Mercredi 19 septembre 2007
1.08 : l’évidence de relier l’accident à « Ivanovitch ». C’est ma mère qui m’a rappelé dans quelles conditions j’ai découvert Julien Clerc et la chanson
« Ivanovitch ». Le travail consiste donc pour moi à relier cet univers (neige, gare) à ces motifs découverts préalablement dans la lecture que j’effectuais à peu près à la même époque.
J’ignore s’il y a une vérité chronologique dans ce que j’évoque dans les semaines qui ont précédé l’accident, mais peu importe, il y a une vérité littéraire intéressante à
reconstruire…
On touche là au plaisir de la reconstruction du vécu que j’évoquais préalablement. J’ai trouvé intéressant de mettre sur le même plan des contes, des textes de grande littérature
et des chansons, soulignant qu’à un certain âge, tous ces éléments se complètent pour nourrir un imaginaire et « préparer le terrain » des « goûts et des
couleurs ».
Voici la liste des chansons qui font l’objet d’un chapitre dans cet ouvrage qui en comporte 46. Avis aux connaisseurs !
« Ivanovitch, l’éléphant est déjà vieux, le Canon de la nation, Adélita, Zucayan, Sertao, la Californie, Cris, tambours et masques de guerre, Rolo le baroudeur, les Fleurs des
gares Niagara, elle a au fond des yeux, le patineur, des jours entiers à t’aimer, la fille de la véranda, si tu reviens, ce n’est rien, la petite sorcière malade, Yann et les dauphins, la
Veuve de Joe Stan Murray, les Menhirs, la citadelle ».
D’autres titres croisent tous ceux là, mais de façon beaucoup
moins déterminantes. Par ailleurs, on croise aussi d’autres figures de la variété des années
70.
31.07 : « Pour y voir Clerc : d’Ivanovitch à Zucayan » : proposition de titre et, partant, d’organisation dans le fil de la narration… Le
titre propose en même temps qu’un jeu de mots un peu facile un premier élément d’orientation à travers le genre de l’autobiographie qui suppose un effort de lucidité et de recherche (y voir
clair), un second élément qui renvoie au chanteur et à cet univers que je circonscris à deux textes : « Ivanovitch », d’une part, « Zucayan » d’autre part.
Toute entreprise autobiographique, pour qu’elle ait un sens, doit passer par une recherche sur soi et une recherche de sens. Cette démarche si particulière suppose ce que les
universitaires appellent un travail de « l’analepse » et de « la prolepse, dont l’intérêt réside surtout dans la confrontation du passé et du présent.
Le titre s’est imposé facilement dans la mesure où l’écriture sur soi oblige à choisir une entrée dans ce manuscrit du passé et à en arranger les pages en fonction des principaux
« chapitres » et ici, des principales « chansons »… Quelles sont-elles ? J’y reviens demain…
Dimanche 16 septembre 2007
28.07 : travail sur « Zucayan » : ce que cette chanson apporte de particulier par rapport au reste du répertoire américain.
Si on me demande quelle est la chanson de Julien que je préfère, je crois que c’est « Zucayan » (1970). Il y a des raisons que j’analyse dans l’ouvrage et parmi ces
raisons, j’évoque l’expérience américaine telle que je l’ai vécue sur les routes américaines en auto-stop entre Montréal et Miami et entre Miami et San Francisco.
Expérience revécue littérairement dans mon premier livre « La Route, la Poussière et le Sable » et anticipée dans « Zucayan ».
27.07 : après une pause dans l’écriture, je reprends le travail avec cette même approche qui consiste à mêler une époque et des chansons. J’élargis la palette des
personnages qui gravitent autour de la découverte des chansons de Julien.
Quand je parle de « palette des personnages », j’évoque plus particulièrement des silhouettes liées à cette période de l’adolescence. Il y a là forcément
reconstruction du vécu pour mettre en avant la vérité des sentiments à travers des « instantanés »…
Mal dans sa peau, idéaliste, bourré de contradictions, haïssant et idolâtrant les filles… Tel est l’adolescent que je mets en scène à travers le « je » et les figures
qui l’entourent, figures que mes proches identifient bien évidemment mais avec sourire ou étonnement !
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