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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 08:12

« Même si les maîtres parlent et qu’on ne m’entend plus… »

Un camion est passé dans la nuit, avec son chargement de haine et de fureur,

Un camion est passé dans la nuit, sans aucun frein, sans aucun conducteur.

A éteint les feux d’artifices, les bouquets. A écrasé la lumière, le ciel bleu,

Etouffé les rires dans le soir, étouffé les voix, les étoiles dans les yeux.

Un camion fou a filé dans la nuit tendre et scintillante.

Mais sous la lune implacable, la nuit se dresse et la nuit chante.

             Tu te souviens de cette nuit et tu écoutes ce matin, sous le ciel bleu de Nice, la chanson de Julien Clerc écrite par Etienne Roda-Gil un jour de l’année 1992.... « Comme la lune fidèle à n’importe quel quartier, je veux être utile à vivre et à rêver ». Silhouettes furtives sur la Promenade des Anglais. Silhouettes meurtries n’importe où désormais, « Dans n’importe quel quartier d’une lune perdue, même si les maîtres parlent et qu’on ne m’entend plus ».

             Mais sous le ciel limpide et transparent, la voix s’élève claire et forte comme un poème ou un canon au-dessus du fracas, « à quoi sert une chanson si elle désarmée ? » Les grandes ailes noires du piano installé dans un coin frémissent et subliment les notes mélancoliques de la chanson. La voix du chanteur vibre, monte encore au-dessus des souffles, au-dessus des larmes et des yeux, enveloppe les hommes et les femmes, se soulève au-dessus de la mer, au-dessus du ciel bleu, sillonne les rues de la vieille ville, enfile les avenues, les boulevards : « même si c’est moi qui chante à n’importe quel coin de rue ». Se penche sur ces ombres qui tremblent et s’éveillent…

Ces anges sous les fleurs avec leurs étoiles dans les yeux et la baie de bonheur foudroyée,

Ces anges silencieux sous le pas des Anglais, au ralenti et le souffle coupé…

Ces anges désormais dans le soleil, en faisceaux de lumière, en cohorte toujours vers le ciel clair.

Et dans la vase des abysses, ignoble et répugnant bolide de l’enfer

Au large de la Baie des Anges,

Le camion fou s’enfonce dans la fange.

    « A ceux qui m’ont aimé, à ceux qui m’aimeront et à ceux qui m’aimaient, je veux être utile à vivre et à rêver »

Julien Clerc ; Attentats et hommage

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