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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

Samedi 30 juin 2007
A en croire les statistiques du blog, cette série d’articles sur le loft attire de nouveaux lecteurs : je rappelle pour eux qu’il y a moyen de voir quelques extraits des coulisses de la pièce sur « Daily motion » à l’adresse suivante :
 
              Reprenons l’article du Télérama : « (…) Usé le Loft ? Pas tant que ça : TF1 nous en catapulte ces jours-ci une resucée, « Secret Story » censée être encore plus proche de l’original néerlandais « Big Brother » et son parti pris de filmer des inconnus à huis clos (…) »
 
Loft History 2084 : (Acte 1, Scène 3)
 
« (…) Big Brother : Cependant le concept de l’émission est resté dans les esprits. Dés le début des années 2000, les lofteurs sont devenus des héros. En 2050, Loana est rentrée au musée Grévin et a remplacé le buste du dernier homme de science. Plus de vieux, plus de rides, plus de fronts intelligents, plus d’airs inspirés !…Mais Loana au musée Grévin incarne la sensualité, le désir, la concupiscence, le vice, bref les causes les plus élémentaires de la maladie que nous nous employons à combattre … Il faudra à terme éliminer Loana et aboutir au visage lisse et transparent.
 
Big Mother : Alors notre idée est la suivante : trouvons au moins un individu du type mâle reproducteur non contrôlé, entourons le de femelles en chaleur et proposons une nouvelle édition du Loft … Une édition différente cependant de celles que nous avons pu connaître par le passé … une édition non plus bêtifiante mais au contraire faussement intelligente avec des lofteurs comédiens de théâtre qui appartiendront forcément à la caste des « Indécents » et qui, tout naturellement, paraîtront brillants, rebelles, cultivés, curieux de tout. Bref, un Loft qui sera, au bout du compte, un miroir aux alouettes destiné à confondre une bonne fois pour toutes tous les amateurs de grands sentiments, tous les touche à tout du théâtre, tous les saltimbanques de tout poil, cracheurs de feu de Shakespeare, de Marivaux et d’Ionesco, germes d’épidémie définitivement pistés.
 
360 Spot : (enthousiasmée). Et ainsi nous triompherons du mal par l’image ! Et ainsi les écrans seront propres, astiqués, détachés, impeccables, irréprochables.
 
358 Shotgun : Et ainsi nos divisions de pompiers pourront cesser d’allumer des feux et pourront jusqu’à la nuit des temps allumer leurs mégots et les regarder fumer !
 
357 Magnum : (émerveillée).  Et ainsi la Police Urbaine pourra indéfiniment astiquer le cuir des révolvers et des belles combinaisons luisantes qu’on met sur les motos ! (…) »

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 Do what I want and don't do what I do !
par Eric Bertrand publié dans : Théâtre au lycée
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Vendredi 29 juin 2007
            Je reprends mon analyse de la télé réalité avec pour objectif de mettre en regard l’article évoqué et des extraits de « Loft History 2084 ». Pour apprécier l’impact de ce type d’émission, l’article du « Télérama » commence par une analyse selon laquelle la télé-réalité a véritablement envahi le petit écran. En témoignent les reportages diffusés autour des cérémonies d’investiture du président à l’Elysée…
 « (…) Dans cette émission, l’important n’est pas tant ce qu’on montre que le seul fait de montrer. Tout et tout le temps (comme dans Loft Story, l’émission de M6 qui exhibait en continu le quotidien de 12 colocataires) quitte à engager un marathon de petits faits et de longs vides où se mêlent la solennité et le trivial, le public et le privé … »
 
Loft History 2084 : (Acte 2, Scène 1)
 
« (…) Bobby : Moi, c’est tout le contraire ! J’adore l’idée qu’on me voit, tout le temps, tout le jour, sous toutes les coutures ! (Elle fait valoir ses formes rebondies) Déjà au lycée j’avais gagné au concours « Ecran total ». Le prof nous avait appris à cacher nos sentiments devant une caméra … « Visage lisse ! Visage lisse ! » qu’il disait toujours… Finalement, j’avais montré mes fesses et j’avais remporté le concours ! Ouais ! je veux que le téléspectateur soit intoxiqué de mon image ! Et que je fasse la Une des journaux quand je sortirai de là… le retour du Loft en 2084, c’est génial… »
 
«  (…) La Goulue : Mais vous ne savez encore pas que le loft, ça a toujours été une émission dans laquelle il ne se passait rien. C’était justement ce qui faisait son charme, le rien !
 
Rosalinde (faussement choquée). Rien !… et mon talent… c’est du néant ?
 
Bobbie : et mes seins, et mon dos, et mes reins, et mon génie, c’est du néant ?
          Rosalinde : (la parodiant, agacée).  « Et mes seins, et mon dos, et mes reins, et mon génie, c’est du néant ? »… et mon cul, c’est du néant ? (…) »
Loft History 2084 : (Acte 2, Scène 2)
 
« (…) Lex : Or vous avez été sélectionnées pour vos formes arrondies que nos caméras vont parcourir sous toutes les coutures. (Elle prend un petit air sadique, fouette le sol comme pour les entamer à l’avance). Zooms et éclairages tous azimuts sont vos complices ! … les feux de la rampe sur votre croupe, c’est la lumière du loft. Les coups de projecteurs sur vos jambes et sur vos seins, c’est la lumière du loft. Les étincelles dans les yeux des comédiens, c’est la lumière du loft (…) »

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 La lumière du loft...
par Eric Bertrand publié dans : Théâtre au lycée
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Jeudi 28 juin 2007
             Avant de revenir dès demain sur « les joies de la télé réalité », un petit retour sur l’interview que m’a consacrée mardi matin Patricia Martin sur France Inter… Vous avez d’ailleurs été nombreux à réagir par téléphone ou mails (quelques exemples en vrac : « j'adore vos deux voix, elles forment une complémentaire musicale », « interwiew très poignante, je me suis levé spécialement pour enregistrer, et franchement je ne le regrette pas », « Vivant et cela donne envie de lire sans toutefois dévoiler le livre … », « j'ai écouté : interview dynamique, journaliste aux questions pertinentes… un bon moment… bravo !  et vive l'été !
 
              Un plaisir de dialoguer avec cette animatrice qui sait à la fois lire et écouter, et commenter les propos avec une distance humoristique. J’avais notamment été sensible à la pertinence et à la sensibilité de son point de vue à l’occasion de la sortie d’un roman que j’aime beaucoup de Laurent Gaudé « le Soleil des Scorta » qui, si le lecteur ne l’a jamais eu entre les mains, mérite une attention particulière (le cadre de l’intrigue se situe dans les Pouilles, au Sud de l’Italie ; on y retrouve des accents siciliens, ce qui, on le comprendra, ne gâche rien…).
              Les animateurs de l’émission littéraire « le Masque et la plume » se moquaient un peu facilement du début du roman où l’on voit un personnage monté sur un âne arriver dans un village de montagne sous un soleil écrasant. Rien de comique ni de burlesque là-dedans et les animateurs riaient niaisement de la scène. La seule à en parler intelligemment, c’était Patricia Martin.

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Estate...

par Eric Bertrand publié dans : publication
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Mercredi 27 juin 2007
Je finis aujourd’hui la série sur « le Ponton » par l’évocation des dernières répliques… Demain, je reprendrai la série sur la télé réalité. Un petit mot sur l’interview d’hier au sujet des « Nouvelles pour l’été » : Patricia Martin « Je vous réveille ». Ceux qui n’ont pas pu écouter l’émission, il vous suffit de m’envoyer un mail et je vous l’expédie en fichier son.
 
«  (…) Imaginez l’histoire !... Mettez un jeune Américain à la place de Gilda, un bel Américain, style surfer, sur le ponton, tous les matins !… Eh ben, je l’aurais suivi sans hésiter, moi aussi !... Par amour, je l’aurais suivi !
Francesca : je préfère te savoir avec Salvatore, ma petite Ornella ! Tu es bien mieux avec Salvatore, crois-moi !... Je le connais, c’est un gentil garçon… Ton surfer, laisse-le où il est ! On ne part pas avec le premier venu !
Carolina : on ne part pas ! Surtout si on croit aimer !... C’est le pire des pièges, Gigi !
Francesca : (Ironique) Gigi l’Amoroso, « croqueur d’amour, oeil de velours, comme une caresse !... » Tu connais la chanson ! (…) »
 
«  (…) Carolina : Francesca a raison ! Elles sont encore petites, je les connais bien : cinq ans, six ans, sept ans et huit ans… Elles viennent régulièrement écouter nos histoires, elles sont toujours au premier rang…
Ornella : mais un jour, elles ne viendront plus ! Fini le temps de la Beffana sotto le stelle !
Francesca : absolument !... Là, tu as tout à fait raison, Ornella... Les unes après les autres, elles iront traîner dans la rue, comme des chattes… A miauler après les matous… Et alors, qui va les surveiller ? (…) »
 
« (…) Carolina : (dans un registre un peu coquin pour se libérer d’un poids d’angoisse) : rappelle-toi ses jolies lèvres, ses cheveux blonds et ses grands yeux, ses petites fesses bien fermes, les bracelets luisants à ses poignets, l’élégance et l’énergie qu’il avait quand il faisait des claquettes… Quel beau danseur !... Nous étions toutes les deux vraiment folles de lui ! (…) »
 
« (…) Carolina : exactement !... Elle se lève, très solennelle. « L’essentiel, c’est de savoir trouver sa place et de s’y tenirtout au long de cette grande traversée qu’est la vie ! ». Comme c’est bien dit ! » Elle arpente le ponton. « L’essentiel, c’est de savoir trouver sa place et de s’y tenirtout au long de cette grande traversée qu’est la vie ! »… Elle a un petit rire ironique. En même temps, c’est banal, ça fait cliché… « La vie », « la traversée »… Mais ça me plaît bien !... Dit sur un ponton, ça me plaît bien ! (…) »

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 Ricordo del chipendale nella memoria della vecchia !
par Eric Bertrand publié dans : Théâtre au lycée
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Mardi 26 juin 2007
« (…) Salvatore : (mimant son compagnon) : « tu as la peau douce Gilda ! Du sel sur les lèvres et des vagues sur le corps ! Je suis loin du ponton ! Tes yeux sont des phares !… » Et l’autre ! « La mer, la brise, le sirocco… Oh, c’est trop drôle ! »… »
 
« (…) Gigi : si tu savais l’impression forte que tu m’as faite la première fois ! Tu as fait sauter les ampoules !
Gilda : c’estfou comme le courant passe entre nous, c’est moi ton groupe électrogène (…)
 
« (…) Salvatore : à l’heure de la sieste, tout le monde est couché et cherche la fraîcheur au fond des chambres.
Ornella : cet après-midi, chiche, je fais le mur et je descends te rejoindre sur la plage. Mes parents n’en sauront rien.
Gilda : viens savourer avec moi les grosses pastèques roses et juteuses qu’on fait exploser sur le sol pour les ouvrir ! (…) »
 
« (…) Salvatore : tu aimes bien faire la conversation avec les marchands de fruits ?
Ornella : je prends mon temps quand je fais le marché !
Gilda : jouissons l’un de l’autre le plus longtemps possible !
Gigi : autant que tu le désires !
Ornella : je traîne au café. Je remets du sucre dans ma tasse. Je suce le bout de la cuillère.
Tous : ciao, Carolina, ciao Francesca !
Francesca et Carolina : (intriguées par « l’Americana ») : ciao, ciao, ciao !
Francesca tourne autour d’elle, la scrute.
Carolina : on vous a aperçus tout à l’heure…
Francesca : elle aussi « inspecte » Gilda sous toutes les coutures, avec un soupçon d’indécence. Elle, c’est « l’Americana » ? On l’a aperçue aussi, mais on ne la connaît pas !
Gigi s’empresse de faire les présentations (…) »

Eletricità ! HPIM1336.JPG
par Eric Bertrand publié dans : Théâtre au lycée
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