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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

Jeudi 30 novembre 2006
             Des temps difficiles pour les répétitions avec les conseils de classe et les réunions parents, l’organisation des Rencontres Goncourt à Rennes… Bref, la prochaine est seulement prévue le mardi de la rentrée de janvier !
              Il n’empêche que nous avons bien travaillé hier malgré l’apparition d’une Gilda posée sur des béquilles et incapable de jouer le spectacle de son corps ! Il y a comme ça, au fil des répétitions, des empêchements majeurs qui rappellent constamment, à travers ces incidents de coulisses chrysalides, combien le théâtre est un art de la fragilité et de l’éphémère.
              Les papillons étaient sous le lampadaire à chauffer leurs ailes ! Et cela n’est pas une vaine métaphore : elle renvoie avant tout aux premiers jeux de projecteurs qu’a essayés Alain pendant la répétition. Ils ont contribué à l’intensité prometteuse de certains moments délicieux. J’y reviens dès demain pour une série de trois épisodes.
 
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Tante cose da fare ! Non ne possiamo piu !
par Eric Bertrand publié dans : Théâtre au lycée
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Mercredi 29 novembre 2006
              Répétition hier soir, j’y reviens dès demain. En attendant, je poursuis la réflexion sur le voyage…
              Ce premier récit s’inspire largement de mon voyage autour des Etats-Unis en auto stop. Mésaventures, espaces, suspense, péripéties, personnages pittoresques, situations cocasses, bref de quoi alimenter un récit haut en couleurs à partir de la simple expérience vécue. A 22 ans, faire du stop à deux aux Etats-Unis, (sur plus de 16000 kms, entre New York et la Californie), c’était s’exposer...
              J’ai effectué pourtant dans cette aventure à travers un territoire inconnu, un bricolage romanesque à travers lequel j’ai, notamment, essayé de raconter un apprentissage et de montrer aux lecteurs le décalage entre les rêves d’adolescent et une réalité impitoyable (prison, vol, violence, vices, mensonges…)
              Quoiqu’il en soit, cet ouvrage annonce ceux qui suivront : les States de Jack, on the route… du Tennessee club, mais aussi, dans le Ponton, ce n’est pas tout à fait par hasard que Gilda est américaine et que Carolina a vécu aux Etats-Unis son unique histoire d’amour…
 
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Gilda non era nata, a quest'epoca !
par Eric Bertrand publié dans : publication
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Mardi 28 novembre 2006
J’affirmais dans ce blog que le déplacement et le voyage étaient inscrits dans mon écriture et l’esprit de l’action que j’ai menée au sein de ce lycée dont je refuse, comme me l’a déclaré l’an dernier une ancienne élève, d’être « l’un des piliers » !
              L’orientation de mes ouvrages, depuis l’origine, est avant tout voyageuse. Quand il n’y aura pas répétition, ni événement particulier, c’est ce que je me propose de montrer dans les jours qui viennent (en alternance avec les articles qui concernent l’évolution de la pièce) en évoquant, sous l’angle du voyage, chacun des éléments de la série.
              Dans l’ordre, la Route, la Poussière et le Sable, Black Polaroïd, Chaussée de la Madeleine de Proust, les deux travaux sur Hugo parus chez Ellipses, Jack, on the route again !, L’Homme à la Tête de chou et au cœur d’Artichaut, Loft History 2084, le Tennessee club, les Nouvelles pour l’été, le Ceilidh, le tout chez Aléas, l’Ami du Livre, l’Editeur Astucieux et Sagace : http://www.aleas.fr
 
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Ecco la valigia e un programma viagiatore !
par Eric Bertrand publié dans : publication
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Lundi 27 novembre 2006
Plusieurs personnes m’ont demandé quels étaient mes projets pour la prochaine fois… Je n’aime pas répondre à cette question tant que le projet en cours n’est pas complètement assuré… Disons quand même qu’un « élément perturbateur » intervient pour la première fois dans la machine de l’atelier si bien huilée depuis maintenant onze ans… Décision arrêtée d’un changement d’horizon. Nous ne resterons plus longtemps au lycée…
              Après la série des six pièces voyageuses (« Jack, on the route again » 2000, « L’homme à la tête de chou et au cœur d’artichaut »2001 - non édité -, « Loft History 2084 », 2002, « le Tennessee Club », 2003, « Le Ceilidh », 2005, « le Ponton » : cf : le site : http://www.ericbertrand.fr ), la fièvre du départ m’a repris. Est-ce un hasard si mon sac de cours est une valise? (Cf : photo ci-jointe !)
              Et le théâtre ? Il va s’expatrier !... Suivre son tropisme… (Il faudra que je réalise un de ces jours un florilège d’extraits de mes pièces pour montrer à quel point, sous la fable, ce thème du départ a fait son chemin… !)
              Si tout va bien, nous quittons donc l’établissement l’an prochain pour partir, soit par simple mutation dans la région nantaise, soit à l’étranger – ce qui serait une suite logique à mon travail sur les voyages et les planches depuis le début ! Départ pour l’étranger… Vers où ? Si on se tourne du côté des grands thèmes, c’est l’Amérique du Nord qui s’imposerait (l’Est-Ouest de Kérouac, le Bagdad Café de Tennessee) ou l’Ecosse de Macbeth dans le Ceilidh. Les dossiers de candidature AEFE, Mission Laïque, sont en tout cas bouclés depuis cette semaine.
 
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Andare via, Gigi !
 
 
Rubrique Goncourt :  
              Voici le programme officiel des Rencontres tel qu’il vient de nous être communiqué :
-         Les écrivains présents à Rennes : Audeguy, Boulin, Miano, Vallejo.
-         Les académiciens : E.C Roux, D. Decoin, B.Pivot
-         Des éditeurs
-         Des critiques journalistes
 
              Nous avons donc en qualité de classe Goncourt, à nous insérer dans la préparation des activités associées à ces deux journées qui conjuguent notamment séances plénières et ateliers.
              Par ailleurs, du fait de l’absence de J. Littell, un comédien proposera des lectures que nous devons « préparer » puisque nous sommes l’une des classes à avoir intégré les Bienveillantes à notre tiercé.
 
 
par Eric Bertrand publié dans : voyage
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Dimanche 26 novembre 2006
Salvatore est resté un enfant. Salvatore aime la Befana. Il se fait un cinéma sur le ponton, rêvant de « Titanic », « Spiderman », « Spuperman » et de cinema sotto le stelle… Voici une autre histoire de Salvatore, celle qui nous ramène une fois de plus aux fils inconscients de la création…
 
              Depuis mercredi, c’est la voix d’Alfredo qui manque dans le petit village et Totto affolé court dans les rues sous les projecteurs éteints du cinema sotto le stelle. « Dov’é il Cinema Paradiso e dov’é la Befana ? ».
              Une scène du film a été tournée à Cefalù, au bord de la mer, à environ soixante kilomètres de Santo Stefano di Camastra. Mais, en cette fin novembre, la mer est grise et un vent frais balaye les rues vides. La foule bariolée a déserté, les pinocchio espiègles, les puppi désarticulés ont perdu leur Gepetto. Les conteuses sont remontées dans la montagne, au centre de la Sicile peut-être. Comme la petite place du village autour du cinéma d’Alfredo, s’il n’a pas été remplacé par un grand centre commercial… 
              Il s’est en allé Alfredo, avec son bon regard de patriarche et ses grosses lunettes remplies de pellicule. Alfredo et ses mains pour les enfants…
              Maintenant, tout le monde l’appelle Salvatore. Mais Totto rêve encore. Revoit le plein été. Armé d’un gros ciseau piqué dans le tiroir de la mamma, découpe des images censurées. Se les projette dans la chambre noire de ses souvenirs. Il ferme les yeux. La voix n’est plus là, le tricottage régulier du film en super 8 accroche les mailles et les filets de scènes en noir et blanc aussi nerveux et magnétiques que les doigts de la Befana sotto le stelle.
 
Le Ponton : extrait de la version narrative.
 
« … A Santo Stefano di Camastra, c’est un événement que les enfants attendent, comme la cloche de l’été. Le grand retour de « la Befana sotto le stelle »[1]
Les cours sont terminés. Les jeunes rentrent des universités de Palerme ou de Messine, les premiers touristes arrivent et le village commence de se remplir.
Et la rue résonne d’une activité fébrile. Vieux frocs en velours côtelés, cannes à pommeau, chemisiers d’où pendent croix, médailles, reliques, châles noirs sur les épaules, bas gris dans les chaussures noires... On tend une main tremblante, on marche paisiblement jusqu’à la Porta Messina, on s’assoit sur un banc…
Spectacle du matin de ce côté-là de la ville…
« Pronto ! », « Ciao ! », « Come stai ? »[2]
Vespas, Fiat 500, bicyclettes blanches, Saint Christophe sur le guidon, baladeurs, sonneries de téléphones cellulaires, voix nasillardes, chaînes d’or aux cous, poignets, chevilles, pantalons de flanelle légers, bermudas, jupes virevoltantes, hauts talons, lunettes de soleil éclatantes, on s’embrasse, on s’arrête au bar, «Due gelati ! », « Due caffé », « Due granità », « Due brioche con gelato »[3]… On se prend par le bras, les hommes comme les femmes, on se parle à l’oreille pour deviser ensemble des derniers potins d’ici ou d’ailleurs, on se croise, on s’épie, on en rajoute, la conversation engendre la conversation :
-     « La municipalité a ouvert un nouveau terrain de camping du côté de Torremuzza…
-         Le cinéma en plein air va bientôt recommencer !…
-         Tu te souviens « Cinema Paradiso » à Cefalù ?…
-         Cefalù !… Pour moi, c’est d’abord la discothèque ! Et la plage !…
-         L’adjoint culturel nous réserve de bons spectacles de théâtre cet été.
-         Il connaît des gens hauts placés à Palerme. Deux pièces de Pirandello sont à l’affiche… »


[1]« La Befana sotto le stelle » : la « Befana » est un personnage de la tradition italienne associée à la période de Noël. Littéralement : « la Befana sous les étoiles ». « Due gelati ! », « Due caffé », « Due granità », « Due brioche con gelato » : « deux glaces ! », « deux cafés ! », « deux granites ! », « deux brioches avec glace ! » (spécialités siciliennes)
[2]  « Pronto ! », « Ciao ! », « Come stai ? »… : « Allo ! », “Salut !”, “Comment ça va ? »
[3] « Due gelati ! », « Due caffé », « Due granità », « Due brioche con gelato » : « deux glaces ! », « deux cafés ! », « deux granites ! », « deux brioches avec glace ! » (spécialités siciliennes)
 
par Eric Bertrand publié dans : Civilisation sicilienne
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