - dans Art
commenter cet article
18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 05:45

Highland2 (60) [1600x1200]

 

Sur la romantique côte armoricaine, dans le « Pêcheur d’Islande » de Pierre Loti, la belle Gaud vient à peine d’épouser Yann qu’elle aime depuis plus de trois ans... Mais, du côté de l’Arcouest, tout en haut de la falaise de granit rose, entre Plouha et Bréhat, pas le temps de chanter « Paimpol et sa falaise »... La mer est une maitresse impitoyable qui ne supporte aucune rivale et le bateau de Yann doit repartir au large.

A la Croix des Veuves, on voit souvent, glissant sur le sentier côtier, des femmes vêtues de noir, portant triskels ou pendentifs sacrés. Elles viennent prier pour le repos des âmes perdues en mer. « O, combien de marins, combien de capitaines, qui sont partis joyeux pour des courses lointaines, dans ce morne horizon se sont évanouis ? »  A moins que ce morne horizon ne leur ait offert une grâce suprême...

Du haut de sa chapelle, à Saint-Cast le Guildo, Sainte Brigitte a, d’après la légende, un jour de tempête, sauvé du naufrage une princesse et ses douze enfants. A la place du bateau, les marins ont vu revenir vers le rivage le curieux équipage d’une cane et de ses douze canetons (vêtus d’un étroit ciré jaune ?) Les Bretons sont pieux et reconnaissants envers ceux qui les protègent. Ils accrochent des ex-voto dans les églises, se lancent dans de longs pèlerinages, chantent dans les pardons et s’adressent à leurs saints... Saint Renan, Saint Corentin, Saint Caradec...

Vêtue comme Gaud à la Croix des Veuves, Nolwenn Leroy est mélancolique et rêveuse quand elle chante « Juste pour me souvenir ». Elle entre dans la chapelle, lève les yeux vers l’ex-voto, se met à danser, époussette la maquette, fait voltiger la dentelle de Quimper. Charmant rituel païen d’une « fille de l’air » qui oppose à l’océan harpie sa belle voix de harpe. Un peu fée, un peu korrigane, elle descend à la plage. Sa longue robe est une voile noire, elle est Iseut et, tout au fond de l’horizon, entr’aperçoit Tristan. Derrière elle, les vieux pêcheurs couvent d’un œil goguenard cette folle jeune femme inconsolable, incapable de se remarier.

Elle passe sans les regarder, « la vraie vie est ailleurs ». Réconciliée avec l’océan, avance vers le flot, baisse les yeux, frissons d’eau sur les noires bottines brodées d’écume. Murmure des sirènes, des voix sous la mer. Sourire en coin, ferme les grands yeux verts couleur de marée, entend peut-être au loin la rumeur de l’antique cité d’Ys. Referme la grande porte de la vie, entrouvre les lèvres rose carmin, perçoit les lueurs dans les flots et l’ironique flux et reflux électrique. Frange d’écume découpant les chevilles, dentelle de Cornouailles froissant le mollet, la mer monte doucement, sournoisement en ce beau soir d’été. Se penche au-dessus du miroir d’eau, laisse son offrande. Sa robe est une grande algue brune, la voile d’un esquif sous-marin. Au fil de l’eau, et malgré la poussière sur les mâts, la frêle goélette dérobée à la chapelle se met désormais à voguer.

Ainsi « aux filles de l’eau » nous embarque, vers cette « Ahès », titre d’une autre chanson que Nolwenn chante en breton dans l’album. Ahès, c’est aussi la légendaire Dahud, fille du roi Gradlon et de la magicienne Malgvenn. Celle qui a précipité sous les flots la rutilante cité d’Ys, qui ne peut plus revenir en arrière, et qui disparaît au milieu des rues illuminées et des bâtiments de marbre. Si la goélette s’avance suffisamment dans la nuit noire de la mer, sa voile tremblera peut-être de sentir sous la coque s’allumer encore les lumières fantastiques de la ville engloutie. 

 

 

 

 

 

Repost 0
17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 05:45

 

 

Vêtue comme Gaud à la Croix des Veuves, Nolwenn Leroy est mélancolique et rêveuse quand elle chante « Juste pour me souvenir ». Elle entre dans la chapelle, lève les yeux vers l’ex-voto, se met à danser, époussette la maquette, fait voltiger la dentelle de Quimper. Charmant rituel païen d’une « fille de l’air » qui oppose à l’océan harpie sa belle voix de harpe. Un peu fée, un peu korrigane, elle descend à la plage. Sa longue robe est une voile noire, elle est Iseut et, tout au fond de l’horizon, entr’aperçoit Tristan. Derrière elle, les vieux pêcheurs couvent d’un œil goguenard cette folle jeune femme inconsolable, incapable de se remarier.

Elle passe sans les regarder, « la vraie vie est ailleurs ». Réconciliée avec l’océan, avance vers le flot, baisse les yeux, frissons d’eau sur les noires bottines brodées d’écume. Murmure des sirènes, des voix sous la mer. Sourire en coin, ferme les grands yeux verts couleur de marée, entend peut-être au loin la rumeur de l’antique cité d’Ys. Referme la grande porte de la vie, entrouvre les lèvres rose carmin, perçoit les lueurs dans les flots et l’ironique flux et reflux électrique. Frange d’écume découpant les chevilles, dentelle de Cornouailles froissant le mollet, la mer monte doucement, sournoisement en ce beau soir d’été. Se penche au-dessus du miroir d’eau, laisse son offrande. Sa robe est une grande algue brune, la voile d’un esquif sous-marin. Au fil de l’eau, et malgré la poussière sur les mâts, la frêle goélette dérobée à la chapelle se met désormais à voguer.

Ainsi « aux filles de l’eau » nous embarque, vers cette « Ahès », titre d’une autre chanson que Nolwenn chante en breton dans l’album. Ahès, c’est aussi la légendaire Dahud, fille du roi Gradlon et de la magicienne Malgvenn. Celle qui a précipité sous les flots la rutilante cité d’Ys, qui ne peut plus revenir en arrière, et qui disparaît au milieu des rues illuminées et des bâtiments de marbre. Si la goélette s’avance suffisamment dans la nuit noire de la mer, sa voile tremblera peut-être de sentir sous la coque s’allumer encore les lumières fantastiques de la ville engloutie. 

Repost 0