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« Ballade en blanc » d’Alep à Lampedusa avec Julien Clerc

Publié le par Eric Bertrand

Tu te souviens des chansons mélancoliques de Julien Clerc...

En blanc, un décor de neige, un peu celui de « Ivanovitch » ou de « la petite sorcière malade ». En blanc « les deux yeux pâles de la femme boréale », les grands dauphins que chevauche Yann dans la grande mer du Nord. En blanc, le verglas de la « chanson pour mémère » et « le grand lac gelé dans une ville où je passais ». « En blanc, les mariages et les chimères » et blanche « la fée qui rend les filles belles »…

             Certaines des chansons de Julien Clerc ont une coloration de légende nordique. Est-ce l’effet de la voix chaude et tremblante, frileuse (que certains qualifiaient de « chevrotante ») ou de la musique envoutante comme « un attelage, un traineau » ? Les histoires de ces chansons évoquent un peu les contes d’Andersen : « la Reine des Neiges », « la Petite Sirène », « la Petite fille aux allumettes »… « Tu veux quitter l’enfance, ton enfance ne te quitte pas ! » Et tu voudrais encore y croire, « juste comme un enfant, comme un enfant », car hélas, « certains soir, il fait bon d’être un peu noir »

             Blanche Saint-Pétersbourg ma ville, et blancs les petits oiseaux sauvages. Mais blanches aussi les roches de Lampedusa et les ruines d’Alep, blanches les forteresses et l’indifférence, blanches les cités antiques sous les bombes et « blanche la mort qui sort de la bouche du fusil ».

             « Un braconnier me rapporte deux petites bêtes mortes. Elles ont du plomb dans les ailes dans les flancs et la cervelle, leur sang frais tâche la nuit, toute la nuit… »  Tu avances et tu voudrais crier. Tu invoques des cohortes de braconniers de la vie, des nuées de dauphins blancs. Tu invoques tous les « Macumbas, magies blanches et noires à la fois », des fées qui rendraient malades tous les sorciers et leurs balais brisés, des fées qui rendraient les âmes belles,  à bégayer devant son berceau

 

 

 

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