Avant de reprendre la réflexion autour de Julien Clerc, un retour sur la réalité des salons du livre. Celui de
Saint Jean d’Angély était assez animé et m’a donné l’occasion de discuter un peu avec Philippe Delerm, invité vedette. Mais je souhaite revenir un peu sur cette ambiance si particulière à ce
genre d’événement.
« Journée de pluie, les gens restent chez eux !... Journée ensoleillée, les gens vont sur la plage !... » Je
commence à connaître l’ambiance teintée d’inquiétude et de fébrilité qui règne généralement dans les débuts de salons du Livre. Les exposants, surtout les éditeurs, (les
auteurs, beaucoup moins !) tournent les mains dans le dos ou dans les poches afin de « rabattre le client ». Quand il n’y a presque personne, ça renforce
l’impression du vide. La mer est basse, les mares sont sèches et les poissons sont au large !
Puis le parquet se met à résonner, les gens arrivent, par bans entiers, le niveau sonore s’amplifie. Comme pour une
« mattanza sicilienne » où il s’agit d’abattre les thons enfermés dans une grande nasse, les plus entreprenants agitent le gourdin de leurs idées parquées dans
l’enceinte de leurs livres brandis.
Cela crée une rumeur particulière, la rumeur de salon du livre qui s’apaise au moment où un lecteur accoste de lui-même au
stand et commence à vous entretenir du sens d’un de vos livres. Alors il ne s’agit plus de mattanza mais de pêche à la perle.
Avant de revenir sur le salon du livre et sur la réflexion autour de Julien Clerc, je glisse un
petit article au sujet de la rénovation du site http://www.ericbertrand.fr qu’a effectuée Jenny hier, suite aux demandes de différents lecteurs qui
s’inquiétaient de ne pouvoir se procurer le livre de l’étranger. On trouve donc désormais les coordonnées bancaires de l’éditeur.
Par ailleurs, autre innovation : par le biais d’un enregistrement MP3, j’ai pu récupérer deux
interviews radio à propos de « la Route, la Poussière et le sable » (Europe2 et Radio Nantes), elles sont désormais à disposition sur le site.
C’est un étrange sentiment que celui de la relecture d’une œuvre définitive.
Jusqu’à présent, à chaque fois que je relisais « Pour y voir Clerc », c’était dans le but d’y apporter des corrections, des enrichissements ou simplement pour partir à la chasse aux
coquilles. Mais cette fois, j’ai le livre en main, dans sa version offerte à la lecture et je me suis donné ce plaisir.
Je vois avec un œil extérieur ce que j’ai voulu faire, ce regard posé sur une période
révolue, celle des années 70 et sur un âge un peu difficile, avec ses contradictions et ses incohérences, l’adolescence. Le côté « Julien Clerc »
m’apparaît plus gommé dans cette relecture, peut-être du fait que connais tellement ce répertoire inséré dans le livre que j’ai tendance à ne plus le lire.
Je me prends aussi pour objet et je m’aperçois à quel point j’ai fait des coupures et à quel point j’ai
recomposé le passé. Image fragmentée, forcément, mais image vraie, c’est ce qui s’impose à la relecture. Si j’avais encore le manuscrit sous la main, je rajouterais peut-être
encore quelques détails… Tout compte fait, ce serait trop ! J’ai voulu une forme vive, une série d’instantanés, comme des plages de CD, afin de favoriser l’identification du
lecteur. Je ne sais pas si c’est réussi. C’est tout le mystère et les velléités d’un livre dont je vous laisse désormais les commandes !
Il y a un livre idéal, celui où figurerait la photo de Julien Clerc, trônant au-dessus des
trois petits clichés qui renvoient à l’enfance, à l’adolescence puis à la naissance au monde à travers le voyage. Cette photo, par l’effet des projecteurs, faisait
symbole.
Il y a un livre idéal ou figurerait la dédicace à Fred qui a disparu en marge de la version
PDF et qui aurait complété si bien cet hommage.
Il y a un livre idéal où figureraient les informations sur l’auteur qui auraient permis de
situer cet ouvrage dans le prolongement des précédents (d’autant que je reviens sur deux d’entre eux dans le fil de l’écriture).
Mais il y a aussi un livre réel, compact, qui offre un texte, et le texte se donne à lire et
je ne résiste pas à l’envie de le relire.
Par ce lien, vous pourrez accéder aux infos relatives au
salon du Livre de St Jean d’Angély auquel je participe demain (entre 14h00 et 19h00) dans le cadre du lancement de « Pour y voir Clerc ». C’est mon premier
salon du livre dans la région (Charente plus précisément) et j’en profiterai pour présenter également les autres ouvrages dont l’éditeur m’a confié quelques exemplaires soigneusement empilés dans
un coin de la maison.
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