J’ai indiqué récemment que j’avais mis en chantier un nouvel ouvrage. En général, je travaille beaucoup à partir
de mai-juin, quand la pression baisse dans les établissements. Mais des circonstances malheureuses (une mauvaise chute du haut d’une échelle) m’ont amené à exploiter une période
de « temps libre » (dix jours d’arrêt) pour commencer à me pencher plus sérieusement sur le projet. J’ai donc sérieusement repris la plume depuis le 15 janvier et je noircis
les pages.
Mon idée consiste à dresser une image de l’univers du collège et j’ai ces jours-ci occupé ma réflexion à
définir
le personnage principal. J’ai bien avancé et je m’avance à présent vers la définition d’une intrigue…
L’une des dernières réactions de lectrice m’amène à un retour et à une réponse… Cette lectrice se disait
étonnée de découvrir ces lignes d’hommage au chanteur écrites par un homme. Dans le livre, il y a Marco, le cousin qui habite à Metz et qui éprouve la même attraction pour Julien
Clerc. Insensiblement, il passe de Johnny Halliday (idole de son père) à Juju…
L’un des axes de « travail » dans ce livre qui s’efforce, comme son titre l’indique, à un
effort de lucidité, c’est précisément de comprendre pourquoi ce chanteur-là (et pas un autre) à un moment donné (janvier 1971), s’est imposé à ma jeune conscience (je n’étais alors qu’un
petit garçon insouciant, aimant les jeux et les confitures…) Et parmi ces raisons, j’ai trouvé que Julien, par ses textes et sa façon d’être, incarnait certaines aspirations
(masculines ?) : passion, goût de l’aventure, soif d’idéal, romantisme dans sa relation au monde et aux femmes (ce que j’ai retrouvé un peu plus tard à travers Souchon, « L’amour
1830 »…
Je me suis identifié à lui, j’ai laissé pousser mes cheveux, tapissé ma chambre de posters, me suis intéressé à la
poésie pour tâcher de comprendre ses textes, j’ai commencé à regarder les femmes autrement, à
vouloir « la Californie », et là, on est dans le bouquin !
Prendre son livre et en faire la promotion, c’est parfois comme
prendre un baton de pellerin et avancer sur un sentier semé d’embuches… Non que je sois un doux rêveur, un illuminé marchant « sous le ciel muse et j’étais ton
féal ! ». J’ai passé ce temps où je croyais que la parution d’un livre m’ouvrirait la porte dorée des librairies et des hauts-lieux du Livre.
Simplement, début janvier, j’ai poussé la porte d’une librairie de La Rochelle pour y
proposer une séance de signatures. Le directeur de la librairie m’a donné son accord de principe et je vais faire le nécessaire pour que tout se passe bien mais il a en même
temps tenu à dresser un noir bilan de ce genre de démarche à notre époque.
Le « happening signature » n’a plus l’impact qu’il avait dans les
années 70. Nous sommes à une époque où les « people » ont tout banalisé et il me citait le cas récent d’un auteur rochelais très connu et très suivi dans la presse qui n’a réalisé que
trois signatures lors de sa venue.
Alors maintenant, je sais tout et je peux me préparer moralement à la
déconvenue annoncée. Nous en sommes restés là. A suivre !
En réponse au commentaire récent de Fred qui s’inquiétait de savoir pourquoi des chansons comme « A
chaque jour » ne figuraient pas dans « Pour y voir Clerc », je dois une petite explication. Magnifique chanson en effet que « A chaque jour »…
Et il y en a beaucoup d’autres que j’ai dû « sacrifier » au moment des choix… Par exemple
« Terre de France », « chanson pour mémère », « dans mon cirage », « Heureux le marin qui nage », « les aventures à l’eau »,
« barbare », « nouveau big bang », « le cœur volcan », « quatre heures du matin », « ballade en blanc », « Quand femme rêve »,
« des mots d’ailleurs », « Sonnez crécelles jouez violons »… La liste serait longue en 30 ans de chansons…
Ma réponse est simple : je me suis limité en fonction de deux axes, d’abord la
vraisemblance : le support fictif est, je le rappelle « une cassette C90 », 90 minutes de chanson et de mémoire, ensuite et surtout, j’ai voulu montrer dans mon choix que
les chansons de Julien constuisaient un destin…
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