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Texte Libre

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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

15 juillet 2021 4 15 /07 /juillet /2021 18:34

Une troupe de guerriers en kilt, jouant du soir au matin de la cornemuse et parlant le vieil écossais, avait déclaré que ce mal inconnu qui décimait l’Angleterre ne passerait pas le mur d’Hadrien et qu’au-delà des collines de Calédonie il serait refoulé à coups de claymore et de sgean dhu. Ils sauraient défendre jusqu’à la mort la fraicheur et la pureté de l’air de leur pays, la transparence de l’eau et la Liberté qu’ils appelaient « FREEDOM ». Dans ces contrées sauvages et indociles, le seul masque qu’ils autoriseraient serait celui de la rébellion.

Robbie était un des leurs. Il savait se battre aussi bien avec des épées qu’avec des mots et il partit vers le nord avec la ferme intention de porter le message. Sur tous les sentiers des Highlands, il marcha. Escaladait les montagnes, dormait dans les glens, les croft house, se lavait dans les lochs et les rivières et, lorsqu’il descendait dans les villages, participait à des ceilidhs. Il y jouait du fiddle et, en fin de soirée, il racontait à sa manière et en langue gaélique, la défaite de la maladie qui ne franchirait jamais le mur d’Hadrien.

À son retour, et après de longues semaines de croisade à travers le pays, il fut acclamé pour la mission qu’il avait remplie, pour la musique, les poèmes et l’espoir qu’il avait semés. De leur côté, les hommes du clan avaient tenu bon et rien cédé, malgré la menace. Ils s’étaient peint la figure et avaient entonné des chants de guerre. Robbie fut porté en héros, et il chanta avec les autres.

Mais il ne se sentait pas aussi bien qu’il le prétendait. On finit par l’installer devant un grand feu de tourbe parce qu’il s’était mis à grelotter et que le souffle lui manquait. Alors, il demanda à parler au chef du clan et, en refermant les plis épais de son plaid sur ses épaules, il lui annonça qu’hélas, la maladie était entrée en Écosse par les îles Orcades et les Iles Hébrides et qu’il fallait désormais changer de stratégie si on voulait remporter la victoire…

Ceinture sanitaire sur le mur d’Hadrien
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6 juillet 2021 2 06 /07 /juillet /2021 04:40

C’est déjà la clôture du Festival du film de La Rochelle. La salle de la Coursive est comble. Les spectateurs quittent le Cours des Dames et ce drôle de quai des brumes où la pluie ne s’arrête pas en ce début d’été. Ils savent secrètement qu’ils ont rendez-vous avec la Sicile de Giuseppe TORNATORE à l’occasion de la projection de Cinema Paradiso.

La musique mélancolique d’Ennio Morricone accompagne les premières images du film et cette mélancolie ne s’éteindra pas pendant toute la durée de la séance. Elle est dans la couleur du ciel méridional, dans la coupe de citrons à contre-jour devant la mer, et sur la silhouette noire d’une mère sicilienne qui cherche désespérément à joindre son fils Salvatore, devenu réalisateur. À cette époque, tout le monde l’appelait Totto et Totto passait son temps à « emmerder » Alfredo, le projectionniste, qui le traitait de « petit salopard » et qui, sous les ordres du curé, mettait à la poubelle, à chaque coup de clochette, les baisers de cinéma et autres « cochonneries ».             

L’action commence comme dans un conte de Pirandello… Totto a des yeux brillants et une bobine toute ronde et il rêve de rejoindre dans sa cabine Alfredo, le projectionniste, afin de voir de plus près, dans la gueule du lion, les visages illuminés des acteurs et des actrices. Et depuis la fin de la guerre, tout ce monde le fascine quand il le voit sur les affiches et sur les bobines. Malgré les interdits et les coups de pied aux fesses, il s’arrange toujours pour ne pas en louper une. « Autant en emporte le vent »… Il a la malice et la vivacité d’un farfadet et il met moins de temps à comprendre les ficelles du métier qu’Alfredo à passer son certificat d’études.

Et ce dernier, tout mauvais élève qu’il est, connaît cependant par cœur les répliques des grands acteurs et devient vite son père de substitution, son ami et son guide spirituel. Lorsque Totto quitte la gare de Giancaldo, c’est Alfredo qui l’aide à accepter le départ du pays de son enfance. Le moment est douloureux et le vieux sage confie à son Totto un message qu’il assure pour une fois ne pas avoir pompé dans un film : « La vie, ce n’est pas ce que tu as vu au cinéma… Aussi, je ne veux plus t’entendre parler, je veux juste entendre parler de toi. »

Quarante ans plus tard, dans son appartement à Rome, Totto est informé de l’enterrement d’Alfredo. Il ne donne aucune explication à sa compagne qui a reçu l’appel de la mamma. Il s’effondre dans un fauteuil, ferme les yeux, se remet à tailler la pellicule et à se projeter les images dans la salle obscure de ses souvenirs. Revoit les visages, les gestes, le plein été et le ciel bleu sur la petite place, entend les voix, les exclamations et la commedia sicilienne.

La voix d’Alfredo n’est plus là. Seulement le tintement de la bobine, le tricotage régulier du film que lui a laissé le Cyclope de la vieille cabine. Et derrière les images, ressurgissent par intermittences celles du vieux Cinéma Paradiso, de l’écran sur la plage de Cefalu ou sur les façades des maisons du village, celles du Nuovo Cinema Paradiso, celles des bouts de pellicules découpées... 6. 5. 4. 3. 2. 1…

Sous les yeux émerveillés de Salvatore, la vie s’est mise à défiler comme un baiser ininterrompu sur des lèvres sans cesse rafraichies. Et sur ces lèvres tremblantes et dans le fond de son palais, c’est toute la saveur de l’illusion cinématographique qui remonte, toute l’épaisseur du Temps figée sur la pellicule de la Mémoire, une pellicule magique, qui ne brûle pas et ne retombe jamais en cendres.

 

Cinema Paradiso au Festival du film de La Rochelle.  D’une bobine à l’autre…
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18 juin 2021 5 18 /06 /juin /2021 17:53

Maintenant que les masques commencent à tomber et que les sourires sur les lèvres effacent les cicatrices et les boucles aux oreilles, on recommence à respirer et à sentir plus intensément qu’avant le goût du fruit. Mais le voile qui s’est déposé sur le rouge aux joues des cerises n’est pas encore levé et quand le soleil revient dans le ciel enfin bleu, l’arbre s’effarouche sous la volée des vicieux étourneaux. Qui sait s’ils apprendront un jour à mieux diriger leur vol…

Le masque et le voile
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3 juin 2021 4 03 /06 /juin /2021 15:57
Photo de Stéphane UTASSE

Photo de Stéphane UTASSE

Le travail théâtral sur le texte de « l’Ile d’Après » (Morvenn éditions) a été mené par l’actrice et metteure en scène Camille GEOFFROY avec les 17 élèves de l’atelier théâtre de la Maison des Lycéens du lycée Vieljeux. Ce travail régulier sur cette pièce a débouché sur une série de 18 représentations en jauge réduite. Malgré les conditions difficiles de cette année, les élèves ont pu relever ce beau défi et nous parler à leur façon du monde de demain, sujet examiné dans le livre qui offre à la fois le texte de la pièce « l’Ile d’Après » et une variation narrative sous la forme d’une nouvelle intitulée « Demain, c’est aujourd’hui ». http://ericbertrand-auteur.net/ile-apr%C3%A8s-demain-aujourd'hui.htm

Ces deux vidéos couvrent l’intégralité de la représentation donnée le mercredi 2 juin au lycée, c’était la 18ème.

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3 juin 2021 4 03 /06 /juin /2021 15:55
Photo de Stéphane UTASSE.

Photo de Stéphane UTASSE.

Le travail théâtral sur le texte de « l’Ile d’Après » (Morvenn éditions) a été mené par l’actrice et metteure en scène Camille GEOFFROY avec les 17 élèves de l’atelier théâtre de la Maison des Lycéens du lycée Vieljeux. Ce travail régulier sur cette pièce a débouché sur une série de 18 représentations en jauge réduite. Malgré les conditions difficiles de cette année, les élèves ont pu relever ce beau défi et nous parler à leur façon du monde de demain, sujet examiné dans le livre qui offre à la fois le texte de la pièce « l’Ile d’Après » et une variation narrative sous la forme d’une nouvelle intitulée « Demain, c’est aujourd’hui ». http://ericbertrand-auteur.net/ile-apr%C3%A8s-demain-aujourd'hui.htm

Ces deux vidéos couvrent l’intégralité de la représentation donnée le mercredi 2 juin au lycée, c’était la 18ème.

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12 mai 2021 3 12 /05 /mai /2021 17:31

Quelle attitude adopter suite à la crise que nous traversons ? Vers quelle humanité veut-on tendre ? Et quelle planète habiter ? Sommes-nous prêts à changer de modèle ? Quelle part les politiques prennent-ils dans cette aventure ? "Demain" et "le monde d'après" s'ouvrent-ils sur un horizon accessible ou sur une chimère ? Voici quelques-unes des questions qui seront posées lors des seize représentations de "l'Ile d'Après", énergiquement mise en en scène par Camille GEOFFROY et interprétés avec brio par les 19 comédiens de l'atelier théâtre de la Maison des lycéens.

Au moment où débute la pièce, la Terre a bien changé et face à la dégradation progressive de l’environnement et des conditions de vie, les hommes aspirent à une autre existence sur « l’Ile d’Après », lieu imaginaire ou réel auquel ils essaient encore de croire. Ce sont des envoyés de cette Ile d’Après qui leur redonnent espoir et qui les y conduisent. Mais les voyageurs du Monde d’Avant sauront-t-ils s’adapter aux conditions de vie particulières à ce nouveau territoire d’Utopie ?

 

L'île d'Après sur la scène
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24 avril 2021 6 24 /04 /avril /2021 07:27
Plongée passionnante dans une histoire d'Amérique, derrière l'écran musical et la caméra de deux maitres du cinéma. Et Yann est un guide délicat dans ce labyrinthe de la mémoire.
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21 avril 2021 3 21 /04 /avril /2021 14:31

Margoton est comme Perrette au pot au lait. Son esprit bat la campagne. Elle descend toute joyeuse le sentier qui mène au bois. Elle est avec Martin, son amoureux. Elle se précipite un peu trop et butte contre une racine, tout près d’un grand chêne qui lui offre une ombre rafraîchissante et une cachette. Martin la console. Elle a perdu un peu de ses « veaux, vaches, cochons, couvées », un portable dernier cri avec tous ses contacts et ses selfies. Le portable s’est brisé contre une grosse pierre. Martin prend Margoton dans ses bras, il vaut mieux que « tous les gars du village » et Margoton l’appelle son « petit chat ». Elle n’écoute plus que son cœur et grave son nom et celui de Martin dans l’écorce du chêne. Et puis « elle entrouvre son corsage » et Martin « fait voler sa jupe ». « Beaux rêves flambants » sous le ciel bleu sans nuages, tous les deux ils épuisent « leur grand sac de baiser ».

Le soir tombe. Si « Clara veut la lune » Margoton, elle, veut son chêne. On sympathise, on refait le monde et on s’invite ! Le chêne accepte de sortir « ses grands pieds de son trou » et de suivre ses complices. Avant « la chasse aux papillons », Margoton et Martin se sont rencontrés sur un banc public dans un parc, un vieux banc en bois comme il n’en existe plus beaucoup. Ils étaient l’un et l’autre du « même bois » et le chêne aurait dû se méfier, laisser causer son instinct « un peu rustique, un peu brut »… Ne pas tout plaquer, rester « en dehors des chemins forestiers » et se tenir à l’écart des quartiers un peu trop fréquentés par « la sainte famille Machin, le Père, la Mère, le Saint Esprit… »

Et puis Margoton est la cousine de Perrette. Tout va trop vite avec elle, tout s’emballe. Sitôt transféré, sitôt oublié le chêne, abandonné dans un coin de jardin en compagnie de « roseaux mal pensants » et de « chiens levant la patte sur lui ». Ronde des saisons et ronde des chansons… Grand Pan, lilas, marguerites, jolies fleurs, orages, mauvaise herbe, vent, bois mort. Martin a vieilli. « Adieu veau vaches cochons couvées », il la connaît sa « Perrette ». Il trouve que son surnom lui colle à la peau. Leur ciel s’est couvert « de gros nuages lourds », au-dessus de la cime du grand chêne. Il fait froid, c’est l’hiver. « Bonhomme » a froid, mais « la vieille ne va pas chercher du bois mort pour chauffer Bonhomme »… et le malheureux chêne finit dans la cheminée comme du « bois de caisse, amère destinée ».

 

 

Perrette et Martin vus par Brassens
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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 17:07

Pendant que nous nous tordons sur des navires « glissant sur les gouffres amers », dans le confinement de nos planches, les albatros et autres oiseaux migrateurs « hantent la tempête et se rient de l’archer »…

Les huppes fasciées qui arrivent d’Afrique viennent à peine de s’installer dans nos régions. Elles portent sur leurs ailes le sable du voyage et une poudre d’escampette.

Les oiseaux migrateurs et le confinement
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2 avril 2021 5 02 /04 /avril /2021 15:20

              Les plus beaux des bancs sont en Écosse, et dans les endroits les plus escarpés ou les plus inattendus, ils s’imposent comme des évidences. Paisibles, entêtés, au-dessus d’un gouffre d’écume, sur le versant d’une montagne, au seuil d’une lande, au milieu des fougères, au pied d’un château tout en haut d’un tertre, ils te tiennent la conversation. Et tu t’arrêtes, tu t’assieds dans cet intime périmètre ou tu poses tes pieds, tu t’accoudes, tu t’étires le dos et tu mesures la majesté du paysage. Tu n’as qu’à te laisser aller.

Les bancs sont humbles et recueillis. Ce sont des entonnoirs à rêveries. Pendant que, fourbu, tu penches la tête en arrière, tu vois le grand ciel au-dessus de toi, eux ils te versent dans le fond des yeux et dans les poumons, un savoureux bol d’air et un second souffle. C’est pour cette raison peut-être que la plupart d’entre eux sont dédiés à des gens disparus qui aimaient venir dans ces lieux où ils continuent de venir pour l’éternité.

Sur la colline qui mène à Holborn Head, Mel et Annie t’attendaient ce soir-là et tu n’en savais rien. Pendant des années, elles ont gravi tous les dimanches et jours de fête le sentier pour s’ébattre dans l’herbe folle qui court jusqu’au ras de la falaise. L’océan relie d’un immense trait bleu les côtes des îles Orcades et celles du Caithness. Là où est installé le banc, le vent souffle fort et l’herbe tremble de voir les flots blancs. Les grosses mottes de mousse dissimulent des trous béants et des accès directs sur le vide.

L’endroit est exaltant. La prairie fraîche et verte, abondamment fleurie en été, donne envie de courir et de décoller. De s’élever au-dessus des roches, au-dessus des hautes falaises et de se laisser porter par les courants ascensionnels, sans jamais redescendre vers le sol accidenté.

            C’est à la frontière de cette ivresse que Mel et Annie s’assoient encore sur leur banc. Sobre, silencieux et raisonnable, il veille et il écoute la mémoire des lieux. Sur le dossier, cette plaque rappelle leurs deux noms…

« Remembering Mel and Annie laughing for life in the long grass »

 

 

 

Un banc au bord de l’abîme
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