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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

Manifestations autour du livre

Samedi 16 février 2008
             Pour les raisons que j’ai évoquées maintes fois, je limite mes séances de signatures. Mais aller signer dans l’île de Ré est une perspective qui m’a toujours atti Ré… Maintenant que j’habite à quelques kilomètres de « la capitale, Saint Martin de Ré, il ne restait qu’à trouver l’endroit pour le faire. Ce sera à la Maison de la Presse rue de Sully (précisément la rue où mon grand-père, jadis, tenait une boutique de vêtements.            
             Mon cousin Frédéric qui est ostréiculteur m’a mis en contact avec le responsable de la Maison de la Presse et nous avons arrêté la date du 23 mars prochain, en plein week-end de Pâques. J’y dédicacerai l’ensemble de mes livres et pas seulement « Pour y voir Clerc ».
             Par ailleurs, j’ai rencontré également un journaliste du « Phare de Ré » qui me promet un papier pour l’occasion.

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Par Eric Bertrand
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Mercredi 20 février 2008
                      Vous avez été nombreux à réagir au courrier d’indignation envoyé récemment au responsable culturel de la radio à laquelle je m’étais adressé. Pour clôre la question et « donner le droit de réponse », afin d’être complet sur ce thème, voici une partie de la réponse obtenue récemment par courriel.
 
Nous recevons en moyenne 300 livres et 500 CD en service presse chaque année, il va de soi que nous ne lisons pas tout, et que nous ne traitons pas tous les auteurs, compositeurs et sujets à l'antenne. Jamais on ne nous demande de rendre un exemplaire "service presse" qui souvent est marqué.
Dans votre cas, nous ne retrouvons pas votre ouvrage. Vous l'avez apporté avant les fêtes de fin d'année, il a pu s'égarer dans le tourbillon qui caractérise nos médias en ces périodes denses à l'antenne.
 
Je comprends tout à fait votre déception à notre égard quant à l'accueil qui vous a été fait ! Je m'en excuse ici, en mon nom, et en celui de mes collaborateurs.
Si je retrouve votre ouvrage, je me ferai une joie de vous le renvoyer. Si vous ne nous en voulez pas trop, vous pouvez me contacter directement pour en parler…

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Par Eric Bertrand
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Jeudi 21 février 2008
                En prévision de la signature du 23 mars prochain à Saint martin de Ré, j’avais rencontré un journaliste du Phare de Ré et voici l’article (Livres. La sélection du Phare de Ré p15) accompagné d’une jolie photo couleur paru ce matin :

« Ce Lorrain d’origine enseigne les lettres modernes à La Rochelle. Il est déjà l’auteur de nombreux ouvrages. Il a récemment publié chez Aléas éditeur un récit autrobiographique subtil et original. En effet, Eric Bertrand s’est inspiré des chansons de Julien Clerc des années 1970 pour illustrer les étapes de sa vie. L’île de Ré, et plus particulièrement Sainte-Marie, où réside une partie de sa famille, y occupe une place importante. L’auteur organisera une séance de dédicaces de son livre dimanche 23 mars à Ré Presse, rue de Sully à Saint Martin de 10h30 à 12h00 ».



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La Flotte en Ré

Par Eric Bertrand
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Vendredi 21 mars 2008

 

            Une signature à Saint Martin n’est pas exactement la même chose… On gare sa voiture sur le parking du bagne, la mer brille de l’autre côté des remparts. Souvenirs d’enfant du Palais de la Gourmandise et des balades sur le port et jusqu’en haut du clocher. Blancheur des maisons à volets verts. Roses trémières, vertiges à la nuque penchée. Tintements des mâts et voix qui montent des bâteaux.

            On prend la valise, elle est remplie de livres. On marche doucement jusqu’à la Rue de Sully. On s’arrête peut-être savourer un café. Il y a un cabaretier fan d’Aznavour qui faisait jouer à tue-tête la chanson « Emmenez-moi » dans les années 80. Les touristes sont arrivés. C’est le week-end de Pâques.

             On rentre dans la librairie. Le présent vient clapoter juste sous la valise. C’est dimanche, entre 10 heures et 12 heures, à la Maison de la presse.

 

Par Eric Bertrand
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Samedi 3 mai 2008

            



            Petite parenthèse à Lampedusa.

           Une signature à Ré… Sentiment de déjà vu diront les habitués du blog ! Certes, mais les conditions ne sont pas les mêmes. C’est toujours un plaisir d’aller de ce côté-là du monde et on se souvient que la dernière signature était ratée du fait du mauvais temps et de la pluie.

           La proposition faite par la libraire (Ré Presse) avait été de procéder de la manière dont la majorité des auteurs procède, à savoir d’installer directement un petit « pignon sur rue ». Reste à saisir le bon moment, celui de l’affluence. Par les temps qui courent, les week end y sont propices. Reste aussi à compter sur le soleil… Face à la menace de pluie de dimanche dernier, j’ai une première fois décidé de reporter. Et c’est aujourd’hui, en après-midi, rue de Sully, au milieu de la foule des promeneurs. J’aurai ma petite échoppe autour de 16h00. A tout à l’heure peut-être ! Et un clin d’œil à mon ami Francis qui « officie » du côté de la Manche, à Lamballe, pour ses « Chevaux de la mémoire »… http://ecriposoph.wordpress.com/ 


l'Homme à la Tête de chou et au coeur d'artichaut (3) : "Initials BB" and co...
Par Eric Bertrand
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Mardi 6 mai 2008

  

        

Etre sur la rue pour une signature… C’est la première fois que je fais cela. L’aventure est intéressante. Il y a des odeurs de gauffres et des parfums de glace qui circulent en même temps que les jupes légères.


         
C’est un peu comme être sur la route et s’amuser en attendant « le lift » ! Qui va arrêter sa marche ? Poser son véhicule au stand dédié à Julien ? Cet Ivanovitch  frisé ? Cette cavalerie de flâneurs endimanchés ? Cette métisse Mélissa ? Cette fleur des gares et des ports ? Ce caravanier avec des drapeaux sur son sac et un coeur volcan ? Ce gondolier au maillot rayé qui voulait que j’l’appelle Venise ? Cette Américaine aux airs de Niagara ? Cette Adelita aux petits bras ?
  Cette fille du feu, cette tzigane? Cette fille qui viendra glisser de sa véranda à l'espace de la rue?
 

          Il y a bien, parmi tous ces passants, des fans de Julien Clerc qui ont un soir allumé des briquets et vibré autrement qu’en suçant des glaces ?

 

 L'Homme à la tête de chou et au coeur d'artichaut (5) : le gang de Clyde
Par Eric Bertrand
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Mercredi 7 mai 2008

              A ma gauche, un marchand de gauffres.

              A ma droite, un stylo bille levé sur une page blanche.

              A ma gauche, un levier qu’on abaisse  pour remplir un cône à l’italienne. Car le vendeur de gauffres est aussi vendeur de glaces. Pas la vendeuse de glaces que chante Souchon ! « Vendeuse de glaces, boulevard de la Plage, sous sa bâche, elle était belle ! »… Une baraque cossue, dirigée par un bataillon de serveurs en grande tenue.

              A ma droite, un écrivain sur une petite table en bois pliante.

              D’un côté, il y a du sucre qui vole et de belles couleurs, des pages de pâte craquante, des feuilles de sucre-glace à parcourir du bout des lèvres : « Tu veux une glace, chérie ? A quoi la veux-tu, mon cœur ? »

           De l’autre, les couvertures arides des livres. Des pages à tourner, des lignes à parcourir, des aventures à oser durant de longues heures en face à face avec soi-même.

           Mais pas assez de sucre ou pas assez de miel pour attirer les mouches ?

L'Homme à la tête de chou et au coeur d'artichaut (6) : le divorce entre Bonnie and Clyde 

 

Par Eric Bertrand
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Jeudi 8 mai 2008

Pour finir cette série de trois articles sur l’écrivain en signature, j’aimerais grossir le trait comme j’aime à le faire parfois, sans quoi, il n’y a pas de littérature, et outrer la référence jusqu’à ce texte de Baudelaire qui m’a toujours ému : « le Vieux Saltimbanque » qu’on trouve dans le recueil le Spleen de Paris.

           Je n’ai pas été tout seul pendant la signature, mais j’ai traversé des moments de solitude et la liesse extérieure que j’ai décrite m’a ramené en mémoire le fameux texte… Dans cette société où les leitmotivs sont « pouvoir d’achat », « biens de consommation », « civilisation des loisirs », « zapping des plaisirs »… Quelle sera la place du Livre et de l’écrivain artisan ? Ecoutons Baudelaire !

 Partout s'étalait, se répandait, s'ébaudissait le peuple en vacances. C'était une de ces solennités sur lesquelles, pendant un long temps, comptent les saltimbanques, les faiseurs de tours, les montreurs d'animaux et les boutiquiers ambulants, pour compenser les mauvais temps de l'année.

      En ces jours-là il me semble que le peuple oublie tout, la douceur et le travail; il devient pareil aux enfants. Pour les petits c'est un jour de congé, c'est l'horreur de l'école renvoyée à vingt-quatre heures. Pour les grands c'est un armistice conclu avec les puissances malfaisantes de la vie, un répit dans la contention et la lutte universelles.

      L'homme du monde lui-même et l'homme occupé de travaux spirituels échappent difficilement à l'influence de ce jubilé populaire. Ils absorbent, sans le vouloir, leur part de cette atmosphère d'insouciance. Pour moi, je ne manque jamais, en vrai. Parisien, de passer la revue de toutes les baraques qui se pavanent à ces époques solennelles.

      Elles se faisaient, en vérité, une concurrence formidable: elles piaillaient, beuglaient, hurlaient (…)

      Tout n'était que lumière, poussière, cris, joie, tumulte; les uns dépensaient, les autres gagnaient, les uns et les autres également joyeux. Les enfants se suspendaient aux jupons de leurs mères pour obtenir quelque bâton de sucre, ou montaient sur les épaules de leurs pères pour mieux voir un escamoteur éblouissant comme un dieu. Et partout circulait, dominant tous les parfums, une odeur de friture qui était comme l'encens de cette fête.

      Au bout, à l'extrême bout de la rangée de baraques, comme si, honteux, il s'était exilé lui-même de toutes ces splendeurs, je vis un pauvre saltimbanque, voûté, caduc, décrépit, une ruine d'homme, adossé contre un des poteaux de sa cahute; une cahute plus misérable que celle du sauvage le plus abruti, et dont deux bouts de chandelles, coulants et fumants, éclairaient trop bien encore la détresse.

      Partout la joie, le gain, la débauche; partout la certitude du pain pour les lendemains; partout l'explosion frénétique de la vitalité. Ici la misère absolue, la misère affublée, pour comble d'horreur, de haillons comiques, où la nécessité, bien plus que l'art, avait introduit le contraste. Il ne riait pas, le misérable! Il ne pleurait pas, il ne dansait pas, il ne gesticulait pas, il ne criait pas; il ne chantait aucune chanson, ni gaie ni lamentable, il n'implorait pas. Il était muet et immobile. Il avait renoncé, il avait abdiqué. Sa destinée était faite.

      Mais quel regard profond, inoubliable, il promenait sur la foule et les lumières, dont le flot mouvant s'arrêtait à quelques pas de sa répulsive misère! Je sentis ma gorge serrée par la main terrible de l'hystérie, et il me sembla que mes regards étaient offusqués par ces larmes rebelles qui ne veulent pas tomber.

      Que faire? A quoi bon demander à l'infortuné quelle curiosité, quelle merveille il avait à montrer dans ces ténèbres puantes, derrière son rideau déchiqueté? En vérité, je n'osais; et, dût la raison de ma timidité vous faire rire, j'avouerai que je craignais de l'humilier. Enfin, je venais de me résoudre à déposer en passant quelque argent sur une de ses planches, espérant qu'il devinerait mon intention, quand un grand reflux de peuple, causé par je ne sais quel trouble, m'entraîna loin de lui.

      Et, m'en retournant, obsédé par cette vision, je cherchai à analyser ma soudaine douleur, et je me dis: Je viens de voir l'image du vieil homme de lettres qui a survécu à la génération dont il fut le brillant amuseur; du vieux poète sans amis, sans famille, sans enfants, dégradé par sa misère et par l'ingratitude publique, et dans la baraque de qui le monde oublieux ne veut plus entrer.


Loft History 2084 (1) : la loi de Big Brother
Par Eric Bertrand
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Dimanche 11 mai 2008



Parmi le cercle de mes lecteurs, je compte désormais un certain nombre de fans de Julien Clerc qui ont pu s’exprimer sur mon dernier livre et m’envoyer de sympathiques courriels. Je fais désormais partie de leur cercle baptisé "les patineurs" et l’un d’entre eux m’a demandé de me présenter à ceux qui ne sont pas forcément lecteurs mais qui ont en commun la passion Julien Clerc. Voici donc le texte de cette présentation sur le site : http://www.julien-clerc.net/forum/forum.php

Il ne m’est pas facile de parler de Julien. Paradoxalement! Il m’a fallu un livre pour essayer de faire le tour de la question et "d’y voir Clerc"… Une chose est sûre, j’ai découvert Julien à 10 ans, sur un lit d’hôpital. C’était "Ivanovitch" et cette chanson là m’a ébranlé. Pourquoi ? Quel terrain propice a permis à "Ivanovitch" de se déployer en moi ? C’est encore ce que j’ai essayé d’expliquer.

Mais depuis cette chanson, je n’ai cessé de m’exalter à découvrir les autres chansons et textes de l’idole (dont les posters tapissaient ma chambre). "Zucayan", "Ce n’est rien", "la Californie", "L’’éléphant est déjà vieux", "Les menhirs", "La veuve de Joe Stan Murray"… Tous ces textes qui sont entrés en résonance avec mon moi profond au point de tracer comme un destin entre les States et les menhirs d’Ecosse ou de Bretagne.

Je suis resté trois mois immobilisé à écouter "Ivanovitch", trois mois à rêver de neige et de pays étrangers, et quand j’ai fini par me relever, j’ai suivi l’ombre voyageuse de Julien Clerc… J’ai fait pousser mes cheveux frisés, j’ai fredonné les airs et surtout j’ai voulu "éprouver" le texte des ces chansons dont le sens me fascinait et m’échappait parfois.

Et puis il y a eu Gainsbourg, Brassens, Souchon, mais toujours Julien Clerc et l’événement de la sortie de chaque album… Aujourd’hui, j’habite La Rochelle, je me suis fait un CD de ses meilleurs, ceux que j’ai sélectionnés pour le livre, et j’écoute à tue-tête ces vieux airs qui ont tant de force et qui épousent si bien l’horizon de la mer.

 



Loft History 2084 (4) : entrée en scène des lofters...
Par Eric Bertrand
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Vendredi 16 mai 2008

Il y a, autour des vidéos que j’attends, une sorte de fâcheuse fatalité. Je guette depuis bientôt deux mois le fameux film du Ponton et on sait quelle difficulté rencontre Raphaël.

             Un effet ricochet met mes nerfs à l’épreuve autour de l’Ecosse et de sa réalisation par mon frère, via You tube. Comble de l’ironie, le paquet était arrivé au bureau de poste dans la semaine et pour de sombres raisons, il est reparti chez l’expéditeur. Résultat, cela repousse l’échéance d’autant.

              N’existe-t-il pas un aphorisme selon lequel « pour jouir d’une chose, il faut la désirer longtemps » ?


Loft History 2084 (8) : qui va quitter le loft ?
Par Eric Bertrand
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