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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

Samedi 31 mars 2007

Depuis le début de l’écriture même de la pièce, j’avais idée de terminer le spectacle sur la note poétique du beau texte de Gian-Maria Testa qu’on trouve dans son album « Gli amanti di Roma ». C’est un hommage à la vie, aux couleurs, à l’un des aspects que véhicule la fable d’Angelika…

 

« (…) Aussitôt, et comme mus par une force surnaturelle, les habitants de la ville coururent chercher tout ce qui faisait couleur : du vin, des fruits, des fleurs, et des peintures… des peintures de toutes les couleurs ! Peintures vives comme l’amour, pourpres, roses, jaunes, vertes, bleues… »

 

               A ce moment, je dirai le texte en italien, écho au texte en gaélique de l’an dernier. Et ce sera le mot de la fin pour l’atelier à Loudéac…

 

« Sono belle le cose, belli i contorni degli occhi e icontorni del rosso

Gli accenti sulle a, lacrime di pagliacci, le ciglia delle dive le bolle di sapone,

Il cerchio del mondo è bello, l’ossigeno delle stelle e la poesia dei ritorni,

Di emigranti e isole, cercande l’invisibile : l’appartenenza

E bello il fuoco e il sonno e il buio petulante gola dei fantasmi

E il brodo primordiale padre nostro che cola in questi nomi… »

 

« Elles sont belles les choses, beaux les contours des yeux et les contours du rouge

Les accents sur les a, larmes de Pierrot, les cils des divas, les bulles de savon,

Le cercle du monde est beau, l’oxygène des étoiles et la poésie des retours,

D’émigrants et des îles, cherchant l’invisible : l’appartenance.

Beau est le feu et le sommeil et la nuit pétulante, gorge des fantômes

Et le bouillon primordial notre père qui coule en ces noms. »

 

HPIM1753.JPGFiori, frutta, pitture, tutto cio che tingeva colore... 

par Eric Bertrand publié dans : Civilisation sicilienne
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Vendredi 30 mars 2007

L’une des raisons d’être de cet atelier trouve sa justification au sein du projet d’établissement puisqu’il s’appuie sur l’idée d’ouvrir les élèves de Centre Bretagne au monde extérieur. Depuis le début, la représentation crée l’événement en fin d’année scolaire. Le spectacle est ouvert à toutes les classes mais il suppose que chacune l’ait anticipé auparavant. C’est la raison pour laquelle il y a toujours dans mes pièces une référence plus ou moins explicite à un élément du « programme » de lettres ou de langue. « Macbeth » l’an dernier, Pirandello cette année… Voici donc le mot que je viens d’adresser à tous les collègues afin qu’ils puissent intégrer la pièce à leur progression… 

 

Spectacle de l’Atelier d’Expression Artistique

 

MARDI 22 MAI, entre 13h30 et 16h00. Palais des Congrès

 
Cher (e) collègue
 

              Pour la dernière année (mutation oblige !), l’Atelier d’Expression Artistique s’apprête à donner son prochain spectacle les 22 mai et 2 juin prochains. Une séance « lycéens » est programmée le 22 mai au Palais des Congrès à partir de 13h30 : la durée est environ de deux heures trente.

              Elle propose une première pièce inspirée du livre de Franck Pavloff, « Matin brun », mise en scène par Fabrice Chabreiron, et une pièce intitulée « le Ponton » qui nous amène en Sicile. Comme c’est le cas depuis 2003, les lycéens musiciens du Moulin à Sons participent également à ce spectacle. C’est donc l’occasion d’un bon moment de partage et de culture qui est offert dans le cadre de cette après-midi aux accents pirandelliens.

              Il est toutefois nécessaire, pour apprécier et respecter le travail réalisé, d’obtenir un « laisser passer » : aussi un temps de préparation est exigé de la part des élèves qui souhaitent venir au Palais des Congrès. Les deux textes fournissent pour les collègues de lettres de bons exemples de fables : l’une sur le nazisme (Matin Brun), l’autre sur l’adolescence et le choc des cultures (Le Ponton). Le livre, paru chez Aléas, est disponible au CDI et le site de l’atelier fournit les informations nécessaires à la bonne appréhension de la pièce. http://www.atelier-expression-artistique.com

              Les élèves ont, en outre, pu régulièrement réfléchir sur les enjeux du texte et de sa mise en scène à travers un blog : http://genese.over-blog.com              

              Enfin, les comédiens de la troupe du lycée se proposent également d’intervenir dans vos cours pour présenter leur travail. Pour tout renseignement, n’hésitez pas à me contacter.

 

"Stasera, un spettacolo unico ! C'est l'été sicilien qui recommence...

(Photo Nino, Sicilia)

par Eric Bertrand publié dans : Théâtre au lycée
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Jeudi 29 mars 2007
Une bonne répétition mardi soir, même si le filage complet que j’espérais n’a pu s’achever… J’ai voulu revenir sur le travail de certaines scènes, profitant de la bonne réceptivité des comédiens et de leur meilleure maîtrise du texte.
              L’acte un fonctionne bien. Jenny a mis au point la chorégraphie « provocation » avec Coralie, et cela lui donne de l’aisance dans les déplacements, notamment quand elle s’avance vers la table des garçons. Il y a un échange de regards appuyé qui dure huit temps.
              Les commères perfectionnent leurs airs de gallinacées : je leur suggère de donner des coups de bec au moment où elles embêtent Ornella.
 
« (…) Tiziana : elle adresse un clin d’œil à Lauredana et provoque Ornella : Qu’est-ce que tu dirais, toi, si, par exemple, Salvatore se mettait à la reluquer celle-là ?
Lauredana : oui, parfaitement ! Elle s’exprime dans un registre parodique. Si Salvatore descendait jusqu’à la plage avec son caleçon blanc et son beau vélo, pour poser à l’horizon son bleu regard si romantique…
Tiziana : si Salvatore descendait de son vélo pour aller prendre un bain... Lui qui, soi disant, craint l’eau tiède !
Lauredana : si Salvatore se mouillait un peu les cheveux, lui qui porte toujours son peigne à la ceinture pour arranger les mèches folles…
Tiziana : si Salvatore……..(...)”
 
              Enfin, la scène sur le ponton entre Tiziana et Salvatore gagne en qualité. Salvatore parvient à troubler sa rigide partenaire et Marion trouve assez bien le moyen de le faire percevoir au public, d’autant que Ronan devient plus entreprenant. Comme le fait remarquer Liliane, reprenant une expression anglaise : « she lets her hair down »… Au propre comme au figuré…
 
« (…) N’importe ! Toi, tu es venue jusque là… Alors, regarde vers le large, Tiziana ! Respire enfin ! Est-ce que tu sens, comme moi, ta poitrine qui se gonfle et tes yeux qui se dilatent… (Il lui ébouriffe les cheveux) Comme ça, ça te va mieux ! Ça te donne un air sauvage à tout faire craquer ! Embarquons-nous, Tiziana ! Tes cheveux se soulèvent, ta bouche est humide… »
 
              Fabien (ex-comédien dans le Gainsbourg et le Loft) est venu nous voir ce soir et trouve ce spectacle encore plus « osé » que les autres, et il ajoute que les comédiens maîtrisent bien leur jeu et n’ont vraiment pas froid aux yeux…
Attenti giovanni ! (Photo Nino)
 
par Eric Bertrand publié dans : Théâtre au lycée
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Mercredi 28 mars 2007
Et s’il y avait, dans le récit des Befana, un personnage qui, comme on l’a vu, annoncerait le destin non plus de Gigi, d’Ornella ou même de Carolina jeune, mais des deux Befana … A la relecture du passage suivant, je propose ce rapprochement  et le livre à votre sagacité…
 
« (…) Francesca : elle va voir ce que Carolina a dessiné et revient, l’air perplexe.
Alors, je continue !… Le matin suivant, une vieille femme qui ramassait des coquillages trouva l’armure sur la plage. Quand elle voulut la ramasser, toutes les pièces du métal se disloquèrent sous ses doigts et s’envolèrent comme des pétales dans l’air léger…
 
              A la manière d’une Befana, « la vieille femme » collecte… Ainsi, cette « envolée de pétales dans l’air léger » serait une métaphore du conte et du message qu’il diffuse à la façon d’un pollen ! D’autant que, dans la légende d’Angelika, ce sont les pétales qui créent la vie dans la ville de Santo Stefano…
 
« (…) Carolina : elle déplie un manuscrit jauni et se met à lire.
Une pluie de pétales s’abattit ce matin-là à Santo Stefano di Camastra, provincia di Messina… Aussitôt, et comme mus par une force surnaturelle, les habitants de la ville coururent chercher tout ce qui faisait couleur : du vin, des fruits, des fleurs, et des peintures… des peintures de toutes les couleurs ! Peintures vives comme l’amour, pourpres, roses, jaunes, vertes, bleues… Soleil, mer, passion, frénésie. Les hommes et les femmes riaient et s’embrassaient, et aussitôt, tous les enfants, garçons et filles, armés de pinceaux, se mirent à peindre, à peindre partout, sur les assiettes, sur les verres, sur les cruches, sur les plats, sur les murs des maisons, sur le pavé des rues, sur les trottoirs, sur les galets de la plage… La céramique était née dans la ville de Santo Stefano di Camastra (…) »
Ragazzi e vecchi sulla piazza... (Photo Nino, Caltagirone, Sicilia)
 
par Eric Bertrand publié dans : Civilisation sicilienne
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Mardi 27 mars 2007
J’ai rendu visite mercredi dernier à un ancien collègue de maths devenu éditeur. Matheux littéraire et artiste qui, à ses heures perdues, joue de la mandoline au sein d’un groupe de musique local. Avec Daniel, autre collègue de physique, Jean interprétera trois morceaux pendant le spectacle : « la tarentelle », « Gigi l’amoroso » et « Bella Ciao »…
              C’est un réel plaisir de retrouver cet ami avec qui, il y a quelques années en salle des profs, nous parlions littérature. Avec lui, j’avais notamment accompagné deux classes à Guernesey pour un pèlerinage sur Victor Hugo
              Il m’a confié avoir beaucoup aimé « le Ponton » et sa perspicacité d’éditeur me reproche une chose, c’est d’avoir négligé de donner au lecteur une indication à propos de « la Befana sotto le stelle ». Je le dis maintenant (mais je crois l’avoir indiqué dans les premiers articles qui concernent la gestation de la pièce) : la Befana est en Italie un personnage légendaire qui apparaît à la période de Noël…
Mandolina...
par Eric Bertrand publié dans : Civilisation sicilienne
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