La scène 5...A l'origine, elle constituait une seule scène avec la suivante : c'est la relation de John Sinclair avec son père et son frère. C'est un moment de grande cruauté au cours
duquel le spectateur va comprendre pourquoi Le Master of Caithness a fait enfermer son fils au cachot de Girnigoe et sa compagne Fiona dans le donjon d'Ackergill.
Silhouette inquiétante que j'ai davantage remodelée à l'occasion de la réécriture de la scène, celle du frère cadet, William. C'est un lecteur de Machiavel dont l'ambition est masquée. Beaucoup
plus brutale et directe est l'ambition de Sinclair, le Master.
Face à ces deux monstres, John et Fiona paraissent bien innocents et purs dans leurs emportements qui les a conduits à la situation dans laquelle ils se trouvent. Frustration,
souffrance... D'autant qu'à la scène suivante, William décide de durcir encore le châtiment...
Avant la scène 5 qui m'a donné beaucoup de fil à retordre (j'y ai travaillé trois heures hier), un mot de la petite scène 4. Elle offre un monologue, celui de john Sinclair dans son cachot. Le
spectateur découvre ainsi le château de l'intérieur et son malheureux héros, supplicié, celui qui a écrit la légende de Girnigoe. C'est aussi le thème de la pièce écrite par Ronald (il s'agit
bien d'une réécriture de la légende et non d'une transcription!). Le personnage de John est joué par Max, il offre un miroir troublant à ce personnage marqué par la fatalité.
On verra dans quel sens cette pièce offre une double jeu de miroirs, de mise en abyme pour employer une expression du domaine pictural (phénomène facile à comprendre si on regarde une boite de
vache qui rit...) : celle de "Macbeth" mais aussi celle de la situation réelle à laquelle sont confrontés les différents personnages impliqués. (Max, Heather, Ronald, Sheumas, Lou)...
Scène 3... L'entrée en scène du maître donc... Etrange personnage que ce Ronald. Il entre flanqué de Rebecca (à qui il rend hommage) et de Sheumas. Il annonce son projet de pièce mais d'abord
tient à lancer le ceilidh en demandant à l'ex Lady Macbeth de réciter la fameuse tirade.
Le pub vibre de chant de menace et le ton de la pièce est donné. Ronald flatte tous ces gens du Caithness présents ce soir là, il leur demande de retrouver le sens de l'histoire et de la légende
puis il laisse la place au texte de théâtre.
Les comédiens sont en place. Seule Rebecca pose sur la scène son regard d'acier.
C'est la question des volumes qui est passionnante chemin faisant et qui prend beaucoup de temps : les contours d'un personnage prennent du volume et ce volume oriente les "charges" de tous les
autres. Ce qui oblige à opérer des mouvements spiralés dans la création. C'est vraiment là le coeur de la création, ce qu'il y a de passionnant. Du coup, je ne respecte déjà plus mon engagement
d'une heure par jour (tant pis pour les autres travaux en cours!), je ne peux résister à l'attraction et j'avance avec une frénésie particulière vers ce terme qui se dérobe.
Un mot donc sur la scène 2 qui a été retravaillée : comme je connais parfaitement la fin, je continue dans le double langage des sorcières cette fois-ci puisque ces trois complices (Lou, Diana,
Suzy) jouent aux sorcières, elles tiennent un double langage au couple d'amoureux qui vient d'entrer dans le pub (Heather et Max) et cette scène (comme quelques autres où règne le double langage)
sera vraiment à relire quand on connaitra le dénouement. (D'où l'intéret de "lire" du théâtre dont de trop nombreux lecteurs doutent !)
Mais stop pour "le jeu" : le "maître" entre en scène (scène3), c'est lui qui "ouvre" officiellement le ceilidh... et il a pris ce qu'on appelle "la grosse tête" !
L'acte un pose donc les grandes bases. J'ai commencé la reprise de l'acte 2 qui se passe dans le pub du "black cat". C'est là que va avoir lieu le fameux ceilidh au cours duquel Ronald va
demander aux comédiens de sa troupe de jouer un extrait de sa pièce...
Scène un, on retrouve nos trois sorcières. Elles tuent le temps et, à l'initiative de Lou, qui fait tourner les verres, se lancent dans un grand numéro jubilatoire pour le spectateur. Ce qui
continue de se jouer dans cette scène, c'est aussi le va et vient entre la fiction et la réalité. Allusion pour la première fois à John Sinclair, héros malheureux qui sera incarné par Max...
Cet acte étant celui du ceilidh, il sera aussi celui de la musique et, pour cela, il me faut aménager des espaces libres. C'est au cours de l'échange avec les musiciens (en septembre) que nous
prendrons des décisions.
Scène 2, revoilà Max et Heather qu'on a croisés à Girnigoe à l'acte 1. Au fait, j'ai trouvé un lien qui permet au lecteur de visualiser le décor que j'ai en tête : http://www.darkisle.com/g/girnigoe/girnigoe.html
Fairy tree (Black Isle)
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