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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

Mardi 31 octobre 2006
Retour de Bretagne nord. L’eau est forte, vigoureuse et transparente. Je n’ai pas pu résister au bain. On peut encore se baigner en Bretagne à cette période, je vous le garantis !
              Il y avait, tout au long de ces falaises, un air écossais qui me ramenait à l’Ecosse… Rappelons-nous les paroles de Rebecca…
 
« Cet endroit saigne la vérité brute ! La lande est mauve, le vent souffle dans les bruyères, la falaise est abrupte, l’océan gronde et le désespoir est partout autour de nous ! »
 
              A tous les amateurs des Highlands et du Ceilidh, si amplement visités dans le blog de l’an dernier, j’avais promis quelques nouvelles chemin faisant. Le spectacle ne s’est pas clos sur le tomber de rideau au Moulin à Sons… Le livre continue d’exister et l’envoi du DVD aux Ecossais a beaucoup plu…
              Pas de perspective de visite au pays des Sinclair cette année puisque c’est « le tropisme sicilien » qui prévaut, il n’en reste pas moins vrai que je reste proche de ce pays d’adoption.
              Je voulais profiter de ce petit clin d’oeil à l’Ecosse pour signaler deux sites aux amateurs : un superbe diaporama musical (sur une bande son du groupe Run Rig, un de mes favoris si souvent évoqué dans ce blog l’an dernier…) et une radio en gaélique pour tous ceux que le détour par la langue des Hautes terres avait séduits.

Back to the wilderness of Scotland...

 

Rubrique Goncourt : Les Rencontres (2/2)…
 
              Des ateliers : chacun y participera en plus petit comité accompagnée de deux autres classes, chaque classe assistera à trois ateliers différents : l’un avec des académiciens pour parler de l’institution littéraire (comment devient-on membre de l’académie Goncourt ? comment travaillent les académiciens Goncourt ? Quels sont les critères de sélection des romans et du prix ? Un autre atelier avec un éditeur ou directeur de collection pour mieux comprendre la chaîne du livre (qu’est-ce qu’un éditeur ?comment découvre-t-on un auteur ? Quels sont les risques ? Est-il facile d’être éditeur aujourd’hui ?) Un dernier atelier avec un critique littéraire, pour faire partager le plaisir de lire et de transmettre (comment s’y retrouver parmi tant de livres ? Comment aborder un ouvrage ? A-t-on le droit de tout dire dans une critique ? Comment justifier son avis ?
              Le plateau de rédaction : le journal du Goncourt sortira deux numéros pendant les deux jours des rencontres. Un plateau de rédaction sera ouvert en permanence accueillant le comité de rédaction du lycée de Sévigné mais aussi tout ceux que tentent l’interview, le billet d’humeur ou les scoops de couloirs. Ils travailleront avec l’aide des animateurs. Dès la rentrée, inscrire un élève motivé, sachant que sa participation au comité de rédaction lui prendra une demi-journée sur le temps des rencontres.
              La soirée. Nous proposerons aux lycéens la soirée musique le jeudi 7 décembre. C’est une demande qui est faite chaque année. Au menu musique de jeunes musiciens, un bar sans alcool et du temps pour discuter… cette soirée se terminera vers 22 h 15 les retours dans les hôtels se feront au plus tard 23 heures.
 
Réaction de collègue :
Cet après-midi, avant de partir en vacances de la Toussaint et d’élire le (la) délégué(e) qui représentera la classe aux rencontres régionales de Rennes, s’est déroulé un mini-marathon pour échanger autour de plusieurs livres : Disparaître, Ouest, Les bienveillantes, Fils unique, Supplément au roman national, Journal d’hirondelle, Un pont d’oiseaux.
L’équipe éducative s’est mobilisée ; les professeurs de sciences expérimentales ont cédé « leurs » heures de TP, l’élection du délégué se fera en cours d’espagnol ; trois ateliers tournants sont animés par six professeurs, la Conseillère Principale d’Éducation, la documentaliste et l’aide-documentaliste.
C’est l’occasion de faire le point sur les lectures, les coups de cœur, les abandons, les incompréhensions.
Certains ont beaucoup lu, d’autres moins, la quasi-totalité a fait l’effort d’essayer, de goûter à des lectures différentes, de dépasser les premières réticences.
Quelques impressions saisies au vol :
Le journal d’hirondelle d’Amélie NOTHOMB a été beaucoup lu....et provoque des réactions variées depuis « Elle ne s’est pas donné beaucoup de mal... » jusqu’à «  ...j’ai bien aimé cet amour impossible ... » en passant par  « Mais qu’est-ce qu’il y avait de si intéressant dans ce journal intime ? ».
Jean-Eric Boulin et ses violentes diatribes du supplément au roman national n’ont convaincu personne et en ont découragé plus d’un : beaucoup d’abandons de lecture, de l’incompréhension devant une telle noirceur, un tel manque d’espoir... « Pourquoi tant de haine ? ...Il n’a pas fini sa crise d’adolescence... »
Le changement de narrateur et le contexte historique délicat du Pont d’oiseaux ont découragé les lecteurs lycéens...et passionné les lecteurs enseignants, qui tentent de donner quelques clés permettant d’entrer plus facilement dans ce roman.
Contours du jour qui vient et Ouest sont aussi souvent lus, et plébiscités... « c’est curieux , dans Ouest, les opinions sont à l’envers, le maître est progressiste , le valet est conservateur »… « mais non, le garde-chasse Lambert n’est pas conservateur, il est contre son maître »… « il y a de l’humour dans ce livre… »
A propos de disparaître … « j’ai choisi à cause du thème du coma… »…. » la première phrase : « …j’ai raté ma sortie »….  m’a donné envie de lire » .
Cependant, les clés de lecture historiques manquent ( Lawrence d’Arabie n’est pas arabe…il est anglais ! »
Les deux collègues qui ont lu les bienveillantes contextualisent, expliquent, éclairent...du coup, les neuf volumes des bienveillantes sont emprunté pour les vacances de la Toussaint.
On échange, on réagir, on sent des frémissements, des tendances...il reste à lire encore pendant les vacances, et au retour des vacances, à désigner le tiercé gagnant de la classe pour le confier à notre déléguée .
Cà y est, elle est élue : ce sera Julie Leroux…qui part en vacances avec quatre livres sous le bras.
 
par Eric Bertrand publié dans : Civilisation écossaise
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Dimanche 29 octobre 2006
En l’absence de Diane et de Samantha, nous pouvons travailler sur l’une des scènes délicates qui mettent aux prises les deux couples, la fameuse scène en contrepoint ! D’un côté, le couple disons « indécent » qui précipite l’acte amoureux (la scène est particulièrement érotique dans la version narrative…) de l’autre, le couple romantique qui découvre et qui le balbutie.
              Sans une parfaite entente entre les comédiens et une certaine maîtrise de jeu face à ce genre de situation, une telle scène est irréalisable. Mais je trouve que pour une première tentative, ils s’en sortent très bien. Ils sont censés être à distance l’un de l’autre et échanger des propos chacun dans sa bulle.
              La difficulté scénique qui se pose, c’est celle des moments de silence entre les couples. Lorsque l’un parle, l’autre agit, ET N’ATTEND PAS SON TOUR pour parler ! Ils ont très vite compris cela et je leur demande d’improviser des scènes isolées auxquelles le spectateur voyeur aurait le bonheur d’assister… Gilda prend des positions et Gigi est assailli par l’esprit d’entreprise de cette femme fatale ! Au contraire, Ornella rougit, cause et recule, tortille le collier à son cou en baissant la tête, Salvatore tente de lui passer le bras autour du cou, se ravise, hésite et puis tout à coup c’est Ornella qui lui saisit la main ! Ainsi la scène devient-elle vite savoureuse, et Alain qui est dans la salle envisage les choses en termes d’éclairage et déclare intéressant cette bi-polarité qui va lui permettre de jouer avec les lumières…
 
« Gigi : si tu savais l’impression forte que tu m’as faite la première fois ! Tu as fait sauter les ampoules !
Gilda : c’estfou comme le courant passe entre nous, c’est moi ton groupe électrogène.
Salvatore : un vrai coup de foudre !
Ornella : tu crois au coup de foudre, toi ?
Gigi : ton apparition a été un coup de tonnerre !
Salvatore : c’est autre chose qu’un coup de foudre, un soleil qui se cachait derrière les nuages.
Gilda : je sens la brûlure du soleil sur mes cuisses. Peut être que c’est toi qui m’as brûlée.
Gigi : mon cœur est un brasier. Mes doigts sont des tisons.
Ornella : je n’ai jamais osé sortir de chez moi à l’heure de la sieste, quand le soleil tape sur la terre craquelée.
Gigi : la Sicile est une terre craquelée sous le soleil. Mais ton corps est un golfe de fraîcheur.
Salvatore : à l’heure de la sieste, tout le monde est couché et cherche la fraîcheur au fond des chambres…………………………… »
 
              Petite pause océanne dans ce blog, jusqu’à mardi… Le besoin d’aller respirer !
 

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Culpo di fulmine...

 

Rubrique Goncourt : Les Rencontres (1/2)…
 
              « 15 classes participent à ces rencontres. Le rendez-vous est fixé au centre culturel le Triangle, à Rennes, vers 8 h 30 jeudi 7 décembre. Seront proposées des viennoiseries et des boissons chaudes. Cinq ou six auteurs et leurs éditeurs, deux ou trois académiciens et deux ou trois critiques littéraires sont attendus.
              Il est nécessaire pour profiter des rencontres de les préparer. Un schéma de programme permettra de comprendre comment se passeront les journées. Des séances d’harmonisation ont lieu le jeudi matin à partir de neuf heures. Elles rassemblent les élèves de chaque classe qui seront sur scène à côté de l’auteur pour poser des questions. Dès la rentrée, deux élèves se seront inscrits pour chaque rencontre avec un auteur (sachant qu’un élève ne peut pas participer à plusieurs séances). Ces séances de travail permettent aux élèves de chaque classe d’harmoniser les questions préparées ; ce sont les professeurs et documentalistes qui animeront ces séances.
              Des séances plénières auront lieu autour des écrivains. Tous les lycéens seront rassemblés dans un auditorium. Les élèves qui auront participé à la séance d’harmonisation monteront sur scène pour s’installer auprès de l’écrivain. L’entretien lycéens-écrivains pourra commencer. D’abord sur scène puis dans la salle. Les lycéens sur scène sont là pour amorcer le débat avec des questions préparées. »
 
              La prochaine fois, j’évoque les ateliers et la soirée.
 
 
Réaction de collègue :
De nouveau quelques nouvelles du lycée de Sartrouville : les vacances sont dans deux jours, et je m'aperçois, en questionnant quelques élèves, que certains avouent sans honte n'avoir lu qu'un livre, et quel livre ! il s'agit du Nothomb... no comment. Heureusement, ils ne font pas la règle, mais je regrette tout de même que l'émulation n'ait pas joué à plein pour tout le monde...
Mes heures avec cette classe étant concentrées sur lundi et mardi, nous allons passer 4heures (j'en prends 1 à ma collègue d'histoire et 1 autre à mes élèves de latin, que je dispense d'un contrôle lundi...) à discuter sur 1 auteur par heure, et rebelote le lendemain, sur 2h 'donc 2 auteurs) : au programme, donc fleischer, Littell (qui en vaut 2), Vallejo, Bataille et Audeguy. Nous garderons les denriers pour la rentrée, mais tout va se précipiter puisqu'il faudra choisir notre tiercé gagnant et le délègué le lundi ou le mardi...
Pour alléger un peu la dose du lundi, j'ai prévu une petite pause goûter (cela leur rappellera le jour de la rencontre avec les auteurs...).
A propos, comment avez-vous l'intention de vous y prendre pour désigner les 3 finalistes ? Nous aviosn pensé faire voter les élèves à bulletin secret, en demandant 3 noms sur chaque bulletin, et en comptabilisant les voix au tableau... Qu'en pensez-vous ? Y aurait-il des méthodes moins longues à mettre en place et plus "fiables" ?
Merci à tous ceux qui écrivent ici, cela donne vraiment la pêche pour continuer...
 
Petite pause océanne dans ce blog, jusqu’à mardi… Le besoin d’aller respirer !
par Eric Bertrand publié dans : Civilisation sicilienne
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Samedi 28 octobre 2006

              L’apparition de Gilda dans la rue fait diversion. Coralie est aussi danseuse, avec l’intervention de Jenny qui a lieu avant le théâtre, entre 6h00 et 7h00, elle a mis au point un numéro de séduction sur un fond musical (Paolo Conte, « sotto le stelle del jazz », en contrepoint avec «  la Befana sotto le stelle » !). Côté jardin, elle paraît, souple, cadencée. Elle avance langoureusement et l’effet produit est radical : Gigi ira au ponton ! Gigi est transcendé…

              Mathieu intériorise beaucoup comme individu. Ce penchant de sa personnalité m’amène à lui demander de jouer l’extase, l’excitation, différemment de la vision que j’ai gardée de certains Siciliens particulièrement ardents sur le chapitre du coup de foudre ! Quand Gilda passe près de lui, elle abandonne le gant, le fameux gant de la scène mythique du film « Gilda ». Gigi s’empare de ce gant, enfouit le visage dedans et retrouve la saveur et la sihouette de la divine créature qui vient de l’effleurer…

              Demain, la scène du double duo amoureux…

 

 

 

« Salvatore : c’est l’Americana !... c’est la première fois que je la vois en ville, d’habitude, elle reste dans sa villa ou voyage avec son père. C’est la fille du réalisateur américain, Ferrari. Gilda Ferrari… Sacré fauve, hein ?

 

Gigi : (abasourdi) : quelle vision ! Ferrari… Quel bolide ! (Reprenant progressivement ses esprits) Quelle villa ? 

 

Salvatore : la villa sur la plage, tu sais, la plage du ponton ! Atterris mon vieux !

 

Gigi : (sous le coup de l’éblouissement) : che marevigliosa ! ... Non ci credo, non ci credo ! Merveilleuse élégance ! Des yeux brillants, malicieux, insolents, des yeux de braise, Salvatore ! Una principessa ! Les cheveux en diadème, la nuque torsadée comme un thyrse, l’échine de bronze ! (Comme un somnambule, il se lève pour mimer la démarche de la jeune fille) Quel déhanchement Salvatore, tu as vu cela ? Un coup à droite, à coup à gauche, une vraie balade entre deux hémisphères !... Je n’ai jamais vu une fille comme ça, Salvatore ! Elle me fait l’effet d’un coup de tonnerre… »

 

 

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Amore sotto il balcone !


 

 

Rubrique Goncourt : avant-goût des événements autour du Goncourt…
 
Je viens de recevoir ce courrier que je mets en ligne histoire d’anticiper et de donner envie à ceux que la tentation d’être délégué brûle encore…
 
« Voici les informations pratiques pour le 1er tour des délibérations du Goncourt des Lycéens le vendredi 10 novembre prochain à Rennes.
L'élève délégué et le professeur qui l'accompagne seront attendus pour 9h30 à la Brasserie La Chope à Rennes (rue de la Chalotais).
Les délibérations commenceront à 10h00 précises.
L’association Bruit de Lire réunira pendant la matinée les professeurs pour présenter les rencontres Goncourt des 7 et 8 décembre.
La Fnac de Rennes organisera ensuite un déjeuner. Les retours pourront avoir lieu à partir de 15h00. »
 
Dans le même ordre d’idée, demain, j’évoque ce que je sais des rencontres qui se tiendront, je le rappelle, les 7 et 8 décembre prochains.
 
Réaction de collègue :
jeudi 19 : Laurens, Audeguy, Audouard et Boulin ; la première parle très bien , donne des explications détaillées et profondes mais , selon les élèves , reste dans son monde. Le deuxième a beaucoup d’humour, il ne semble pas se prendre au sérieux, cela amuse les élèves, en plus il est passionnant ; le troisième les séduit par sa sensibilité , le contact qu’il réussit à établir avec même « s’il est vieux » ! en tout cas nous sommes tous (toutes ?) sous le charme ; quant au dernier les avis sont partagés : certains sont enthousiastes, d’autres (dont je fais partie) sont plus qu’agacés et déconcertés (Boulin serait-il un bon comédien ?)
En tout cas voilà les élèves remontés à bloc pour se lancer dans la dernière phase de lecture… deux ou trois sont à 9 livres, tous en ont lu au moins deux, je me dis que déjà une petite victoire se profile…
Bon courage à tous

 

 

 

par Eric Bertrand publié dans : Théâtre au lycée
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Vendredi 27 octobre 2006
              Après la scène des conteuses, nous revenons tout naturellement sur la scène du bar dans laquelle le spectateur doit découvrir les deux garçons. On y a travaillé la semaine dernière et certains points étaient à reprendre. Il faut que Salvatore arrive en trottinette sur scène et non pas en vélo, ceci pour des raisons d’espace. Cela lui permettra d’être plus cabotin, de céder à la tentation d’une parade.
              Il fait chaud, Gigi le voit arriver lentement puis s’installer. Commence alors la discussion : Salvatore à une idée en tête, amener son ami au ponton afin de se divertir. L’autre résiste, un peu blasé et abasourdi par la chaleur. Cette discussion gagne en intensité grâce à un jeu de rapprochement des visages qui doivent s’affronter. La voix est lente, elle fait sentir aux spectateurs l’impression pénible liée à la température.
 
« Gigi : alors, laisse-moi prendre mon café tranquillement… après nous parlerons ! (Il sirote son café. L’autre le regarde faire comme s’il admettait de laisser passer un caprice.) Alors, mon cher Salvatore ! Qu’est-ce que tu as à me dire ?
Salvatore : viens avec moi à la plage.
Gigi : avec toi à la plage, par cette chaleur ! Mais tu es fou ! Il n’y a personne sur la plage avant seize heures ! Tu voudrais donc que j’aille me brûler avec toi !... Fanatique !
Salvatore : reste sur ton siège si tu veux ! Moi, je descends, et pas seulement à la plage !... Je vais au ponton…
Gigi : le ponton ? Quel ponton ?
Salvatore : il faut sortir de chez toi de temps en temps, Gigi ! Te cultiver !... Tu devrais être au courant… Au printemps dernier, le réalisateur américain qui a loué la villa de Torremuzza a fait installer un ponton à cent mètres de la plage, rien que pour sa fille !
Gigi : un ponton ? Pourquoi faire ? »
 
              Demain, j’évoque la suite de la scène, l’apparition de Gilda dans la rue…
 
Pas d'images, problème chez Over blog...
Rubrique Goncourt : lit de Procuste
 
              J’ai indiqué hier le travail des élèves, j’en viens aujourd’hui à l’autre travail qui m’attend relativement à cette opération. D’abord, du point de vue de la lecture, à l’issue du long parcours, je débouche enfin sur le fameux pavé des Bienveillantes que je doute de pouvoir achever avant la fin des vacances.
              Par ailleurs, il me faut tirer parti de toutes les « graines » que j’ai semées depuis le début du travail sur le prix Goncourt. Je dois en effet rentrer dans la liste pour préparer le baccalauréat… J’ai la fâcheuse impression de tâcher de faire entrer ce débordement, cette ébullition collective dans un lit de Procuste, celui de l’examen final
 
Réaction de collègue :
les vacances sont dans deux jours, et je m'aperçois, en questionnant quelques élèves, que certains avouent sans honte n'avoir lu qu'un livre, et quel livre ! il s'agit du Nothomb... no comment. Heureusement, ils ne font pas la règle, mais je regrette tout de même que l'émulation n'ait pas joué à plein pour tout le monde...
Mes heures avec cette classe étant concentrées sur lundi et mardi, nous allons passer 4heures (j'en prends 1 à ma collègue d'histoire et 1 autre à mes élèves de latin, que je dispense d'un contrôle lundi...) à discuter sur 1 auteur par heure, et rebelote le lendemain, sur 2h 'donc 2 auteurs) : au programme, donc fleischer, Littell (qui en vaut 2), Vallejo, Bataille et Audeguy. Nous garderons les denriers pour la rentrée, mais tout va se précipiter puisqu'il faudra choisir notre tiercé gagnant et le délègué le lundi ou le mardi...
Pour alléger un peu la dose du lundi, j'ai prévu une petite pause goûter (cela leur rappellera le jour de la rencontre avec les auteurs...).
A propos, comment avez-vous l'intention de vous y prendre pour désigner les 3 finalistes ? Nous aviosn pensé faire voter les élèves à bulletin secret, en demandant 3 noms sur chaque bulletin, et en comptabilisant les voix au tableau... Qu'en pensez-vous ? Y aurait-il des méthodes moins longues à mettre en place et plus "fiables" ?
Merci à tous ceux qui écrivent ici, cela donne vraiment la pêche pour continuer...
 
par Eric Bertrand publié dans : Civilisation sicilienne
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Jeudi 26 octobre 2006
Françoise est de retour parmi nous, le travail de mardi peut donc porter sur la première scène, celle du prologue où les deux conteuses interviennent. C’est une longue scène, qui sollicite beaucoup le talent des deux comédiennes. On ne peut pas en couper de passages. Elles racontent l’origine du village de Santo Stefano.
              C’est aussi une longue fable qui met en scène la figure de la jeune fille, laquelle est mise en abyme dans la suite de la pièce. Il n’empêche que la conteuse doit trouver des ressources pour animer son discours.
              Je suggère l’idée d’un « show à l’italienne ». Accessoires, beaucoup de mouvements, de couleurs et de variétés : les deux conteuses font un numéro de claquettes, montrent des objets, le grand manuscrit, la marionnette, elle prennent le café, elles mangent des fruits, elles jouent avec des balles multicolores, elles sont un peu jongleuses et rejoignent le public…
              Élément comique sur lequel on peut jouer aussi, c’est la fébrilité de Francesca qui se démène et qui n’en a plus l’âge : essoufflement, tremblement, excès, les didascalies signalent qu’elle tombe la robe de chambre au début de la scène et qu’elle la remet à la fin, ce qui autorise une sorte de momification de dernière minute, créant un effet risible.
              Nous avons aussi travaillé sur la scène du bar et celle du bosquet, j’y reviens demain et après-demain.

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La Befana sotto le stelle e sotto il portile !

 

Rubrique Goncourt :
             
Précieuse période de repli pendant laquelle les élèves font devoir fourbir leurs armes ! Différentes batailles sont prévues pour la rentrée : d’abord et surtout, celle des romans de la sélection qu’il faut départager afin d’élaborer le tiercé gagnant de la classe et de le défendre devant les autres lycées. Les rencontres régionales ont lieu le 10 novembre et les rencontres nationales le 13 novembre…
              Pour cela, ils ont à préparer l’argumentation qui accompagnera la présentation de leur choix personnel. Cela donnera lieu à un exercice oral devant les autres. En effet, il faut non seulement que l’on s’entende en classe sur le tiercé mais aussi que l’élève délégué écoute et reçoive les arguments à agiter aux moments des délibérations.
              L’autre mission qu’ils ont à accomplir, c’est, du moins pour ceux qui le souhaitent, de préparer un discours d’investiture au cas où ils désirent être le délégué représentatif de la classe. Cela sera déterminé le mardi de la rentrée, pour une « entrée en fonction » dès le vendredi matin.
              Enfin, toujours à propos de Goncourt, les Académiciens viennent de publier leur sélection des quatre meilleurs à départager et, pour une fois, je les approuve assez ! Littel, Schneider, Vallejo et Fleisher.
              Quant à moi, je me suis assigné d’autres tâches sur lesquelles je reviens demain…
 
Réaction de collègue :
Avant tout, merci à tous ceux qui nous font profiter des rencontres locales, de leurs idées inventives pour faire lire et écrire leurs élèves, de leurs coups de coeur et de pied au c...
La 2° 9 du lycée Jules Ferry à Cannes chemine doucettement dans ses lectures. Je doute que l'un d'entre eux, malgré la bonne volonté d'un petit groupe essentiellement féminin, parvienne à bout de l'ensemble avant la date fatidique. Certes, les vacances sont proches, certains ont lu davantage en 1 mois et demi qu'en toute leur vie passée, mais les quelques grands lecteurs avouent leurs difficultés à avancer plus vite. Personnellement, j'entame mon 12°,  j'ai évidemment gardé pour la fin le pavé des Bienveillantes et j'avoue une prédilection pour Audouard, Audeguy, Miano, Laurens, Schneider. Le tiercé gagnant des élèves à ce stade serait Miano, Schneider, Nothomb.
Quoi qu'il en soit, mes  élèves ont pris l'initiative d'un blog qui a tous les défauts mais aussi la bonne volonté de la jeunesse. Je n'y fourre mon nez que pour le lire jamais pour le corriger, même si le langage texto et les fôtes dans les pages plus persos me déconcertent,  me blessent la rétine ou me font frémir. Vous le trouverez là :
Les élèves ont été étonnés - et contents - de découvrir déjà des commentaires alors que l'adresse n'avait jamais été publiée.
Sinon, le prof d'histoire-géo a mis en ligne aussi un peu de nos aventures. Il faudra mettre à jour son site. En revanche, ce que je tiens régulièrement en doc word, c'est un Journal constitué de bribes de leurs journaux personnels, critiques, coups de coeur, photos, beaucoup de photos. C'est ce que j'imprimerai pour l'association "Bruits de Lire" une fois l'aventure terminée.
Voilà pour un bilan au 2/3 du parcours.
 
par Eric Bertrand publié dans : Civilisation sicilienne
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