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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

Lundi 30 avril 2007
Pour ajuster le jeu des acteurs, j’ai observé le comportement des Siciliens qui pratiquent une langue doublée d’une gestuelle au sud de Naples comme me l’a confirmé mon ami Gaetano... En voici des exemples courants (qui font partie du spectacle de la rue…) et qui pourrait être utilisés par les comédiens afin de renforcer leurs allures siciliennes.
             (Les doigts et la paume des mains sont à la base de toute cette gestuelle symbolique) :
-          Pendant que Gigi prend le café au bar, appuyer l’index sur la joue et effectuer un quart de tour avec le reste de la main. Cela implique qu’il savoure ce qu’il boit.
-          Quand Gilda passe dans la rue, les deux garçons s’extasient… La paume de la main tourne en même temps que le bras. Cette rotation lente d’hélice de ventilateur implique une admiration teintée d’ironie.
-          Quand Gigi s’interroge sur le ponton : les doigts sont serrés, le coude est plié, et effectue un mouvement de haut en bas. Cela suggère l’interrogation, l’indécision du personnage…
-          Je ne dirai rien de la gestuelle de l’automobiliste qui ajoute une touche supplémentaire au caractère baroque déjà évoqué à propos de la circulation en Sicile. On évitera au spectacle une complaisance à l’outrance et à la vulgarité. Sur ce chemin la, l’automobiliste français n’est parfois pas loin d’avoir trouvé la pente sicilienne…
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Spettacolo nelle vie...
par Eric Bertrand publié dans : Civilisation sicilienne
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Dimanche 29 avril 2007
En cette période de Pâques, c’est évidemment Semaine sainte en Sicile… Dans les cités, grandes et petites, agitation dès le matin. La procession va avoir lieu… On sort le corps du Christ supplicié, visible au travers d’un catafalque porté par un cortège d’une dizaine de personnes, dont la plupart sont âgées. Deux Suisses, en grande tenue, le soutiennent sur leurs épaules à l’aide de longues barres transversales. Une petite statue de la vierge suit quelques mètres, puis une foule compacte, noire sous la nuit et le vêtement...
              Les visages sont graves, recueillis. S’élève une longue psalmodie que reprend la musique funèbre jouée de façon lancinante par la fanfare. Entre deux sections de la promenade, la procession évite soigneusement les deux bars du coin de la porta Messina où, vespa effrontée, circule une musique beaucoup plus prosaïque.
              Soudain, elle s’immobilise devant le bureau de tabac qui ferme son rideau de fer. Où sont donc passées nos « saintes à la procession » ? Porta Palermo et Porta Messina, la procession passe. Les quelques adolescents et adolescentes, solidement encadrés par les aînés, défilent aussi consciencieusement, le regard parfois conquis par l’élan collectif et spirituel de la cérémonie, souvent contrits « dans des habits puant la foire et tout vieillots » comme l’écrit le jeune Rimbaud à qui « la Mère Rimbe » imposait des grimaces « pommadées ».
Musica sacra e musica profana...
par Eric Bertrand publié dans : Civilisation sicilienne
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Samedi 28 avril 2007
Reprise du reportage sicilien aujourd’hui… On se souvient de la remarque moqueuse d’Ornella qui s’adresse à Tiziana et à Lauredana :
 
« (…) Ornella : n’exagérez pas toutes les deux ! On dirait que vous êtes des saintes à la procession ! Elle ne fait de mal à personne après tout ! Et puis… (Elle montre l’horizon d’un geste évasif) c’est au large !... Pas sur la plage ! (…) »
 
Ou de celle de Gigi qui dit à leur propos :
 
« (…) Gigi : (il parodie les trois filles) : Tiziana, Lauredana, Ornella, modèles de sagesse et de bon comportement ! Les parangons de vertu !... Tu vas voir ! On va les mettre à l’épreuve ! Secouer leurs principes !... Tu te souviens de l’histoire de la Befana sotto le stelle ? On va faire tomber les armures !... Moi, c’est comme ça que je la comprends la légende d’Angelika ! (…) »
 
              Ces éléments du texte renvoient directement à une réalité en Sicile : la présence du culte religieux et la vitalité de certaines pratiques rituelles… Je reviens demain sur l’évocation d’une procession dans les rues de Santo Stefano.
Stai tranquilla, c'é la processione...
 
par Eric Bertrand publié dans : Civilisation sicilienne
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Vendredi 27 avril 2007
         Dans les murs de l’établissement commence à se répandre le bruit de la représentation du mardi 22 mai. Comme c’est devenu l’usage, ne viendront que les élèves « préparés »… Avant de reprendre à partir de demain le fil de mon reportage sicilien, voici un projet de présentation de la pièce pour les collègues. C’est aussi le contenu du cours que je pense faire en première et en seconde.
 
Présentation de la pièce « le Ponton » : 22 mai et 2 juin (Palais des Congrès et au Moulin à Sons).
Guide à l’usage de la préparation de la pièce
 
I. Présentation de l’atelier (rappel) :
L’esprit de l’atelier : écriture théâtrale + Auteur de langue étrangère + Pratique des claquettes + Musique (élèves de l’Ecole de Musique) + Voyage : (Etats-Unis, Ecosse, Sicile) + Réflexion sur la mise en scène : http://www.atelier-expression-artistique.com et http://genese.over-blog.com
 
II. L’histoire :
-          C’est le début de l’été : comme le veut la tradition, les deux conteuses, Francesca et Carolina, surnommées « les Befana sotto le stelle » racontent aux enfants une légende : celle d’une étrange marionnette, Angelika…
-          Parallèlement, un parfum de scandale flotte dans le pays depuis l’arrivée à Torremuzza (sur la plage, au-dessous de Santo Stefano) d’une Américaine, fille d’un réalisateur : Gilda Ferrari. Elle dispose devant chez elle d’un ponton où elle va « trôner ».
-          Le ponton attire la convoitise des garçons du pays, (Gigi et Salvatore) qui veulent entrer en contact avec l’Américaine et faire leur expérience de l’amour.
-          Afin de tenter le tout pour le tout, et de les mettre à l’épreuve, ils donnent rendez-vous au ponton aux filles qu’ils connaissent (Tiziana, Lauredana, Ornella).
-          Mais le ponton est un lieu brûlant et magnétique qui n’est pas seulement un espace de jeu…
 
III. Lieux et ambiance
-          Les lieux : Santo Stefano di Camastra (Palermo – Messina)
-          La mentalité sicilienne : traditions, ferveur catholique, importance de la famille, des relations aux aînés. Influence du milieu sur les comportements : soleil, montagne, volcan, terre (séïsmes, éruptions volcaniques…) « Chez nous, il neige du feu » : Lampedusa, le Guépard.
-          Variété des paysages : mer, volcan, montagnes, îles, vestiges de civilisations qui ont marqué le visage de l’île… Phéniciens, Arabes, Grecs, Normands, Romains…                
 
IV. Les personnages.
-          « L’Americana » : Gilda Ferrari, l’indécente jeune fille sans tabou. L’étrangère.
-          Le clan des Siciliennes : Tiziana, Lauredana, Ornella, trois amies marquées par leur éducation mais Ornella veut s’émanciper. Tiziana est amoureuse de Salvatore mais n’ose pas « s’épanouir ». Lauredana est très rigide.
-          Les deux garçons siciliens : Salvatore, le plus jeune et puéril, amoureux d’Ornella. Gigi, dix-huit ans.
-          Les « Befana » : Carolina et Francesca sont deux sœurs qui ont repris la tradition de conteuse de leur mère. Leurs spectacles sont agrémentés de pas de claquettes. Cette influence leur vient d’un vécu « secret » qui se révèle peu à peu au cours de la pièce.
 
V. La mise en abyme de la fable
-          L’histoire d’Angelika : elle est destinée à entretenir la tradition sicilienne, à faire rêver les enfants mais aussi à les faire réfléchir…
-          Une fable sur l’adolescence : la difficulté de grandir, de changer de peau, de briser le carcan des traditions.
 
VI. La valeur expérimentale du ponton
-          Un espace de rencontre : le lieu de retrouvailles des personnages.
-          Un lieu d’expériences uniques. Lieu de vérité et de révélation. « Tiziana : (…) Au moins, ces planches ont le mérite de jeter le grand jour sur la vérité de chacun d’entre nous (...)”
-          La scène du monde : une métaphore de la vie. « Carolina : (…) Dans le fond, le ponton, c’est la jeunesse, le temps, la vie qui passe (…) »
 
Conclusion :
-          Un hommage à la Sicile : (gens, paysages, civilisation, langue, chanson : Paolo Conte, Celentano, Testa, Cocciante, Zucchero)
-          Allusion à un auteur sicilien : Pirandello. « (…)Francesca : Je revois la scène, le jour de mon retour… C’était comme dans un conte de Pirandello… Il faisait très chaud, le sirocco soufflait… Pour me faire plaisir, elle m’a proposé un plat de polenta pour le dîner et des cédrats de Sicile (…) ».
-          Fonction de la version narrative : approfondissement de la personnalité des personnages, description et analyse des paysages, restitution de l’atmosphère, réécriture de certains passages.
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Il teatro nel traffico...
par Eric Bertrand publié dans : Théâtre au lycée
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Jeudi 26 avril 2007
              La conjonction des musiciens et des comédiens opère peu à peu, mais ce n’est pas sans difficultés que nous partageons la scène. Beaucoup de monde, d’instruments, de larsens, de sensibilités diverses… On interrompt souvent pour accorder un instrument, fixer un morceau, guider un chanteur… Les comédiens ne retrouvent plus les conditions de jeu habituelles, ils sont perturbés, obligés d’attendre sur la scène ou en coulisses, ou dans la salle que le morceau soit réglé. « L’Italiano » ne démarre pas ! « Gigi l’Amoroso » ne trouve pas la « note bleue » ! Paolo Conte piétine… Et puis par moments, la magie prend, un air en suspension, un enchaînement particulièrement réussi, une complicité entre le texte et la musique, le comédien et le musicien… Image oasis qui donne une image rêvée du spectacle à venir…
              Nous n’en sommes pas là, il y a, à l’issue de cette répétition (et dans la perspective des nombreux fériés qui s’annoncent…), nécessité de fixer des rendez-vous et de jouer à la fois « dissociation » et « conjugaison » des deux groupes. Je propose aux comédiens deux rendez-vous pour « redonner la priorité au texte » : jeudi 3 et jeudi 10 à partir de 19h30 au Moulin. A ce rendez-vous s’en ajoute un autre avec les musiciens qui promettent de se rôder d’ici là, le samedi 12 mai à partir de 13h00 au Moulin. A ce moment, les choses devraient avoir progressé…
Musica sulla barca...
par Eric Bertrand publié dans : Civilisation sicilienne
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