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Texte Libre

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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 07:02

 « Juke-Box » d’Eric Bertrand vient de sortir chez Morvenn Editions.

http://morvenn-editions.fr/

L’ouvrage comporte une soixantaine de petites fables… Autour des thèmes du voyage, de l’amour, de l’amitié, de la société, du temps qui passe, de la vie, tout simplement. A travers la référence à de nombreux textes de la grande chanson française, (Julien Clerc, Gainsbourg, Souchon, Brassens, Brel, Ferré, Barbara, Ferrat, Renaud, Aznavour, Cabrel, Peyrac, Delpech, bien d’autres encore), l’auteur de « Ma Rue de Verneuil » et de « Pour y voir Clerc » se penche à nouveau sur le répertoire de ces chansons qui ont marqué la fin du XX° siècle et qui continuent de résonner dans les esprits. N’hésitez pas à commander votre exemplaire au tarif de 15 euros via le mail des éditions Morvenn :

morvenn-editions@laposte.net

Julien Clerc; Souchon; Gainsbourg...

Julien Clerc; Souchon; Gainsbourg...

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 12:23

Prochainement, chez Morvenn Editions (15 euros) « Juke-Box », un ouvrage d’une soixantaine de petites fables en chansons : les voyages, l’amour, l’amitié, la société, le temps qui passe, la vie… à travers les chansons qu’on a tous dans la tête,  à travers la grande chanson française, celle de Julien Clerc, de Gainsbourg, Souchon, Brassens, Brel, Ferré, Barbara, Ferrat, Aznavour, Cabrel, Peyrac, Delpech, bien d’autres encore. N’hésitez pas à retenir votre exemplaire !

chansons
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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 20:14

Présentation d'un travail d'une vingtaine d'années sur le théâtre pour ados...

Théâtre; adolescence

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14 mars 2017 2 14 /03 /mars /2017 05:03

Du théâtre en format poche pour des pièces à grand nombre de personnages et accessibles à petits prix. C’est le pari de cette nouvelle collection chez Morvenn, et baptisée « Ados sur les planches ». Elle reprendra des pièces qui ont connu un réel succès devant un public lycéen, dans des mises en scène brillantes de Camille Geoffroy. En préparation : « l’Ile du Petit Ecran », puis « Jack Kérouac, sur la route et sur les planches ».

Voir aussi avec intérêt ce bilan de visite à l’atelier :

http://les.chantiers.du.jeune-theatre.over-blog.com/2017/03/l-africane-par-les-eleves-du-lycee-vieljeux.html

Théâtre; adolescent
Théâtre; adolescent

Théâtre; adolescent

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2 mars 2017 4 02 /03 /mars /2017 08:55

Prochainement, chez Morvenn éditions la version papier de "Africane!" avant la version sur la scène de Mimésis puis au lycée Vieljeux de La Rochelle : mise en scène Camille Geoffroy... C'est l'occasion du lancement d'une nouvelle collection consacrée au théâtre pour adolescents et baptisée :"Ados sur les planches". Théâtre; adolescents;

Théâtre adolescents

Théâtre adolescents

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27 janvier 2017 5 27 /01 /janvier /2017 11:12

« Pourquoi avez-vous écrit sur Ellis Island ? » La première question à Gaëlle Josse invitée au lycée Vieljeux par l’Association LEAR ne tarde pas à fuser de l’assistance composée de trois classes de premières S et ES et de leurs professeurs. « Tout est arrivé par la mer » : c’est la première phrase de son roman « le Dernier gardien d’Ellis Island » et c’est aussi, peut-être, le premier ressenti qui a mené l’auteure à écrire sur ce « lieu bouleversant, captivant » qu’elle a d’abord visité en même temps que d’autres touristes. Des bateaux qui arrivent, des valises, des sacs, des couffins posés là, comme des rescapés, et un lieu habité, un lieu immobile et vivant où ont défilé des millions de migrants. Avant ceux de Lampedusa dont les figures composent encore, confie-t-elle, une tragique répétition de l’histoire.

Ellis Island est devenu un lieu plein de rumeurs, de bruit et de fureur dont les murs semblent trembler et appeler la plume de l’écrivain. Et justement, à la demande d’une élève, Gaëlle Josse s’interroge sur cette « nécessité » de l’écriture, cet appel du large qui conduit inexorablement vers l’œuvre aboutie (le roman en passe d’être publié), dût-on y passer plus d’un an et demi, voire davantage et y penser à tous les moments du jour, quand on étend son linge, quand on fait du sport, quand on est en voiture, dans le train, dans le métro…

Toute littérature s’élabore à partir d’une émotion qui, à la façon d’une brume, recouvre peu à peu tout un espace. Les recherches et les lectures en bibliothèques, en librairies, sur les sites (ellis-island.com) sont autant de grains qui font lever l’émotion, la rendent palpable, accessible. De découvertes en découvertes, l’écrivain élabore patiemment son œuvre, descend à la rencontre de ses personnages, John Mitchell, le narrateur du journal intime qui structure le récit, mais également de tous les autres, Liz, Nella, et toutes ces figures entrevues, tous ces personnages secondaires qu’il n’est pas facile de créer. A la question d’une élève s’interrogeant sur le degré de difficulté d’écriture, Gaëlle Josse explique en effet que la création d’un personnage secondaire donne beaucoup de fil à retordre et implique un travail complexe de « découpage ». Il faut trouver l’éclairage, le trait, la marque, pour le faire exister immédiatement sous l’œil du lecteur. Pas de dialogues, de tiret, d’incise du type « murmura-t-il avec un émerveillement dans la voix », mais seulement quelques lignes, bien tracées, qui fourniront l’ossature solide et nécessaire à la véritable apparition du personnage…

Car l’écrivain est un constructeur, un arrangeur d’histoires, et son véritable travail consiste surtout dans la création du dispositif idéal de narration. Le retour sur soi, à des souvenirs personnels ou intimes (question légitimement posée au cours de l’entretien) suppose, pour cet écrivain, qui n’appartient pas à l’école de « l’auto fiction », une complexe opération de  « décantation », de filtrage dans laquelle le processus d’écriture est mis au premier plan. C’est à ce niveau là que tout se joue, jusqu’à la phase ultime où l’éditeur peut intervenir pour donner un point de vue, suggérer, éventuellement critiquer, jusqu’à un certain point…

Car dans l’île déserte où se construit l’histoire (une élève compare judicieusement John Mitchell à Robinson Crusoé), bien au-delà des personnages, de leur espace et de leur temps, un écrivain se débat toujours avec les ombres qui hantent la littérature et l’humanité. Les thèmes éternels de l’amour, de la haine, de la sexualité, de la morale ou de la religion… Et les figures qui s’affrontent sur ce théâtre de la fiction ne cessent jamais de se relever et de muter inlassablement pour s’étreindre à nouveau ! Par conséquent, pas de rituel en écriture, pas de rose qu’on coupe à heure fixe et qu’on met dans un vase à côté de l’encrier ! Mais, puisque « c’est par la mer que tout arrive », des bourrasques soudaines, des courants vifs qui tirent à l’aventure, qui imprègnent les mots, les détachent et les attachent, les délient et les relient dans une violente opération de démaillage et de remaillage. Un « traitement de texte » d’origine obscure, qui vise à tout bouleverser, à rendre enfin le texte clair, énergique, autonome. Un roman cette fois bien achevé, qui, après maintes relectures, amours et désamours, rejets et détestations, laissera enfin l’écrivain apaisé, libéré, prêt à lâcher ses personnages et leur histoire et à aller à la rencontre de ceux qu’il a déjà commencé à créer.

Et c’est justement dans ce sens que va la belle formule d’Arthur Rimbaud, l’un de ces modèles que la romancière cite pour conclure son intervention : « J’ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d’or d’étoile à étoile, et je danse. » (Phrases)

Gaëlle Josse; écrire; littérature

Gaëlle Josse; écrire; littérature

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20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 11:00

J’approchais du chenal des Sables et j’entendais de loin la clameur des « Peaux-Rouges criards »… Face à l’avidité des journalistes et à l’ivresse du public qui, derrière moi, a rêvé pendant des mois à des aventures en haute mer, je n’ai pas de mots, je n’ai plus de phrases… plus de gorge et plus de muscles pour  parler du grand océan. Je ne trouve dans la mémoire que des formules apprises, des corridors de mots balayés par le vent, parce que l’aventure en mer a « dispersé gouvernails et grappins » et parce que je suis à mon tour, sans le savoir vraiment, un « bateau ivre » comme celui de Rimbaud qui n’avait pourtant encore jamais vu la mer ni même couru le Vendée Globe !

 

« Clapotements furieux des marées, péninsules démarrées, tohu-bohus, la tempête a béni mes éveils maritimes. Plus léger qu'un bouchon, j'ai dansé sur les flots soixante-quatorze nuits, sans regretter l'oeil niais des falots ! Je me suis baigné dans le Poème de la Mer, infusé d'astres, et lactescent, dévorant les azurs verts. Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes et les ressacs et les courants : je sais le soir, l'Aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes, et j'ai vu quelquefois ce que l'homme a cru voir ! J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques, illuminant de longs figements violets, les flots roulant au loin leurs frissons de volets ! J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides, j'ai vu fermenter les marais énormes, nasses où pourrit dans les joncs tout un Léviathan, des écroulements d'eaux au milieu des bonaces, et les lointains vers les gouffres cataractant !

Je voudrais montrer aux enfants ces dorades du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants. Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades et d'ineffables vents m'ont ailé par instants. Parfois, martyr lassé des pôles et des zones, la mer dont le sanglot faisait mon roulis doux montait vers moi ses fleurs d'ombre aux ventouses jaunes, et je restais, ainsi qu'une femme à genoux... Libre, fumant, monté de brumes violettes, taché de lunules électriques, planche folle, escorté des hippocampes noirs. J'ai vu des archipels sidéraux et des îles dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur : est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t'exiles, million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ?

Et maintenant, si je désire quelque chose, c’est tout simplement la baignoire de ma maison où, vers le crépuscule embaumé mes enfants accroupis, pleins de mélancolie, lâchent un bateau frêle comme un papillon de mai. Je ne puis plus aujourd’hui, baigné de vos langueurs, ô lames, traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes, ni nager sous les yeux horribles des pontons. »

 

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13 janvier 2017 5 13 /01 /janvier /2017 10:50

Qu’il est loin l’an 2000 en 2017 ! Et comme il paraît déjà loin dans les années 80 ! Tu le chantes avec Julien Clerc ce nouveau siècle à venir, tu le chantes du haut de tes vingt ans, avec une tranquille assurance et « ta crinière de teenager ». Les « crooners », c’est bon pour la « discothèque à papa », les Sinatra, les Bing Crosby, mais toi, tu n’es pas un crooner !  Et Juju, ton idole, ne sera jamais « un vieux crooner » ! Même s’il a mûri, même s’il n’est déjà plus le jeune hippie qui dansait nu dans « Hair », il fait de l’autodérision, il plaisante.

             « Lorsque j’irai prendre le thé chez Mick Jagger ! » ça, c’est drôle ! Tu imagines, dans un lointain fumeux, le patron des Rolling Stones en pantoufles et robe de chambre, réclamant à une Angie « trotte-menu » son bol de thé ou de verveine ! « I can get tea, satisfaction ! » Le « boss » avance à petits pas, à petits pieds, « pétrifié dans ses manteaux d’hiver » ! Le « yé » n’est plus le même, « y’a plus d’rock au Tennessee » ! Il s’enfonce péniblement dans le canapé, fait signe au bouillonnant interprète de « laissez entrer le soleil » de s’installer en face de lui. L’invite à râler contre « toutes ces modes qui se démodent ».  L’ex hippie n’a plus un cheveu sur le caillou mais sa voix retrouve un peu de son irrésistible chevrotement et lui chante les chemins de Katmandou et « ses rêves d’espoir sur un sitar »« Start me up ! »       …

             En 80, non, décidément, tout ça, tu n’y crois pas ! « On avait tous vingt ans, c’était le bon temps ! » Tu te fais pousser les cheveux bouclés et tu te prends pour Juju, mais tu es plus jeune que lui ! « Pour tout bagage on a vingt ans, on a des réserves de printemps ». Geste à la Ferré (dont tu découvres le répertoire), bras croisés, chemise noire, tu le défies toi aussi, l’an 2000, c’est comme « l’an dix mille, l’an dix mille, l’an dix mille ! » on n’y est encore pas ! Comme c’est long, vingt ans ! Comme le monde aura changé ! Au lendemain des « trente glorieuses », tu veux croire en l’avenir… C’est ton côté post Aphrodite’s child, guitare sur le dos, cheveux longs et grosse médaille! Humanité, sciences, médecine. Voitures volantes, villes vertes, circulation fluide et silencieuse, « Flower power ». Davantage de lumière dans les esprits, moins de misères, de maladies, de guerres, de racisme, « all you need is love ». Effacement progressif des murs, des haines, des violences, des intégrismes. Amour et tolérance, dialogue et respect mutuel, « On ira tous au paradis ! »

             Tout cela aurait lieu dans très longtemps, en l’an 2000, quand tu serais « un vieux crooner »… « A moins qu’une guerre nucléaire n’ait fait d’la terre un grand cimetière » Mais ça, tu n’y crois pas, pas plus qu’au « vieux crooner ! » ou au « vrai gentleman » et pas plus qu’à ces « petits-enfants » qui vont t’appeler papy ou mamy et qui auront du mal à te reconnaître sur les photos un peu jaunies, rangées dans les tiroirs.

Julien Clerc;chanson; temps

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 11:54

A vingt ans, tu restes ferme sur ta position : tu ne crois pas au coup de foudre ! Tu te détournes de tes copains, de ceux qui « se font tout petits devant les poupées », de ceux qui aiment « à perdre la raison », des « fous d’amour ». Tu te moques de ceux qui disent que les femmes sont « belles comme un pétard qu’attend plus qu’une allumette », de ceux qui hurlent les « que je t’aime ! » et qui prétendent que « l’ombre et la lumière dessinent sur les corps des montagnes, des forêts et des iles au trésor »…

             Toi, tu es bien au-dessus de ça, tu n’es pas un « loco » et tu fais partie de ces hommes qui se croient debout quand les autres se vantent de se trainer à leurs genoux ! Tu lis. Tu travailles, tu t’amuses, tu voyages et tu observes avec la curiosité de l’explorateur (ou du volcanologue !) tous les Fuji-Yama, Etna, Stromboli, Popocatépetl de la passion « en activité »… « Je rougis, je palis à sa vue, un trouble s’éleva dans mon âme éperdue », « ce n’est plus une ardeur dans mes veines cachée, c’est Vénus tout entière à sa proie attachée », « je vis, je meurs, je me brûle et me noie, j’ai chaud extrême en endurant froidure », « je pense si souvent à toi que ma raison en chavire… »

             Et puis soudain, pétard ! C’est l’étincelle ! A ton tour de t’embraser, paillasse !

             Eté sicilien. Région de l’Etna. « Elle court, elle court, la maladie d’amour ! » Et ça grésille, et tu te consumes, malheureux... Et tu te dis que toutes ces passions décrites dans les films, les tragédies, les chansons, ça peut arriver à n’importe qui ! Que les tourments, les maux et les mots (que tu jugeais exagérés) ne sont pas seulement réservés aux fous, aux héros, aux empereurs, aux reines ou aux poètes… La lave tiède de ses yeux coule dans tes veines malades. L’amour t’est tombé dessus comme au coin d’un bois. Est-ce l’effet du souffre du volcan ? De la chaleur torride ? De la sécheresse sicilienne ? Vieux guépard, tu as du mal à respirer, tu étouffes et le jour et la nuit. « Ton cœur volcan bat lentement la chamade » Ton amour t’étreint, te serre la gorge et tu crèves de dépit, tu n’es que l’ombre de toi-même. Bambino !

             Tu ne dors plus la nuit. Tu ne veux affoler personne au camping où tu es venu en vacances avec ta bande de célibataires endurcis, alors tu quittes ton lit de camp. Tu vas te cacher dans un trou de buisson, dans un bosquet ou dans les hautes fougères comme un animal blessé, et tu brûles en silence parce que la fille qui « t’enchaîne » ne t’a même pas encore regardé. Bête traquée, affolée, tu regardes autour de toi : personne dans la nuit claire ! Au loin, derrière les collines de Taormina, le volcan indifférent fume. Tu t’approches de la mer morte, étale, et tu t’enfonces sur la plage de sable noir, le visage en cendres.

             Et tu la maudis, et tu la hais de te réduire à néant. Tu voudrais l’insulter, la mépriser, montrer à tes copains que tu es encore un dur et que tu es capable de l’ignorer. Ou bien entrer en éruption, fouler l’arène du théâtre antique, là-haut, à Taormina, et te donner en spectacle. Gladiateur luisant de soleil et de rage, mater les élans de la passion, incendier l’insolente de mots indécents, incandescents. Mais tu le sais bien désormais : sitôt qu’elle est là, devant toi, tu te dégonfles. Baudruche de péplum ! Ton ventre se tord, tu as des frissons dans la voix et dans le corps, ton sang bouillonne, tu ne peux pas cracher deux mots, tu deviens imbécile, tigre martyrisé, en papier, exposé aux coups, marges, autodafés. Tu as « la raison arraisonnée ». Tu trembles, tu recules.

             Au fil des heures, tu te replies, tu t’ensevelis un peu plus au creux de ton bassin de sable. Au fond de toi, tu entends battre « le cœur volcan ». La chanson alimente ton feu intérieur. Tu rougis, tu souffles, tu brûles, tu exploses « Comme une armée de vaincus, l’ensemble sombre de tes gestes fait un vaisseau du temps perdu dans la mer morte qui te reste ».  Tu redoutes sa silhouette d’impératrice, ses cheveux, son parfum, l’éclat de son rire et de son regard. « Les canons pointés de son œil, ses yeux comme une ville en flamme »… Tu tombes « tout chaud, tout rôti, contre sa bouche »…Et quand enfin, au moment de midi, elle vient s’allonger sur la plage, elle a le pouvoir absolu de « déranger les pierres », elle est le volcan qui sommeille.

             Et ton cœur, n’est déjà plus qu’un petit tas de cendres.  

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1 janvier 2017 7 01 /01 /janvier /2017 13:40

La scène se passe à l’Opéra Garnier. Un piano noir, sobre, silencieux, médite. Au lever de rideau, le spectateur s’attend à retrouver cette voix si particulière, ces mélodies, ces mots de Julien Clerc qui ont, au fil des années, créé un univers et qui lui refont, à chaque écoute, descendre le grand fleuve...C’était il y a combien d’années ? Dix ans ? Vingt ans ? Cinquante… de toute éternité. Car dans le spectacle « Symphonique », il y a quelque chose de presque onirique qui prend aux cheveux. Dans un décor propice à la « majesté théâtrale », c’est une grâce, comme  un « Songe d’une nuit d’été » qui descend sur la scène.

             Conscient de la magie du moment et après les premières chansons, Julien Clerc quitte le piano, s’approche et cite un texte de Charlie Chaplin, texte dans lequel il est question des artistes : « Les écrivains sont muets car ils gardent leurs effets pour les pages de leurs romans. Les savants choisissent le silence car ils savent que leur réputation pétrifie ceux qui les entourent. Les peintres se trompent de sujet parce qu’ils jouent les philosophes. Au bout du compte, seuls les musiciens sont en mesure de capter le immédiatement l’attention public. Il n’y a rien de plus facile et de plus émouvant que le spectacle d’un orchestre... » Et quand ce spectacle passe par la réorchestration des mélodies de Julien Clerc, il se produit dans l’âme du spectateur, une sorte de prodige, équivalent à l’effet que produit la musique d’après Baudelaire...

 

La musique souvent me prend comme une mer !
Vers ma pâle étoile,
Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,
Je mets à la voile;

La poitrine en avant et les poumons gonflés
Comme de la toile
J'escalade le dos des flots amoncelés
Que la nuit me voile (...)

 

             La caméra tourne doucement, promène le spectateur sur tous les coins de l’espace. Détails des instruments, cuivres, violoncelles, guitares, trombones, trompettes, castagnettes... Velours rouge des sièges, marbre des statues. Gros plans sur les visages... Fin maquillage, yeux charbonneux, rouges à lèvres sur jolis sourires. Beaucoup d’émotion, joue contre le violon, œil sur la partition, genou contre le violoncelle... Les yeux se ferment, la musique doucement monte jusqu’aux dorures de l’Opéra Garnier. Visages jeunes des musiciens plongés en eux-mêmes, maitres absolus de l’instrument qui les fait vibrer. Visages inspirés, peu à peu familiers, acteurs et actrices de tout un répertoire.    Fond de lumière bleutée qui semble remonter le fil du temps, profils gracieux des musiciennes dont la grâce et l’élégance s’ajoutent aux harmonies. Jeunes femmes peut-être suscitées par les chansons, « fille de la véranda », « fée qui rend les femmes belles », « veuve de Joe Stan Murray », « Andalouse » tout en noir. « La Belle est arrivée » dans le décor d’un film de Cocteau...

             Dans les renfoncements somptueux des loges derrière les colonnes, sur la scène et sous les projecteurs, silhouettes botticelliennes, « quelle heure est-il marquise ? », « Femmes, je vous aime ! » Visages éblouis, hallucinés, parfois un sourire, mouvement souple et lent de la gorge, caméra qui tournoie, effets multiples des lumières, rouges, jaunes, vertes, bleues. Par moments, le piano noir revient seul, séparé des musiciens par une gaze d’un rouge léger qui irréalise les contours, offre, derrière cette paroi aux lueurs d’aquarium, un spectacle d’ombres chimériques.

             Ciel étoilé, pailletage du sol, visage doré sous la lumière jaune de la violoncelliste dont les lourds cheveux bruns te rappellent le visage encore jeune à cette époque de ta grand-mère. Tu avais dix ans et elle fredonnait « le Patineur ». Tu étais fier de lui avoir fait découvrir Julien Clerc... Revoilà la gaze qui descend et sépare à nouveau les musiciens. Tout l’imaginaire de la musique et des chansons dans un même écrin... Créatures qui ne seraient, dans cette lumière feutrée, que bulles sonores appelées à remonter à la surface et à déferler en rêve de musique. Extraordinaire recueillement du public. Des anges passent, ils ont le visage des anges de Chagall peut-être acteurs de la métamorphose finale…

             Evanouis toutes les musiciennes, tous les dandys, chemises blanches, fourreaux noirs, cheveux bien peignés, vaporeux, gestes mesurés. Instruments debout, graves et solitaires, recueillis. Sur une autre scène, la lumière et la musique remontent le temps. Guitares et harmonicas jetés dans l’herbe. « Laissez laissez entrer le soleil ! Laissez laissez ! Let the Sun shine ! The sun shine ! » Combien de chemins parcourus depuis « Hair », combien de lumières psychédéliques et combien de fleurs dans les cheveux !

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