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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

Vendredi 22 septembre 2006
« Journal du 23.07 : dans la version narrative du « Ponton »,s’imposent différentes exigences : la nécessité de peindre la Sicile et l’arrivée de l’été : peinture du paysage sous le sirocco et puis sous le ciel bleu...
              Valoriser le contraste pour ne pas céder à l’image d’Epinal. La Sicile est un pays rude, austère, âpre. Montrer l’arrivée de l’été, l’agitation dans les rues et l’excitation des habitants… Les Siciliens offrent du spectacle de rue !  
              Faire circuler les potins et ainsi donner des informations sur la vie locale et notamment les activités culturelles : hommage discret à mon ami Gaetano, responsable culturel… Profiter également de ce « micro trottoir » pour poser la question sociologique : le poids de la tradition dans le village, la mentalité, le conflit avec la civilisation moderne, les rites estivaux…
              Au passage aussi, les ragots, les affaires privées dont les Italiens sont friands. Je donne la parole à des anciens qui scrutent les dessous des affaires… Notamment celle d’un Sigisbeo, histoire qu’on m’a jadis racontée d’ailleurs et qui touchait l’une de mes connaissances éloignées. J’y reviens demain… »

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Ma che succede ?

 

Rubrique Goncourt : des activités ludiques.
 
-         Fiction d’émission littéraire (invités sur un faux plateau télé, les élèves assument un rôle défini à l’avance. Chacun des intervenants se présente comme le spécialiste d’un des livres de la sélection : il s’appuie sur le contenu d’un article préalablement découpé dans le magazine Télérama : six des treize romans de la sélection.)
-         L’extrait d’interview enregistrée à la radio (un présentateur sur France Inter évoque Jonathan Littel. Les frères Poivre d’Arvor expliquent la pratique de l’écriture à deux).
-         Le « Micro trottoir » (chaque élève a préparé une phrase de réaction au livre qu’il est en train de lire. J’enregistre sur MP3 et je mets bout à bout chacune des interventions).
-         Lecture de l’article paru dans la presse l’an dernier à propos du dernier Michel Houellebecq ou à propos d’Amélie Nothomb.
-         Lecture d’articles écrits par des lycéens l’an dernier : ces articles ont été lauréats du concours des critiques Goncourt. Les élèves acquièrent une meilleure maîtrise de l’argumentation.
 
D’autres suggestions de collègues :
«Juste un mot rapide pour entretenir le contact mis en place : intéressant
ce blog et qui me conforte dans ma propre démarche.
Pour l'instant, ( je n'ai pas de blog et vais voir comment je peux
peut-être en créer un), je vous livre en vrac, en fonction de mes lectures
 et de celles de mon coéquipier,un collègue TZR rattaché  à notre
établissement et bien investi, pour conduire le bateau dans lequel nous
sommes désormais embarqués
Je travaille dans une première L et ils sont 35.  Je les ai 2 fois en
demi-classe dans la semaine.
 J'ai hier, après les premiers jours de lectures, distribué  un document
que je vous joins en pièce jointe : 2 objectifs: d'une part
 impulser un rythme de lecture car je fixe des échéances pour qu'ils la
ramènent à des dates précises  et d'autre part,  déjà ébaucher des
pistes pour une éventuelle rédaction de critique.
_Fils unique_ sera exploité pour le _biographique_  : je pense à 
l'épisode  des peignes cassés / _l'épistolaire et le libertinage_ : je
fais Les liaisons dangereuses ( je n'ai pas encore eu le temps de
réfléchir aux formes que je donnerai à ces exploitations- qui se feront
au fil de l'année et du traitement des objets d'étude), peut-être l_es
Lumières_.
_Ni toi ni moi_  m'a intéressé  pour l'intertextualité avec les
références à Benjamin Constant et /Adolphe /mais aussi  pour la
relecture du mythe d'Orphée avec une interprétation que je trouve
personnellement assez lacanienne sur le signifiant " perdre": Orphée "
perd" Euridyce : il cause sa mort comme Arnaud cause celle de la
narratrice-Hélène, comme Adolphe cause celle d'Ellénore. L'approche de
Camille Laurens d'un fiasco d'une  relation amoureuse (et  sexuelle) 
m'a paru très riche, sans doute parce qu'elle s'appuie sur ce qui dans
ces comportements convoque l'inconscient de chacun des protagonistes de
cette histoire, la relation à la mère en particulier, le langage et
qu'elle dépasse une simple narration larmoyante et narcissique.  ( à
voir là encore ce que je vais en faire )
_Ouest_ : j'en suis au moment où le héros, hobereau perturbé et rallié
aux idées républicaines de 1848, et hostile à Napoléon III tente une
correspondance avec Hugo exilé à Jersey et écrivant ses Châtiments  et
qui ne lui répond pas , tout occupé qu'il est à ce moment là à
invectiver Napoléon le petit. J'ai sollicité le collègue d'histoire pour
qu'il éclaire les élèves sur la période et une écriture d'invention que
m'a suggérée mon coéquipier serait d'imaginer une des lettres que ce
héros écrit à Hugo. Je vais distribuer à mes élèves le poème Ultima
Verba - j'ai commencé une séquence sur la poésie  même si ma
problématique n'a rien à voir avec la poésie satirique ou engagée. (ça
fera partie des activités complémentaires pour le descriptif du bac).
Je vais aussi faire bénéficier mes élèves d'un atelier de lectures
orales avec une comédienne sur des extraits qu'ils auront choisis.
 
Voilà pour l'instant où j'en suis de mes cogitations : nous nous
réunissons le collègue et moi vendredi matin pour affiner
l'exploitations de nos lectures. Je vous recontacte après.
Je trouve passionnant et motivant de travailler de cette façon……………………………………. 
 
par Eric Bertrand publié dans : Civilisation sicilienne
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Mercredi 13 septembre 2006
« Journal du 26.06 : chaque scène est reprise et fournit le cadre à une véritable réécriture. L’impression de rejouer la partie sur un échiquier dont les règles, les lignes de parcours, sont déjà tracées.
              A la scène 1, présentation de Gilda : j’accentue le narcissisme du personnage et je précise son origine : elle vient de Californie, elle suit son père, on lui cède tous ses caprices, elle est lascive et s’enivre de la situation (ponton, farniente, été, envies informulées…) Disque qui convient Zucchero : « Menta e rosmarino ».
              A la scène 2, les filles qui l’observent se positionnent par rapport à cette « étrangère » qui, de toute évidence, « dérange ». Il faut faire de deux d’entre elles, des « petites adultes », incarnant l’esprit xénophobe et l’étroitesse de pensée. Tiziana et Lauredana, qu’on voit souvent le soir assises sur le banc avec les commères du quartier… »

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I vecchi sul bancone...

 

Rubrique Goncourt : le début de « Disparaître » :
Les premières pages mettent en scène un motard accidenté. Le jeu narratif mis en place est intéressant puisqu’il alterne le regard et la voix du motard gravement blessé et les commentaires de ceux qui l’entourent. Cette double focalisation amène le lecteur a remonter le temps aux côtés de l’agonisant dont il ignore l’identité et de celui qui enquête sur lui, à savoir un inspecteur, le dénommé Pointer, qui éprouve bien du mal à cerner un individu apparemment célèbre et constamment poursuivi par les paparazzi… Idée d’exploitation pour le bac (« le biographique ») : la remontée dans le passé et le travail de la mémoire : une page au début du roman indique comment ce personnage se remémore des instants alors qu’il est en train d’agoniser près de l’arbre contre lequel il s’est brisé (volontairement ?)
 
par Eric Bertrand publié dans : Civilisation sicilienne
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Mardi 12 septembre 2006
              Petite parenthèse dans le journal aujourd’hui car le livre continue de vivre sa vie et chaque étape compte. Parlons aujourd’hui de l’objet livre…
               L’éditeur a bien reçu la version corrigée. Il me demande de choisir une couverture. Le fait est que j’y pense depuis un certain temps et que j’ai récupéré dans cette optique une série de diapositives prises notamment sur l’île de Vulcano. Je les ai fait tirer sur papier afin de les scanner.
              Elles figurent le devant d’une propriété entourée de visages en céramique. Il y en aura une pour la couverture, elle représente un visage abîmé, sorte de symbole de la confrontation entre tradition et modernité. Une autre image en liseré figurera une série de visages, un peu comme les témoins du spectacle dont il est question dans le Ponton, spectacle de la vie mais aussi spectacle de « la Befana sotto le stelle ».
 
 
La Befana sotto le stelle !
 
 
Rubrique Goncourt : naissance du projet.
              Avant de continuer le vif de l’aventure un petit mot pour répondre à ce que la question inquiète : comment cela est-il venu ?...
              C’est la fin de l’année. Les candidats au bac ont disparu des salles de classe. Ils stressent sur le bureau de la chambre, dans le calme du boudoir ou le gazon du lycée. Les premières revivent les heures (heureuses ?) écoulées en compagnie de Rimbaud, Barjavel, Frégni, Sade, l’Abbé Prévost, Des Grieux, Don Juan… Il est de pire compagnie !
              Et puis un coup de fil au CDI… « Votre lycée pourrait participer à l’opération Goncourt des lycéens »… On me communique l’information… Serais-je intéressé ?...
              Oui, sans hésiter, oui !... L’investissement est lourd pour le lycée, le risque à prendre est grand (beaucoup d’investissement aussi de la part des élèves… sont-ils capables de lire dix romans me demande finement la documentaliste…) De toute façon, oui ! Oui, parce que c’est une immense ouverture. Oui, parce que ça fait lire ! Oui, parce que c’est une chance en Centre Bretagne ! Oui, parce que j’ai déjà participé en 97 et j’en garde un souvenir éblouissant. J’y reviendrai un de ces jours.
 
 
par Eric Bertrand publié dans : Civilisation sicilienne
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Lundi 11 septembre 2006
              « Journal du 24.06 (2/2) :Par ailleurs, je reprends à présent la lecture de l’ensemble et commence par ce prologue dont la fonction est notamment de créer l’atmosphère. J’accentue donc le trait référentiel : l’allusion à la géographie sicilienne, aux lieux, à la nature (arbres, fruits), aux noms, à la céramique (il s’agit de bien ancrer la scène dans la réalité de cet endroit particulier de la Sicile : Santo Stefano di Camastra).
              Dans un but dramaturgique, je renforce également le caractère excentrique des deux conteuses. Ce sont des figures locales et pittoresques dont le Verbe doit être aussi pittoresque que le pays qu’elles incarnent. 
              Quant à la légende qu’elles rapportent, elle me convient bien et je ne la retouche plus. J’ai également trouvé les deux premiers thèmes musicaux qui contrastent dans le style : d’un côté Paolo Conte, de l’autre Richard Cocciante ».
 
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Bambino sulla spiaggia...

 
Rubrique Goncourt : ils arrivent ! Cahin, caha !           
La liste des ouvrages sélectionnés est enfin arrivée. La commande passée, il reste à les attendre avec une certaine fébrilité. En coulisses, nous autres professeurs et documentalistes, nous manœuvrons pour essayer de récupérer chez les libraires quelques-uns des ouvrages... De leur côté, les élèves commencent eux aussi à réclamer : pour réaliser le pari, il ont besoin des livres. Mais nous sommes en province, et les choses ne viennent pas vite ! En ce qui me concerne, j’ai pu me procurer l’ouvrage des frères Poivre d’Arvor. Je n’en ai lu que 50 pages… Il va falloir accélérer ! Mon souci est en même temps de balayer toutes ces lectures, comme on balaie devant sa porte, de façon à faire coïncider cette activité et celle de la préparation au bac.
 
par Eric Bertrand publié dans : Civilisation sicilienne
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Vendredi 8 septembre 2006
              Journal du 24.06 (1/2) :je n’ai pas fini… J’écris, je crois, l’ossature de la scène finale, celle qui oppose le départ de Gigi aux implorations de Francesca et Carolina. Elles ne veulent pas le laisser partir avec une étrangère qui vient d’un monde hostile et dangereux.    
              Dans cette scène, elles vont incarner une sorte de chœur collectif sicilien. Ceux qu’elles ont connus enfants font l’épreuve de leur liberté et hésitent un peu à tourner le dos à ce que représentent ces deux femmes qui les retiennent et qu’ils respectent.
 
              En ce qui concerne les traits de la réfection : Francesca et Carolina connaissent non seulement des contes mais aussi des chansons. Ainsi, la chanson « Gigi l’Amoroso » fournit-elle une base cohérente au final, base que je vais mieux exploiter. »
 
              La chanson de Dalida convient bien à la génération de Carolina et Francesca. Et puis, elle rend bien compte de l’esprit des deux conteuses. Elle va prendre une importance remarquable dans la version finale, tant par la forme que par le contenu puisqu’elle met en scène un autre Gigi, parti vivre en Amérique… De là, un effet de mise en abyme comme je les aime…
              Après cette rentrée fracassante est tellement chargée, une nouvelle pause argentine qui s’offre enfin sous un beau soleil d’été indien. A lundi !

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Sabbia rossa sulla spiaggia...

Rubrique Goncourt : il est toujours plus juste pour sonder une classe afin de leur demander de réagir à l’écrit… Alors voici pêle-mêle quelques-unes des réactions : la majorité affronte avec une sérénité relative la perspective de lire tant de livres… Ils parlent de « projet enthousiasmant ». Ils soulignent aussi tout l’intérêt qu’il y a à préparer la rencontre avec des écrivains réels et de découvrir ce secteur de la littérature qui leur est inconnue. De rencontrer d’autres lycéens aussi… Certains d’entre eux sont plus mesurés et évoquent une sorte de « peur panique » face au travail à accomplir... Enfin, plus pragmatique, un autre savoure à l’avance l’idée de manquer quelques cours...
par Eric Bertrand publié dans : Civilisation sicilienne
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