Je dénonçais hier la
politique budget et, à la lecture d’un article du blog de mon ami Louis Lepioufle, je dénonce comme il le fait la politique sexy. http://powolicu.wordpress.com/
Cela rejoint bien l’idée de la relativisation des idées et de ce que contient le mot à la mode de « peopolisation ». Il ne s’agit plus de penser juste ni de répondre aux vrais
problèmes, il s’agit plutôt de faire illusion et de jeter de la poudre aux yeux, poudre sexy si possible.
Cela me
rappelle un extrait d’un roman que j’apprécie beaucoup et que j’ai souvent nommé dans ce blog : Fahrenheit
451 de Ray Bradbury. L’auteur imagine une société future dirigée par une dictature. Les livres et les auteurs sont traqués. L’Intelligence a cédé la place à la Bêtise et les
citoyens s’accomodent de la futilité la plus absurde, témoin ce passage du début de la deuxième partie qui met en scène trois femmes :
- J’ai voté aux dernières élections comme tout le monde et je n’ai pas caché
que c’était pour le président Noble. Je crois que c’est un des plus beaux présidents que nous ayons jamais eu.
- Il faut dire que celui qu’ils présentaient contre lui …
- ça, il n’avait rien de terrible, le genre court sur pattes, aucun charme,
l’air de ne pas savoir se raser ni se coiffer correctement.
- Quelle idée ont eue les autres de le présenter ? On ne présente pas un
nabot pareil contre un grand gaillard. En plus, il parlait entre ses dents. La moitié du temps je n’entendais pas un mot de ce qu’il disait. Et les mots que j’entendais, je ne les comprenais
pas !
- Et bedonnant avec ça et pas fichu de s’habiller de façon à dissimuler
son embonpoint. Pas étonnant que Winston Noble ait remporté une victoire écrasante. Même leurs noms ont joué. Comparez dix secondes Winston Noble et Hubert Hoag et vous pouvez prévoir presque les
résultats. ( Note de l’éditeur : « Hoag » fait penser à « hog » : porc, verrat)…
Jack, on the route again (fin) : la petite Mexicaine.
J’ai pour habitude en cours d’aborder le
théâtre en fin d’année. J’ai donc commencé à œuvrer dans ce sens et à « essayer », avec des élèves en effectifs réduits, des extraits de mes pièces : choisir des passages qui
conviennent aux « petits » n’est pas chose aisée et, avec le regard du prof de collège, je me rends compte davantage du côté sulfureux et
parfois injouable par des gamins de 11 à 13 ans de certaines de mes scènes.
J’ai cependant retenu
l’une d’elles, extrait de Jack on the route again, le moment où le jeune Jack, novice de la route, se
lance dans l’aventure et où il rencontre une jeune fille plus expérimentée que lui qui lui donne une leçon d’auto stop.
C’est un succès
total ! Les sixièmes se battent pour jouer, rigolent de l’apprentissage de la délinquance par Jack, des expressions comme « t’aurais pas pris du bide toi, à force de rouler dans ton
camion ? » Les cinquièmes réclament une quatrième théâtre… Bref, on constate chez les collégiens une ferveur quelque peu diminuée chez les
lycéens. Mais quel désordre dans leur façon de jouer… Rien d’étonnant quand on côtoie leurs excès au quotidien. Cela constitue en tout cas un bon signe pour l’an prochain, si toutefois je
suis encore au collège.
Jack, on the route again (4) : départ de Jack
Je n’ai jamais eu l’habitude de défiler derrière des banderoles, ayant un peu horreur des
slogans et des foules.
Mais un article de blog peut
faire banderole…
Au lendemain des grosses
manifestations, je ne comprends toujours pas qu’on soutienne l’idée qu’il faille supprimer des postes, qu’il faille aligner la politique de
l’Education sur une politique du chiffre et du budget. Cela me ramène un peu à ces vieux et inutiles débats qu’on tient épisodiquement avec des élèves au sujet de l’utilité de la Poésie ou de la
Littérature… A quoi ça me sert ? Est-ce rentable ?...
Il y a quelques années, le linguiste Claude Hagège lançait un cri d’alarme à propos des langues qui meurent tous les jours et qui enlèvent, par doses homéopathiques, une part d’intelligence à l’humanité. Plus récemment encore le linguiste Claude Duneton déplorait « la mort du
français »…
Supprimer des options, réduire
les sections, contingenter les filières, n’est-ce pas aller dans le même sens et porter encore plus atteinte à l’Intelligence et à l’Esprit ?
Dans un monde de plus en plus formaté, mondialisé, quelle portion congrue dévolue à la variété et à la richesse des échanges !
Dans l’une de mes pièces qui se proposait de « revisiter » l’univers d’Orwell, (Loft History 2084) je m’inquiétais contre le danger de certaines
émissions de télé (comme le « loft story » de l’époque) et j’en dénonçais notamment par la voix de mes « lofters » les effets pervers
sur l’intelligence et la culture. On peut dire que depuis, les choses ne se sont pas arrangées et que les star’ac et autres programmes ont projeté aux devants de la scène une nouvelle génération « d’académiciens ».
Me trouvant (j’ai envie de dire
« par erreur » dans un poste d’enseignement au collège) mon impression en est encore renforcée dans la mesure où je suis au contact des plus
jeunes, ceux qui sont les « enfants de la télé ».
Quelle mission de Don Quichotte que de brandir cet étendard de la Belle Phrase et des Belles Lettres devant
une majorité de zébulons dont les références sont quasi exclusivement héritées de la pub et de la société de consommation ! (L’autre jour encore, un texte de La Fontaine mentionnait le mot « carrefour » et l’un de mes teenagers m’a demandé avec la meilleure foi du monde et du fond de ses grands yeux
lavasses : « C’est la grande surface ? »).
Et cela sans compter la tendance actuelle de l’enseignement, j’y reviens demain …
Jack, on the route again ! (2) : rencontres.
Pour ceux qui suivent ce blog, je consacre cet article à l’un de ses grands
chapitres : le Goncourt des lycéens. Un courriel m’est parvenu au sujet de l’opération à laquelle j’avais activement participé il y a maintenant
deux ans.
J’avais évoqué dans un article
le DVD que le réalisateur du film avait eu la gentillesse de m’adresser en avant-première. Le film était en effet passé sur FR3 Bretagne mais je
n’avais pu la voir.
Tous ceux qui souhaitent la retrouver
ou la découvrir peuvent obtenir des renseignements via le lien suivant : Je suis heureux de vous annoncer que le film "LE GONCOURT DES LYCEENS" est désormais disponible pour tous les
professeurs de collège et de lycée dans le catalogue de l'ADAV. www.adav-assoc.com Il est aussi
disponible à l'achat sur la boutique en ligne de la production : www.aloest.com/boutique
Jack, on the route again ! (1) : on the road...
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