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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

Vendredi 9 juin 2006
              Je profite de cette période de transition entre deux aventures théâtrales pour publier une interview qui devrait être accessible sur le web à partir du 15 juin prochain. C’est aussi l’occasion de faire le point sur la démarche que j’ai adoptée dans le processus de l’écriture : il y a sept questions qui m’ont été posées : elles serviront de base à mes articles à venir après quoi, c’est promis, j’en dirai plus sur l’an prochain et je reprendrai le fil du voyage en Ecosse et de ses révélations !
 
Qu'est-ce qui vous plait dans l'écriture ?
              J’ai le sentiment que l’écriture est un objet physique qu’il faut travailler comme un objet brut. C’est ce travail-là qui m’intéresse, celui d’une matière qu’il faut malaxer, pétrir, façonner afin de parvenir à la plus juste expression. J’avais un grand-père sculpteur, (celui que j'évoque dans les Nouvelles pour l'été, un arrière-grand-père bourrelier (son métier consistait à faire des selles pour les chevaux et à travailler le cuir). Je me souviens que, tout petit, je les regardais faire avec admiration et je me disais qu’ils avaient de la chance de parvenir à donner une si grande élégance à de la matière brute.
 
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Sunset on the loch ...
par Eric Bertrand publié dans : publication
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Jeudi 8 juin 2006
Je vous devine, au détour de ce blog : ça y est, le spectacle est terminé… Et maintenant ? L’objectif même de ce blog semble devoir se diluer alors même que les acteurs se sont déjà séparés, égarés comme un vol de moineaux, fin des cours, prépa de bac, corrections diverses…
              Et pourtant, tout n’est pas réglé avec l’Ecosse : il me reste à rassurer les inconditionnels de ce pays (et j’en connais quelques uns)… Je vais en effet continuer mon journal de voyage que je n’ai pas encore terminé. J’ai promis des révélations importantes à venir.
              D’autre part, l’aventure du « Ceilidh » n’est pas encore achevée. Comme tout livre, il vit sa propre vie. Par exemple samedi soir, à partir de 20h30, je vais animer une « conversation littéraire » au Café Poche de Dinan. J’ai déjà évoqué cette opportunité de rencontre avec les familiers de ce café qui fonctionne, grâce à son libraire, Edouard Rumel, un peu à la manière d’un café philo.
               Et puis, il n’y a pas que « le Ceilidh », il y a le reste de l’œuvre. Prochainement paraît sur le web une interview à propos du Loft. Dans les jours qui viennent, j’en publie les fragments dans ce blog.
              Enfin, l’aventure de la scène s’enracine dans cette période précieuse qui me laisse un peu plus de temps libre (ce blog a un an depuis le 1er juin dernier et ses premiers articles renvoyaient bien à « la genèse » et aux aternoiements de ce « ceilidh »). En d’autres termes, il me faut envisager l’année à venir… J’ai ma petite idée là-dessus et j’y reviens prochainement (un peu de suspense !)

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What is to come now ?

par Eric Bertrand publié dans : Théâtre au lycée
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Mercredi 7 juin 2006
Il ne faut pas attendre pareil enthousiasme chez nos élèves. Certains sont venus là avec la ferme attention du « tuer du cours ». Et puis la paresse intellectuelle de beaucoup qui achoppent à la mise en abyme s’exprime un peu trop facilement : « trop compliqué ! ». C’est vrai qu’il faut faire un effort, mais l’effort est un exercice stimulant.
              J’ai croisé des élèves qui ont adoré et qui sont revenus. Les réactions sont donc très diverses et c’est pourquoi j’ai opté pour un questionnaire sur la pièce, de façon à tirer des conclusions plus fines. Je viens d’en récolter la plupart. Quelle conclusion ?
              Ils ont aimé le jeu des sorcières, le machiavélisme de Ronald, les diapos qui « les emmènent et les font voyager », la musique, la chanteuse, les scènes violentes (« celle où Matthieu explose la tête de Ronan ! »)… Quelqu’un souligne la qualité cynique de Sheumas qui fait rire tant il est froid : par exemple, quand il avertit John au sujet de la ration d’eau et qu’il se tourne vers le public : « l’eau coûte cher ! ». Un autre signale « le rap de la sorcière ». Tous apprécient le mélange des genres (comique et tragique) et des registres : en effet, musique, claquettes, textes disent tous à leur manière quelque chose sur le sujet…
              Je finirai sur un avis de spectateur qui en dit long sur le niveau de certains de nos élèves : à la question « quel personnage avez-vous préféré et pourquoi ? », il répond : « la sorcière Diana parce qu’elle boit ! »

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The open loch at Drumnadrochit.

par Eric Bertrand publié dans : Théâtre au lycée
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Mardi 6 juin 2006
              Je consacre un nouvel article aux réactions qui sont si nombreuses et si intéressantes. Il y avait dans le public ce soir là de nombreux collègues qui n’avaient pu venir le mardi, des gens pour lesquels c’était la deuxième, et puis des anciens, Fleurette, du Loft (Bambou dans Gainsbourg et Louise dans le Tennessee), Fabien, Max dans Gainsbourg et Béta dans le Loft, et puis des jeunes qui ont quitté Loudéac mais qui ne voulaient pas manquer le rendez vous. Des adultes, des enfants qui riaient aux sorcières…
              Dans le champs des réactions, je joins le poème qu’a écrit en anglais l’une de nos collègues, je le trouve authentique et spontané, il illustre parfaitement bien ce que nous avons pu ressentir du public aux cours de ces trois représentations :
 
« On the stage / Actors and dancers / filled with passion / Of being others / Dances and choregraphies / Blackness and colors / Of others / I twas nice / To see / Wisdom and spirituality / Disorder, love and freedom / Expressed by pupils / That we saw and discovered / Spontaneous, generous / Proud in elegance / Simply marvellous / To all of you “Thank you !” / And that woman / Jennifer, the spanish one / Dancing in consideration / Rhythm, Rhythm / Gestures – liberation / Public – waiting for emotions / In partition / With music, flute and clarinet / Feminine voices / Completed with accordion / It was that woman in black / In charge of communication / Who came a witch in heaven / Embracing the stage / Venturing in our imagination / And finally / Keeping William – our master - / Alive –Alive”
 
              Je finis cette série demain, en consacrant l’article aux réactions des élèves présents dans la salle le mardi après midi et à qui j’ai proposé un petit questionnaire...

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One the pictures in the show... When Heather and John come on the stage.

par Eric Bertrand publié dans : Théâtre au lycée
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Samedi 3 juin 2006
Des larmes dans les yeux, l’appréhension de ne plus jouer le rôle et d’abandonner le cercle magique où vibrent la musique, la lumière et le texte du Ceilidh… Les acteurs étaient dans cette émotion hier soir au café, quand nous nous sommes rejoints pour un dernier pot avant la représentation. Je revenais avec quatre d’entre eux du Festival Etonnants Voyageurs de St Malo et la mer, l’ambiance de festival nous avaient un peu grisés.
              C’était sublime. Je leur ai d’ailleurs rendu un hommage appuyé à la fin du spectacle, en rappelant au public le mérite qu’ils avaient eu à rentrer si bien dans cet univers tragique. Ils ont tout donné pour cette dernière devant une centaine de spectateurs qui remplissaient la petite salle du Moulin à Sons. Ce que j’évoquais dans le dernier article à propos de l’espace s’est absolument vérifié. Quelle intensité dans cette petite salle.
              Tous les acteurs ont été un cran au-dessus. Ils disaient le texte avec une application, une émotion, une frénésie poignantes. Sélouane pleurait dans les coulisses avant d’entrer sur scène, Julie pleurait à chaudes larmes sur la scène, mais en même temps cette crise de sanglots qui lui montait dans la gorge lui a servi à transcender la voix (au point que ce que Ronald dit à Rebecca dans la scène 4 s’est vérifié : « Avec toi, je ne sais jamais si tu dis la vérité ou si tu es en train de jouer ! » Et du coup, elle a semé une sorte de panique bienfaisante autour d’elle.
              Quand tous les deux sont revenus en coulisses, ils se sont embrassés, se sont serré longuement, conscients d’avoir vécu un de ces moments magiques qu’offre le théâtre. Le spectacle continuait derrière l’écran qui nous servait aussi de coulisses. De cette position, on entendait mieux encore les musiques, on voyait les diapos défiler, on entendait le souffle du public, les rires aussi, les sorcières étaient irrésistibles, Sheumas crapule à souhait.
              Je reviens sur ce public dans le prochain article, afin de lui donner une voix et un visage.
              En attendant, nous retournons nous remettre de nos émotions en bord de mer. La fin d’un spectacle est toujours un moment si douloureux à vivre…

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We are such stuff as dreams are made of...

par Eric Bertrand publié dans : Civilisation écossaise
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