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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

Samedi 20 mai 2006
              A la veille d'un nouveau moment important pour la promo du spectacle (le salon du Livre de Loudéac auquel je suis invité au stand de chez Majuscule, sur le thème "paysages"), je continue à feuilleter mon carnet de bord écossais...
              Nous étions arrivés au dimanche en fin de journée, en compagnie d'Alan et d'Alison. Pendant la conversation au sujet du « Ceilidh », Alan m’a rappelé un élément troublant au sujet de la « Green lady of Ackergill Tower ». Cette fille qui se serait jetée au bas de la tour l’aurait fait non seulement par désespoir amoureux mais aussi parce qu’elle était enceinte. C’est du moins ce que rapporte la légende.
              Ce motif de la fille enceinte nous ramène directement au personnage de Heather, celle qui joue précisément la « Green lady of Ackergill Tower ». On se souvient de l’aventure qu’elle a eue lors de sa petite escapade avec Ronald… Troublant rapprochement entre la réalité et la légende, la fiction et la situation personnelle des acteurs !
               Ainsi, en jouant Fiona, Heather évacuerait-elle la conscience d’une faute ? En d’autres termes, Ronald, en lui attribuant ce rôle, aurait-il voulu la châtier de sa légèreté ? C’est le genre d’interprétation que je puis faire aujourd’hui, à la lumière de cette information supplémentaire… L’occasion de montrer en tout cas que, dans la démarche d’écriture, tout n’est pas voulu et que le subconscient travaille et fait parfois bien les choses ! En effet, j’avais oublié cet aspect de la légende, mais quand Alan me l’a rappelée, je m’en suis souvenu !

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Somewhere around the area...

par Eric Bertrand publié dans : Civilisation écossaise
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Vendredi 19 mai 2006
Une petite pause dans l’évocation du spectacle pour retourner un moment en Écosse et retrouver le journal quotidien que j’y ai tenu. J’évoquais donc le témoignage d’Alan et Alison qui se trouvaient dans une grande maison des « Borders », région du sud de l’Écosse, au contact avec l’Angleterre.
              Ils dînaient chez des amis. Soudain le grand escalier craque (Alison nous dit ça avec la voix qui tremble et ses grands yeux effarés, et j’imagine aussitôt cet escalier filmé par Hitchcock dans « Psychose ». Ils se retournent pétrifiés. Quelqu’un descend lourdement les marches. S’arrête au bas de l’escalier. Mais il n’y a personne. Un frémissement. Insensiblement, la poignée de la porte d’entrée bouge. Puis plus rien. Une minute plus tôt, ils plaisantaient et ne pensaient rien que de frivole. Alors, leurs hôtes leur avouent que ce phénomène s’est déjà produit plusieurs fois et que c’est la raison pour laquelle ils ont décidé de mettre leur maison en vente.
              Ensemble nous réfléchissons sur la cause... Alan est du genre sceptique mais il doit le reconnaître, il ne comprend pas ce qui s’est passé. Cela ne peut être imagination souligne Alison : « I mean, we were all very quiet and didn’t expect anything !... »
 
“There are more things in heaven Horatio than you’ve never dreamt in your philosphy !”
C’est à peu près la phrase que dit Hamlet après avoir vu le spectre et c’est sur cette phrase là que je vous laisse méditer !

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Ghostly atmosphere in Dirlot Castle cemetery (in the back, "lady mystery")

par Eric Bertrand publié dans : Civilisation écossaise
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Jeudi 18 mai 2006
              La répétition générale a donc eu lieu. Et comme d’habitude, c’est la panique... Des musiciens manquent à l’appel, les comédiens ont des trous, les liaisons entre les scènes manquent de rythme, les éléments de décor ne sont pas en place, les diapositives ne passent pas ou le projecteur s’emballe ou se lance dans un monologue édifiant, les journalistes des trois journaux locaux passent prendre des informations, des photos, interrompent la difficile mise en place, ne comprennent pas, posent des questions, collaborent aussi à leur manière à l’impression de chantier qui fait aussi partie du spectacle.
              Il fut un temps où nous prenions peur, où nous nous disions qu’avec une telle pression sur les épaules, nos acteurs, nos musiciens (qui sont pour la plupart des adolescents), ne seraient pas prêts pour le grand moment et offriraient un spectacle pitoyable et rédhibitoire. Cependant, et nous nous accordons tous à le dire, malgré les défauts que je viens de signaler, il y a eu pire dans les années antérieures. Prenons par exemple le cas du « Tennessee club », le plus récent ! Quelle pagaille à quelques jours de la date fatidique et pourtant, quelle réussite, quel moment extraordinaire offert à chacun…
              Pour parler plus techniquement, nous avons testé l’organisation proposée sur le papier et les éclairages mis au point par Alain. Quelques légères modifications. Notons surtout, du fait de la durée et du charme aérien de certains morceaux de musique, la décision de laisser le fond de diapos sur les deux premières scènes de l’acte 1. Ceci dans le but de planter davantage le décor et de laisser le spectateur savourer l’atmosphère
 

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Ackergill Tower from the sea...

par Eric Bertrand publié dans : Théâtre au lycée
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Mercredi 17 mai 2006
             Patience pour ceux qui attendent les fameuses révélations annoncées à propos du voyage en Écosse… Je n’ai pas encore dit l’essentiel, notamment en ce qui concerne les châteaux et ce que j’en ai appris. Mais les événements se précipitent et l’approche du spectacle m’amène à focaliser les articles essentiellement sur le travail préparatoire à la pièce. Cet après-midi, répétition générale au Moulin à sons. Tous les partenaires doivent se retrouver et les jeux de lumière vont compléter les jeux de scène et les différents déplacements qui impliquent à la fois les musiciens et les comédiens. Afin de faciliter les repérages de chacun, j’ai coutume avant chaque spectacle de préparer un tableau comme suit afin que tout le monde, les égarés et les distraits, les angoissés et les faux calmes s’y retrouvent.
 
Entrées et sorties, mouvements de scène, accessoires…
 
Liste des accessoires
 
Diapos. Table d’échecs et figurines. Portable. Bouteilles. Cigarettes. Jambé. Poulet. Chaudron. Bouteille de whisky
 
Ouverture
Lever de rideau : côté cour, une grande harpe pour suggérer l’ambiance surnaturelle. La table d'échecs, pour suggérer l’ambiance machiavélique. Côté jardin, les instruments qu’on ne peut bouger. Diapos.
 
Acte 1
 
Scène un : le synthétiseur, la flûte et le violon sont en place pour le premier morceau : Donnie Munroe, « Calum Sgaire » (CD : plage N°1). Ce morceau est joué avant l’entrée de Heather et Max. À la faveur d'un premier noir en fin de scène pour suggérer le changement de lieu (on passe du bord de la falaise à l'hôtel), le premier groupe de musiciens sort pendant que rentre le suivant : synthétiseur, guitare, clarinette, violon, chant.
 
Scène 2 : Lorsque Sheumas entre, les musiciens accompagnent sur le Run Rig : « Pog aon oidhche earraich » (N°2). Voix : texte en écossais. A la fin de scène, Sheumas enlève sa table d’échec.
 
Scène 3 : Sarabande des sorcières et mise en place du groupe clavier, synthétiseur, guitare pour Mylène Farmer : « avant que l'ombre ». (N°3) Les sorcières ressortent avec les musiciens.
 
Scène 4 : Pendant le noir, un morceau de composition au synthétiseur crée une ambiance Hitchcock. Rebecca avance d’abord sur fond rouge et musique. Puis Ronald. Le seul élément musical qui sera associé à ce long passage sera le jambé. La fin de la scène et de l'acte retrouve la musique Hitchcock qui permet en même temps d'assurer le passage à l’acte 2.
 
Acte 2
 
Ouverture : Se mettent en place côté jardin, violon, violoncelle, accordéon, guitare, accordéon chromatique. Les acteurs ont préparé le décor du pub : table et chaises côté cour. Le verre qui doit servir à la scène de spiritisme.
 
Scène un : au pub : Silly Wizard, « Bridget o’Malley » (n°4). Lou fait son tango. « Gottam Project » (n°5). Excitation des sorcières : (c'est la scène du poulet qui vole). Epouvante des musiciens qui sortent de scène. Heather et Max, eux-mêmes interloqués, avancent avec précaution vers le cercle des sorcières.
 
Scène deux : ultimes plaisanteries avant la musique du ceilidh. Diana propose « On va danser ? » : Lou enlève la table, pousse les chaises, Diana va chercher le groupe guitare piano et chanteuse pour la chorégraphie claquettes sur « Di ni mi » de Run Rig. (n°6) Applaudissements, sortie du groupe musiciens et entrée des autres groupes (le violoncelle et la chanteuse, de la harpiste côté jardin) introduits par Sheumas et moi-même qui vais dire le texte en gaélique.
 
Scène 3 : Présentation du cadre de cette histoire, avec support diapos pendant le texte de Rebecca et Sheumas. Après Ronald, musique : Clannad : « fairy queen » (n°9). Noir : nous sommes au XVIIe siècle, c'est l'histoire de John Sinclair qui commence.
 
Scène 4 : John grave « no hope » sur le mur.
 
Scène 5 : George entre avec le poulet qu’il met sur le coin avant de le lancer à son frère.
 
Scène 6 : Ronald entre, pose la bouteille de whisky sur le côté. La confiera à son fils au cours de la scène. Quand il se retrouve seul, pendant le monologue, Georges boit et invoque les « démons de la nuit ».
 
Scène 7 : Cohorte des sorcières et des musiciens : chant, batterie, pour le second morceau de Mylène Farmer et le ballet de claquettes sur « Fuck them all ». (n°8) Les sorcières repartent avec leurs musiciens. Noir. Installation du groupe harpe flûte
 
Scène 8 : Lumière sur Fiona. Retour des sorcières. Au moment où Fiona se jette dans le vide, musique Clannad : « Theme from Harris Game ». (n°7) Noir.
 
Scène 9 : Retour cachot de John. Georges entre avec sa bouteille. Mort des frères ennemis.
 
Scène 10 : Sorcières et musiciens : Noir.
 
Epilogue
 
Installation des musiciens (accordéon guitare clarinette, accordéon, synthétiseur, flûte).
Musique : Silly Wizard, « The fisherman lament » (N°10)
Relais sur la scène : Sheumas rame. Dernières paroles de Lou.
Musique : Silly Wizard : « Hame », (N°11) Support du texte.
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Put the light on the stage !
 
 
par Eric Bertrand publié dans : Théâtre au lycée
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Mardi 16 mai 2006
Deux éléments déterminants pour prouver que ça y est, on est tout près : la réalisation de l’affiche en pièce jointe et le travail sur les éclairages avec Alain. Alain oeuvre à nos côtés depuis l’an dernier et c’est un plaisir de collaborer avec lui dans la mesure où il est très compétent et toujours très disponible. Au lycée, il travaille en cuisine mais consacre une bonne partie de son temps à la musique puisqu’il est à la fois professeur d’accordéon, joue dans la fanfare et occupe le poste de technicien du Moulin à Sons.
              On a mis au point ce soir la délicate question des éclairages, ambiances diverses, soulignement de l’action, diapositives. C’est, sans jeu de mot facile, « le spectre du spectacle » qui se dessine sous mes yeux : face à la scène, texte dans la main, à la place du spectateur, nous parcourons la pièce. Petite forme d’hallucination dont nous nous donnons le plaisir…
              Par exemple, lumière bleue côté cour sur un groupe de musiciens et lumière rouge sur l’autre groupe, côté jardin. Sur scène, des moments différents soulignés par des ambiances. Effets particuliers, notamment lorsqu’entrent les sorcières. Spots rouges et bleus. Poursuites pour les solos. Support diapos au début et au moment où se met en place « le décor » de la « pièce gigogne » : cela aidera le spectateur à se transporter en arrière, accompagné par les voix conjuguées de Rebecca, de Sheumas et de Ronald :
 
« Rebecca : (Elle s’est assise en avant-scène) : Restez assis, rêvez un peu !... Vous êtes tout près de la falaise, vous laissez vos jambes pendre dans le vide. L’océan gronde à vos pieds. Vous renversez la tête. La nuit engloutit peu à peu le beau ciel du Caithness, cette région tellement plate après les monts du Sutherland qu’elle m’a toujours semblé se confondre avec la mer !
Sheumas : (Il la rejoint à l’avant-scène) Pas un bruit, comme la mer est calme ! Ecoutez comme on entend les vagues ! C’est encore plus beau, la Baie des Sinclair, quand le soleil se couche ou quand le brouillard monte de la mer tout comme ce soir. Les derniers oiseaux de mer crient dans les grottes. La magie du lieu ensorcelle les flots et les silhouettes des deux vieux châteaux se dressent au-dessus des falaises.
Ronald : (Il leur fait signe de le rejoindre et avant de se retirer ajoute un dernier commentaire) L’histoire se passe, vous le savez, il y a déjà quelques siècles… La lumière grise du ciel éclaire la mer comme ce soir. Dans la tour d’Ackergill, une princesse est enfermée… Et dans le cachot de Girnigoe, la plus prestigieuse demeure du Master of Caithness, l’homme qu’elle aime est emprisonné…
(Ils disparaissent en coulisses)
Clannad : « Theme from Harris Game»
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First step on the stage (coming up to Caithness)
 
par Eric Bertrand publié dans : Civilisation écossaise
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