Après environ une heure trente de film (avec quelques longueurs il faut le dire), l’histoire se corse…
Slimane a fini de retaper le bateau et l’a fait remorquer par un thônier quai de la République… Les enjeux sont lourds au moment où le restaurant ouvre ses portes : toute la
petite communauté des amis s’est réunie pour tenter de convaincre les gens importants de la viabilité du projet. Cuisine, service, danse, musique…et tous les moyens du bord !
Pour réussir le pari, il faut investir, il faut des prêts, des autorisations, un dédale de difficultés à
surmonter. Le couscous est prêt, les tensions entre les collatéraux sont à peu près apaisées… Tambourin, danse, beaux vêtements, danse du ventre, ambiance orientale, tout semble devoir
réussir devant les invités venus nombreux se laisser surprendre au rythme du repas…
Mais il y a quelque chose qui déraille. L’un des
fils a déraillé et s’est tiré avec la voiture sans savoir que dans le coffre
couvait la semoule pour cent
personnes ! Et on n’est plus loin d’une situation de crise qui m’a rappelé le drame du « Tennessee Club » : j’y reviens demain !
NB : un nouvel extrait du "Ponton" disponible sur you tube :
http://fr.youtube.com/watch?v=FhVr19dU9SE
par Eric Bertrand
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Le mulet n’est pas ce sympathique quadripède qu’on imagine au début d’un roman de Laurent Gaudé mais
ce poisson qu’on pêche à Marseille… Il sert en tout cas de vecteur et de métonymie au titre de ce beau film de Kechiche. J’avais voulu voir sa dernière production parce que je suis en train de
mettre au point une séquence de travail à partir du premier film de ce réalisateur : « l’Esquive ». Je reviendrai prochainement sur ce travail, mais je souhaitais
m’exprimer un peu sur « la graine et le mulet » que je viens de voir au cinéma.
Le mulet, métonymie parce que sa figure, comme celle de la graine, renvoie à tout ce qui fait le charme du film :
convivialité du couscous et des convives présents à la table, valeur des choses simples qui nourrissent et qui assurent le lien social, capacité à oublier, ne
serait-ce qu’un instant, le poids de la réalité.
Le film raconte le projet fou d’un personnage d’origine maghrébine, Slimane, 61 ans, licencié des chantiers navals à
cause de son âge et de la lenteur d’exécution de son travail. Avec le soutien de ses enfants et de son ex-femme, de sa maîtresse actuelle et de sa belle-fille, il transforme un vieux
rafiot en restaurant à couscous… et tout le film converge vers ce moment intense de la soirée d’ouverture… Quelques images pour ceux qui le souhaitent sur le lien suivant :
par Eric Bertrand
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Cette aventure du film est donc palpitante du point de vue l’écho qu’elle a produit sur moi, par rapport à mon vécu et à par rapport à
mes livres : j’ai déjà évoqué « la Route » et « le Ceilidh », il faut aussi souligner l’évidence de la dette aux deux Jack (London et Kérouac) que j’ai
manifestée dans mon écriture de « Jack, on the route again ! ».
On se souvient que dans cette aventure théâtrale, j’avais suggéré à mes élèves écrivains d’écrire à partir de
Kérouac… A la vérité, j’ai fourni une grosse partie du travail à commencer par la lecture appliquée des grandes œuvres de Kérouac. « Sur la route » et « Les Clochards
célestes ». Voilà pourquoi on trouve dans la pièce des extraits (adaptés !) des « Clochards » dont la fameuse tirade d’un beau personnage baptisé Iris :
« Pourquoi compter avec la société et vivre parmi les moutons de Panurge ? La société est pourrie par l’économie industrielle. Se barder de diplômes, travailler, produire,
consommer, travailler, produire, consommer… Et tout ça pour servir d’un jour à l’autre de chair à canons au Vietnam ! Mais barrons-nous vite ! Disparaissons dans la nature rien que
pour sauver notre peau ! Après on en fera ce qu’on veut… La véritable solution serait la révolution des sacs à dos ! Ruck sack revolution ! Des milliers de millions de jeunes
Américains bouclant leurs ruck-sack et prenant la route, escaladant les montagnes, pratiquant la bonté, donnant l’image de la liberté par leurs actes imprévus... »
En souvenir de cette joyeuse troupe, je renvoie le lecteur à l’extrait de film proposé sur Daily Motion :
http://www.dailymotion.com/relevance/search/eric%2Bbertrand/video/x2cbg5_jack-on-the-route-again_creation
Dans « Into the Wild », on n’est pas à l’époque beatnick, mais l’analogie reste forte… Et la
bande son du film s’y prête assez bien :
http://fr.youtube.com/watch?v=kJB02JWp5Oo&feature=related
par Eric Bertrand
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J’évoquais hier la fascination pour le « wild ». Il y a également les rencontres qui renvoient à des
réalités vécues sur la route. Celle de tous ces adultes qui expliquent qu’il faut rester fidèle à ses parents, qu’il faut profiter de la jeunesse mais aussi songer tôt ou tard à
s’installer : « settle down my son… » Combien en ai-je côtoyés au cours des lifts que j’évoque ?
Et puis, il y a cette rencontre avec les hippies qui sont aussi présents dans mon livre à travers la silhouette
mélancolique de Nathan avec qui nous passons une journée jusqu’à l’arrivée en Californie. Comment ne pas mentionner la figure de Samantha, la jeune fille de Philadelphie
tombée amoureuse et que j’ai laissée derrière moi un peu dans des conditions similaires à celles d’Alexander ?
Et
puis la débrouille et le plaisir qu’évoque Alexander,
"never so happy than the time when you are
penniless »… Les petits boulots pour empocher quelques dollars, les moyens du bord pour se laver (un jet d’eau fera l’affaire… belle scène dans le film)...
par Eric Bertrand
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La seconde motivation
L’Alaska, pour Alexander Supertramp, c’est l’évasion, la quête de l’imaginaire. L’Ecosse, c’était à mes yeux le
« grand-nord », loin des grandes villes, Edinbugh ou Glasgow et même Inverness, l’Ecosse des Highlands et d’Ossian, l’Ecosse gaélique…
Je ne vais pas refaire le
blog que j’ai tenu au moment où j’ai écrit « le Ceilidh », mais il y a tout cela
si le lecteur se reporte aux pages écrites il y a deux ans…et aux photos qui illustrent ce blog. Tout se tient, même les dernières pages de « Pour y voir Clerc »…

, plus profonde et directement liée à la précédente, c’était pour moi aussi l’appel du « wild »… qu’on trouve en souche dans « la Route » mais aussi dans la suite
immédiate à ce voyage.
Je savais qu’à mon retour des Etas-Unis, je partirais pour le Caithness. Que je n’aurais qu’une dizaine de jours pour me retourner… et par conséquent,
pendant que j’effectuais le voyage américain, j’avais déjà en perspective, le voyage écossais…
L’Ecosse jouait pour moi le rôle de l’Alaska du film.
par Eric Bertrand
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