« Journal du 15.06 :la fille du réalisateur ne sera pas sicilienne, mais américaine.
Pourquoi américaine : parce que le personnage fait ainsi la transition avec l’univers anglo-américain que j’abandonne, et parce qu’ainsi, elle incarne, davantage encore, l’aisance et le
luxe. Elle portera un nom plus fortement connoté : Ferrari (à cause du luxe dans lequel elle vit) et Gilda (à cause du scandale qu’il y a dans son attitude
et de l’enivrement qu’elle produit chez les hommes).
Dans l’acte 1, il me faut trois autres adolescents qui incarnent la jeunesse du pays (plutôt
des filles pour qu’il y ait une relation amoureuse avec Gigi et Salvatore) »
Le personnage de l’Américaine est en effet un virage important dans la création de la pièce dans la mesure où il
permet de mieux faire sentir la différence entre les deux mondes et cette espèce de fascination répulsion à l’égard des étrangers que j’ai moi-même notée lorsque j’étais en
Sicile. Gilda, c’est avant tout « l’Americana »… et elle dérange, d’autant plus qu’elle est belle et indécente.
Petite pause atlantique aujourd’hui et demain, pause bien méritée après ces semaines intenses d’écriture ! A
lundi, donc !
Attenzione ! C'é l'Americana sul pontile !
par Eric Bertrand
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Civilisation sicilienne
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« Journal des 14 et 15.06 :autre scène qui
se joue au bar du centre du village. Il y a Salvatore, qui prend son café sous le soleil et puis vient Gigi qui essaie de le secouer en
l’entraînant au ponton, parce qu’il s’y passe des choses plus intéressantes.
Mon but est de mettre en scène l’ambiance de rue, l’après-midi, en Sicile, quand le
soleil tape et engourdit la vie ! C’est l’apparition foudroyante d’Ornella qui décide Gigi à accepter de descendre à la plage. »
Gilda mise à part, on note l’inversion des
personnages : Gigi, c’est finalement celui qui est au bar et Salvatore, celui qui le rejoint. Les deux garçons ont un an de différence...
Gigi, 18 ans, fils d’un marchand de céramiques, Salvatore, 17 ans, fils de l’épicier.
A prossimita del bar...
par Eric Bertrand
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Civilisation sicilienne
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« Journal du 12.06. C’est en écrivant, en les écoutant parler que je construis mes personnages
et que le cadre se met en place. Je tiens un personnage. C’est une fille. Elle s’appelle Ornella. Une espèce de « Vénus sortant de l’écume ». Je pense
à ce tableau parce que j’ai choisi comme cadre la Sicile et le village de la céramique que je connais bien : Santo Stefano di Camastra. Les
artisans locaux représentent souvent sur leurs objets en céramique des figures de la mythologie. La jeune fille est figée dans la représentation. Elle incarne tout à la fois la
volupté et la langueur sicilienne. Elle va sur le ponton tous les matins, elle se délecte des sensations de la naissance du jour et de sa propre naissance. Elle se confond avec
Narcisse.
Autre scène qui découle de la précédente, un peu plus tard, sur le ponton, une artiste en céramique,
Carolina. Elle arrive au ponton de façon assez folklo (composition comique). Elle vient là pour chercher l’inspiration mais sa copine (Françoise bien sûr !) a
retrouvé sa trace, elle s’appelle Francesca, elle a du mal à se hisser sur le ponton.
Les deux femmes sont de vieilles amies. Elles ont un sens artistique commun, partagent la même extravagance.
La scène est insolite, tire vers le comique du fait des propos échangés (une certaine violence dans l’amitié)… Elle permet aussi au spectateur d’identifier les deux
personnages : Carolina, artiste céramiste, Francesca, conteuse. Toutes les deux aiment la scène, elles ont pratiqué les claquettes. Le troisième personnage
(la jeune fille) est identifiée : il s’agit de la fille d’un réalisateur palermitain : Ornella Osnato. »
Informations qui ont été vérifiées, à l’exception du personnage d’Ornella : en fait, elle
s’appelle Gilda Ferrari, et est américaine (la Californie revient !)…
par Eric Bertrand
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Civilisation sicilienne
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Je commence donc à tourner les pages du journal de l’été et aujourd’hui, il est question des premières
images qui me sont venues avant l’écriture. Je constate que je les ai effectivement conservées, notamment Angelika, figure qui revient souvent dans mes écrits puisqu’on
la retrouve aussi sous une autre forme dans « Les Nouvelles pour l’été » (celle qui est consacrée à Baudelaire… « Ange plein de gaîté… »
par Eric Bertrand
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Ecriture et réécriture
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