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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

Mardi 25 avril 2006

Juste un petit mot sur le départ. Pas de photos, pas de commentaires particulier (difficultés insurmontables de connexion en ce moment) Juste le temps de  dire que je retourne aux sources, "in my land"...  Comme dit Heather dans "le ceilidh", " c'est le ciel du Caithness, c'est la lande du Caithness et les odeurs de tourbe qui voltigent dans l'air, je suis chez moi Max"... Retour autour du 6 mai, je vous tiendrai informés ensuite... Mais au programme des rencontres, lesSinclair, les gens d'Ackergill et les amis et les châteaux... Le "Ceilidh" sur la sellette en tout cas, beaucoup de livres me sont commandés, la valise est lourde ! Et puis il faudra que j'en parle en anglais !

A bientôt à tous pour un retour des Highland !

par Eric Bertrand publié dans : Civilisation écossaise
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Lundi 24 avril 2006
              Le fameux Nessie, bien évidemment ! C’est l’attraction du lieu et les gens en parlent avec malice. Ces dernières années un « monster exhibition centre » a été monté dans le village de Drumnadrochit et il répond de façon assez pertinente aux diverses questions « pratiques » qui se posent à propos du vieux « cheval de mer » qu’avait vu jadis (6° ou 7° siècle) San Colomban. Il déchaîne les passions ce monstre !
              Le Loch Ness est majestueux. Immense lac qui s’étend sur une quarantaine de kilomètres dans un secteur de vieilles montagnes. Quand la bise souffle et engourdit les branches, penchées sur la petite route qui longe, c’est l’aube des temps. En cela, l’esprit de la créature antédiluvienne souffle le respect. Les gens roulent l’oeil braqué sur les eaux du lac. Elles sont profondes, 400 mètres par endroits, tourbeuses et agitées. D’épais nuages passent là-dessus et prolongent sur la surface l’ombre des ruines d’Urquart Castle qui domine l’endroit le plus stratégique (et touristique !), à environ 8 miles de Drumanadrochit.
              C’est là que j’avais donné rendez vous à Nessie un beau matin de juin, à cette période enchantée de l’année où, à cette latitude, le soleil (quand il daigne se montrer !), ne se couche pas longtemps ! L’inconvénient, c’est qu’en juin, les touristes commencent sérieusement à affluer. Japonais, bridés par le plaisir de mitrailler dans ce coin d’Europe cliché, Chinois, dragons de Komodo sur le ventre, sanglés d’appareils photos, Américains bardés pour « faire l’Ecosse en sept jours »…
               Il fallait donc arriver avant tout le monde. Bed and breakfast à Drumnadrochit, veillée avec un couple de Gaëls originaires de Skye. Je les avertis : demain, pas de breakfast avant neuf heures, ne vous inquiétez pas, je ne me sauve pas pendant la nuit, mais je me lèverai à 3heures et sortirai discrètement…
               Il fait beau. Le soleil perce quand j’arrive devant le château autour de 4heures du matin. Pas un bruit. « Embrasser l’aube d’été » comme dit Rimbaud. Beaucoup de voiles et de scintillements sur le miroir des eaux. Pinceaux de lumière. Maquillages sur la joue des fleurs. Les oiseaux s’ébrouent. Lever de rideau sur le lac, mais pas de monstre.
              Je reviens vers 8heures au bed. Mon hôtesse m’accueille : « Did you see Nessie at breakfast ?” Façon sympathique de présenter le monstre familier que son mari m’a dit avoir vu un jour : « Ulinich Loch Nich » en gaélique !

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One june morning on the shore of Loch Ness (collection personnelle)

par Eric Bertrand publié dans : Civilisation écossaise
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Dimanche 23 avril 2006
Je ne clorai pas cette série sur les lutins et les fées sans évoquer cette curiosité qui surprend le passant le long d’une petite route de la « Black Isle », la fameuse « Ile noire » de Tintin, située à proximité d’Inverness.  A vrai dire, il ne s’agit pas d’une île (ce qui va dépoétiser la scène !) mais d’une presqu’île économiquement très active, qui s’étire entre deux bras de mer (des « firth »), au nord d’Inverness.
              Un dimanche matin, je roulais sur une petite route de cette Black Isle et mon regard est attiré par un gros chêne sur le bas-côté. Toutes les branches de ce chêne sont encombrées de pièces de vêtements, tissus variés, indécents ou légers, gracieux ou triviaux, chaussettes, soieries, slips à poches ou strings, mouchoirs brodés, collants usagers, bas résilles…
               L’eau de la claire fontaine que chante Brassens coule là-dessous, sous cet enchevêtrement de racines, ramures, étoffes et semble accompagner le grincement des branches dans le vent du matin.
               Je m’avance ou plutôt me faufile sous les culottes avec l’air sournois d’un cycliste qui défait son cuissard pour la pause pipi. Je reluque les dessous pas très affriolants de cette débauche de dentelles et de tissus fantaisie empesés de rosée.
               Un paysan travaille dans le champ d’en face et fixe un oeil jaloux sur mes musardises. Plutôt perplexe qu’autre chose, je choisis l’option de m’avancer vers lui pour l’interroger.
               Le gaillard éclate d’un bon rire. « That’s the fairy tree », l’arbre aux fées !... « Depuis des temps très anciens, les gens accrochent des bouts de tissu pour habiller les fées !... » Puis il ajoute, un peu plus rigolard : « toi, je t’ai vu faire ! tu n’as rien accroché, mais tu as regardé sous les jupes ! Arh, these french ! »

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Looking for fairies (collection personnelle)

par Eric Bertrand publié dans : Civilisation écossaise
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Samedi 22 avril 2006
Troisième volet de la série lutins et fées : je joins comme promis un extrait de la lettre que j’ai reçue en même temps que la photo que vous avez déjà découverte…
 
              “The story behind this photo is that a man who lived not far away from my house had a little daughter. Always she would pretend she had a little friend but her parents thought it was only a child’s game she was playing. Anyway, she took a photograph of her father in the garden and when it was developed the little girl said she could see “her friend” in the short grass.
              This section of the photo was enlarged and as you can see, there appears to be someone in the grass. The photo was sent to Kodak and the Royal Air Force to test if it was in any way false and they could not find anything wrong with it. Later a television programme was made about “fairies” and this photo was part of the programme.
              As you can imagine, I was very excited about this and in fact I met the man only two weeks ago and the girl who took the photo. He seemed to me to be a very honest man and I certainly don’t think he would lie...”
              Les fées font partie du paysage. J’évoque l’arbre aux fées demain.

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Little fairie in the grass...

par Eric Bertrand publié dans : Civilisation écossaise
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Vendredi 21 avril 2006
L’Irlande à l’honneur mercredi soir au théâtre de la Passerelle où j’ai accompagné une petite cinquante d’élèves à l’occasion de ce qui devait être la dernière sortie au théâtre de l’année. « Le Ceilidh » excepté bien sûr. Curieuse coïncidence d’ailleurs que la programmation de cette pièce à cette période de l’année. Au début du XX° siècle, le dramaturge Synge évoque un milieu âpre, celui de l’Irlande rustique où les relations entre les êtres sont étranges, marquées par une forme de tragique.
              Cela m’a fait penser au film « The Field » du réalisateur irlandais Jim Sheridan. Un jeune homme arrive dans un village et proclame qu’il a tué son père, ce qui lui donne une aura et une stature qu’il n’avait pas auparavant. Les filles sont à ses genoux et se battent pour lui. Elles ont la folie des sorcières et, le comble, se jètent le même poulet à la figure… La nouvelle coqueluche trône dans le pub parmi les odeurs de tourbe, jusqu’à ce que le père le retrouve et rétablisse son pouvoir.
              Ce qui était amusant pour les comédiens du « Ceilidh » qui se trouvaient là, c’est qu’ils ont retrouvé un peu de cette atmosphère qui leur est désormais si familière : folie des personnages, éléments tragiques, noms à consonance celtique, nourriture et boissons (bière brune, bouillie d’avoine), vocabulaire qui évoque la nature omniprésente : océan, lande, falaise. Ce qui était instructif et même « formateur », c’était de savourer le jeu des acteurs, cette maîtrise de la voix, la gestion des silences, le travail du corps qui confine au mime (savoir bouger sur scène est un art), le sens de l’occupation de l’espace (jamais de disproportion, toujours une organisation quasi géométrique des figures du groupe), l’absence de complexe… A partir du moment où on occupe un rôle, on va jusqu’au bout, sans redouter le ridicule. Le public en sait toujours gré.

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Sinclair Girnigoe Castle (collection personnelle)

par Eric Bertrand publié dans : Civilisation écossaise
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