Pour ceux qui suivent ce blog, je consacre cet article à l’un de ses grands
chapitres : le Goncourt des lycéens. Un courriel m’est parvenu au sujet de l’opération à laquelle j’avais activement participé il y a maintenant
deux ans.
J’avais évoqué dans un article
le DVD que le réalisateur du film avait eu la gentillesse de m’adresser en avant-première. Le film était en effet passé sur FR3 Bretagne mais je
n’avais pu la voir.
Tous ceux qui souhaitent la retrouver
ou la découvrir peuvent obtenir des renseignements via le lien suivant : Je suis heureux de vous annoncer que le film "LE GONCOURT DES LYCEENS" est désormais disponible pour tous les
professeurs de collège et de lycée dans le catalogue de l'ADAV. www.adav-assoc.com Il est aussi
disponible à l'achat sur la boutique en ligne de la production : www.aloest.com/boutique
Jack, on the route again ! (1) : on the road...
Dimanche 25 novembre 2007
Une dernière parenthèse pour rendre un hommage
particulier…
Je viens de recevoir le fameux film tant attendu réalisé par Xavier. C’est un bon moment de retrouvailles avec tous ceux qui ont participé à
l’opération. Le réalisateur a su capter le climat d’excitation qui régnait tout au long de cette aventure. Le film commence par le beau témoignage d’Edmonde Charles Roux qui
s’exprime devant une classe et qui insiste sur la valeur de ce Goncourt qui met à l’épreuve le véritable « esprit de lecture ». Il s’achève par l’enquête d’une
écrivaine japonaise qui interroge les élèves sur « le Goncourt des lycéens ».
Elle les envie. Et on les envie d’avoir pu ainsi, à tous les endroits, lire et
échanger avec passion. Filmés au restaurant, sur la terrasse ensoleillée d’un établissement, sur un rebord de fenêtre ou encore dans la chambre de l’une des déléguées, les lycéens
s’expriment sans masque à propos des romans. Des extraits sont lus, mis en bouche, savourés, une étudiante médusée devant « l’amant en culottes courtes » s’extasie :
« c’est beau ! »
Le temps file, quelques images encore avant le générique, l’idée qu’a
eue une enseignante d’adapter le texte de Pérec « je me souviens » … Et nous nous prenons tous à nous souvenir, nous souvenir de l’émotion qui a retenu les mots et les images, les
violences et les non-dits, les rush et les pages trop vite ou trop mal lues. « Je me souviens… »… Mais à vous de continuer !
Le collège a le don de multiplier les sigles (ce qui contribue à m’agacer et à augmenter
l’impression « d’étrangeté » à laquelle j’ai eu l’impression d’être confronté depuis la rentrée. Parmi ces sigles sybillins que les collègues font voltiger avec une confortable aisance,
il y a cette fameuse notion de B2i… J’ai quand même pu m’en faire une petite idée que je formule maintenant pour les nombreux non initiés !
Au détour de l’une de ces réunions échevelées où l’on évoque les difficultés rencontrées par
« l’équipe pédagogique », le principal a rappelé qu’il fallait « saisir nos items »… Renseignements pris sur le tas, entre le café de 10h00 et les élèves à
aller récupérer dans « les cases » des classes : voici un éventail de ces fameux « items » : « s’approprier un environnement informatique, accéder aux logiciels
et aux documents disponibles à partir de mon espace de travail, organiser mes espaces de stockage, paramétrer l’impression… » Charmant ! Il fallait que je prenne d’autres
renseignements, internet, c’est bien aussi pour cela !
Le B2i, en deux mots, c’est l’examen qui valide la pratique de l’informatique au collège. Il
s’acquiert au terme d’un contrôle continu. Les compétences sont validées sur toute l'année, pendant quatre ans et c'est à la fin de la scolarité au collège qu'on fait le bilan, et qu'on voit si
tel élève a acquis toutes les compétences. C’est bien en théorie, mais encore faut-il que la logistique suive et que les tripatouillages des hordes de gamins dans les salles
informatiques leur soient bénéfiques…
A partir de demain, j’indique de quelle façon je vais rendre cette corvée plus enthousiasmante…
Suite et fin du commentaire de la collègue qui se demande comment corriger
la littérature de nos élèves. Je vous le livre à votre perspicacité !
« Je ne sais pas du tout si toutes ces explications seront utiles ni même si elles sont très claires. Ce que je peux dire, c’est que les copies m’ont pris
peu de temps à corriger une fois le tableau de coefficients établis. J’ai même pu renoncer à la correction en deux couleurs que j’utilisais jusqu’alors et qui me demandait à chaque fois double
lecture (beurk !). Autre avantage, cela m’épargne la torture de choisir « LA » note à attribuer. En effet, autant il m’est « facile » d’évaluer, autant j’ai du mal à
quantifier en nombre de points mon évaluation. L’usage des barèmes ne me permettait pas de résoudre cette difficulté et je me suis surprise plusieurs fois à « truquer » mes barèmes pour
faire correspondre la note à l’idée que j’avais de la copie. Et puis les barèmes sont toujours faits à la louche (au-delà de 5 ou 6 critères, ils deviennent une torture pour le correcteur) j’ai
donc l’impression que ce système est à la fois plus fiable, plus précis et qu’il me libère du moment de culpabilité où j’appose le chiffre fatal de la note ».
Deuxième étape sur trois de la proposition de correction d’une valeureuse collègue :
« 1re étape de la correction :
- Je
corrige classiquement en plaçant des codes dans la marge : G (faute de grammaire) V (faute de lexique A (accent) M (majuscule) T (trait d’union) etc.
- Si
mon devoir porte sur un ou deux points précis, je garde un codage spécifique pour ces points afin de repérer rapidement l’acquisition d’une notion. Par exemple, j’avais décidé de faire
travailler sur les connecteurs spatio-temporels j’ai donc marqué dans la marge CT à chaque fois qu’il y avait un problème de ce côté.
2e étape de la correction : je compte
- D’un côté, je compte tout ce qui met à mal la cohérence du récit (erreur de temps, de ponctuation + erreurs sur les connecteurs). Je leur attribue des points selon leur
gravité, en fonction de mes objectifs de leçon. Par ex. pour ce devoir, un élève qui avait fait 4 erreurs de temps (-4), deux erreurs de ponctuation (-2) et une erreur sur les connecteurs (-2)
s’est retrouvé avec « -8 ».
- Puis, je compte le nombre de fautes lexicales ou grammaticales et je note un nombre de points en moins qui peut varier selon que c’est un devoir en classe, à la maison ou
pour toute autre raison. Je peux enlever davantage de points en fonction de ce qui a déjà été vu en classe (par exemple -2 sur « et/est »). Admettons qu’une copie ait eu -10 sur cette
partie. Ainsi, l’élève se trouve avec « - 18 ».
- Je
compte alors le nombre de lignes dans le devoir et je divise le nombre d’erreurs par le nombre de lignes ce qui me donne un coefficient. Supposons que mon élève ait écrit 20 lignes, il
aura donc un coefficient de 0.9 (en divisant les 18 points par les 20 linges) soit une note de 15.5/20 d’après mon tableau. »
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