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Texte Libre

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Fictions et variétés

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Cheminement du travail, de la réflexion sur un artiste à l'écriture d'une fiction ou d'un ouvrage autobiographique, du bilan d'un voyage à l'écriture d'un récit, d'une fiction ou d'une pièce, de l'écriture d'une pièce à sa mise en scène...Deux sites en relation directe avec ce blog : http://www.atelier-expression-artistique.com (théâtre et mise en scène), http://www.ericbertrand.fr (livres chez Aléas et Ellipses). 

 

 

21 avril 2021 3 21 /04 /avril /2021 14:31

Margoton est comme Perrette au pot au lait. Son esprit bat la campagne. Elle descend toute joyeuse le sentier qui mène au bois. Elle est avec Martin, son amoureux. Elle se précipite un peu trop et butte contre une racine, tout près d’un grand chêne qui lui offre une ombre rafraîchissante et une cachette. Martin la console. Elle a perdu un peu de ses « veaux, vaches, cochons, couvées », un portable dernier cri avec tous ses contacts et ses selfies. Le portable s’est brisé contre une grosse pierre. Martin prend Margoton dans ses bras, il vaut mieux que « tous les gars du village » et Margoton l’appelle son « petit chat ». Elle n’écoute plus que son cœur et grave son nom et celui de Martin dans l’écorce du chêne. Et puis « elle entrouvre son corsage » et Martin « fait voler sa jupe ». « Beaux rêves flambants » sous le ciel bleu sans nuages, tous les deux ils épuisent « leur grand sac de baiser ».

Le soir tombe. Si « Clara veut la lune » Margoton, elle, veut son chêne. On sympathise, on refait le monde et on s’invite ! Le chêne accepte de sortir « ses grands pieds de son trou » et de suivre ses complices. Avant « la chasse aux papillons », Margoton et Martin se sont rencontrés sur un banc public dans un parc, un vieux banc en bois comme il n’en existe plus beaucoup. Ils étaient l’un et l’autre du « même bois » et le chêne aurait dû se méfier, laisser causer son instinct « un peu rustique, un peu brut »… Ne pas tout plaquer, rester « en dehors des chemins forestiers » et se tenir à l’écart des quartiers un peu trop fréquentés par « la sainte famille Machin, le Père, la Mère, le Saint Esprit… »

Et puis Margoton est la cousine de Perrette. Tout va trop vite avec elle, tout s’emballe. Sitôt transféré, sitôt oublié le chêne, abandonné dans un coin de jardin en compagnie de « roseaux mal pensants » et de « chiens levant la patte sur lui ». Ronde des saisons et ronde des chansons… Grand Pan, lilas, marguerites, jolies fleurs, orages, mauvaise herbe, vent, bois mort. Martin a vieilli. « Adieu veau vaches cochons couvées », il la connaît sa « Perrette ». Il trouve que son surnom lui colle à la peau. Leur ciel s’est couvert « de gros nuages lourds », au-dessus de la cime du grand chêne. Il fait froid, c’est l’hiver. « Bonhomme » a froid, mais « la vieille ne va pas chercher du bois mort pour chauffer Bonhomme »… et le malheureux chêne finit dans la cheminée comme du « bois de caisse, amère destinée ».

 

 

Perrette et Martin vus par Brassens
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5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 17:07

Pendant que nous nous tordons sur des navires « glissant sur les gouffres amers », dans le confinement de nos planches, les albatros et autres oiseaux migrateurs « hantent la tempête et se rient de l’archer »…

Les huppes fasciées qui arrivent d’Afrique viennent à peine de s’installer dans nos régions. Elles portent sur leurs ailes le sable du voyage et une poudre d’escampette.

Les oiseaux migrateurs et le confinement
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2 avril 2021 5 02 /04 /avril /2021 15:20

              Les plus beaux des bancs sont en Écosse, et dans les endroits les plus escarpés ou les plus inattendus, ils s’imposent comme des évidences. Paisibles, entêtés, au-dessus d’un gouffre d’écume, sur le versant d’une montagne, au seuil d’une lande, au milieu des fougères, au pied d’un château tout en haut d’un tertre, ils te tiennent la conversation. Et tu t’arrêtes, tu t’assieds dans cet intime périmètre ou tu poses tes pieds, tu t’accoudes, tu t’étires le dos et tu mesures la majesté du paysage. Tu n’as qu’à te laisser aller.

Les bancs sont humbles et recueillis. Ce sont des entonnoirs à rêveries. Pendant que, fourbu, tu penches la tête en arrière, tu vois le grand ciel au-dessus de toi, eux ils te versent dans le fond des yeux et dans les poumons, un savoureux bol d’air et un second souffle. C’est pour cette raison peut-être que la plupart d’entre eux sont dédiés à des gens disparus qui aimaient venir dans ces lieux où ils continuent de venir pour l’éternité.

Sur la colline qui mène à Holborn Head, Mel et Annie t’attendaient ce soir-là et tu n’en savais rien. Pendant des années, elles ont gravi tous les dimanches et jours de fête le sentier pour s’ébattre dans l’herbe folle qui court jusqu’au ras de la falaise. L’océan relie d’un immense trait bleu les côtes des îles Orcades et celles du Caithness. Là où est installé le banc, le vent souffle fort et l’herbe tremble de voir les flots blancs. Les grosses mottes de mousse dissimulent des trous béants et des accès directs sur le vide.

L’endroit est exaltant. La prairie fraîche et verte, abondamment fleurie en été, donne envie de courir et de décoller. De s’élever au-dessus des roches, au-dessus des hautes falaises et de se laisser porter par les courants ascensionnels, sans jamais redescendre vers le sol accidenté.

            C’est à la frontière de cette ivresse que Mel et Annie s’assoient encore sur leur banc. Sobre, silencieux et raisonnable, il veille et il écoute la mémoire des lieux. Sur le dossier, cette plaque rappelle leurs deux noms…

« Remembering Mel and Annie laughing for life in the long grass »

 

 

 

Un banc au bord de l’abîme
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26 mars 2021 5 26 /03 /mars /2021 17:00

Au large des îles Kerguelen, on prépare les albatros à de nobles missions… Ainsi, ces « princes des nuées » trouvent-ils là une occasion de prendre enfin leur revanche sur les lourds « hommes d’équipage » qui, naguère, faisaient d’eux leurs bouffons au cours de leur interminable traversée « sur les gouffres amers ».

En effet, ces « vastes oiseaux des mers » qui ne nourrissent aucune rancune contre leurs ex-bourreaux, acceptent avec grâce la mission qui leur est confiée. Quand ils viennent pointer, on les équipe d’un petit sac, gros comme un bec, et à l’aide duquel ils ont le pouvoir d’examiner tous les bateaux « glissant » dans le secteur, ceux qui jouent de l’archer et ceux qui jouent du brûle-gueule.

L’ombre de leurs pattes passe tout près des planches des bateaux et captent aussitôt les moindres signaux suspects que leur renvoient malgré eux les mauvais mimes et les boiteux. Cette balise qui« hante la tempête et se rit de l’archer » ne pèse pas plus de 40 grammes, et dote le « voyageur ailé » d’une aura d’autorité.

Plus besoin de « brûle-gueule » pour lui apprendre à fumer et à se vautrer dans la boue du bateau. Au contraire, avec une parfaite indolence, ils envoient à ceux qui les écoutent et à ceux qui les aiment de précieuses informations.  Avec « leurs grandes ailes blanches », ils travaillent pour la planète, bien mieux qu’une caméra vidéo. Capables aussi bien de descendre parmi les brutes pour réguler la pêche en mer que de remonter aussi vite vers l’Azur, ils restent plus que jamais « les princes des nuées ».

Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai des envies d’Iles Shetlands, d’Orcades et d’Hébrides et quand je vois s’envoler tous ces « oiseaux clabaudeurs aux yeux ronds », tous ces « millions d’oiseaux d’or » qu’il y a là-bas, j’aimerais qu’ils rejoignent ces brigades d’albatros et qu’ils mettent des balises à leur bec pour venir jusqu’à nos rivages réguler un peu la folie des hommes…

 

 

La revanche de l’albatros
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24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 07:28
Maintenant que Johnny en parle au diable

Johnny Rider a définitivement jeté sa Harley dans le fossé, quelque part entre Vallée de la Mort et Monument Valley. Et il défie le diable. Quand le masque tombe, quoi sa gueule, qu’est-ce qu’elle a, sa gueule ?

La voix est forte, arrogante, virile. « J’en parlerai au diable… » et elle tient toujours le même discours… « Je n’ai jamais mis les pieds dans une église, je ne sais pas prier »… Ce « fou d’amour » a des choses à lui dire et ce dernier « saura l’écouter ».

Et que lui dit-il ? Allumez le feu ? En tout cas, il ne recule pas. Il a la rock’n’roll attitude et c’est sans masque qu’il crache dans le micro pour chanter ses idoles. Sa religion à lui, elle est ailleurs que chez le diable, dans le regard de la fille de l’été dernier, du square, ou de celle qu’il croise tous les matins, Sarah, Marie, Gabrielle, Laura…

Et tant pis si d’un seul coup le ciel n’est plus pur, il est « libre dans sa tête ». De toute façon, il sait que « c’est quand on n’y croit plus que le ciel vous entend ».

 

 

 

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21 mars 2021 7 21 /03 /mars /2021 09:20
Qu'en penserait l'ami Charles ?
"Quand le masque bas et lourd pèse comme un couvercle / Sur la bouche et le nez en proie aux longs ennuis / Et que du sourire embrassant tout le cercle, il nous verse un jour noir, plus triste que les nuits !"
Baudelaire sous le masque
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14 mars 2021 7 14 /03 /mars /2021 08:34

En bord de mer, ils sont l’obsession des promeneurs, ces petits oiseaux clowns au bec bariolé et aux allures d’Arlequins… En Écosse, on les trouve sur certaines falaises de la côte nord et notamment dans le Caithness. Ils sont très difficiles à repérer du fait de leur petite taille et des anfractuosités de rochers qu’ils choisissent pour nicher…Si on veut assister à leur numéro, il faut prendre le temps de s’arrêter et d’attendre, allongé en face de l’une de ces hautes roches inaccessibles – les broughs - qui sont les citadelles des oiseaux de mer, des « princes des nuées » dirait Baudelaire…

C’est à Holborn Head, à un bon kilomètre du phare de Scrabster près de Thurso, que viennent se nicher entre début mai et fin juillet quelques spécimens de ces macareux moines. Les cormorans, mouettes, guillemots et autres goélands attirent d’abord l’attention parce qu’ils sont beaucoup plus nombreux et “démonstratifs”. Au contraire, on dirait presque que nos petits acteurs fantasques recherchent la discrétion et l’anonymat sous leurs costumes peints.

Planqués au creux de la roche, ils se tiennent debout dans la coulisse. Ils attendent le moment de la parade pour exécuter un numéro de haute-voltige. Super-héros miniatures, chauve-souris de plein jour qui auraient chipé des habits de foire, ils se décident enfin à plonger dans la grande cape bleue de la mer où brillent encore des étoiles. Que le spectacle commence ! Le temps d’une dégringolade, les petites ailes battent à toute vitesse, jouent des griffes et du sgean dhu, aiguisent le bec.  

Et on voit voltiger l’un après l’autre, dans cet immense théâtre en plein air, les kilts minuscules du clan Mac Areux, ornés du tartan orange et jaune.

Le clan Mac Areux sur les falaises du Caithness
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6 mars 2021 6 06 /03 /mars /2021 13:49
Vertiges de la rue de Verneuil A l’occasion de l’ouverture prochaine de la maison Gainsbourg

Rentrer rue de Verneuil, c’est pousser un portail magique…

C’est suivre un malin génie, un « petit lapin de play boy » qui vous conduit dans le labyrinthe jusqu’au « pays des malices de Lewis Caroll ». Des escaliers, des couloirs sans fin se succèdent, ruelles, culs de sac, rues X aux stationnements interdits par la loi…

Il y a des Vénus d’argent, des Aphrodite, des Salomé, des bronzes et des médailles d’Imperator. Des chambres flacon, imprégnées de parfums baudelairiens, des boites de rahat-loukoums à la rose qui rebondissent sur la nuque boum boum et un hanneton dressé sur une tête héliport d’hélicoléoptère. Des verres d’eau de Selz, des cigarillos, de l’héroïne, de la poussière d’ange, « mon bel ange, ma toute belle ». Il y a aussi des chambres à échos pour Des Esseintes, des enceintes à la sono lançant accords de quartes et de quintes.

On ouvre la lourde portière de la Silver Ghost de 1920 ou celle de la Ford Mustang et on circule dans les allées, sur les trottoirs où passent en vertige les ailes de la « Princesse des Ténèbres », le bubble gum de Lolita, la paire de Lewis d’Alice et toutes les « liaisons clandestines ». « Ange Gabriel, me pardonnerais-tu mes rêves démentiels ? Labyrinthe obsédant. Couleur absinthe, odeur du temps. Plus rien ne sera-t-il comme avant ? »

http://ericbertrand-auteur.net/Verneuil.htm

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2 mars 2021 2 02 /03 /mars /2021 11:31

II l’avait dit, « je crèverai un dimanche… ». « Gloomy Sunday. » Dépression au-dessus du jardin... Aujourd’hui, il a délaissé sa Remington portative, les INITIALS et l’alphabet de LAETITIA.

Saison des pluies. Ça ressemble à un conte d’Edgar Allan Poe.

Sur son rocking-chair, Élisa n’est plus « qu’un appareil à soupirs ». Elle attend que ça se tasse… La petite Mélody ne fait plus tinter ses bracelets ni les clochettes d’argent de ses poignets. Ses illusions donnent sur la cour… Marilou s’est barrée avec sa paire de Lewis « au pays des malices de Lewis Caroll ». Elle rêve encore à des aéroplanes, à des cargos de nuit qui lui ramèneraient son intoxicated man ou son sorcier indigène.

Sait-on jamais. Dieu est un fumeur de havanes … Black trombone, monotone… Couleur café, désormais, très vite passée. Où est l’ombre des Shadows, des Birds, des Doors ? Les murs d’enceinte du labyrinthe les entrainent vers l’infini et soufflent vers l’Azur et les aéroplanes quelque chose comme un air lointain, une « Symphonie du Nouveau Monde ».

 

Gainsbourg. Couleur café basket Lewis…
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28 février 2021 7 28 /02 /février /2021 16:21

Il n’a longtemps vu « briller que les correspondances ».

Comme Baudelaire, il n’aimait que la Beauté qui met « l’eau à la bouche ». Que ces créatures étranges « à la chevelure profonde, aux âcres parfums », « à la couleur café », chargées de parfums exotiques et de bijoux. « Jolis bracelets à tes pieds ils se balancent »… Femmes rêvées, « haras et duchesses », visions qui ne laissaient que « le cœur meurtri » et « l’épouvantail » criblé d’au moins « douze belles dans la peau ».

Et puis il y eut Initials BB et ce fut une trépidation.

Du jour au lendemain, il s’est trouvé beau. Beau de cette « beauté cachée des laids… » Et la nouvelle muse qui chevauchait les Harley Davidson lui fit monter dans les reins d’autres vibrations. Elle aussi « agitait ses grelots » et portait de « l’essence de Guerlain dans les cheveux ». Mais elle était bottée « jusques en-haut des cuisses » et elle mettait le corps « à feu et à sang ». Avec elle, « impossible de se ranger ». Il devenait la machine qui va « à plus de cent » et le « navire qui s’éveille au vent du matin ». Il était « la vague », elle, « l’île nue » et déjà le relent du « parfum exotique »… « La nostalgie camarade… »

Puis les « mitraillettes » du désir « repartent à l’attaque et c’est « le heurt violent » qui le tire de sa rêverie. « Love fifteen ». Cette « tête d’enfant » qui ressemble tant à la Lolita de Nabokov combine des airs de pin-up et d’Alice au pays des malices. « L’aimable petite conne » aux pantalons blancs et aux cheveux rouges, aime le cap’tain Cook, Tarzan et les comic strip. Dans la Ford Mustang, elle fouille dans la boite à gant.  Elle raffole des « sucettes à l’anis ». Des « paquets d’Cool » aussi, des barres de chocolat », du Coca-cola qu’elle se « cocacolle », du Fluid make-up et des brownings.

Et brusquement, « cette narcisse » ne le supporte plus. Le traite de « fauché, de plouc, d’abominable bouc… ». « Ah, tu peux pas savoir mec… » Alors il renvoie « la mineure détournée de l’attraction des astres » au 707, avion cargo de nuit. « Sorry angel ! » Et quant à lui, il rejoint « les sorciers qui invoquent les jets dans la jungle de Nouvelle-Guinée ». Et cette jungle-là, c’est la Poésie ou peut-être tout à la fois « la jungle des cheveux de Melody, de Marilou et d’Élisa ».   

 

Inspiratrices de Gainsbourg : du « Scenic railway » au « Boing 707, avion cargo de nuit ».
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