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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

1 septembre 2010 3 01 /09 /septembre /2010 05:43

                       Juillet 2010 (97) [1600x1200]

 

 

J’aime les mythes et ce que Roland Barthes appelle les « mythologies », à savoir ces figures contemporaines porteuses d’une nouveauté foudroyante à l’époque où il écrit son livre : la DS, le visage de Garbo, l’abbé Pierre…

                       Nous ne sommes plus en 60 (les fameuses « Mythologies » datent de 1957) mais, en ce temps de nostalgie qui caractérise notre époque, certaines figures ont augmenté leur potentiel de légende. Bardot incarne l’une de ces légendes… et l’exposition qui lui est consacrée jusqu’au 31 octobre prochain à Saint-Tropez va bien dans ce sens.

                       La cité de Saint-Tropez, sertie entre mer et montagne, est un berceau idéal pour entretenir le rêve. Les grands yachts qui oscillent sur tout l’horizon de la baie projettent leur part d’artifice et de paillettes sur le village enluminé. Village de l’origine, (en cela je lui trouve un côté Cefalu en Sicile, village de pêcheurs immortalisé dans « Cinema Paradiso »), village de carte postale, rusticité des façades, petits pans de murs qu’on croirait colorés par le pinceau d’un aquarelliste inspiré, silhouette bien tracée d’un décor de cinéma, « Et Dieu créa la femme »...

                       L’impertinence de BB dans les rues endormies à la fin des années 60… Le soleil de ses cheveux blonds qui brûle le goudron, qui fait passer l’électricité dans les masures, qui enflamme les mâts des bateaux. Saint-Tropez s’allume, Saint Tropez s’électrise, Saint-Tropez rayonne. Chargées à bloc par la chaleur de l’été, les cigales disjonctent aux limites du port, et les couleurs de la mer jettent un éclat bleu sur les mailles des ruelles où s’exhibent la pelote de fils dénudés de la Frime : yachts, bolides, motos, sappes…

                      « Coquillages et crustacés », « Harley Davidson », « Initials BB » et « Bonnie and Clyde »… Dans un coin des nombreux couloirs consacrés à l’Amazone de Saint-Tropez, buissonnent des vidéos où on peut la voir chanter et surtout bouger, car la chanson pour Bardot, c’est surtout le mouvement et l’ondulation.

                       Mais cette « ondulation » va au-delà des mots (choisis sensuels pour la chanteuse : « jusques en haut des cuisses elle est bottée et c’est comme un calice à sa beauté… »)... Elle va au-delà du corps torride : « quand je sens en chemin les trépidations de ma machine, il me monte des désirs dans le creux de mes reins… ».

                       Quand on la voit la chanter (ou quand on la fait chanter si on a la chance d’être son parolier), on la suit sur un horizon qu’elle grise sans jamais le culbuter. C’est en tout cas ce que dit le début de « Initials BB ». « Un soir que j’étais à me morfondre, dans quelque pub anglais du cœur de Londres, sirotant l’amour monstre de Pauwells me vint une vision dans l’eau de Selz ». C’est aussi ce que murmurent ces lèvres qui laissent à « la toile » le privilège de l’exploration des baisers. Les lèvres de Bardot sont un emblème… Dans un coin de la galerie, l’expo réserve un montage à partir de tous les « baisers de cinéma » qu’a inspirés l’actrice... Mastroïanni, Gabin, Trintignan, Samy Frey, Piccoli... Les ciseaux du prêtre de « Cinema Paradiso », pour préserver la moralité des enfants du village sicilien, auraient taillé toutes ces scènes… Pourtant, elles ne font que répéter, comme les photos, comme les chansons, comme les vidéos et tout le décor de la « Madrague », l’enthousiasme de la drague, du désir et de la trépidante jeunesse !

 

Juillet 2010 (108) [1600x1200]

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Eric Bertrand - dans voyage
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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 04:40

                   Mes lecteurs le savent bien, c’est en été et un peu avant que je me lance dans des « chantiers littéraires », le reste du temps étant très « occupé » par les activités scolaires. J’en parlais dans l’ile de Ré un soir d’août avec un ami écrivain aujourd’hui retraité, la seule période qui me convienne véritablement (même si elle nie l’idée de « repos » qu’on associe traditionnellement aux vacances) est celle de l’été. Lui, au contraire, évoquait l’énergie qu’il puisait pour l’écriture dans la période de la rentrée, propice aux promenades méditatives et à l’apaisement. Je ne doute pas qu’en d’autres temps, j’adopterai ce point de vue… Mais à l’heure actuelle, je n’ai pas d’autre choix.

                    Quoi qu’il en soit, contrairement aux autres années (voir par exemple l’an dernier avec le travail sur « l’Organisme » et les articles du blog qui y ont été consacrés en septembre), je n’ai rien « édifié ». Sinon quelques articles qui sont de moindre ampleur. Pas de "rentrée littéraire" en ce qui me concerne donc !

Peut-être ai-je besoin de « me remettre » de la dernière publication, peut-être besoin de vraies vacances, peut-être besoin de vivre autrement l’été car d’importantes choses se sont déroulées dans cet intervalle…

                     Par ailleurs, je veux saisir une « idée » qui justifie un livre et ne pas céder à la facilité de simplement raconter une histoire.

 

Aix (2) [1600x1200]

 

 

 

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30 août 2010 1 30 /08 /août /2010 05:41

                   C’est donc avec une sorte de jubilation que j’ai rejoint à la brasse, au large de la longue plage du Maurillon, l’un des pontons sur lesquels viennent se rencontrer, jouer, causer, plonger, sauter, discuter, draguer, rêver (que sais-je encore !...) les baigneurs en vacances !

                   Vus de loin, ce ponton ressemble comme tous les autres à une petite scène de théâtre dérivant au beau milieu de l’eau et quasi sans spectateurs ! C’est cette évidence qui m’avait, il y a quelques années, inspiré la pièce et le récit intitulés « le Ponton ». Comme sur la scène, c’est dans cet espace de fortune bien délimité que peuvent se nouer les fils d’une intrigue…Au théâtre, les choses ne traînent pas pour intéresser le spectateur ! C’est le lieu de la précipitation de l’action (sens étymologique du mot « drame » !) Dans le Ponton, bien évidemment, la fiction s’était emparée du motif au point d’en faire une histoire un peu surréaliste qui se serait tramée autour et à partir de ce lieu fondateur !

                     Mais les premiers moments de la pièce et du récit renvoyaient clairement à cette situation bien particulière liée à la réalité de n’importe quel ponton où peuvent se côtoyer, l’espace d’un instant, des gens tellement différents… Enfants, adolescents, adultes, vieillards, de toutes les nationalités et porteurs toutes les mentalités, discours, mots, expressions, gestes… Un ponton est un beau laboratoire !

 

Juillet 2010 (76) [1600x1200]

 

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Eric Bertrand - dans livres
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29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 06:32

Juillet-2010--29---1600x1200-.JPG                Les pontons font sans doute partie du paysage balnéaire sur la côte d’azur pendant l’été mais c’est à chaque fois avec une sorte « d’émerveillement » que je les retrouve quand, par aventure, il m’arrive de me rendre de ce côté-ci du monde.

                A priori, la côte d’Azur n’est pas ma région de prédilection mais il faut avouer que pour la seconde année, des circonstances particulières nous ont amenés à nous y rendre. Et puis, quel dépaysement pour un Celte que certains avaient baptisé en leur temps « Erik le Viking ».

                Allées de palmiers, végétation luxuriante, eau bleue, cigales entêtantes (on a l’impression de mettre l’oreille sur une ligne à haute tension…) Et soleil triomphant dans un ciel sans nuages ! Quelque chose dans l’atmosphère générale et dans le décor qui me renvoie à certains de mes « lieux fondateurs » ! Palerme, Los Angelès, et plus particulièrement Beverly Hills car Toulon impose ce contraste évident entre la grande pauvreté et la grande richesse. J'y reviens demain à propos de l'un de mes livres intitulé "le Ponton"...

 

 

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28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 06:50

            L’amour est éphémère, c’est le sujet principal des chansons de Souchon. Le temps qui passe, les couleurs qui ternissent, les pétales qui se fanent... « L’amour à la machine », « la vie c’est détergent »... C’est aussi de façon métaphorique le phénomène qu’il analyse dans la belle chanson du dernier album intitulée « les saisons ».

            Ce texte rappelle un peu ces tableaux du peintre Arcimboldo qui met en scène des personnages à la chair « légumière » ou « fruitière ». Chez Souchon, comme un vent léger, l’amour glisse sous la peau, fait dresser le poil ou les cheveux, sème le frisson, la tiédeur, la torpeur ou la tempête, fait couler la source, le torrent ou la rivière, « habille » les silhouettes de primevères, de bouquets de roses et de cerises. « Croquer le nez, manger les joues », « le rose initial », « le bleu de nos baisers du début ».

            Mais « le soleil de la vie les tabasse »... Et alors, les grands tournesols éclatants qui rayonnaient dans les yeux et poussaient dans le ventre retrouvent tout à coup leur fonction d’héliotropes. Le soleil a roulé, l’été tourne le dos, les blés ont sêché, la pelouse a grillé et les petits rossignols entêtés ont déserté les arbres.

 

C'était l'amour et c'était l'automne
Dans le grand parc où frissonne
Parlant de nous, de nos baisers en allés
En marchant dans les allées
Disant de l'amour pour quelle raison
Ce n'est jamais la saison.

 

             Relisons pour le plaisir ce dernier couplet des « Saisons » et souvenons-nous aussi de « l’amour 1830 » « dans ce parc au point du jour (...) » ou du mélancolique « Colloque sentimental » de Verlaine :

 

Dans le vieux parc solitaire et glacé,
Deux formes ont tout à l’heure passé.
 
Leurs yeux sont morts et leurs lèvres sont molles,
Et l’on entend à peine leurs paroles.
 
Dans le vieux parc solitaire et glacé,
Deux spectres ont évoqué le passé (...).

 Eté 2010 (206) [1600x1200]

 

Eté 2010 (207) [1600x1200]

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Eric Bertrand - dans livres
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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 05:01

 

                        Dans la lignée de l’article précédent je livrerai encore ces quelques réflexions autour de la « Simca rouillée » dont Souchon à la fin du « Marin » fait une métaphore de la vie. La vie est « une Simca rouillée », à savoir une vieille bagnole qui a eu son heure de gloire (on se souvient de la Chrysler de Jim, ou de la Formule 1 de « j’suis bidon ») et qui continue à avancer, cahin-caha malgré la rouille, malgré les chocs et les incidents de parcours.

                         Et du même coup, toute la chanson est à relire comme une allégorie de la vie (cette entrée fournit une clé similaire à celle que l’on peut utiliser quand on lit l’étrange et grandiose poème de Rimbaud « le bateau ivre ») : le personnage principal du « marin » joue pour l’auditeur, le lecteur, le rôle de n’importe qui partant dans la vie avec des rêves pleins la tête et se retrouvant, au bout de ses années, avec une immense frustration.

 

Le bleu qu'il met dans sa vodka,

Ca lui rappelle,

Tous les "j-aurai-dû" "y'avait-qu'à",

La Rochelle

Il voulait Molène en mer d'Iroise, les ancres rouillées

Les baleines, la belle turquoise, les coffres oubliés

Les sirènes, les belles sournoises, les grands voiliers

La vie le promène en Seine et Oise, dans sa Simca rouillée (…)

 

                    Que le lecteur veuille bien se souvenir de ce qu’il a mis dans ses « coffres oubliés » et qu’il regarde en face « les sirènes » qui partagent sa vie ! (Ou inversement : le chanteur n’est pas tendre avec les maris dans les Audis et qui « foutent des marrons » aux filles qui gardent le mystère qui plaît tant !)

Pas d’eau sucrée chez Souchon ! Mais du vitriol !

 

Aix (10) [1600x1200]

 

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Eric Bertrand - dans livres
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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 04:28

« Il voulait Molène en mer d’Iroise, les coffres rouillés, les baleines, les belles sournoises, les grands voiliers  mais il promène sa vie en Saône et Loire dans sa Simca rouillée »

                   Ces quelques vers de « le Marin » préludent assez bien à cet article dont le titre cherche à rendre compte de l’univers des chansons de Souchon. Souchon avance en effet dans ce domaine comme certains de ces écrivains qui créent leur univers propre en variant la même thématique. Au fil des œuvres, le lecteur retrouve « le sol » de ce que Proust qualifie de « planète unique à chaque artiste ».

                 Appuyons-nous sur deux exemples particulièrement « fondateurs » : « la petit’Bill » et « Le Bagad de Lann Bihouée »... ils datent tous les deux des années 70-80. Pourtant, si on en épluche les thèmes, ils font écho à des textes beaucoup plus récents « Tailler la zone » ou « le Marin » ». Le « je » de Souchon occupe le centre de ses chansons, un peu comme Woody Allen jouant dans ces rôles mélancoliques et burlesques dont les personnages lui ressemblent étrangement....

                   Belles idées, tempérament romanesque, clichés romantiques, et à chaque fois désillusion, rêves brisés, cochonneries de consommation qui se combinent à « la grande aventure tintin » ! « La Ptit’Bill elle est malade »… Madame Bovary est l’aînée de la petit’Bill : comme elle, « elle a trop lu de littérature »… Mais Bill est une enfant de la société de consommation et ce milieu est un facteur aggravant qui produit l’effet burlesque. Souvenons-nous du roman de Flaubert : le Rodolphe d’Emma lui semble un de ces « cavaliers au grand coeur à bottes doublées de velours ». Chez Souchon, il mute en « petit caporal de centre commercial, moche en moustaches, en laides sandales ».

                   Ce héros romantique attardé a recyclé dans un espace piteux son rêve de cornemuse et ses « soixante kilos d’échevelé poète ». Rodolphe « a débordé de son jean », il a changé son avatar, parce que « la groupie fait de la bonne cuisine ». La petit’Bill de la « foule sentimentale », « la belle danseuse » n’est pas épargnée non plus… Mais elle garde au fond de sa mémoire ses rêves d’héroïsme, « cet œil profond d’hidalgo tango, ces joues creusées de guerillero »… « L’albatros patauge dans l’ice-cream » : tout est dit... l’aventure est emballée et quelque chose comme le spleen baudelairien alimente le sourire caustique de « l’espadon dans sa baignoire » !…

 

Aix (11) [1600x1200]

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Eric Bertrand - dans livres
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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 06:16

Juillet 2010 (122) [1600x1200]

 

                      « Coquillages et crustacés », « Harley Davidson », « Initials BB » et « Bonnie and Clyde »… Dans un coin des nombreux couloirs consacrés à l’Amazone de Saint-Tropez, buissonnent des vidéos où on peut la voir chanter et surtout bouger, car la chanson pour Bardot, c’est surtout le mouvement et l’ondulation.

                       Mais cette « ondulation » va au-delà des mots (choisis sensuels pour la chanteuse : « jusques en haut des cuisses elle est bottée et c’est comme un calice à sa beauté… »)... Elle va au-delà du corps torride : « quand je sens en chemin les trépidations de ma machine, il me monte des désirs dans le creux de mes reins… ».

                       Quand on la voit la chanter (ou quand on la fait chanter si on a la chance d’être son parolier), on la suit sur un horizon qu’elle grise sans jamais le culbuter. C’est en tout cas ce que dit le début de « Initials BB ». « Un soir que j’étais à me morfondre, dans quelque pub anglais du cœur de Londres, sirotant l’amour monstre de Pauwells me vint une vision dans l’eau de Selz ». C’est aussi ce que murmurent ces lèvres qui laissent à « la toile » le privilège de l’exploration des baisers. Les lèvres de Bardot sont un emblème… Dans un coin de la galerie, l’expo réserve un montage à partir de tous les « baisers de cinéma » qu’a inspirés l’actrice... Mastroïanni, Gabin, Trintignan, Samy Frey, Piccoli... Les ciseaux du prêtre de « Cinema Paradiso », pour préserver la moralité des enfants du village sicilien, auraient taillé toutes ces scènes… Pourtant, elles ne font que répéter, comme les photos, comme les chansons, comme les vidéos et tout le décor de la « Madrague », l’enthousiasme de la drague, du désir et de la trépidante jeunesse !

 

Juillet 2010 (115) [1600x1200]

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Eric Bertrand - dans voyage
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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 05:57

                      

Juillet-2010--108---1600x1200-.JPG

J’aime les mythes et ce que Roland Barthes appelle les « mythologies », à savoir ces figures contemporaines porteuses d’une nouveauté foudroyante à l’époque où il écrit son livre : la DS, le visage de Garbo, l’abbé Pierre…

                       Nous ne sommes plus en 60 (les « Mythologies » datent de 1957) mais, en ce temps de nostalgie qui caractérise notre époque, certaines figures ont augmenté leur potentiel de légende. Bardot incarne l’une de ces légendes… et l’exposition qui lui est consacrée jusqu’au 31 octobre prochain à Saint-Tropez va bien dans ce sens.

                       La cité de Saint-Tropez, sertie entre mer et montagne, est un berceau idéal pour entretenir le rêve. Les grands yachts qui oscillent sur tout l’horizon de la baie projettent leur part d’artifice et de paillettes sur le village enluminé. Village de l’origine, (en cela je lui trouve un côté Cefalu en Sicile, village de pêcheurs immortalisé dans « Cinema Paradiso »), village de carte postale, rusticité des façades, petits pans de murs qu’on croirait colorés par le pinceau d’un aquarelliste inspiré, silhouette bien tracée d’un décor de cinéma, « Et Dieu créa la femme »...

                       L’impertinence de BB dans les rues endormies à la fin des années 60… Le soleil de ses cheveux blonds qui brûle le goudron, qui fait passer l’électricité dans les masures, qui enflamme les mâts des bateaux. Saint-Tropez s’allume, Saint Tropez s’électrise, Saint-Tropez rayonne. Chargées à bloc par la chaleur de l’été, les cigales disjonctent aux limites du port, et les couleurs de la mer jettent un éclat bleu sur les mailles des ruelles où s’exhibent la pelote de fils dénudés de la Frime : yachts, bolides, motos, sappes…

 

Juillet-2010--97---1600x1200-.JPG 

 

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Eric Bertrand - dans voyage
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23 août 2010 1 23 /08 /août /2010 06:02

                   Ce n’est pas une surprise pour qui connaît un peu l’œuvre de Jack London, le muscle et le poing ponctuent les récits et leur donnent sa « respiration »… Dans le cadre d’une réflexion sur la boxe que je prépare pour l’année scolaire, je relisais la palpitante nouvelle intitulée « un bon bifteck » extraite du recueil « Dieu ricane ».

                   Elle raconte le dernier combat de Tom King, vieux boxeur affamé et contraint de relever le défi d’un combat contre un jeune, Sandel, étoile montante de la boxe. Avec une grande maîtrise, l’écrivain raconte en détails le combat qui se déroule sur une durée de onze rounds. Il renseigne le lecteur sur les coups portés, sur l’ambiance autour du ring et sur l’évolution du combat. Bien évidemment, le jeune lion porte des coups redoublés à son adversaire et ce dernier encaisse sans pratiquement réagir dans les quinze premières minutes.

                   A la vérité, il laisse « passer l’orage » et compte sur son expérience et sur son sens de l’économie pour « durer » et rapporter la mise : une somme qui lui permettra d’acheter son bifteck (car depuis qu'il ne boxe plus, il crève de faim...) Au-delà du tourbillon du combat qui finit par osciller au fur et à mesure que les minutes passent et que l’équilibre entre les forces semble revenir, Jack London offre au lecteur une véritable méditation sur les forces de vie et les forces de mort. Il oppose de façon très allégorique le corps de la Jeunesse au corps de la Vieillesse et il évalue ce qui permet à l’homme de ne pas s’avouer vaincu et de résister au temps qui passe. Le véritable adversaire de Tom c’est le Temps et le bifteck en arrière-fond fournit l’image insaisissable, évanescente d’une nourriture de Jouvence !

 

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Eric Bertrand - dans livres
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