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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

Jeudi 10 mai 2007
Au lendemain d’une bonne répétition, je continue sur le thème de l’organisation (et mets pour quelques jours la Sicile entre parenthèses). L’affiche est prête pour le tirage. Pour une question de poids, je ne fais paraître que le texte mais mets en image les deux vignettes qui agrémentent l’annonce. Nous répétons à nouveau ce soir, entre musiciens. AVIS AUX AMATEURS : je viens d’avoir Raphaël au téléphone, il prévoit d’installer trois caméras et aimerait pouvoir compter sur quelqu’un de fiable pour tenir l’une des caméras. Je reviens demain sur d’autres aspects pratiques : la durée du spectacle et la « cohabitation » entre comédiens et musiciens.
 
Les troupes de théâtre
du lycée Fulgence Bienvenüe présentent
MATIN BRUN
Adaptée de la nouvelle de Franck Pavloff
Mise en scène assurée par Fabrice CHABREIRON
et
LE PONTON
Fable sicilienne en deux actes d’Eric BERTRAND
(ALÉAS Éditions)
Deux représentations à Loudéac :
 
 Palais des Congrès
mardi 22 mai à 20 h 30
Entrée 5 € / Gratuit pour les moins de 10 ans
 
*    Moulin à Sons
samedi 2 juin à 20 h 30
Entrée libre
Musique LIVE assurée par les élèves du Moulin à Sons encadrés par
Arlette GICQUEL
 

 

HPIM0106bis.jpgPuppo Angelika in pubblicita.

par Eric Bertrand publié dans : Théâtre au lycée
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Mercredi 9 mai 2007
Nouveau rendez-vous avec les musiciens aujourd’hui à partir de 14h00. L’occasion de faire un nouveau point… Le vent (sirocco ?) a tourné depuis quelque temps sur la scène. On peut considérer que les précisions concernant le travail du texte et de la scène sont globalement inscrites à l’intérieur de ce blog. Désormais, il s’agit davantage pour la troupe de trouver des occasions de travailler la cohérence de l’ensemble.
              Le véritable problème est là. Même si, jeudi dernier, sur une scène nue, (Alain le technicien étant absent, nous n’avons pu utiliser les éclairages) nous avons observé quelques failles dans le texte, pour ne pas dire des troubles liés à la « désertion de l’acte deux », les choses se remettent en place rapidement à ce stade et l’approche de l’échéance finale produit dans les esprits de chacun un bon stimulus.
               Si je fais le point maintenant, je rappelle que nous ne disposons plus que de quelques répétitions dans des conditions qui ne sont pas idéales. Aujourd’hui, il y aura la majorité des musiciens mais il manquera deux comédiennes. Demain soir, nous répétons, mais sans les musiciens. Vient enfin le mardi 15 mai qui devrait être « la générale » entre musiciens et comédiens. Apparemment, ce sera la seule, et cela est regrettable car il est toujours plus confortable d’assurer une deuxième générale avec l’ensemble du casting. Mais nous avons déjà connu ce genre d’inquiétude et l’électricité de la représentation a toujours donné le jus nécessaire...
              Autres infos importantes :
              Raphaël a appelé hier : il confirme la captation du spectacle mardi 22. Cet ancien élève et comédien qui travaille dans le cinéma (j’ai déjà parlé de lui) arrive le lundi soir avec un matériel emprunté à Rennes, il sera là toute la journée du mardi assisté d’une autre ex-comédienne qui travaille dans les arts du spectacle.
              Enfin Jenny a fini l’installation sur Power Point du diaporama du spectacle.
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Ora andiamo !
 
par Eric Bertrand publié dans : Théâtre au lycée
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Mardi 8 mai 2007
« (…) La municipalité a ouvert un nouveau terrain de camping du côté de Torremuzza…
-          Le cinéma en plein air va bientôt recommencer !…
-          Tu te souviens « Cinema Paradiso » à Cefalù ?…
-          Cefalù !… Pour moi, c’est d’abord la discothèque ! Et la plage !…
-          L’adjoint culturel nous réserve de bons spectacles de théâtre cet été.
-          Il connaît des gens hauts placés à Palerme. Deux pièces de Pirandello sont à l’affiche… »
Extrait du chapitre 2 de la version narrative
 
 
J’ai déjà mis en ligne récemment le plan d’étude de la pièce que je vais suivre dans les classes, mais je rajoute cet article plus particulièrement adressé aux sections littéraires qui réfléchissent pour le bac à un objet d’étude particulier : « écriture et réécriture »… Le Ponton constitue en effet une passerelle pour aller à Pirandello…
 
              Pirandello, auteur sicilien de la fin du XIX°. Peinture d’une société traditionnaliste, marquée par des figures pittoresques (les « Befana sotto le stelle » incarnent cette dimension-là.) Elles inventent des histoires qui renvoient à l’origine. Elles se réfèrent à la tradition des céramiques. Elles tiennent un discours passéiste.
              Impression d’étouffement dans les nouvelles de Pirandello : personnages prisonniers d’un milieu (c’est le cas des jeunes de la pièce qui n’arrivent pas à se libérer des usages et de l’éducation qu’ils ont reçue). Le cadre sicilien (paysage, société) est très présent chez cet auteur considéré comme « naturaliste », héritier de Zola, soucieux de décrire le fonctionnement de la société. Cet aspect est très présent dans le Ponton : nombreuses références au temps, aux paysages, aux usages, aux habitants…
              Enfin, explicitement dans le texte, au moment de l’épilogue, Carolina donne une clé pour le spectateur lorsqu’elle rappelle son retour auprès de la mamma après avoir commis sa « faute »
 
« (…) Carolina : elle sourit, de plus en plus émue. Je revois la scène, le jour de mon retour… C’était comme dans un conte de Pirandello… Il faisait très chaud, le sirocco soufflait… Pour me faire plaisir, elle m’a proposé un plat de polenta pour le dîner et des cédrats de Sicile… Longtemps, je l’ai serrée dans mes bras, puis je suis montée au grenier, j’ai enfilé une vieille jupe et je suis venue l’aider à préparer la polenta… Jamais on n’a travaillé la pâte comme je l’ai travaillée ce jour-là !... Je la tournais, la retournais, la tordais, et la malaxais avec acharnement (…) »
 
            « Les cédrats de Sicile », c’est précisément le titre de l’une des 365 nouvelles de Pirandello, l’histoire malheureuse d’un Sicilien amoureux d’une jeune fille devenue grâce à lui cantatrice et partie à Naples faire carrière…
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Tradizione litteraria a Santo Stefano di Camastra...
 
par Eric Bertrand publié dans : Art italien
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Lundi 7 mai 2007
Comme à chaque période de spectacle, je vais entamer, à partir de la semaine prochaine, une série de présentations de la pièce dans les classes, ceci afin de préparer nos élèves à, à la fois respecter le travail de leurs camarades, mais aussi à mieux apprécier le contenu du texte qu’ils vont entendre.
              A la différence des autres années, dans le Ponton, je n’ai pas travaillé aussi profondément dans le sens de la réécriture d’une œuvre connue. Cette démarche de nature pédagogique était, on s’en souvient peut-être, explicite dans le Ceilidh (référence à Macbeth) ou encore dans le Tennessee club (référence à Tennessee), dans le Loft History 2084 (Orwell et Huxley), Jack, on the route again (Kérouac)… L’idée était donc de donner envie aux élèves, par le biais de la pièce, d’aller par eux-mêmes, à la découverte de ces grandes œuvres.
              Avec le Ponton , la référence est beaucoup plus subtile. Il s’agit de Pirandello, auteur sicilien né à Agrigente, célèbre à la fois pour son théâtre et pour ses œuvres de fiction. En outre, Santo Stefano s’enorgueillit du fait que Pirandello ait situé l’une de ses 365 nouvelles au pays de la céramique : « la giara »…
              Je reviens sur l’auteur du célèbre Six personnages en quête d’auteur demain.
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Il tempo del Pirandello...
par Eric Bertrand publié dans : Art italien
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Dimanche 6 mai 2007
« (…) Pendant une longue semaine, le sirocco, avait soufflé, tenace sur les terres déjà brûlées de Sicile.
Ce vent tenace, chargé de sable et de poussière saharienne, descend d’Afrique. Il roule avec lui un ciel jaune, une boule de soleil blanc et des restes de cendre. Plus d’étoiles la nuit, plus de lune, plus de mer, une étendue grise, sinistre, un voyage sur un autre globe… »
Extrait de la version narrative du Ponton (chap 2)
              Chaque pays a sa « petite hantise ». Dans les Highlands, à l’honneur l’an dernier, ce sont les fameux « midges », ces moustiques minuscules qui volent en nuées et qui empoisonnent l’existence du campeur par les beaux soirs d’été… En Sicile, le fléau, c’est le sirocco
              Nos amis se réjouissent pour nous : « le temps peut être si agréable en Sicile au printemps » et en effet il l’a été. « Mais il faudra revenir en été ! L’été est si beau, la mer tellement chaude ! Il n’y a que des Français ou des étrangers du Nord pour oser s’y baigner… Mais en été, c’est un tel ravissement !... Excepté quand le sirocco se lève. Le sirocco est terrible. Il t’anéantit, te condamne à la pièce close. Tu ne peux pas sortir de chez toi, c’est insupportable et parfois, il dure, il dure… »
              Le sirocco est le vent du désert. Quand il s’abat sur la Sicile, son effet est redoutable, d’autant qu’il transporte du sable qui aveugle et qui étouffe. La lumière est pâle, la chaleur insupportable, la nuit comme le jour, et la tiédeur du souffle n’a rien de sensuel comme le voudrait l’image qu’emploie Francesca dans sa tirade sur l’éveil d’Angelika :
 
« (…) Francesca : rien ne la troublait, ni les parfums suaves des fleurs et des fruits, ni les odeurs fortes de la mer, ni la caresse tiède du sirocco qui passait dans ses cheveux et entre ses jambes. Les hommes la regardaient, lui envoyaient des baisers… elle ne se retournait pas et son visage restait de marbre (…) »
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Chiudi la porta, c'é lo sirocco !
par Eric Bertrand publié dans : Civilisation sicilienne
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