Vendredi 25 mai 2007
J’ai ramené mercredi à Rennes les caméras empruntées par Raphaël à la section « Arts du spectacle »… Désormais, le spectacle est « dans la boite » et nous
restons en contact afin de suivre les étapes du montage… En attendant, je publie ce matin un article sur un événement scolaire qui met la Sicile en vedette… Le programme de Terminale L a été
révélé pour les années scolaires 2007-2008 et 2008-2009, l’Italie est à l’honneur, d’abord à travers le Vérone (non pas de Laure Manaudou !) mais de
Roméo et Juliette de Shakespeare et ensuite à travers la Sicile du Guépard, de Lampedusa, œuvre déjà citée plusieurs fois à propos du Ponton et de ses
sources. Beau roman, très « psychologique »… Voici notamment un extrait du roman qui invite le lecteur à réfléchir sur ce « terreau » qui
produit « la plante sicilienne ». C’est le Prince Salina, personnage délicat et cultivé qui propose cette analyse au chapitre 4 du roman.
« Le sommeil, voilà ce que veulent les Siciliens, et ils haïront toujours celui qui voudra les réveiller, fût-ce pour leur apporter le plus beau des cadeaux (…) Les
nouveautés ne nous intéressent que déjà mortes, incapables de créer un quelconque courant de vie. De là cet étrange phénomène : la formation, aujourd’hui, de mythes qui
seraient vénérables s’ils étaient vraiment antiques, mais qui sont seulement de sinistres tentatives pour nous replonger dans un passé d’autant plus attirant pour nous
qu’il est en réalité mort. (…) Tout le monde chez nous passe par une voluptueuse torpeur. D’ailleurs j’ai dit les Siciliens, je devrais ajouter la
Sicile, l’atmosphère, le climat, le paysage sicilien. Ce sont ces forces-là qui ont forgé notre âme, au même titre et plus peut-être que les dominations
étrangères et les stupres incongrus : ce paysage qui ignore le juste milieu entre la mollesse lascive et la sécheresse infernale, qui n’est jamais mesquin,
banal, prolixe comme il convient au séjour d’êtres rationnels, ce pays qui, à quelques milles de distance, étale l’horreur de Randazzo et la beauté de Taormine, ce climat qui nous inflige
six mois de fièvre à 40° (mai, juin, juillet, août, septembre, octobre, six fois 30 jours de soleil vertical sur nos têtes, cet été long et sombre comme un hiver russe,
encore plus dur à supporter. Vous ne le savez pas encore, mais on peut dire que chez nous il neige du feu comme sur les villes maudites de la Bible (…)"

Continuare in Sicilia... col gattopardo !
Continuare in Sicilia... col gattopardo !
par Eric Bertrand
publié dans :
Art italien
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