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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

Jeudi 28 juin 2007
             Avant de revenir dès demain sur « les joies de la télé réalité », un petit retour sur l’interview que m’a consacrée mardi matin Patricia Martin sur France Inter… Vous avez d’ailleurs été nombreux à réagir par téléphone ou mails (quelques exemples en vrac : « j'adore vos deux voix, elles forment une complémentaire musicale », « interwiew très poignante, je me suis levé spécialement pour enregistrer, et franchement je ne le regrette pas », « Vivant et cela donne envie de lire sans toutefois dévoiler le livre … », « j'ai écouté : interview dynamique, journaliste aux questions pertinentes… un bon moment… bravo !  et vive l'été !
 
              Un plaisir de dialoguer avec cette animatrice qui sait à la fois lire et écouter, et commenter les propos avec une distance humoristique. J’avais notamment été sensible à la pertinence et à la sensibilité de son point de vue à l’occasion de la sortie d’un roman que j’aime beaucoup de Laurent Gaudé « le Soleil des Scorta » qui, si le lecteur ne l’a jamais eu entre les mains, mérite une attention particulière (le cadre de l’intrigue se situe dans les Pouilles, au Sud de l’Italie ; on y retrouve des accents siciliens, ce qui, on le comprendra, ne gâche rien…).
              Les animateurs de l’émission littéraire « le Masque et la plume » se moquaient un peu facilement du début du roman où l’on voit un personnage monté sur un âne arriver dans un village de montagne sous un soleil écrasant. Rien de comique ni de burlesque là-dedans et les animateurs riaient niaisement de la scène. La seule à en parler intelligemment, c’était Patricia Martin.

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Estate...

par Eric Bertrand publié dans : publication
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Lundi 14 mai 2007
              Le dernier salon du livre après une série qui a commencé en 1998 avec Black Polaroïd et l’aventure de Colette If du Loup des Acqs. À cette période, j’avais un stand indépendant et des élèves écrivains puis acteurs m’entouraient. Puis, il y a eu Chaussée de la Madeleine de Proust, Jack, on the route again sous le même label. Enfin, le théâtre a relayé… l’idée était toujours d’assurer une animation sur le stand : musique, lecture de textes, petits gâteaux même à l’occasion.
              Mais depuis trois ans, je suis chez Majuscule, encadré par des collègues écrivains. Je vois circuler toute la journée les visages loudéaciens, des collègues, anciens et nouveaux, des élèves, des comédiens de la troupe élargie du temps qui passe, des amis... L’occasion de reparler à chaque fois de destins ou de livres. J’en ai six séries devant moi et je suis toujours étonné de la diversité des demandes… ce n’est pas le seul Ponton qui attire les gens mais encore et toujours la Route, la poussière, le sable ou encore les Nouvelles pour l'été, le Ceilidh et autre Tennessee Club. Les motivations des lecteurs sont variées, « pour compléter la collection », « pour partir à l’aventure », « faire un cadeau » …

              On parle aussi beaucoup du spectacle à venir. Certains ont déjà acheté le livre et vont le relire avant le spectacle, d’autres préfèrent attendre de voir avant de lire, d’autres encore ont lu la version narrative mais souhaitent découvrir complètement la version dramatique. D’autres encore me reconnaissent parce qu’ils m’ont simplement vu dans le journal. Je rappelle le rendez-vous, est-ce besoin de le faire sur ce blog, le 22 mai et le 2 juin prochains.

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Tempo per parlare coi lettori...

par Eric Bertrand publié dans : publication
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Mercredi 10 janvier 2007
J’ai parcouru les Misérables en trois jours, notamment réfléchi sur le chapitre « Javert déraillé » qui pose la question du « gouffre » et de la conscience, constamment à l’ouvrage dans ce roman. Valjean a fini par coincer Javert ! Et Valjean est le produit d’une conscience qui renvoie à Dieu, ce que Hugo appelle « le On qui est dans les ténèbres ».
              De beaux chapitres sont consacrés à Jean Valjean tout au long du roman et il est intéressant de les approfondir. J’aborde le 29.12, Notre Dame de Paris. C’est le personnage de Quasimodo qui attire d’abord mon attention et la façon dont Hugo le présente à l’échelle de l’édifice qu’il habite. Ce surdimensionnement est celui qui marque aussi bien le monstre Gwynplaine que le héros Gilliatt. J’achève le survol le 30.12, et je trouve entre l’archidiacre Frollo (visage d’André Cuny qui a terrorisé mon enfance, en contrepoint à celui tellement charmant de Gina Lolobridgida !) et Gwynplaine des similitudes intéressantes.
              Je reviens dans la foulée au roman Quatrevingt-treize, le dernier que je dois reparcourir avant de m’attaquer à l’écriture proprement dite (mais j’ai déjà noirci de nombreuses pages de notes et le plus dur sera de mettre de l’ordre là-dedans et de ne pas excéder les vingt pages demandées. Fin du survol de reconnaissance de Quatrevingt-Treize : une réflexion sur les trois figures de héros qui se disputent le tournant historique, monarchie, république, Terreur.
              A partir du 3.01, je reprends l’Homme qui rit et les Travailleurs de la mer que j’ai bien en tête et je travaille à la rédaction avant la reprise des cours qui, c’est une chance, sont prêts, mais ça, je l’avais anticipé !
 
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Ursus, un vecchio amico !
 
 
par Eric Bertrand publié dans : publication
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Mardi 9 janvier 2007
              Rentrée hier et première réunion de l’atelier ce soir. Fidèle à son habitude, le blog va suivre les aléas et le cheminement de la mise en scène. Il sera émaillé, pour commencer, des « événements », réflexions diverses de ces vacances. Je commence par un chantier qui est en cours depuis quelques semaines et qui concerne autre chose que le théâtre
              J’avais un peu laissé de côté la lecture de Hugo depuis mes deux essais parus chez Ellipses et puis, courant décembre, le responsable de collection m’a contacté pour me suggérer de reprendre l’étude d’un aspect des romans de Hugo : les personnages… L’ouvrage à paraître est un collectif qui couvrira un pan du programme de première de l’an prochain, lequel s’ouvre enfin sur les grands romans du 19° siècle. J’ai donc remis la main sur mes romans favoris : Misérables, Notre Dame de Paris, Quatrevingt-treize, Homme qui rit, Travailleurs de la mer
              Evidemment, cela supposait un petit travail de relecture, Hugo ne fait jamais dans l’économie ! Mais j’ai de bons souvenirs et un survol m’a permis d’isoler certains passages qui me sont nécessaires pour élaborer une théorie du personnage. Je commence par les Misérables et reviens notamment sur la part d’ombre qui rôde dans ce livre, en même temps que sur la part que tient le personnage dans la réflexion historique que mène Hugo. Des personnages secondaires comme Enjolras, Thénardier, la bande à Patron-Minette, sont précieux à analyser parce qu’ils comportent des clés pour des personnages importants d’autres romans…
 
 
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Octopus nel mare !
par Eric Bertrand publié dans : publication
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Dimanche 7 janvier 2007
Avant de passer à la rubrique du jour, je signale du nouveau sur le site que Jenny vient de remettre à jour avec notamment les photos des comédiens qui incarnent les personnages du Ponton… Bonne visite au http://www.atelier-expression-artistique.com
La dernière nouvelle de ces récits est consacrée à mon grand-père, l’Italien à la mandoline que j’ai déjà mentionné. Elle est intitulée « Aimer la vie. Le dernier été » et elle rend hommage à cet amoureux de l’été qu’était aussi ce grand sportif frappé cruellement dans ses dernières années par la maladie.
              Voilà pourquoi le thème du vélo est très présent dans la nouvelle et le recueil. Il faut y lire une métaphore du cycle de la vie ! Témoins ces deux extraits qui se font écho au début et à la fin de la nouvelle, qui opposent les autres étés et le dernier été…
 
Extrait 1 : …Quand tu enfourches ton vélo, tu es un autre homme. La mécanique de tes jambes est lancée.
Plus rien ne t’arrête. L’horizon est grand ouvert et tu fonces tête baissée.
Dans ta chambre, il y a cette image de Fausto Coppi, découpée dans « Miroir du Tour ». Les épaules bien écartées, la tête dans le guidon, les fesses levées vers l’arrière comme deux grandes ailes maladroites, l’ombre du Campionnissimo plane sur ta course.
Dans les côtes, tu peines, tu es lourd. Ta référence, c’est Bartali, plus tard, Francesco Moser. Mais dès que la route descend, tu deviens terrible. Tu calcules ta trajectoire, tu coupes les virages, tu relances aussitôt.
Sous la pluie, tu es redoutable.
 
Quand tu reviens, tu hurles comme une bête sauvage. Le cri du guerrier.
Tu remets le précieux engin à sa place, tu montes une à une les marches des escaliers, tu revis le film de ton « étape » et personne ne t’écoute(…) »
 
Extrait 2 : « (…) Tu rejoins ta cave plusieurs fois par jour.
La bicyclette avec les sacoches est remisée dans un coin, derrière des piles de catalogues.
L’autre trône au milieu de la pièce noire, toujours briquée, toujours huilée. Tu lui as ménagé un autel !
Assis sur un petit tabouret, tu la regardes osciller, tu l’inspectes sous toutes les coutures, tu fais tinter la sonnette en cognant avec l’ongle de l’index. Elle t’écoute respirer.
 
Tu te lèves. Tu retires le chiffon qui protège le pédalier et tu laisses lentement tourner les pédales. Tu joues avec le dérailleur, tu changes de braquet, tu actionnes les cocotes de frein. Ca revient doucement, ça remonte du fond de toi et la pièce s’emplit d’une odeur familière.
 
Tes yeux sont apaisés. Sur le fond de mur gris, tu assistes au spectacle.
 
La roue tourne. La roue majestueuse tourne comme la grande roue de la foire de Metz, ou les aiguilles sur le cadran de l’horloge de Tambre d’Alpago !
La roue tourne, les rayons luisent, les pignons glissent et la graisse chante.
Tu caresses la surface du pneu, la gomme creuse sur tes mains des routes sinueuses, des courbes dans le matin clair, des virages et des faux plats sous la pluie, des côtes et des panneaux de pourcentage dans la brume en plein midi, des descentes vertigineuses vers le soir éclatant.
 

La roue s’est arrêtée. Tu éteins la lumière. Tu te hisses en haut de l’escalier(…) »

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Ricordo di bicicletta...
 
 
par Eric Bertrand publié dans : publication
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