La scène 4 marque la fin de l'acte de présentation : on y découvre, dans le même cadre de nature sauvage et élémentaire (falaises, mer, châteaux en ruines), les deux personnages clés du drame :
Ronald, le metteur en scène de "Macbeth" et auteur de la pièce qu'il va présenter au ceilidh et Rebecca, sa maîtresse, actrice de tempérament jaloux et exalté.
La scène marque le ton du tragique avec la menace du suicide de cette femme blessée qui est prête à tout pour garder le pouvoir. Les pensées de Ronald sont inquiétantes et il puise son
énergie dans la folie de Lady Macbeth qu'interprêtait à merveille Rebecca.
Il y a donc dés cette scène, un va et vient ambigu entre la fiction du personnage de Lady Macbeth et la réalité de l'actrice qui l'incarnait. Cette ambiguité touche aussi Ronald qui aspire
visiblement à une autre vie et qui a les moyens de les réaliser...
Tous les personnages sont campés à la fin de cet acte, en même temps que le décor qui doit faire l'objet d'un soin particulier dans la mise en scène : comme l'an dernier avec les quatre ou cinq
diapos tirées de mon voyage aux States (visible sur le site du théâtre à la page du Tennessee : http://www.atelier-expression-artistique.com ), je compte sur les ressources de la projection qu'offre le Palais des Congrès pour souligner la
beauté dramatique de quelques unes de mes plus belles dias de Girnigoe Castle, à l'Est de Wick, Caithness.
Dans "la relecture" de la pièce qui est aussi et surtout "recomposition", je progresse scène après scène. Je pourrais aller plus vite mais j'ai d'autres "marmites sur le feu" et m'impose de ne
pas travailler au "ceilidh" plus d'une heure trente par jour.
La première scène était du genre "romantique", au pied des deux châteaux qui servent de cadre au drame qui va se jouer. La scène 2 m'amenait à mieux définir le personnage de Sheumas évoqué hier,
la scène 3 nous met en présence des trois sorcières qui jouent un rôle essentiel dans "Macbeth" et dans la pièce.
Elles étaient, dans la première version, indifférenciées et participaient à une sorte de choeur diabolique au cours duquel elles se mettaient dans une sorte de transe. Plus intéressant est, dans
le travail de recomposition, de les différencier, notamment du fait que l'une d'elle joue un rôle essentiel dans la suite de la pièce. L'intéret est de nature psychologique, dramatique mais aussi
comique. Car telle est bien la fonction de ces agents de la tragédie : le rôle des bouffons...
Lou, originaire du Brésil, Suzy, la plus jeune et la plus puérile des trois et Diana, sujette à des humeurs et passablement encline à la cigarette et à l'alcool. Ce qui produit un cocktail
détonnant dans leur première scène collective... La scène 4 demain.
"Le Ceilidh", c'est donc probablement le titre de la prochaine pièce. La référence à "Macbeth" n'est plus en effet qu'une vague référence dont émergent surtout les personnages des sorcières, le
tempérament de Lady Macbeth et quelques citations.
Tout le reste ouvre sur une intrigue policière avec un effet de surprise finale. Je n'ai pas voulu écrire un texte trop long mais au contraire favoriser la tension dramatique. Tout se jouera dans
l'espace d'une douzaine d'heures concentrées sur deux actes et un épilogue.
J'aborde une facette que j'affectionne partcilièrement dans la création : la travail des angles, de la masse, des aspérités. "La créature" est engendrée, il reste à la façonner, à considérer la
fin pour reprendre le début, à nuancer certains caractères, à modeler des personnages, à épurer l'écriture. Ainsi, un personnage va-t-il jusqu'à changer de nom : celui qui s'appelait William et
qui avait une vingtaine d'années devient-il Sheumas. Il a la cinquantaine. Ses relations avec Ronald sont essentiellement du domaine du "business". Autre changement, la dynamique des
personnages...
On entre là dans des choses un peu plus spécifiques : les différences entre les moyens multiples d'exprimer la cause ou la conséquence, ou les gammes de la prononciation par exemple. Les sons
nasaux posent problème aux étudiants étrangers...
Plutôt qu'un long cours de phonétique ou de grammaire, un travail sur une scène de théâtre est intéressant à mener. Il n'exclut pas bien sûr un tel préambule mais il le complète. Il donne surtout
le plaisir de revenir sur des difficultés dans le contexte jubilatoire de la scène arrangée pour les besoins de la cause...
Par exemple, la scène au cours de laquelle un couple se déchire à cause de certaines raisons qu'ils énumèrent... Chacun possédant évidemment sa propre vérité.
Des occasions en tout cas de réconcilier avec le théâtre les plus rétifs . Au lieu des traditionnels exercices hors contexte, la scène offre aux difficultés qu'ils rencontrent un champ
d'expérimentation stimulant. Toutes ces scènes ont été regroupées dans l'ouvrage destiné à la parution chez Ellipses. Il me reste malgré tout un bon mois de travail pour unifier le tout.
Mais le grand événement de ces derniers jours (mardi 22 exactement) j'ai fini le scénario d'ensemble de "Macbeth" et ce sera le thème des jours à venir.
Je pourrai reprendre l'an prochain le travail mené cette année aux côtés des étudiants étrangers... Cette annonce m'a été faite la semaine dernière et confirme que la
majorité d'entre eux ont apprécié cette activité. Ce ne sera pas un cours obligatoire mais une option, (deux heures hebdomadaires), ce qui me permettra de n'avoir parmi eux que les
plus motivés.
Dans ces conditions, l'idée d'un spectacle de fin de semestre s'impose. Et pour un spectacle, il faut un texte à jouer... L'idée que me suggéraient certains d'entre eux, c'était celle qui
consitait à écrire une pièce mettant en scène les difficultés rencontrées par les étudiants étrangers en France.
Lors de la soirée internationale, j'ai parlé plus directement avec eux et j'ai pu vérifier que la vraie difficulté, c'est celle de la langue. Et notamment la langue des jeunes. Ainsi je
tenais le sujet de ma pièce (écrite dans la journée du 14.06 dernier) : il s'agit d'une comédie "cadavre de langue vivante". Par le biais des mésaventures de cinq étudiants étrangers (trois
garçons et deux filles), je souligne les dangers de la langue zéro de la rue...
La précédente, "la mousse et l'eau de vaisselle", écrite le 5.06, évoquait les difficultés financières et la nécessité de trouver de petits jobs. Elle montrait aussi la difficulté
d'exprimer des sentiments et de trouver l'âme soeur...
Ces deux pièces sont intégrées au travail que je m'apprête à proposer aux éditions Ellipses. Mais il me reste à organiser l'ensemble de l'ouvrage... J'y intègre aussi de petites
variations qui reprennent divers aspects liés à l'apprentissage linguistique, on voit lesquels demain.
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