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Texte Libre

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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 18:12

Pour reprendre les paroles de « la Vie Théodore » de Souchon, « il faut un minimum, une bible, un cœur d’homme, un petit gobelet d’aluminium ». Au contact des grands déserts, « couché sur le sable d’or, les satellites et les météores », son âme continue de s’élever. « Chercheur de trésor », « des prés de flammes... des herbages d’acier et d’émeraude ». « Les fesses talées », déprimés par les conditions de vie et la difficulté de leur mission, peut-être aussi par l’austérité du message biblique, ses trois compagnons ont abandonné la partie mais ils lui ont laissé un âne aux côtés duquel il continue de cheminer, distribuant toujours la bonne parole. L'aube d'or et la soirée frissonnante trouvent notre brick en large en face de cette Villa et de ses dépendances qui forment un promontoire aussi étendu que l'Epire et le Péloponnèse, ou que la grande île du Japon, ou que l'Arabie !(...)

Porté par la lumière de ces visions et ces étoiles vacillantes de poésie, celui qui se fait appeler « Reïmbo » arrive un jour aux portes d’Harrar, souffrant, blessé au genou : c’est là qu’il entrevoit dans un halo, avant de s’évanouir à nouveau, un marchand qui porte presque le même nom que lui et dont le visage lui ressemble « comme celui d’un frère ». Et lorsque le 22 mai 1891, il arrive à Marseille, quasi agonisant, malgré l’amputation de la jambe et la souffrance qui persiste, il entend « un chœur de verre et de mélodies nocturnes ». Sa mort survient le 10 novembre, mais il continue de s’interroger sur cet « autre qui le regarde toutes les nuits » et le médecin lui répond que « cet autre, ce Rimbaud », c’est lui.

Un marchand devenu un poète éclairé, extatique, qui finit par rencontrer un poète devenu marchand... Drôle de correspondance qui s’établit imperceptiblement tout au long de cet étrange récit, aux lisières du fantastique. A la croisée des chemins, de Charleville à Marseille, de Tunis à Harrar, le lecteur est entrainé dans une vertigineuse expérience qui lui permet à la fois de suivre une partie de l’itinéraire initiatique du « Petit Poucet rêveur » et de relire certains de ses textes qui racontent tous, à leur manière, comment il a « embrassé l’aube d’été ».

« L’Autre » de Philippe Claudel : comment un « porteur de blé flamant ou de cotons anglais » devient un « bateau frêle comme un papillon de mai » ? (2/2)
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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 07:24

La lecture de Rimbaud conduit à l’illumination. Sans chercher à jouer ni sur les mots ni sur le titre de l’énigmatique œuvre de « l’homme aux semelles de vent », ce récit de Philippe Claudel illustre bien l’effet que peut avoir sur une conscience un peu romantique la découverte du « voleur de feu ». Frolon est un jeune marchand de cordage en gros qui, à l’image de bien d’autres bourgeois de la ville de C., « descend des fleuves impassibles » et prospère paisiblement. Il aime sa femme, sa fille, fréquente la belle société, se divertit, se cultive, lit des magazines littéraires et un soir, par hasard, tombe sur quatre poèmes de Rimbaud. Quand le monde sera réduit en un seul bois noir pour nos quatre yeux étonnés, en une plage pour deux enfants fidèles, en une maison musicale pour notre claire sympathie, je vous trouverai. C’est immédiatement l’éblouissement. Il écrit au directeur de la revue, apprend que Rimbaud vit quelque part en Abyssinie et qu’il est particulièrement « insaisissable », « comme ses vers ».

Du jour au lendemain, Frolon décide de tout laisser derrière lui pour partir à pied, un matin de septembre 1886, en direction de Marseille, dans l’espoir de rencontrer le poète afin de lui parler de la poésie. Il s’embarque donc, arrive à Tunis et entre plus avant dans son nouveau mode d’existence. Il connaît par cœur les poèmes des « Illuminations » qu’il récite en toute occasion à qui veut bien l’entendre. Tel un prophète dans le désert, aux côtés de trois missionnaires allemands partis catéchiser l’Egypte et l’Ethiopie, il s’enfonce dans les contrées africaines.

« L’Autre » de Philippe Claudel : comment un « porteur de blé flamant ou de cotons anglais » devient un « bateau frêle comme un papillon de mai » ? (1/2)
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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 06:21
« Journée de la jupe » ? C’est le titre du film dont on parle beaucoup cette semaine. Pour les besoins de mon livre intitulé « l’Organisme » qui était sur le point de sortir, moi qui m’interrogeais beaucoup sur le « métier et le milieu », je n’avais pas manqué ce film qui faisait événement. Le film est passé hier, l’occasion de s’attarder à nouveau sur les questions qu’il pose... A cette occasion, essayons de voir ce qu’il y a « sous les jupes des filles » comme le scande une chanson connue !
Tabous sur le port de la jupe ou de quelque autre accessoire susceptible de constituer une atteinte aux bonnes mœurs de nos adolescents fiévreux ? Sujet qui dérange ? Mouchoir qu’on met sur les yeux ? Voile pudique ? Cette thématique du tabou vestimentaire est en tout cas l’une de celles qui motivent le film « la Journée de la jupe ». Isabelle Adjani y incarne une prof « rebelle » qui ose affirmer sa féminité face à « la meute ».
Essayons d’aller plus loin, et de soulever un coin du voile autrement qu’à la manière du vent fripon que sifflait Brassens dans une chanson à son époque aussi leste que celle de Souchon...
Le film braque le projecteur sur un ensemble de problèmes qui vont bien au-delà de ces conflits d’apparences. Essayons dans un premier temps de les répertorier...
Le choc entre les cultures, la violence, les compromissions éducatives, la gestion des bons élèves et la gestion des « cas » difficiles, la délinquance, les rapports garçons-filles, profs-élèves, le problème de la transmission du savoir, l’enseignement des « classiques », la référence aux textes sacrés, constitutifs de notre culture... et d’abord, quels textes ? Molière, Hugo ? Rimbaud ? (Les élèves rient bêtement à ce nom et pensent à Rambo) Quel sacré ? La Bible ou le Coran ? Et puis quelle langue ? La langue littéraire ? La langue utilitaire ? La langue de la rue ?
Bref, ce court film à effet (une prof de français se sert d’un flingue pour gagner la parole et le pouvoir), d’une extrême simplicité dans son scénario, m’a tout l’air d’une fable et en tant que tel donne à réfléchir sur l’éducation.
Dans les premières réactions que j’ai pu entendre, évidemment, certains crient au scandale, à la schématisation, à la stigmatisation de la banlieue... Tous les gamins ne sont pas comme ça ! Il se passe des choses dans les établissements de banlieue sans que, pour autant, les enseignants en viennent à braquer leurs élèves pour se faire écouter...
Néanmoins, le film me paraît juste parce que, justement, le cadre qu’il a choisi dépasse le cadre de la banlieue et prend une valeur de symbole. Derrière la jupe et sous la « dentelle » des sourires salivés, il y a toute la question des corps qui s’expriment au collège. Des corps qui se cherchent et s’affirment dans le malaise et parfois la provocation. Car l’établissement scolaire est le lieu du regard exagéré. Rien n’échappe à l’œil et à la critique souvent méchante, sournoise en tout cas.
Autre aspect essentiel, dans le film, celui de la laïcité. L’enseignante revendique courageusement ces valeurs. En cours, et dans l’ensemble des matières, nous avons pour mission de brandir devant nos élèves le fameux étendard des « valeurs citoyennes ». Du fait de la différence d’âges, de niveau, des intérêts, des stéréotypes, que savent-ils au juste de l’Islam, de la Bible, de la rencontre des cultures et de la vie en société ? Les clichés ont la vie dure...
Pendant le cours, l’enseignant est comme Job. Il consent à se laisser déposséder de ses richesses (intérieures !) pour les achalander souvent dans le souk de la vulgarité ou de l’indifférence. A la différence de la professeure du film, il ne saisit jamais un flingue et livre inlassablement le même combat au nom de cette richesse qu’il veut transmettre à tout prix. D’ailleurs, quand elle a la situation en main, la première chose que la prof veut faire apprendre et répéter au caïd, c’est le nom de Molière !
Car c’est un fait, l’élève qui n’a pas envie d’apprendre n’apprendra pas. Bien au contraire, il se bute et, entre les deux directions devant lesquelles hésitait le fameux âne de Buridan, contrairement à l’âne, il n’aura pas de mal à choisir la voie du refus. C’est celle dont il sait pertinemment qu’elle le mènera à une victoire sur le système qui assurera davantage son rang de caïd ou de bouffon...
Le proviseur le dit clairement aux journalistes dans le film : « nous n’avons aucun moyen de pression sur ces élèves. » Les élèves sont là, bons ou mauvais plants à chauffer au coin des radiateurs ou sur un coin de pelouse... Ils sont là, ils viennent, ils ne viennent pas, ils travaillent, ne travaillent pas, de toute manière, le passage en classe supérieure est un acquis, la scolarisation est obligatoire et le bac est évalué en fonction des statistiques...

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 14:08

Angélique ne trouve toute sa mesure que dans une recette de chocolat qu’elle confectionne amoureusement dans le secret de son réduit, loin du monde. Dans la vie, elle n’est que la « distributrice » (à croquer) de ce chocolat réalisé « en hautes sphères » par un certain « ermite » qui ne veut pas révéler son identité... Ainsi, parvient-elle à réguler ses angoisses et à exercer une discrète activité sociale. Jusqu’au jour où, à la mort de son patron, elle doit aller postuler dans une nouvelle fabrique de chocolat au bord de la faillite... Fabrique dirigée non par un autre Willy Wonka mais par un autre émotif incarné par l’agité Benoit Poelvoorde, lequel, du haut de son statut de grand patron, fait trembler ses derniers employés. Mais, derrière son apparence un peu brutale, il tente lui aussi de dissimuler ses émotions. Il est d’ailleurs suivi tout au long du film par un psy qui lui prescrit des exercices afin de l’aider à surmonter ses hantises.

Quand la jeune chocolatière lui propose ses services, il tombe aussitôt sous son charme et l’embauche. Angélique a de l’or (et du chocolat !) dans les mains et le regard, et les relations entre l’employée et son patron vont donner lieu à une succession de situations cocasses, d’anti numéros de séduction où l’un et l’autre des grands timides, tiraillés entre désir, frustrations, audaces, exercices libres ou imposés vont apprendre à se connaître et peu à peu à se dévoiler. Gourmandise des mots osés, saveur douce amère des rendez vous manqués, lits de hasard dont l’emballage manque de chic ou d’élégance, compromis et recettes dont il faut trouver le bon dosage, la vie est une tablette de chocolat à croquer avec précaution et parcimonie afin de savoir la partager et la déguster.

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 06:27

On connaissait « les alcooliques anonymes » mais que sait-on au juste de cet autre cercle baptisé « émotifs anonymes » ? Le cinéaste réalisateur du film Jean-Pierre Améris (rencontré dans ce blog à l’occasion de la projection de « l’Homme qui rit ») confie qu’avant de devenir réalisateur, il a lui-même participé à des réunions d’émotifs anonymes. Timidité, gêne, peur panique de rater ses entrées, de s’engager, de se tromper...La vie est angoissante parce qu’on multiplie les erreurs et qu’il n’y a jamais moyen de revenir en arrière... Il n’y a guère qu’au cinéma qu’on peut se cacher dans le noir, qu’on peut inventer une histoire, et qu’on peu couper, recommencer les scènes et gommer les défauts, éliminer les erreurs, rectifier la trajectoire... Dans une salle de cinéma, nous sommes tous plus ou moins des « émotifs anonymes » et il n’y a rien de plus désagréable que le moment où, dans les salles obscures, on rallume les lumières !

Chez les « émotifs anonymes », et selon un rituel bien rôdé, s’expriment de grands timides : « Bonjour ! Je m’appelle Angélique... Bonjour Angélique !... » Angélique, doux visage d’ange joyeusement incarné par Isabelle Carré, baisse les yeux, sourire gêné, paupières qui papillonnent, s’effondre au milieu des autres anonymes qui la consolent.

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 13:46
La rue du Chapelier à La Rochelle

S’il est une rue que j’aimerais ajouter au dédale des « Cent Tours de la Lanterne magique »... Elle suivrait la silhouette épaisse d’un ancien aviateur devenu chapelier, se faufilerait entre le seuil de son domicile rue du Minage, enfilerait la rue du Palais, la Place du marché et la Grosse Horloge... S’arrêterait entre les cafés de la Poste et de la Place d’Armes pour laisser résonner les potins...

Cette rue sombre est hantée par les personnages inquiétants du roman de Simenon, « les Fantômes du chapelier ». Cette fiction inspirée du long séjour du romancier dans la région évoque l’itinéraire d’un assassin tranquille, inattendu, qui remplit simplement un « programme défini d’avance » et qui élimine, les unes après les autres, selon une logique implacable, des vieilles dames réunies plus de quarante ans plus tôt sur une même photo de pensionnat...

Un tailleur, Kachoudas, son voisin, qui l’a vu exécuter son avant-dernière victime le suit en tremblant et n’ose pas le dénoncer. Un journaliste de « l’Echo des Charentes », particulièrement perspicace, pousse le meurtrier à fournir des explications par articles interposés. Peut-être a-t-il perçu la faille du chapelier qui ne parvient plus à réaliser, comme il l’a pourtant annoncé, son dernier meurtre...

La rue du Chapelier ou la voie d’un déraillement...

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 05:00

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Reprise active de la mise en scène de « Jack, sur la route et sur les planches » à l’occasion de la rencontre interdépartementale baptisée « Créateuf » qui a lieu ce samedi au Palais des Congrès du Futuroscope de Poitiers.

             Après la pause des vacances et les absences des uns et des autres liées à des causes diverses, il faut reprendre avec acharnement les repères et les personnages laissés « sur le bord de la route » il y a plus d’un mois. Le jeu en vaut la chandelle et le plaisir est intact ! Répétitions demain midi et soir. Départ samedi aux aurores vers Poitiers. 

 

https://jeunes.poitou-charentes.fr/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=48&Itemid=100008

 

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 04:45

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Mon nouvel éditeur continue son travail énorme de numérisation : depuis quelques jours, après les « Nouvelles pour l’été », il sort l’ouvrage auquel il tient particulièrement : « l’Organisme ».

             Pourquoi cet intérêt ? Voici sa réponse : « en même temps qu’un palpitant roman de type fantastique et kafkaïen, l’ouvrage fournit une originale réflexion sur le monde l’école et sur la relation de l’élève à l’enseignant et de l’enseignant à sa discipline... »

 

http://alter-editions.org/collections/product.php?id_product=199

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 04:45

Belle Ile février (14) [1600x1200]

 

Après cette interruption, de nouveaux articles en perspectives dès demain avec de nouveaux films, livres et projets en voie de réalisation... Le tout illustré par de nouvelles photos de parcours en Bretagne, au Pays basque ou du côté de Limoges.

             Je préviens mes lecteurs une fois de plus : ne vous torturez par l’esprit à essayer de trouver une quelconque « correspondance » entre le contenu de l’article et son illustration. Toute combinaison ne peut être que fortuite !

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 05:14

Des vacances qui tombent à point pour reprendre un peu d’avance et faire le point sur cette fin d’année. De petits déplacements sont prévus, des cours à préparer et des projets divers que je révélerai en temps voulu ! Bonnes vacances à tous ceux qui m’ont accompagné et rendez-vous aux alentours de la fin avril !

Voyage bretagne Toussaint (101) [1600x1200]

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