La première a eu lieu dans l’après-midi devant les lycéens. Ils étaient préparés, avertis une
nouvelle fois qu’il ne fallait pas troubler le travail de concentration. Ils ont été bon public et, je crois, se sont laissé entraîner vers l’Écosse. Rien n’a cloché du point de
vue technique. Notamment, l’utilisation du vidéo projecteur, maîtrisé par Liliane, n’a pas posé problème. Bien au contraire, les images projetées et distillées sur la scène ont
joué leur fonction.
Les comédiens étaient transcendés comme à chaque fois. Rebecca avait des accents
déchirants. Sheumas ne mâchait pas ses mots. Il les faisait tomber comme des tranchants sur la gorge de son frère. John, pathétique dans son cachot, trouvait le
bon hurlement. Ronald, machiavélique à souhait, tournoyait autour de ses victimes. Heather trouvait des accents d’un romantisme bouleversant. Les
sorcières, plus hystériques que jamais, faisaient un numéro exceptionnel. Les musiciens, chanteuses, claquettes ensemble collaboraient, de façon à rendre le spectacle encore plus
magique, poussant plus haut la note et la vibration du tragique. Les techniciens ont trouvé les bonnes lumières pour souligner les atmosphères. Ils ont su accompagner les acteurs
jusqu’à la fin, ils ont même pensé, comme je le leur avais demandé au dernier moment, de mettre le disque de Run Rig. Beaucoup de cornemuse là-dedans, c’était l’élément qui manquait en effet.
Florian, notre caméraman, était dans la salle : il a assisté à la première répétition du matin, celle qui avait pour but de fixer définitivement les choses. À la fin du
spectacle, il s’est montré satisfait, il promet le montage dans les 15 jours à venir.
Nous surfons sur le commentaire envoyé aujourd’hui par Elfi… merci Elfi de ces mots-là, c’est tout
à fait cela la leçon du théâtre et je laisse méditer les acteurs, les musiciens, toute la troupe et ceux qui sont de passage sur ce blog.
"Go to the Ceilidh !"
par Eric Bertrand
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Civilisation écossaise
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"Yeux rouges et paupières jaunes... Ma, tu n'as pas dormi de la nuit" ! J'emprunte cette formule à Lou pour indiquer dans quel état se trouve la plupart d'entre nous... Je les ai croisés hier,
j'ai eu l'occasion d'échanger quelques mots ou regards, c'est à chaque fois l'impression d'un secret qu'il va falloir dévoiler au grand jour, des yeux battus, la mine défaite, le témoignage d'un
sommeil agité de cauchemars... Des spectateurs agités, des trous de mémoire, des partenaires incapables, l'orage sur la scène, le texte qui se dévide sans l'acteur comme une bobine de fil...
Nous nous sommes donné rendez vous à 10h00 mais les musiciens encadrés par Alain s'installent dés 9h00. Jenny et Françoise s'occupent d'abord du pique nique et des dernières nécessités liées aux
programmes (500 programmes ont été tirés hier, il reste à les plier), il faut aussi acheter les carnets de souche pour les entrées, prévoir un fond caisse... Je rejoins Liliane pour installer le
vidéo projecteur et nous serons sur la scène dés 9h00 nous aussi pour les dernières mises au point avec les techniciens et le caméraman qui découvre le spectacle. Une petite répétition est prévue
à partir de 10h00, mais elle se fait sans user l'énergie. Les élèves sont impatients, les collègues aussi. Reste à ne pas les décevoir..
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Is there anybody on the stage ?
par Eric Bertrand
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Théâtre au lycée
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Avant la grande semaine qui commence, un petit détour par le carnet écossais juste pour souffler et pour retrouver cette ambiance si particulière que je me suis efforcé de
traduire dans la pièce et dans le récit.
Retour de chez Alison et Alan, arrêt aux Whaligoe steps. Lieu sauvage et tragique au même titre que
Badbea où nous nous sommes arrêtés en montant le premier jour … Un petit mot donc sur ces deux endroits trop souvent ignorés par le touriste « who is heading up to Thurso to
catch the ferry to Orkney islands and who hasn’t even a look at this part of the country ! ». Ca, c’est la phrase de David Nicholson, le gardien du lieu, « quite a
character » sur lequel je reviendrai.
Je l’ai indiqué pour le Ceilidh, et tout le drame qui s’y joue en est pénétré, l’Écosse est marquée par le
sentiment du tragique et la mémoire mélancolique de lieux où le temps semble s’être figé dans l’espace immuable…
C’est d’ailleurs ce que signifie bien la sentence de Rebecca : « Cet endroit saigne la vérité
brute. La lande est mauve, le vent souffle dans les bruyères, la falaise est abrupte, l’océan gronde et le désespoir est partout autour de nous ».
On the way to Caithness, going down to Badbea...
par Eric Bertrand
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Civilisation écossaise
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Parution conjuguée de plusieurs articles à la fois dans la presse locale (Ouest France,
Télégramme, Courrier Indépendant) mais aussi, ce qui est un signe, dans le bulletin des Sinclair (ci-jointe la couverture que je trouve superbe, avec la photo du
Highlander armé de la claymore, dressé devant une anfractuosité de Sinclair Girnigoe.)
Je viens de revoir Alain au Moulin à sons pour d’ultimes mises au point lumière, (lui aussi est de
nature anxieuse !), donné mon accord pour le contrat avec le caméraman qui va filmer mardi (ce qui rajoute un degré dans la nervosité liée au spectacle)... Tout semble donc
prêt pour le jusant. Vogue la galère !
Chacun des acteurs de ce spectacle profite de l’opportunité du long week-end pour se ressourcer
avant l’épreuve. Nous partons respirer de l’iode près de l’Atlantique jusqu’à dimanche soir. Rendez vous donc à lundi !
Sinclair newsletter is out for "the Ceilidh" !
par Eric Bertrand
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Civilisation écossaise
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Les élèves sont passés dans les classes. J’ai expliqué la pièce à tous ceux que j’ai en cours. Les collègues, de leur côté, ont fait la même chose et tout est prêt pour que la
représentation se déroule dans de bonnes conditions. Il reste cependant à inviter le public à la plus grande concentration.
Liliane et Jenny ont travaillé mardi sur les documents que l’on va distribuer à l’entrée, de façon à ce que ceux qui
découvrent le spectacle soient informés de la difficulté relative liée à la mise en abyme. Je viens de remettre au point une notice explicative essentiellement axée sur la
pièce : avant de tenter de mettre en ligne le fameux document (sans doute un peu lourd), je joins cette notice inspirée du quatrième de couverture mais largement adaptée dans sa deuxième
partie.
« Le grand metteur en scène et auteur Ronald Mac Donald qui vient de
connaître un immense succès pour son interprétation du « Macbeth » de Shakespeare entraîne sa troupe dans une nouvelle aventure théâtrale dont il a conçu le diabolique
scénario.
C’est dans les Highlands qu’il réunit ses comédiens, et plus précisément dans le Caithness, à Wick et sur le site de la Baie des
Sinclair où se dressent les deux châteaux hantés de Sinclair Girnigoe castle et d’Ackergill Tower…Dans ce cadre à la fois grandiose et tragique, la troupe va devoir jouer la
pièce « le ceilidh », écrite par Ronald : le machinateur (qui médite un odieux projet) y a mis tout son art et sa duplicité.
Châteaux hantés, sorcières et green lady composent les éléments légendaires de l’histoire locale dont il s’est inspiré pour attirer ses comédiens
dans un jeu où la réalité finit par rattraper la fiction. Nous sommes au XVII° siècle. John Sinclair, condamné par son père, le sinistre Master of Caithness,
agonise dans son cachot de Girnigoe. Sa fiancée, la princesse Fiona, elle aussi emprisonnée dans le donjon d’Ackergill Tower, à 500 mètres de là, se jette du haut de la tour. Tous deux se
rejoignent pour l’éternité… Et cette éternité là fait les affaires de Ronald… »
A flying spirit over Sinclair Girnigoe. Just have a look on the new web site :
par Eric Bertrand
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